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| Strasbourg, 8 mars 2005 Nurit Peled n'est pas seulement israélienne. C'est une opposante israélienne dont la fille de 14 ans est morte il y a plusieurs années dans un attentat kamikaze. Nurit Peled a fondé l'association des familles iraéliennes et palestiniennes victimes de violences. Ses deux fils sont refuzniks. Invitée le 8 mars dernier à s'exprimer devant le Parlement européen, à l'occasion de la Journée des Femmes, voici ce qu'elle a déclaré. "Merci de m'avoir invitée à cette journée. C'est toujours un honneur et un plaisir d'être ici, parmi vous. Cependant, je dois admettre que je crois que vous devriez avoir invité une femme palestinienne à ma place, parce que les femmes qui souffrent le plus de la violence dans mon pays sont les femmes palestiniennes. Et je voudrais dédier mon discours à Miriam R'aban et à son mari Kamal, de Bet Lahiya dans la bande de Gaza, dont les cinq petits enfants ont été tués par des soldats israéliens alors qu'ils ramassaient des fraises dans le champ de fraises de la famille. Personne ne passera jamais en jugement pour ce meurtre. Lorsque j'ai demandé aux gens qui m'ont invitée ici pourquoi ils n'invitaient pas de femme palestinienne, leur réponse a été que cela rendrait la discussion "trop localisée". Je ne sais pas ce qu'est la violence non localisée. Le racisme et la discrimination peuvent être des concepts théoriques et des phénomènes universels, mais leur impact est toujours local, et bien réel. La douleur est locale, l'humiliation, les abus sexuels, la torture et la mort sont tous très locaux, de même que les cicatrices. Il est malheureusement vrai que la violence locale infligée aux femmes palestiniennes par le gouvernement d'Israël et l'armée israélienne s'est étendue sur toute la planète. En fait la violence d'Etat et la violence de l'armée, la violence individuelle et collective, sont le lot des femmes musulmanes aujourd'hui, pas seulement en Palestine mais partout où le monde occidental éclairé pose son grand pied impérialiste. C'est une violence qui n'est presque jamais abordée et que la plupart des gens en Europe et aux Etats-Unis excusent du bout des lèvres. C'est ainsi parce que le soi-disant monde libre a peur de l'utérus musulman. La grande France de la liberté l'égalité et la fraternité [en Français dans le texte] est effrayée par des petites filles avec des foulards sur la tête, le Grand Israël juif a peur de l'utérus musulman que ses ministres qualifient de menace démographique. L'Amérique toute-puissante et la Grande-Bretagne contaminent leurs citoyens respectifs avec une crainte aveugle des Musulmans, qui sont dépeints comme vils, primitifs et assoiffés de sang - en plus d'être non démocratiques, chauvins/ machistes et des producteurs en masse de futurs terroristes. Cela en dépit du fait que les gens qui détruisent le monde aujourd'hui ne sont pas musulmans. L'un d'entre eux est un Chrétien dévot, l'un est Anglican et l'autre est un Juif non pieux. Je n'ai jamais vécu la souffrance que les femmes palestiniennes subissent tous les jours, toutes les heures, je ne connais pas le genre de violence qui fait de la vie d'une femme un enfer constant. Cette torture physique et mentale quotidienne des femmes qui sont privées de leurs droits humains fondamentaux et de leurs besoins fondamentaux d'une vie privée et de dignité, des femmes dont on entre par effraction dans la maison à toute heure du jour et de la nuit, à qui on ordonne sous la menace d'une arme de se mettre nue en se déshabillant devant des étrangers et devant leurs propres enfants, dont les maisons sont détruites, qui sont privées de leurs moyens d'existence et de toute vie de famille normale. Ceci ne fait pas partie de mon épreuve personnelle. Mais je suis une victime de la violence contre les femmes dans la mesure où la violence contre les enfants est en fait une violence contre les femmes. Les femmes palestiniennes, irakiennes, afghanes sont mes sœurs parce que nous sommes toutes prises dans l'étreinte des mêmes criminels sans scrupules qui se désignent comme les dirigeants du monde éclairé libre et qui, au nom de cette liberté et de ces lumières, nous volent nos enfants. De plus, les mères israéliennes, américaines, italiennes et britanniques ont été, pour la plupart, violemment aveuglées et décervelées à un point tel qu'elles ne peuvent pas se rendre compte que leurs seules soeurs, leurs seules alliées dans le monde sont les mères musulmanes palestiniennes, irakiennes ou afghanes dont les enfants sont tués par nos enfants ou qui se font exploser en morceaux avec nos fils et nos filles. Elles sont toutes infectées par les mêmes virus engendrés par les politiciens. Et les virus, bien qu'ils puissent avoir divers noms illustres comme Démocratie, Patriotisme, Dieu, Patrie, sont tous les mêmes. Ils font tous partie d'idéologies fausses et truquées qui ont pour intention d'enrichir les riches et de donner du pouvoir aux puissants. Nous sommes toutes les victimes de la violence mentale, psychologique et culturelle qui fait de nous un seul groupe homogène de mères endeuillées ou potentiellement endeuillées. Les mères occidentales à qui on apprend à croire que leur utérus est un atout national tout comme on leur apprend à croire que l'utérus musulman est une menace internationale. On les éduque pour qu'elles ne s'exclament pas : « Je lui ai donné naissance, je lui ai donné le sein, il est à moi et je ne le laisserai pas être celui dont la vie vaut moins que le pétrole, dont l'avenir a moins de valeur qu'un lopin de terre". Chacune d'entre nous est terrorisée par une éducation qui infecte l'esprit pour que nous croyions que tout ce que nous pouvons faire c'est soit prier pour que nos fils reviennent à la maison ou être fières de leurs corps morts. Et nous avons toutes été élevées pour supporter tout ceci en silence, pour contenir notre crainte et notre frustration, pour prendre du prozac pour l'anxiété, mais jamais acclamer Mère Courage en public. Ne jamais être de vraies mères juives ou italiennes ou irlandaises. Je suis une victime de la violence d'Etat. Mes droits naturels et civils en tant que mère ont été violés et sont violés parce que j'ai à craindre le jour où mon fils atteindra son 18ème anniversaire et me sera enlevé pour être l'instrument du jeu de criminels tels que Sharon, Bush, Blair et leur clan de généraux assoiffés de sang, assoiffés de pétrole, assoiffés de terre. Vivant dans le monde dans lequel je vis, dans l'Etat dans lequel je vis, dans le régime dans lequel je vis, je n'ose pas offrir aux femmes musulmanes quelque idée que ce soit sur la manière de changer leurs vies. Je ne veux pas qu'elles enlèvent leurs foulards ou éduquent leurs enfants différemment, et je ne les presserai pas de constituer des Démocraties à l'image des démocraties occidentales qui les méprisent elles et les gens de leur sorte. Je veux juste leur demander humblement d'être mes soeurs, exprimer mon admiration pour leur persévérance et leur courage de continuer, d'avoir des enfants et de maintenir une vie de famille pleine de dignité en dépit des conditions impossibles dans lesquelles mon monde les met. Je veux leur dire que nous sommes toutes liées par la même douleur, nous sommes toutes les victimes des mêmes sortes de violences même si elles souffrent bien davantage, parce que ce sont elles qui sont maltraitées par mon gouvernement et son armée, avec l'aide de mes impôts. L'islam en soi, comme le judaïsme en soi et le christianisme en soi, n'est pas une menace pour moi ou pour qui que ce soit. C'est l'impérialisme américain, c'est l'indifférence et la coopération européennes, et le régime israélien raciste et cruel d'occupation qui en sont une. C'est le racisme, la propagande dans l'éducation et la xénophobie inculquée qui convainquent les soldats israéliens d'ordonner aux femmes palestiniennes, sous la menace des armes, de se déshabiller en face de leurs enfants pour des raisons de sécurité, c'est le manque de respect le plus profond pour l'autre qui permet aux soldats américains de violer des femmes irakiennes, qui donne une licence aux geôliers israéliens pour garder des jeunes femmes dans des conditions inhumaines, sans les aides hygiéniques nécessaires, sans électricité en hiver, sans eau propre ou matelas propres et pour les séparer de leurs bébés et de leurs tout-petits nourris au sein. Pour leur barrer la route vers les hôpitaux, pour bloquer leur chemin vers l'éducation, pour confisquer leurs terres, pour déraciner leurs arbres et les empêcher de cultiver leurs champs. Je ne peux pas complètement comprendre les femmes palestiniennes ou leur souffrance. Je ne sais pas comment j'aurais survécu à une telle humiliation, à un tel manque de respect de la part du monde entier. Tout ce que je sais est que la voix des mères a été étouffée pendant trop longtemps sur cette planète dévastée par la guerre. Le cri des mères n'est pas entendu parce que les mères ne sont pas invitées aux forums internationaux comme celui-ci. Cela je le sais, et c'est très peu. Mais c'est assez pour que je me souvienne que ces femmes sont mes soeurs et qu'elles méritent que je crie pour elles et me batte pour elles. Et quand elles perdent leurs enfants dans des champs de fraises ou sur des routes crasseuses près des check points, quand leurs enfants sont abattus sur le chemin de l'école par des enfants israéliens qui ont été élevés pour croire que l'amour et la compassion s'exercent en dépendant de la race et de la religion, la seule chose que je puisse faire est de me tenir à leurs côtés et à ceux de leurs bébés trahis et de demander ce qu'Anna Akhmatova, une autre mère qui a vécu dans un régime de violence contre les femmes et les enfants, avait demandé : Pourquoi ce filet de sang déchire-t-il le pétale de ta joue ?" http://perso.wanadoo.fr/mohamed.achbani/Croyances/temoignages/israelienne.htm |
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| Témoignage d'un antillais converti à l'islam Bon enfaite jai jamais été àfond ds la religion ( chrétienne ) j'ai juste été baptisé et puis basta... J'ai pas fait le catéchisme comme tt mes zot cousins, sa mintéressait patro et d'ailleur jcomprenais pas cet religion ki considère jésus ( alayhi salam ) comme le fils de Dieu et mm Dieu lui même !!!! ( preuve ds la prière pr la vierge Marie par ex ou ilé dit: "MARIE MERE DE DIEU" c donc de jésus dont on parle...), jcomprenai pas donc le fait de prié pr plusieur divinités, de mettre jésus ( alayhi salam ) sur un mem piedestal ke Dieu et puis la bible ma semblé très confuse... Bref jmettais la religion de coté juska kun ami me passe un livre sur l'islam, jlé dévoréééé direktttt sama tro plu donc j'ai continué a lire dot livre et là el hamdoullilah j'ai ouvert les yeux sur la vérité et la vérité....cé l'islam ( soumission à dieu )....se soumettre à un seul et unique dieu ss associés, donc un ami nommé youssef m'a "pris en charge " il ma apris les règles fondamentales, la salat... Il m'a ensuite emmené ala mosquée ou jme suis converti ( unpeu tro vite jpense ) ac 3 témoins et un imam ( CHAHADA + DOUCHE ), j'ai ensuite lu le ST CORAN et Les hadiths de notre prophète Muhammad ( saws ), et là machALLAH j'ai découvert des choses fabuleuses, des révélations découverte ilya encore peu de tps déja révélé par le prophète et le ST CORAN. Le prophète Muhammad ( saws) ki né dailleurs pas révélé ds la bible alors ke le prophète jésus ( alayhi salam ) l'ait ds le st coran. Mais bon c dur ds se mettre totalement ds le dîn ac la familles ki n'accepte pas le changement, lenvironnement ou je vis, les potes ...le hram est tjrs au dessus dma tête...j'essaye de m'y mettre tte de mem ac l'aide d'ALLAH Soubhannou wa ta'ala car i faut se repentir a dieu avt de crever khouya donc voila fo se mettre sur le droit chemin. Voila vs savez tt mnt ... AS Salam aleykoum à mes chers frères et soeurs muslims...K'ALLAH ns guident tous...Amîn |
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| Témoignage d'Emmanuelle, convertie à l'islam Mon histoire est vraiment étrange. Je suis française et issue d'une famille modeste sans religion. Il y a trois ans, je suis partie visiter le Maroc. Le premier matin, je me suis levée spontanément à environ 5h du matin, j'ai entendu l'appel à la prière et j'ai pleuré : comme si j'étais perdue depuis des années et enfin de retour "chez moi". J'ai compris !! De retour en France, je m'y suis intéressée, j'ai arrêté le porc, l'alcool et l'irrespect envers mes parents. Depuis ce temps, je suis avec un marocain qui me guide dans la religion, qui m'apprend l'arabe. J'ai fait ma Chahada il y a 2 ans et demi et depuis ma vie s'est illuminée. Mes parents sont au courant même si on n'a jamais vraiment abordé le sujet, mais ils le prennent très bien. Il font beaucoup d'efforts pour la nourriture hallal, et quand ils viennent chez nous, ils acceptent tout à fait qu'on ne leur serve pas d'alcool. Comment peut-on rester égaré aussi longtemps ? Al Hambdoullillah j'ai trouvé mon chemin... Salam Aleykum |
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#4
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| salam, ça fais plaisir d'entendre ces jolies mots et aussi ton histoire. que l'islam éclaire ta vie inchaa alah. salam |
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| @ djamelia Ton sujet est pipo miss)). On peut tout à fait être de nationalité is-raélienne et être musulmans. D'ailleurs ceux-ci sont représentés à la Knesset. Israel est certes la concrétisation de l'idéal sioniste juif mais être israélien et musulman n'est pas, et de loin incompatible ! @+ |
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#6
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| Que c'est beau et pipo çà aussi : Citation:
Vive les sujets bidons .... d'huile !! @+ |
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| C toujours un plaisir d'entendre certains temoignages de personne qui se convertissent et c normal en tant que musulman d'être heureux qu'une perosnne loin de l'islam puisse trouver la guidance DIEU EST GRAND... @ zigotino Franchement au lieu de denigrer les musulmans et l'islam, si tu te considères vraiment comme musulman (c'est toi qui le dit) tu devrais plutot les aider... ou au pire concernant ta réaction tu aurais pu la garder pour toi... Si tu te considères vraiment muslim alors sache que tu denigres les musulmans et l'islam en pretextant que c'est faux alors que tu les connais même pas!!!!! Tu reagis à chaque fois comme les mécréants, le faite d'etre muslim ne s'arrete pas à respecter les parents, pas manger du porc et pas boire de l'alcool mais à chaque les Kufar nous sors comme pretexte qu'il n'y a pas que dans l'islam que l'on retrouve le respect, ect... Mais c'est qui qui a dit le contraire????? Juste que dans l'islam en reunissant tous ce que doit faire un muslim pour Dieu n'a rien à voir avec ce que doit faire un athée pour lui même... Un musulman doit aider un musulman et jamais le denigrer et franchement tu es très loin du compte, pas une fois si je puis me permettre tu as avancé dans ce sens alors reflechi stp et redresses toi l'ami... En disant "pipo" je me demande comment tu sais que ca l'est????? @ ++ |
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#8
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| Citation:
Si tu n'as foi en rien c'est ton problème. |
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| Les chrétiens sont désormais désignés comme une. Des imams veulent résister aux « nouveaux croisés »... N’ayez pas peur ! » D’une voix nouée par l’inquiétude, Hocine égrène le sermon comme un discours poème d’amour. Depuis quelques mois, cet ingénieur agronome de 34 ans fait fonction de pasteur à l’église des Ouadhias, dans les monts de Kabylie, et dirige la messe tous les vendredis matin, « jour du seigneur commun avec les musulmans ». Son prédécesseur, Kader, un autre enfant du cru, est parti prêcher à Constantine, une ville de l’est algérien réputée pour son conservatisme arabo-islamique. Dans une ambiance de kermesse, les fidèles, hommes, femme et enfants venus des villages voisins, chantent le Christ en berbère. « Alléluia, Aïsa Ihemel-iyi (Jésus nous aime) ». Au début des années 1980, ces chrétiens fraîchement convertis, étaient à peine une vingtaine. Pour prier, ils se réunissaient discrètement dans un petit local. Puis, en 1984, ils se sont constitués en association, agréée par l’administration. Une ancienne maternité, léguée par les soeurs blanches, devient leur lieu de culte. Aujourd’hui, la communauté, forte de quelques centaines de fidèles, est reconnue par l’Eglise protestante d’Alger. La population, plus sensible à « l’Islam tolérant et tranquille des ancêtres » qu’à l’extrémisme sanguinaire des intégristes, les appelle affectueusement « Arraw n Sidna Aïssa (les enfants de Jésus) ». Dans un pays otage des traditions, et où l’Islam est officiellement « religion d’Etat », la rencontre avec Jésus relève du miracle. Pour Hocine, converti en 1996, la transition s’est faite en douceur. Car, dans la famille, on redoutait plutôt le fanatisme et les sectes. « J’ai toujours témoigné de ma foi dans l’amour, explique-t-il, car je suis devenu chrétien par conviction et non par rejet de l’Islam. J’ai gardé les mêmes amis, mais j’évite les discussions trop passionnées ». En régions arabophones sous influence intégriste, cette surprenante coexistence entre la Croix et le Croissant est une hérésie. Durant les années de terreur islamiste, les chrétiens de Kabylie ont continué à témoigner de leur foi avec courage. Sans être inquiétés, ni par les GIA, ni par les autorités. Depuis la restauration de la paix civile, ils sont pointés du doigt comme une « menace spirituelle à la cohésion nationale ». Car, disent les théologiens musulmans, « l’apostasie est un crime passible de la peine de mort ». Pour échapper à cette Fatwa, les chrétiens qui vivent en dehors de cette région singulière et frondeuse sont contraints de raser les murs. Signe de ce climat d’intolérance qui vire à l’inquisition, les islamo-conservateurs ont lancé, l’été dernier, une campagne médiatique contre « l’évangélisation des Kabyles ». Dans les mosquées pourtant réputées « modérées », des imams sonnent le tocsin et appellent la population à « « résister à cette nouvelle croisade ». Prélude aux persécutions ? Lors d’un colloque à l’université islamique de Constantine, un théologien dénonce le « laxisme des autorités face aux 15 églises, qui ont déjà converti 30,58 % de la population kabyle ! » Des chiffres exagérés pour les besoins de la « cause » ; car la communauté ne dépasse pas le millier de fidèles. Le Haut conseil islamique, gardien de l’orthodoxie officielle, demande au gouvernement « de prendre les mesures qui s’imposent pour mettre fin aux dangers de l’évangélisation, qui agresse l’Islam dans sa propre maison ». A l’Assemblée nationale, cette tempête est relayée par les députés islamistes, qui interpellent le ministre des Affaires religieuses. Ce dernier rappelle « le principe constitutionnel qui garantit la liberté de conscience », mais accuse « les partis laïques de la région d’encourager cette opération ». Convaincu que « Dieu a choisi cette terre pour le retour de Jésus », Hocine affiche une sérénité de façade ; mais il reste prudent : « pour l’instant, nous avons la liberté de culte, mais cette levée de boucliers risque d’être le prélude à des persécutions ». Dans ce climat d’hystérie, Mgr Teissier, archevêque catholique d’Alger, sort de sa réserve et tente de faire entendre la voix de la raison : « nous ne voulons pas que se développe un christianisme opposé à l’Islam en Algérie. Nous voulons construire la fraternité, mais dans le respect de l’autre. Ceux qui utilisent le discours extrémiste de part et d’autre n’ont pas d’avenir ». AREZKI AÏT-LARBI - La Libre Belgique |
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#10
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| Dans un article paru au "Monde " intitulé " Nouveaux chrétiens au Maghreb ", Catherine Simon livre le témoignage d’un jeune Marocain converti : Yacine fréquente une "église maison". Son groupe est "100 % arabophone" et se réunit chaque dimanche, discrètement, chez l’un ou chez l’autre de ses membres, pour des lectures bibliques et des séances de prière. "On n’est jamais plus de dix ou quinze : la capacité d’un salon", explique-t-il. Si les Chrétiens marocains se cachent, "ce n’est pas tant, dit-il, du fait de persécutions de la police. On ne représente pas un danger pour le régime. Mais la stigmatisation sociale reste forte : la famille, l’employeur, les collègues, les voisins sont plus tyranniques que le gouvernement !". Ce sont d’ailleurs ces familles, collègues, voisins qui seraient à même de participer à un mariage par leur présence et leur approbation. Le jour de son mariage est censé être le plus beau jour d’une vie. Un jour de fête et d’allégresse où l’on décide d’unir sa vie à un autre être devant Dieu et devant les hommes. Il fait partie des jours événement d’une vie. Qu’en est-il quand il s’agit de deux Marocains chrétiens ? La majorité des Marocains convertis au Christianisme sont Protestants. Le pasteur Jean-Luc Blanc, représentant de l’Eglise évangélique au Maroc (ex-Eglise réformée de France au Maroc) explique à propos du mariage : "les Protestants bénissent une union après un mariage civil. Le mariage est d’abord une affaire de la société, une affaire civile. La dimension spirituelle de l’union est cette bénédiction ". Autrement dit et à partir du moment où le mariage civil n’existe pas au Maroc, un mariage chrétien protestant entre Marocains relève de l’impossible. La contradiction est claire: le mariage marocain est d’abord un mariage musulman contracté par des Adouls. Comment alors deux marocains convertis au christianisme pourraient, en leur âme et conscience et en accord avec leurs convictions, contracter un mariage musulman avec tout ce qu’il sous-entend comme règles et contraintes et en même temps faire bénir ce mariage par un pasteur protestant ? Les Juifs marocains bénéficient d’un statut particulier. Le statut personnel des Marocains juifs est déterminé par la règle religieuse israélite. Leur contrat de mariage, la ketouba est béni par un rabbin dans une synagogue et reconnu par l’Etat marocain. La Constitution n’exclut pas l’existence d’autres religions et cette tolérance légendaire du Royaume du Maroc s’arrête pourtant là où commence la chrétienneté des Marocains. Les Marocains chrétiens ne sont pas nombreux. Les chiffres sont approximatifs car comment recenser une communauté qui n’est pas censée exister ? Certains déclarent qu’il y en a huit cents d’autres, plus. Toujours est-il qu’ils ne sont qu’une partie infime de la population marocaine. Pourquoi ne bénéficieraient-ils pas alors d’un statut particulier qui leur permette de vivre en accord avec leur foi et leurs règles de vie dans la mesure où ils ne portent pas atteinte et respectent celles des Musulmans? Le Maroc moderne, citoyen et respectueux des droits de l’Homme est en bonne voie. Dans le dernier discours du Roi, il est question enfin de la nationalité marocaine pour les enfants nés de couple mixte. La Moudawana a été changée au profit des droits des femmes et des citoyens. Pour Jean-Luc Blanc : "il y a eu plusieurs acquis et la situation évolue de manière constructive pour les couples mixtes". Des travaux organisés par Le GRIC (groupe de recherche islamo-chrétien) sur la question du mariage sont en cours et seront exposés lors d’un colloque le 27 août courant à Rabat. Des intellectuels musulmans du monde arabe et des Chrétiens y seront présents ainsi qu’une délégation du gouvernement. Il y a une réelle volonté de faire avancer les choses dans la paix et l’harmonie. Le respect des droits de l’homme auquel le Maroc adhère passe aussi par donner la possibilité à l’ensemble des croyants quelle que soit leur religion de vivre pleinement leur foi. Qu’en pensent les Marocains chrétiens ? Pour Karima, trente ans, "la conversion est une démarche personnelle certes, mais il est difficile de la vivre dans un milieu hostile. Quand on découvre une nouvelle voie, on a envie de passer d’une démarche personnelle à une vie communautaire. Se retrouver avec des personnes qui ont opéré les mêmes choix et partager avec elles sa foi et ses règles de vie. Le mariage est une union sacrée. C’est fondamental de pouvoir le célébrer selon ses convictions". Karima poursuit en expliquant : " nous ne faisons de mal à personne et ne cherchons à convaincre personne ni à convertir qui que ce soit. Le choix est déjà assez difficile en soi. Tout ce que j’aimerais, c’est vivre tranquillement et sans heurts dans le respect des autres et réciproquement ". Fatiha s’est mariée en France avec un Marocain chrétien. Ils ont contracté un mariage civil et l’ont fait bénir par un pasteur au Maroc. La cérémonie a eu lieu dans un appartement à l’abri des regards indiscrets. "Je tenais à ce que notre union soit bénie chez nous, au Maroc, et en présence de nos familles qui heureusement ont accepté ce principe". Omar est Chrétien depuis trente-cinq ans. Toute sa famille l’est aussi, sa femme et ses enfants. Pour lui : " même si le mariage chrétien obéit à des règles, il faut aussi savoir respecter l’autorité du pays où l’on se trouve et se soumettre à ses règles. C’est pourquoi, j’ai marié mes enfants en respectant les lois juridiques d’ici, puis ai fait bénir leurs mariages par un pasteur ". Omar est pour la paix et la liberté de conscience. " Je n’ai jamais obligé mes enfants à se convertir. Ils ont été dans des écoles publiques dans lesquelles ils ont appris les préceptes de l’Islam. À la maison quand ils me voyaient lire la bible, ils s’y intéressaient aussi. Ce sont eux qui ont fait leur choix. Ils sont devenus Chrétiens par conviction et se sont mariés avec des Chrétiens parce que telle était leur volonté ". À travers l’ensemble des témoignages, on remarque une volonté réelle de respecter les autres, mais aussi un désir d’être respecté dans son choix. D’après un article de la revue Prologue intitulé : “Le couple mixte au Maghreb, une situation révélatrice ?” écrit par des membres du GRIC de Rabat : “Le christianisme à ses débuts, tout comme l’Islam alors que la communauté est en train de se constituer, ont été marqués par cette notion : dès qu’une religion se structure, apparaissent les notions de pureté et d’impureté. Les textes mettent en garde contre la fréquentation des autres, ceux “du dehors”. Au fil des siècles, seul le travail des théologiens, qui se voient confrontés à des transformations radicales des systèmes de pensées, a permis de sortir de ce mécanisme. La foi n’est qu’un point de vue d’un savoir auto-référentiel, pas un savoir critique. Une conviction religieuse peut être respectée et même protégée en vertu du principe de la liberté d’opinion, mais elle sera considérée de plus en plus comme appartenant au domaine privé.” . N’y aurait-il pas aujourd’hui place en islam pour une approche théologique novatrice, prenant en compte les acquis des sciences humaines dans l’examen des textes, en vue de mettre fin aux discriminations et accepter dans la pratique la liberté de conscience ? Mais n’est-ce pas le devoir de chacun de s’interroger en tant que croyant sur la situation de minoritaire dans un contexte majoritairement musulman ? |
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