Témoignage d'une israélienne convertie à l'islam


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  #21  
Vieux 13/08/2005, 00h02
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Citation:
PS : Si tu te sens musulman alors revois un peu c'est quoi "être un musulman" et aussi "comment se comporter dans l'islam" car tu en a vraiment besoin...
Je ne savais pas qu'il existait un "Que sais-je?" du bon musulman.

Dis-moi mon ami turk, c'est quoi ?

Ce qui est du pipo, c'est déjà le sujet et puis le contenu l'est tout autant ;-)

@+
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  #22  
Vieux 13/08/2005, 00h42
 
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Citation:
Je ne savais pas qu'il existait un "Que sais-je?" du bon musulman.

Dis-moi mon ami turk, c'est quoi ?
Attends je vais pas faire ton travail, je suis pas professeur lolll... Avant d'être musulman il faut savoir c'est quoi "etre un soumis à Allah et surtout comment se comporter pour avoir l'agrement et les benedictions de Dieu"
Il s'agit en faite du comportement d'un musulamn face à son interlocuteur,
comme par exemple il est interdit de s'attaquer à un autre musulman ensuite il y a uen ligne de conduite mais là c à toi d'apprendre...


Citation:
Ce qui est du pipo, c'est déjà le sujet et puis le contenu l'est tout autant
Ecoutes l'ami toi tu à ouvert un topic sur les idoles, tu ne fais que des copier-coller sans nous preciser t pensées, bon c comme tu veux mais là c'est du monologue car on y comprend pas trop le pourquoi du comment...
Y en a d'autre qui poste des sujets concernant une question que ce soit simple ou complexe, y en a d'autre qui partage leur vie, leur sentiment, ect... et y en a d'autre qui mette des sujet sur la "convertion" à l'islam de personne et qui partage leur temoignage...
Maintenant tu n'es pas d'accord mais sur quoi exactement, tu te dis alors que ces "convertions" son pas vraies et que ces du mensonges??? OK mais ramènes des preuves si tu connais ces personnes concernées ou alors n'interviens pas pour rien.
Specialement moi je ne vie pas et ne crois pas en Dieu parce qu'il y a des persones haut placé ou autre converties à l'islam mais cela me fait toujours plaisir de vroi quelqu'un qui revient vers la lumière et la verité.
Ou sinon c du pipo parce que c un sujet pas très interressant pour toi bah là mon gars tout le monde n'est pas comme toi et tu n'as pas le droit de réagir comme ca, comme je l'ai dis plus haut chacun ouvre le topic qu'il veut (bien sur pas de blasphème ou voir la charte du forum) et si tu veux critiquer critiques intelligement et n'attaque pas les musulmans sans preuves (une des règles du comportement d'un musulman)...
90 % des tes attaques son contre des musulmans et 10% contre d'autre, tu n'aimes pas comment penses les musulmans de nos jours ou quoi????

@ ++++
;-)
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  #23  
Vieux 13/08/2005, 01h40
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Citation:
turk a écrit :
Ecoutes l'ami toi tu à ouvert un topic sur les idoles, tu ne fais que des copier-coller sans nous preciser t pensées
J'aimerais bien que tu me sortes la source de mon post sur les idoles mon coco)). [color=FF0000]AUCUNE[/color] traduction n'existe de cet ouvrage je te signale. Je me suis proposé de faire une succincte traduction, histoire de partager cette période longtemps niée par nous les Musulmans.

La seule traduction-partielle- qui ait été faite est celle de Fr. M. S. Marmardji, O.P., apparue dans Revue Biblique vol. xxxv, 1926, pp.397-420. Cette traduction était basée sur la première édition (1914) d'Ahmad Zaki Pasha. Dans celle-ci, Marmardji classe les divinités par groupe en fonction de l'importance et du rang.

Ceci dit, cette traduction, je n'ai pas réussit à mettre la main dessus et voilà pourquoi je ME suis permis de traduire l'oeuvre d'Ibn kalbi à partir d'une traduction anglaise.

Tu vas me dire benoîtement "Si c'est publié dans Revue Biblique, çà veut tout dire". Je te répondrais que sans traduction de quoi que ce soit, l'Islam n'aurait ss doute pas existé !

Ce n'est pas un monologue mais plutôt une photographie à un moment donné de l'histoire.

Citation:
turk a dit :
90 % des tes attaques son contre des musulmans et 10% contre d'autre, tu n'aimes pas comment penses les musulmans de nos jours ou quoi????
Mes attaques sont contre la bêtise et une certaine manière de pensée figée !

@+
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  #24  
Vieux 19/08/2005, 05h21
 
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franchement j ai le sentiments q il y a des soit disant muslmans qui sont géné quand ils vois que des gens dans le monde se convertisse a l islam.
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  #25  
Vieux 19/08/2005, 06h09
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Un marocain musulman se convertit au judaïsme
“Je suis devenu juif et j’en suis fier”

M.R a remonté les religions révélées à rebrousse poil. Né marocain musulman, ce Marrakechi de 37 ans a fait un premier transit chez les chrétiens avant de devenir juif. Il troque son prénom Mohamed pour Haïm. Un parcours strictement personnel, dit-il. Un peu trop personnel, tout de même surtout quand Haïm, le nouveau converti, parle de “terre promise”.

Propos recueillis par
Taïeb Chadi



• Haîm Benchetrite.



• Maroc Hebdo International : Un musulman qui devient juif c’est du jamais vu au presque; vous, à l’âge de 37 ans, vous avez osé le faire. Pourquoi ?
- Haîm Benchetrite : Du jamais vu au Maroc, c’est possible. Et je ne regrette pas d’être le premier spécimen. Oui, moi anciennement Mohamed comme tout le monde, j’étais musulman et maintenant je suis Haïm le juif. Vous me demandez pourquoi ? je vous réponds, c’est un choix volontaire parce que j’ai aimé cette religion.
• MHI : Quel a été votre parcours pour finalement chuter dans le judaïsme?
- Haîm Benchetrite : Pendant mon adolescence, j’avais envie de savoir davantage sur les différentes religions qui m’entouraient, vu que j’avais pleins de copains et de voisins de différentes croyances. Alors, je me suis rendu dans une mosquée pour la première fois et pour vous faire une confidence, elle a été la dernière. Je m’en souviens bien comme si c’était hier, car j’y suis allé en pleine chaleur marrakchi en short et T-shirt, boucle d’oreille et une queue de cheval, ce qui n’a pas été apprécié par certains sieurs qui étaient assis contre un mur en train de lire le Coran.
J’ai été chassé de là-bas, avec les jurons qui fusaient de partout. Et là, je parle encore des années 70 quand il n’y avait pas encore de mouvement islamiste dans son ampleur actuelle. J’avais des copains qui écoutaient en cachette un certain orateur religieux égyptien qui se nommait “Kichk" et moi je trouvais bizarre ce qu’il disait. La plus part de ses propos étaient beaucoup plus politique que religieux, ce qui n’était pas à mon goût. Après cet événement, je suis allé à l’église de Marrakech où j’ai été accueilli par un prêtre qui répondait à mes questions à tel point que j’ai fait un exposé au collège sur le Christianisme ce qui m’a valu une exclusion de 3 jours. C’est là que mes mésaventures religieuses se sont arrêtées au Maroc, et ce n’est que lorsque je l’ai quitté que j’ai commencé à lire, à chercher à avoir envie de m’identifier à quelque chose.
• MHI : Avant de devenir juif, vous vous êtes donc d’abord converti au christianisme ?
- Haîm Benchetrite : Oui, je suis devenu chrétien mais pas pour longtemps. Je m’explique. Avant de m’installer aux USA, j’ai beaucoup voyagé, pas pour résider quelque part, car j’avais et j’ai toujours envie de vivre au Maroc, mais seulement, je voulais moi aussi porter un sac à dos et découvrir le monde. C’est justement lors de mes voyages que j’ai pu connaître autre chose que ce que je voyais pendant mon enfance. Alors j’ai pu côtoyer des gens de différentes nationalités, de races, de religions et c’est alors que l’envie de me retrouver m’a hanté.
En Italie, j’ai pu me convertir au catholicisme, mais je n’étais pas tout à fait convaincu, car je voulais toujours m’identifier au Maroc et le catholicisme pour moi étais très loin de mes convictions et de mon éducation d’enfance. Quelques années plus tard, lors d’un séjour en Israël et ma rencontre avec des Juifs Séfarades du Maroc, j’ai pu découvrir un autre Maroc, plus prospère et plus serein, et c’est justement pour cette raison que je me suis convertit au judaïsme, il y a quelques années de cela. La vie en communauté, le partage, la foi et l’esprit critique de ce peuple choisi par Dieu qui m’a fait découvrir un côté de moi-même que j’ignorais jusqu’à lors.
• MHI : Cette volonté de passer de l’Islam au christianisme puis au judaïsme, vous a-t-elle inspirée par votre milieu familiale, ou est-ce simplement une évasion calculée ?
- Haîm Benchetrite : Ma famille ressemble à n’importe quelle famille marocaine, j’avais des parents fonctionnaires et je suis l’aîné d’une famille de deux enfants. Je suis né d’une mère fassie et d’un père de la région de Tafilalet. On n’a jamais eu d’éducation religieuse à la maison et je n’ai pu apprendre que ma mère était pratiquante musulmane que lors d’un séjour chez moi aux USA, il y a quelques années de cela. Mon père par contre n’est devenu musulman pratiquant qu’après sa retraite. Donc, je peux dire que la religion n’a jamais été un sujet de débat à la maison. Encore une fois, il s’agit d’un choix strictement personnel.
• MHI : Etes-vous aujourd'hui réellement adopté par les juifs et intégré dans le judaïsme car nul ne devient pas juif qui veut, à fortiori lorsqu’on est né musulman de père et de mère ?
- Haîm Benchetrite : Pour le moment, j’habite dans une petite ville loin d’une synagogue, mais dès que j’ai la possibilité de m’y rendre, je le fais pour exercer ma foi en bonne et dû forme. Je célèbre le shabbat chez moi, et bien sûr que je ne mange que casher, ce qui n’est pas difficile à trouver dans les super marchés du coin. Et chaque fois que je rencontre un co-religieux on pratique notre foi chez l’un d’entre nous.
Quand à mon intégration, elle n’est pas encore avalisée par le rabbinat d’Israel, mais cela ne saurait tarder. Je n’ai eu malheureusement pas la chance de me rendre à la terre promise depuis presque 20 ans, mais je rêve de m’y rendre dès que possible. Vu la situation actuelle au Moyen-Orient, je préfère attendre encore un peu et j’espère bien réaliser ce rêve un jour. J’étais sur le point d’y retourner avant l’assassinat d’Itsac Rabin, mais après cette tragédie, j’attends
encore.
• MHI : Et si un jour le judaïsme ne vous convienne plus, iriez-vous au bouddhisme, à l’animisme … ou bien, tout bonnement, reviendrez-vous à l’Islam, votre religion d’origine ?
- Haîm Benchetrite : Pour le moment, je suis juif et je suis fier de l’être ; alors je ne vois pas pourquoi je dois renoncer à quelque chose qui me tient à cœur. Autrement dit, j’ai pris un aller-simple.
• MHI : Etes-vous vraiment bien dans votre peau et dans votre tête ?
- Haîm Benchetrite : Je me sens à merveille et j’espère que mon expérience ne soit pas unique , car Dieu a plusieurs noms, mais il est toujours unique. Shalom
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  #26  
Vieux 19/08/2005, 06h11
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Le chemin de croix
Aït Bakrim et Ksara ont ceci en commun : Ils ont embrassé la religion chrétienne et ne s'en sont pas cachés. Au Maroc, le chemin de Croix mène à la geôle.
Jamaâ Aït Bakrim a vécu un destin de Christ. Ce berbère originaire du Douar Jouabra, à quelques kilomètres de Massa, a été condamné, fin 2003, à quinze ans de prison pour prosélytisme (article 220, entre six mois et trois ans) et pour destruction des biens d'autrui (article 581, entre dix et vingt ans). Dans les P.V. de la gendarmerie comme devant le juge d'instruction, Jamaâ n'a, à aucun moment, nié sa foi chrétienne. Il a toutefois démenti avoir perturbé l'ordre public ou détruit les biens de ses voisins. Il a avoué avoir mis le feu à deux poteaux de bois, mais il explique qu'il avait contacté les autorités locales pour débarrasser la voie de ces anciens poteaux électriques hors d'usage depuis longtemps, encombrant le site. Dans l'instruction complémentaire, il dément avoir approché ses voisins « pour ébranler leur foi musulmane ». Il nie aussi avoir « porté atteinte à la personne du roi » comme inscrit sur le procès verbal de gendarmerie. Pour lui, les témoignages de ses voisins le mettant en cause est dû à ses convictions religieuses différentes des leurs.


La triste histoire du Christ de Massa

Les juges n'ont pas été convaincus par les propos tenus par Jamaâ au tribunal. Dans l'acte de jugement, il est écrit que « le fait que Jamaâ nie les accusations de prosélytisme est en contradiction avec les aveux tenus auparavant lors des P.V. préliminaires où il proclamait qu'il était le fils du Christ et qu'il souhaitait que les Marocains deviennent chrétiens. L'accusé est un apostat qui mérite, selon les préceptes de la chariaâ, de mettre fin à sa vie ». Ils ont aussi décidé de ne pas prendre en considération les conditions sociales et économiques de l'accusé. Jamaâ sera donc condamné, ce 28 décembre 2003, par le tribunal de première instance d'Agadir à une peine de quinze ans de prison. En fidèle « fils du Christ », il refusera de faire appel et acceptera son sort.
Pourtant ce verdict, nombre de ses voisins le trouvent injuste. Car les deux poteaux de bois qui lui ont valu d'être condamné, conformément à l'article 581, ne présentaient aucun intérêt pour la communauté. De leur avis, Jamaâ aurait même contacté la commune de Massa et son action était motivée par l'indifférence des autorités devant sa requête. « Quinze ans pour deux poteaux abandonnés depuis trois ans, c'est scandaleux. Jamaâ présentait un sérieux problème pour les autorités. Il affichait au grand jour ses convictions et c'est pour cette raison qu'il a subi les foudres de la justice », argumente Youssef, un ami d'enfance de Jamaâ et professeur dans le lycée de Massa.


Les séjours en prison

C'est dans le petit douar de Jouabra, à quelques kilomètres de la petite localité de Massa, que Jamaâ a vu le jour en 1964. Les habitants de ce douar, le plus éloigné du centre de Massa, sont des berbères noirs qui sont connus pour avoir du caractère. Les voisins de Jamaâ ainsi que ses camarades de classe se rappellent d'un jeune homme au caractère difficile mais à l'intelligence indéniable. Après avoir obtenu son baccalauréat en 1985 à Agadir, il intègre la Faculté de droit. « Il était toujours différent des autres et exprimait des idées qui choquaient son entourage. Encore lycéen, il faisait partie des éléments brillants de la région et militait, comme nous tous d'ailleurs, pour la cause amazigh. Après avoir obtenu une licence en sciences politiques à Rabat, et devant l'absence de débouchés, il décide de quitter le pays », se souvient Youssef. Il commence par faire un voyage en Algérie, en Kabylie, avant de se lancer dans un périple européen qui le mène en France, en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas. Il demande l'asile politique dans ce dernier pays. On le lui refuse et Jamaâ est expulsé vers le Maroc.
Nous sommes en 1993. Jamaâ est de retour au bled avec des idées nouvelles et surtout une nouvelle religion. « Au départ, les gens ne l'ont pas pris au sérieux. Ils pensaient que c'était une crise et que ça allait passer. L'avenir leur prouvera le contraire », se rappelle Youssef. En 1994, Jamaâ passe sept mois en prison. Cette première peine est assortie d'un passage par l'hôpital psychiatrique d'Inezgane pour prosélytisme. Moins de deux ans plus tard, on retrouve Jamaâ, cette fois-ci arborant en public une croix géante dans la ville de Goulimine. Il est condamné une seconde fois. Un an de prison. Son cas est même discuté par le Sénat anglais.
En 2001, il est de nouveau aux prises avec la justice pour d'autres motifs : coups et blessures. Entre-temps, Jamaâ est rejeté par sa famille et s'installe à Massa. Il y loue une petite boutique qui lui sert aussi de gîte. Il fait de ce lieu le repaire du Christ avec des représentations de la croix, une inscription à l'honneur de Jésus et des passages de la bible. « Son commerce a été tout simplement boycotté par la population locale. Ce qui n'a pas arrangé les affaires de Jamaâ qui vivotait comme il pouvait. Jamaâ est un chrétien convaincu qui est loin d'être fou. L'affaire des deux poteaux brûlés leur a servi d'alibi pour débarrasser Massa d'un homme qu'ils détestaient », chuchote un commerçant qui a bien connu Jamaâ. Et les témoins à charge ? « Ils ont été amenés à témoigner sous la pression des autorités. Il ne faut pas oublier que les habitants de cette région sont très conservateurs. Ils l'ont donc fait parce qu'ils pensent que Jamaâ, un musulman devenu chrétien, est un apostat qui mérite d'être châtié », analyse un ami d'enfance. Quant à ses proches, ils ont depuis longtemps décidé de ne plus le considérer comme un membre de la famille. Aucun parent n'a jugé bon de lui porter assistance ou de le soutenir pendant le procès. Son grand frère est même convaincu que son frère n'a eu que ce qu'il méritait : « Depuis son retour d'Europe, Jamaâ est devenu une autre personne. Il a fait le choix de sortir de la communauté. Il n'a qu'à assumer ce qui lui arrive », lance-t-il, masquant à peine sa colère.


L'épopée de Mehdi

Jamaâ n'est pas le seul Marocain converti au christianisme qui a souffert pour ses convictions religieuses. Mehdi Ksara a été arrêté par la police tangéroise, le 5 août 1995, pour prosélytisme en compagnie de trois jeunes Marocains, tous âgés d'une vingtaine d'années. Agé alors de 88 ans, il passera douze jours en prison avant d'être relâché par le tribunal de première instance. Il portait également la nationalité américaine. Son histoire, celle d'un Marocain converti, est racontée par son fils Edward dans « Ethnic life stories », une biographie de cette famille pas comme les autres. Né à Sefrou en 1907, Mehdi suit, comme tous les enfants de cette époque, des cours au msid (école coranique) avant d'intégrer la mission française. Il porte un intérêt précoce pour les autres religions, ce qui lui vaut une expulsion du domicile parental. Après avoir fréquenté une mission baptiste, Mehdi se convertit au christianisme. C'est le scandale dans la famille Ksara. Son père, érudit en théologie… était aussi l'imam de la mosquée de Sefrou. En 1931, Mehdi épouse Pauline Keller, fille de missionnaires allemands naturalisés américains. Le couple s'installe à Tanger, alors ville internationale. « Dans cette ville, mon père n'avait pas à craindre d'être persécuté pour ses nouvelles convictions », écrit Edward. Cette ville voit naître Elizabeth, Dorothy et Edward. De 1932 à 1940, Mehdi travaille à la mission britannique à l'hôpital de Tanger. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale pousse la famille à fuir le Maroc. Ils embarquent sur le navire « USS Neahellas » battant pavillon britannique à destination de Huntington en Pennsylvanie. Durant son séjour américain, Mehdi ne cesse de penser au Maroc : « Il en parlait partout. Il pensait également qu'il y avait possibilité de montrer la voie du Christ à d'autres Marocains. Il nous répétait que nous sommes avant tout arabes et qu'on allait retourner au Maroc pour être des missionnaires », explique son fils dans cette biographie.
Mehdi gagne sa vie en travaillant comme speaker à la VOA (Voice of America) dans des programmes destinés à l'Afrique du Nord. Il se fait naturaliser américain avant de retourner au Maroc en 1947. De retour au bercail, les Ksara s'installent à Temara et Mehdi s'investit dans son travail de missionnaire dans une église américaine. Pas pour longtemps. Devant l'insistance de son épouse et de ses enfants, la famille retourne aux Etats-Unis, à Sulphur Springs, Arkansas, lieu de résidence des parents de Pauline. « Mon père ne se sentait pas dans son élément. Il voulait rentrer au Maroc. Ce qu'il va faire. Seul », précise Edward. Mehdi va se remarier en 1967. Il réside alors à Tanger : « Lors de mon voyage au Maroc en 1992, j'ai retrouvé les ambiances de mon enfance. J'ai spécialement adoré les visites que le petit groupe, formé de quelques missionnaires, de ma belle-mère et de mon père, effectuait à l'église de Tanger », se souvient-il. Ce qui explique peut-être l'épisode de son arrestation en 1995. Il ne quittera pas le Maroc pour autant.


Un pays persécuteur

Les persécutions de Marocains convertis ne se limitent pas à Jamaâ et Mehdi. En 1994, un groupe de jeunes ont été présentés devant la cour d'appel de Casablanca parce qu'ils se sont convertis au christianisme. Ils ont été relaxés après avoir renoncé à leur nouvelle religion. Plus encore, le site www.jubileecampaign.co.uk dresse une liste de nationaux réprimés après avoir opté pour le christianisme. On y cite le nom de Rachid Cohen arrêté en septembre 1995 à Fès et accusé d'être un évangéliste chrétien, et de Mustafa Zemada de Casablanca qui n'a été libéré qu'après avoir prononcé la chahada devant le juge. La liste des missionnaires emprisonnés puis expulsés est encore plus longue. Dans son dernier classement des pays persécuteurs de chrétiens, publié par l'association Portes ouvertes en 2005, le Maroc y figure en 23ème position, devant l'Algérie, la Mauritanie ou le Koweït.

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