| |||||||
![]() |
| | Outils de la discussion | Modes d'affichage |
|
#1
| ||||
| ||||
|
"Bruno Ventelou, dans un livre passionnant, propose un jeu auquel ont participé des gens très différents. Les premiers sont des élèves d'école de commerce, formatés à la concurrence et au chacun pour soi, rationnels et égoïstes, maximisant chacun sa propre utilité ; les autres, des petits gars de banlieue d'une même équipe de basket, plutôt solidaires. Disons les "Gestionnaires" contre les "basketteurs". Les premiers n'ont pas confiance les uns dans les autres, contrairement aux seconds. On leur fait jouer de l'argent (l'expérience a été réellement réalisée en 1998 avec deux équipes de huit). Ils sont huit dans chaque équipe. On distribue à chacun 4 cartes d'un jeu de 32. A chaque tour, ils gardent deux cartes et en jettent deux dans le pot. Ils gagnent 4 euros par carte rouge conservée (chaque carte rouge a la même valeur, peu importe qu'il s'agisse du roi de coeur ou du sept de carreau), plus un euro par carte rouge dans le pot. Soit je mets mes rouges dans le pot (je joue collectif), soit je les garde. Exemple : si j'ai deux rouges et que je les garde, j'ai gagné huit euros. Si je les ai mises dans le pot et que tout le monde fait comme moi, nous avons gagné chacun huit fois deux égale 16 euros. Dilemme... Faut-il jouer perso ou collectif ? Le résultat est frappant. L'école de commerce joue perso. Les basketteurs jouent collectif. Et bien entendu... les basketteurs gagnent. Mais voilà. Les tours passent et passent. Certains basketteurs commencent à jouer perso en se disant : je joue pour moi, mais comme les autres sont assez bêtes pour jouer collectif, j'empocherai les cartes que je garde en main, plus celles que les autres mettent au pot. Exemple, toujours sur une distribution deux rouges, deux noires : je garde mes deux cartes rouges (8 euros) et les autres mettent leurs cartes dans le pot (14 euros). Total pour moi : 8 plus 14 égale 22 euros ! Encore mieux que dans le cas où tout le monde joue collectif. Hélas, la trahison a des conséquences terribles. Les autres s'en rendent compte. Que font-ils aux tours suivants ? Ils trahissent eux aussi. Et petit à petit, on se retrouve dans la situation de la concurrence. Tout se passe comme si l'idée concurrentielle, "selfishness", polluait petit à petit le jeu, jusqu'à ce qu'on se trouve dans la même situation que celle des "gestionnaires", égoïstes, rationnels, calculateurs et peu gagnants. C'est une idée clé de l'économie contemporaine : l'anticipation rationnelle, qui débouche sur un mauvais équilibre. J'anticipe que les autres vont être égoïstes. Et les autres pensent de même. On joue donc tous égoïstes, et on perd tous." extraits de "Antimanuel d'économie", Bernard Maris, Bréal 2003 |
|
#2
| ||||
| ||||
| Citation:
je sait HS :-D j'arrete promis :-D |
|
#3
| ||||
| ||||
|
un égoïste sa se fabrique pas, sa se cueille!!! :-D
|
|
#4
| |||
| |||
|
Une autre version du même jeu est exposé dans Le Traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens(1987, il me semble). Cette expérience montre que l'on peut s'automanipuler rien qu'avec l'argent. |
|
#5
| ||||
| ||||
| |
|
#6
| |||
| |||
| |
|
#7
| ||||
| ||||
| |
|
#8
| ||||
| ||||
| |
|
#10
| |||
| |||
|
Serait-il possible que les généreux aient assez d'estime d'eux-mêmes pour ne pas rechercher celle des autres ? Serait-il possible, en somme, qu'ils soient désintéressés ? Pourquoi ne pas concevoir la générosité comme une modalité de l'échange ? Pourquoi la concevoir comme unilatérale ? Le vrai service n'est-il pas celui qui ne coûte rien à personne ? |