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Panorama : KIOSQUE ARABE Dix secondes avant les “Houris” Par Ahmed HALLI halliahmed@hotmail.com J'ai évoqué brièvement la semaine dernière le cas de ces femmes jordaniennes qui ont manifesté pour leur droit à être battues. Ailleurs, dans le monde arabe, des femmes ont marché pour revendiquer plus de barreaux à leurs fenêtres. Les organisations islamistes mobilisent des femmes aussi crédules que pieuses contre leurs propres intérêts. On a entendu une avocate algérienne défendre la polygamie au nom de la proscription de l'adultère. Pour elle, l'alternative est claire : mari libidineux + aventures extra conjugales = adultère (Haram). Mari libidineux + polygamie = fornication légale (Halal). Cette dame a une conception du bonheur contestable mais très développée. Je dirais même que je trouve plus de franchise chez les femmes jordaniennes que chez les nôtres. Puisqu'il faut être bafouée sous son propre toit, autant y ajouter une bonne bastonnade. Ce serait le bon remède contre la mésentente conjugale, selon ce personnage de Molière cynique et borné. Il y a quelques années, des femmes en "Niqab", dûment encadrées par des mâles musculeux, se rassemblaient devant l'APN. Il s'agissait d'appuyer la demande masculine d'interdire le sport féminin à l'école et la mixité partout. Dieu merci! Aujourd'hui, ces escouades de la régression positive n'ont plus besoin de recouvrir de noir l'esplanade du Parlement. Le "Niqab" est dans la place. Pourquoi donc vouloir arracher ce qui vous est gracieusement offert? Pour en revenir aux femmes jordaniennes, sujet de la semaine et véritable casse-tête pour les sevrés de référendum, il n'y a aucun mystère. Les sociologues jordaniens qui ont étudié le cas des femmes battues dans le cadre plus global de la "violence familiale" ont une explication. Elle tient en un seul mot : résignation. La majorité des Jordaniennes est persuadée que les coups sont un mal nécessaire à l'éducation des enfants. Quant au "dressage" des femmes, le recours aux châtiments corporels y est plus que toléré. Les Jordaniennes sont d'accord pour recevoir la "raclée" maritale dans les cas suivants: désobéissance au mari, absence injustifiée du domicile conjugal, repas brûlé, répondre au mari du tac au tac, manque de respect pour les parents et les proches du mari. C'est un éventail quasi complet des inévitables aléas de la vie quotidienne d'une famille. Les pourcentages varient évidemment en fonction de la faute. Ainsi 87% des Jordaniennes acceptent que l'épouse soit battue pour des "infractions" relevant de cet inventaire. 60% d'entre elles estiment que la femme mérite la bastonnade maritale si le repas de son maître et seigneur est brûlé. Ce chiffre tombe à 52% en cas de désobéissance, ce qui a de quoi être optimiste pour l'avenir…des hommes. On tient là sans doute l'explication du dépérissement des mouvements d'émancipation féminine qui ont fait l'actualité durant ces cinquante dernières années. Les militantes féministes ne s'avancent plus en terrain découvert, à de rares exceptions. Combative mais réaliste l'Egyptienne Nawal Saadaoui a compris que ce n'est pas dans la société égyptienne actuelle qu'elle a une chance d'être élue présidente. L'avenir de la femme arabe, c'est l'homme qui en dessine les contours et en fixe le statut. La revue féminine "Laha" (Pour elle) s'est enflammée cette semaine pour la dernière "Fetwa" en vogue. Elle provient de l'université Al-Azhar et elle est censée constituer une avancée décisive pour l'évolution des femmes. Cette "Fetwa", nous dit l'hebdomadaire du groupe "Al-Hayat", dispose que tout homme déjà marié qui veut prendre une seconde épouse doit en informer la première. Mesdames, Al-Azhar vous accorde désormais un droit (déjà reconnu par la "Chariaa"), celui d'être informée à l'avance de votre infortune. Evidemment il y a celles qui préfèrent ne pas savoir. Al-Azhar s'offre ainsi à peu de frais l'occasion de se concilier des femmes réduites à la portion congrue. La poussiéreuse institution entend aussi marquer des points contre la prolifération des mariages par la "Fatiha" qui finissent souvent devant les tribunaux. Elle se démarque aussi nettement du mariage dit "Mut'aa" ou de jouissance en vigueur chez les Chiites mais que des Sunnites jouisseurs se sont réappropriés sous d'autres labels. Le quotidien saoudien "Al- Ryadh" s'est ému samedi dernier des mésaventures vécues par des touristes saoudiens en Indonésie qui voulaient contracter un mariage "Missiar" (mariage d'agrément, autre nom du "Mut'aa"). Ces touristes sont attirés par des annonces d'agences spécialisées qui promettent des jeunes filles vierges à qui cherche des plaisirs légaux. Le client qui se présente à l'agence se voit proposer plusieurs filles au choix. On lui précise que ces dernières sont sous contraceptifs pour une période de six mois. Bien sûr, le préposé au mariage religieux est là aussi avec sa tenue d'apparat et ses deux témoins. On procède à la signature du contrat de mariage et au versement de la "dot" (Plus de 1000 rials saoudiens). C'est durant le trajet entre l'agence et l'hôtel de l'heureux acquéreur, que la dulcinée disparaît dans la nature laissant un mari tout déconfit. Et si l'époux délaissé se plaint à l'agence matrimoniale, celle-ci lui répond qu'elle n'est en aucun cas responsable. Le journaliste de "Al-Ryadh" note qu'il a eu vent de mésaventures similaires survenues à des Saoudiens, en Egypte, en Syrie, au Maroc et dans d'autres pays arabes."Mais jamais, il n'y a eu d'escroquerie aussi bien organisée et à une aussi grande échelle que celle dont l'Indonésie est le théâtre, dit-il. S'attardant sur le fait que ce sont les Saoudiens qui sont les plus ciblés, "Al-Ryadh" propose une explication autre que l'aisance financière traditionnelle. "La majorité des Saoudiens, di-t-il, répugne à avoir des relations sexuelles sans couverture légale parce qu'ils tiennent à ne pas tomber dans le péché. Sinon, comment expliquer qu'ils préfèrent se payer des plaisirs qu'ils peuvent obtenir pour un prix beaucoup plus bas dans des boîtes de nuit spécialisées?". Se défendant de vouloir inciter les Saoudiens à choisir cette méthode moins coûteuse plutôt que l'autre, notre confrère ose aborder enfin la véritable explication, celle de l'instinct sexuel, des désirs cachés ou refoulés. Il aborde, à cet égard, l'attrait qu'exercent les félicités promises dans l'au-delà aux heureux martyrs. L'auteur reprend l'enregistrement des derniers instants d'un terroriste kamikaze à Riyad. Dans le compte à rebours enregistré, le terroriste commence ainsi: "Plus que dix secondes avant les "Houris"". Et ainsi de suite jusqu'à l'explosion finale en quête de satisfaction d'une libido collective. "Pourquoi ce kamikaze a-t-il choisi les "Houris" pour se donner du courage et non pas la raison ou la perspective de rencontrer Dieu s'il était vraiment sur la bonne voie ? , s'interroge enfin notre confrère. Une question difficile et gênante. La réponse conduirait à comprendre pourquoi des gens sont tombés dans le panneau en Indonésie et pourquoi d'autres se sont fait exploser à Riyadh", conclut-il. Les mêmes sentiments et les mêmes complexes guident sans doute les imams britanniques qui ont promis l'enfer à Sarah Mindaly si elle persistait à briguer le titre de Miss Angleterre. La jeune fille irakienne de 23 ans qui a été retenue pour le concours final, a été déclarée apostate avant même d'obtenir la couronne de reine de beauté. Blair qui s'appuie sur les théologiens de Grande Bretagne pour combattre Ben Laden, vient de d'amener un précieux renfort aux intolérants. L'intégriste Tarik Ramadan a été intégré dans le staff de combat contre le terrorisme. Dans l'antiquité, les navigateurs appelaient cela, tomber de Charybde en Scylla. Ben Laden qui se f… de l'un et de l'autre doit être pris d'un fou rire inextinguible à l'idée d'un Blair transformant le "Londonistan" en "Ramadanistan". A.H ----------------------------------------------- Et je sais que certains diront que cela a rien à voir avec l'Islam. Avec le christianisme ou bien le boudhisme ? :-) |
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L’article que tu as proposé mérité d’être lu jusqu’au bout. Entre des Jordaniennes qui manifestent pour le droit d’être battues, des Algériennes qui appuient leurs « frères » venus manifester pour l’interdiction du sport féminin à l’école, des Saoudiens libidineux qui partent en Indonésie faire du tourisme sexuel « en conformité avec la Charia », etc… On finit par envier « le bon vieux temps » avec les générations des années 1950, 60 et 70 au sein des sociétés arabes qui étaient celles de l’espoir et du progrès contrairement à notre époque où les signes de l’abattement et de la régression généralisés sont patents. Pauvre Nawal Saâdaoui ! |