| |||||||
![]() |
| | Outils de la discussion | Modes d'affichage |
|
#1
| |||
| |||
|
Nous ne vivons que dans un des mondes, le nôtre. Ceux qui en sont, s’y meuvent aisément, puisque partout où ils vont, dans la lune aussi bien que sur la terre, ils sauront faire de la géométrie, compter les minutes et discuter sur les causes. C’est bien simple: ils tirent partout leurs montres, et mesurent les lieux. Mais quand nous voulons aborder quelque autre monde, tout se brouille et nous respirons mal… Dans un de ces mondes, il n’y a pas de vide où on puisse se réfugier. La ligne est tracée. Vous la suivez et à mesure que vous la suivez, elle se raccourcit d’autant. A droite et à gauche, il n’y a rien, pour vous du moins, car vous ne sauriez atteindre les lignes des autres. Tout se passe more geometrico, et tout ce qui est, est d’une géométrie infiniment complexe. Sachez voir sans comprendre. Le non moi est avant le moi. La géométrie précède l’esprit. Il y a donc un ordre géométrique auquel rien n’échappe. Ceux qui en sont et que vous voyez s’y déplacer sont des corps sonores. Ils ont le don de la parole. C’est étrange de les entendre parler. Que disent-ils donc ? Il faut savoir les écouter. Et tenez-vous en à ce qu’ils disent. Il faut bien se garder de leur prêter des paroles qu’ils n’ont pas proférées, sous prétexte de connaître leurs pensées. La pensée cache la parole. Tordons le cou à la psychologie. C’est la parole seule qui compte. Mais que disent-ils donc ? Ils raisonnent. L’homme est un corps sonore qui raisonne. Ils raisonnent seuls ; ils raisonnent à deux ou à trois. Ils argumentent avec eux-mêmes ou argumentent avec d’autres. C’est un échange d’arguments continuel. Vous y êtes pour peu de choses, ou plutôt vous n’y êtes pour rien. Est ce donc vous qui argumentez ou n’est ce pas l’argument qui appelle l’argument sans que vous ayez même pu dire votre mot. ? Il y a le raisonnement pour l’esprit, comme il y a la géométrie pour les corps. On est pas libre de penser comme on veut, comme on n’est pas libre d’aller où on veut. L’argument vous porte, comme le chemin vous guide. On ne saurait s’arrêter une fois qu’on n’y est engagé. Il y a des considérants, il y a les répliques, les dupliques et les contre-répliques. Il y a les Oui et les Non, les Mais et les Si. Tout cela fut avant que vous ayez pensé, et sera toujours. Le raisonnement fait le raisonneur, le raisonneur c’est vous. Vous irez donc de raisonnement en raisonnement, et vous retrouverez dans vos raisonnements les couloirs et les escaliers à travers lesquels se meut votre corps sonore. Cela monte et cela descend et cela fait angle, cela bifurque et cela reprend et continue sans arrêt. Il y a les déplacements des corps sonores, les allées et venues des êtres humains ; il y a la marche des raisonnements. Le monde de la géométrie et de la logique : les deux vous tiennent. C’est un vaste mécanisme dans lequel vous êtes pris. Il faut que vous raisonniez à perte de vue comme il faudra que vous avanciez sans arrêt pour suivre la ligne qui vous est tracée. Tout cela se fait sans vous, encore ne fois : vous n’y êtes pour rien. Mais vous voulez savoir ce qu’il faut faire. Il faudrait donc que quelqu’un vous tendît la main et vous appelât par votre nom. Mais vous êtes anonyme dans un monde anonyme. C’est ce qui vous fait peur. Vous êtes terriblement seuls. Mais vous, qui êtes vous donc ? - Je suis le rêveur d’un monde où tout est parfaitement ordonné, et où tout m’accuse- Mais comment se fait-il que vous soyez à la fois dans ce monde et en dehors de lui ? Que vous soyez absent et que vous y soyez présent à la fois ? Que vous vous défendiez toujours et que pourtant vous vous voyiez suivre la voie prescrite ? Vous vous dites, je voudrais me réveiller, car alors je pourrais dire à celui que je vois s’avancer et argumenter, et vers lequel vont toutes mes angoisses, puisqu’il n’est autre chose que moi-même : « Arrête, j’ai quelque chose à te dire » Que lui dirais-je ? Que nous sommes pas coupables et que tout va s’expliquer ? C’est évidemment ce qu’il attend de moi, et tout deviendrait alors aisé, sans aucun doute. Mais comment le lui dire ? Quand nous ne sommes rencontrés et que nous faisions plus qu’un, nous argumentions et l’angoisse nous fut commune. Tu m’as dit : « je suis coupable « et je n’ai pu te dire de quoi. Alors tu m’as répliqué : « on viendra me chercher tout à l’heure. Il faudra bien que je sache me disculper » Cherchons donc ensemble de quoi tu peux être coupable et fouillons nos souvenirs. Pourtant, à quoi bon ? C’est l’accusateur qui rend coupable. Personne ne saurait choisir ses propres crimes. ….. Bernard GROETHYUSEN. Extrait de la préface du livre « Le procès » |
|
#2
| |||
| |||
|
UP
|
|
#4
| |||
| |||
|
Elyssa, en général j'évite soigneusement de lire des préfaces. Je fais exception des gens qui ont une notoriété dans les lettres; sinon, je les considère comme des sangsues à fuir. J'en suis même venu parfois à en déchirer les pages d'une tellement cela m'irrite. Je ne connais pas l'oeuvre de Kafka, et cette préface ne me donne pas le goût d'en savoir plus. Je n'ai décidément pas la tête métaphysique. Je déteste ce ton universitaire et ces phrases cocos: ce texte me confirme donc dans mes préjugés. |
|
#5
| |||
| |||
|
comme on veut? argumenter contre sa propre volonté, pense-t-on ce qu'on veut? évidemment que non: on pense comme les circonstances nous ont amenés à penser penser c'est plus ou moins comme aimer: on ne sait pas pourquoi certaines choses sont logiques et acceptables, pas davanatages que l'on sait pourquoi certaines choses sont aimables contre notre volonté, mais est-ce à pleurer? non, à mon avis parce que même cette volonté que l'on glorifie sait-on d'ou elle vient? est-ce nous qui la faisons ou elle qui nous fait? ---> ça revient un peu à s'interroger sur ce qu'on est prkoi je veux prkoi je pense prkoi j'aime sans doute parce que je suis (mais je l'accorde ça ne réponds pas à tous les sens du pourquoi) |
|
#6
| |||
| |||
| Citation:
--On pense selon un réferrent (social, intelectuel, éducatif...) On peut penser hors de ce référrent surtout si l'on place la barre moins haut, on peut pour un même sujet aboutir à une diversité d'opinions que par l'exercice de l'absurde, du rationnel, de la logique enfantile ou tout autre, mais je ne réponds toujours pas à votre question "Penses t on ce que l'on veut", à mon sens, on pense plus souvent ce que l'on veut penser que ce qui est réellement ... Citation:
Voilà une question qui pousse la réflexion trés loin, je vous cite : Citation:
Bien à vous ;-) |
|
#7
| |||
| |||
|
C'est bizarre, il m'est d'avis que seul un imbécile peut s'exprimer de cette façon. De jeunes écervelés, fraîchement sortis de l'université, se cherche une morale révolutionnaire qui ne ressemble à rien, voire des leçons de je ne sais quel écrivassier qui a passé sa vie à essayer de justifier vainement son vice. Ces jeunes n'ont pas assez d'expérience pour tirer le profond du banal pour diriger leur vie. Allez plutôt consulter tonton Siddik, un modeste vieillard, qui a élevé huit enfants, savé deux vies et qui a eu une longue vie pour creuser, dans tous les sens, quatre ou cinq principes qui l'ont guidé. Amine Citation:
|
|
#8
| ||||
| ||||
| Citation:
A part ça , c’est vrai que l’auteur du texte aurait pu faire l’effort de s’exprimer plus clairement , ne serait ce que pour nous permettre d’en débattre sans passer une heure dessus avant de comprendre quoique ce soit :-P. Alors, qu’est ce ? Qui croit au libre arbitre, alors que ce dernier est fortement soumis aux paramètres extérieurs ? |
|
#9
| |||
| |||
| Citation:
![]() Citation:
Citation:
Bien à toi mon Ami ;-) |
|
#10
| ||||
| ||||
|
en suivant un peu la logique du texte(meme si j'ai rien compris au dernier paragraphe, effectivement..)on pourrait dire qu'on est dans un espèce de programme sidéral en train de compiler, dans l'espace universelle et la pensée de l'humanité, pour finalement donner naissance à une application physique et métaphysique.. j'ai lu que l'une des dernières théories dur le big bang, postulait qu'il a été provoqué par une espèce de code spatio temporel, qui aurait fait interagir toute l'énergie et toutes les informations de l'univers(qui existaient déja avant le big bang..) pour donner naissance à cette formidable gestation cosmique dans laquelle nous nous meuvons ;-) ca rejoint un peu... |