Les saints vont par paire


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  #1  
Vieux 31/05/2003, 17h19
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[color=0033FF]« Unna wer iggwullin s ugwerram idel tikerkas »[/color]

Sidi Abdellah Ben Soulayman Bousba’â, grand saint des Oulad Bousba’â des Cherrarda est patron des éleveurs, est connu dans tout le pré-Rif pour les vertus curatives de ses influences et pour son pouvoir sur les animaux et les hommes. Ses miracles se colportent des montagnes des Zerhoun au nord jusqu’aux confins d’Algérie à l’est et jusqu’aux Chiadmas au sud.

Son patronyme de Bousba’â, bien mérité au demeurant, il le doit à son immense empire sur les animaux sauvages et

les lions en particulier. Les lions en effet sortaient de la forêt à son passage et venaient à ses pieds comme le feraient des chats se frottant aux pieds de leur maître. D’un seul hurlement poussé par le saint homme et entendu à mille lieux alentour, les cobras, vipères, et scorpions sortaient de leurs trous pour mourir.

Le grand « wali » Sidi Abdellah Ben Soulaymane Bousb’â, serait un authentique descendant de Sidi Mohamed Ben Abdellah Ben Zayd Ben Yacob El Moudoudi enterré sur les rives du lac «Tabariah » en Palestine.

Le fils de ce chérif Al Maymoun Bnou Ali ; serait venu du charq au temps des conquetes islamiques et se serait fixé à Tbarqa. Voilà ce que disent de cet homme ses descendants résidant en Tunisie. Les Tunisiens parlent d’une possible incursion de leur famille dans l’ouest de l’Afrique du Nord jusqu’à Tlemcen. Ceux de Tlemcen n’existent plus, pensent les gens de Tbarqa. Reste que personne en Tunisie et en Algérie ne parle de leurs cousins du Maroc ni de la possible arrivée d’un Maoudoudi au pays. Du moins personne n’en parle en dehors des historiens de « Marrakouch ».
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  #2  
Vieux 31/05/2003, 18h04
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Les cherarda, tel que leurs ancêtres l’ont toujours fait, soutiennent vivement que l’un des enfants du saint sidi Mohamed Ben Abdellah Ben Zaid Ben Yacoub El Maoudoudi se serait installé dans le pays bien avant la venue de Moulay Driss. C’est le grand « Wali », Sidi Adellah Ben Souleyman Bousba’â. Les Cherada n’étaient pas arabisés avant l’arrivée du grand saint.

Ils disent que Sidi Adellah Ben Souleyman Bousba’â est le seul Maoudoudi à être parti plus loin au « Maghreb » dans la compagne des Banou Mâakil. Il était venu à la faveur des démentielles chevauchées des Banou Mâakil. Ces peuplades du désert d’Arabie fuyant la soif et la désolation et attirés par la verdoyante nature de Tamazgha et par ses richesses, avaient semé la frayeur et le malheur sur les chemins de communication.

Les siècles de ravages, de destruction et de vendalisation ont laissé des empreintes indélébiles dans le pays et dans les mémoires des tribus. L’histoire des peuples n’oublie ce genre de tragédie surtout dans une patrie où une simple invasion de sauterelles fait date.D’ailleurs Ibn Khaldoun les décrit « tels une invasion de sauterelles ».

Tout comme pour les Banou Hilal, la diffusion de la religion d’Allah en Afrique du Nord n’était pas la préoccupation première des Banou Mâakil et de beaucoup d’hordes d’arrivants du grand désert asiatique. Ainsi tout écumeur de grands chemins, tout intriguant et tout rejeté de la péninsule, trouvait au Nord de l’Afrique, sa famille et son objet.

Ainsi toute invasion arabe est appelée « Fath » et c’est en souvenir de ces invasions barbares que toute ville marocaine a aujourd’hui son quartier et son Café voir son salon de coiffure « Al Fath ».

Les Maoudoudi se défendaient cependant d’être de vrais Mâakil. «Venus islamiser l’Afrique du Nord »disent-ils toujours. Ce que les imazighnes étaient bien disposés à croire. Les gens de Cherarda savaient cependant que les Bousba’â transmettent mieux que quelconque à Allah les présents offerts à leurs Zaouia par les fidèles.

Toutes les Zaouia n’envoyaient pas les présents dans l’au-delà. Certaines même ont tout gardé et se sont enrichies jusqu’à disputer le pouvoir temporel au Makhzen.

A suivre.
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  #3  
Vieux 01/06/2003, 01h09
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Les « fatwas », qu’ils assuraient islamiques étaient simples et d’application facile. Taillées sur mesure pour l’esprit amazigh. Selon leurs Fqihs, même ne sachant pas parler arabe, un amazigh pouvait accéder au paradis d’Allah sans même suivre les perceptions coraniques. A cela ils fixent certaines conditions. La générosité, la fidélité à la zaouïa et le don de soi. Ils soutiennent que toute fille amazighe qui a la chance d’être prise comme épouse par un bousba’â, ira sans examen au jardin d’Eden au prés du prophète « Sidna » Mohamed.

Tous les « porteurs de chapelets » savent que leurs saints patrons n’intercèdent en vue d’aller au paradis d’Allah qu’à des femmes précisément divines. Leurs choix ne se faisaient que sur des visages de paradis. Que sur des corps de sirènes « Dieu est beau et aime la beauté ». Les Arabes aussi…
Aussi faisaient-ils au Maroc le « Jihad » par le sexe plus que par le sabre ou la persuasion. Et Allah est grand…

«Jihad pour Jihad ; autant se faire plaisir » semblent-ils dire. « S’offrir de belles filles tout en ramassant d’importantes fortunes » était leur but. Aussi sont-ils vite passés maîtres dans le profit aisé et dans l’art de trier sur le volet les jeunes vierges amazighes. Les cent mille Saints qu’héberge le Maghreb ont copieusement irrigués le pays de leurs « semences sacrées ».
C’est qu’Allah l’avait voulu ainsi car la femme de pur sang arabe, n’était d’aucune caravane ni invasion sur Morrokoche. « On ne fait pas de foutouhates avec des femmes et des enfants ».

Il en est résulté que ceux qui sont venus dans ce pays avec de tels objectifs, non avouées car non avouables, ont utilisé l’Islam à toutes leurs sauces. Même dégoulinant de sang…
Et Allah est grand.

A suivre
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  #4  
Vieux 02/06/2003, 23h29
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Ceux qui se déclarent à présent être les descendants directs des bousba’â, résidu des meutes de Banou Maâkil et de Banou Hilal, soutiennent qu’ils sont porteurs de la divinité et de la Baraka islamique.

Les mères des mères de leurs mères sont toutes amazighes. Personne parmi eux ne le renie. Mais le sang amazighe n’entache en rien leurs « saintetés ».

Objets de fantasmes de leurs arrière-grands-parents, et de toute leur ascendance, ces légions de femmes amazighes, n’étaient que subsidiaires dans leur histoire. La femme ne compte pas dans la formation de l’être humain.

Celles qui les ont mis au monde n’étaient pas leurs mères biologiques mais les femmes de plaisir de leurs pères. Ils sont sans mères à la limite. A l’extrême limite de leur raisonnement…

C’est ainsi que le veut la science de leurs pédégrees. La science est un vain exercice de l’esprit quand elle ne sert pas leurs intérêts.

A leurs arrivées au Maghreb, les Banou Maâkil, dont les historiens comme Ibn Khaldoun ne racontent jamais de décent, ont eu beaucoup de peine à être acceptés en tant que musulmans par les imazighens. Leur comportement n’avait d’islamique que la langue arabe.

C’est ainsi que pour se faire approuver, le grand « wali » Sidi Abdellah Ben Soulayman, en toute intelligence, s’était distingué par plusieurs actions d’éclats supplantant des plus grands miracles de toutes les religions.


Sidi Abdellah Ben Sliman Bousba’â ne circulait parait-il que sur le dos d’un lion qu’il prénommait « Layt ». Dompter les lions était un don d’Allah disait les tribus.
Une seule de ses caresses suffisait à faire disparaître les plus purulents des gangrènes et des lèpres. Des caravanes le sollicitaient de toutes les régions et ce jusqu’à sa mort.

Son mausolée domine à présent la plaine d’El Wtita. Il est placé juste sur la limite des cherarda et zerhoun. Mais ceux qui viennent collecter les subsides des tribus et racler les caisses du saint marabout, les Oulad bousba’â, ne sont ni Cherarda, ni Zrahna. Ils viennent de la plaine du Gharb toute proche et personne ne sait avec exactitude d’où ils débarquent.

En dépit de ce qu’on raconte sur l’amour du profit qui anime les descendants du dompteur des lions et en dépit de ce que rapportent les historiens sur les Banou Maâkil ; le grand « wali » sidi Abdellah Ben Soulaymane, était en tout cas perçu en marabout au-dessus de tout soupçon.

Comment être alors un Maâkil et être proche d’Allah ?

Comment peut-on croire ce que rapportent les livres des historiens arabes? ET un historien qui écrit ne raconte que ce qu’il entend. Et ce qu’il entend ne vient que d’un arabe…
La vérité historique ne pouvait s’égarer dans d’autres voies.

A suivre
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  #5  
Vieux 04/06/2003, 23h40
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Selon la tradition, la Baraka du saint homme des Cherarda, dépasse de loin celles de Moulay Yacoub, de Sidi H’razem, de Sidi M’chich, de Moulay Abdessalam T’ir Jbala, de Moulay Bouchaib Er Reddad, et même du troisième « Haram » de l’Islam(n’existe qu’au Maroc ce troisième Haram), « al Haram al idrissi » comme disent les habitants de Fés.

En un mot comme en dix, concluent les descendants de Bousba’â, « Bouya Rahhal et Moulay Abdelkader El Jilani font figure de débutants devant la Baraka de notre ancêtre, Sidi Abdellah Ben Soulayman ».

C’est avant tout le saint des récalcitrants, des désobéissants, des revêches et des animaux rétifs. Les chevaux récalcitrants ne sont plus que des asins une fois devant son sanctuaire.

Le marabout est également éprouvé dans tout ce qui touche à la démence. Les fous furieux, les psychotiques, les aliénés, les enragés, les adolescents difficiles, les femmes refusant leurs foyers, et tant de déséquilibrés retrouvaient vite leur sérénité sous sa coupole blanche.

Et après une nuit ou deux dans le sanctuaire du Saint Patron, tous ceux qui sont atteints de démence en reviennent guéris. La Baraka de Sidi Bousba’â vient en effet à bout de toute fureur, de toute folie et de toute difficulté d’adaptation.

Sa Baraka est efficace également pour les lèpres, le vitiligo et toutes maladies de la peau. Pour les migraines de toutes sortes, prendre une pincée de sel, la mettre dans un petit tissu, la promener sur la tombe du saint homme et en frotter sept fois le front. Et c’est l’effet bénéfique garanti.

A suivre
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  #6  
Vieux 18/06/2003, 23h32
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Son mausolée situé à la limite des territoires communaux des tribus, Beni Yekhlef et Beni Merzoug, sur un grand plateau rocailleux indivis entre les deux tribus depuis des temps immémoriaux, ne manqua pas de soulever une dispute tribale où invectives altercations se vivaient au quotidien.

Chacun des deux groupes voulait s’approprier l’honneur d’héberger les restes du Saint homme sur ses terres. La baraka d’un saint n’a pas de prix chaque famille, chaque tribu voulait placer ses récoltes, son cheptel et ses enfants sous la protection du « wali-as-salih ».
La moindre des discussions s’envenimait entre membres de différentes tribus.

Les enfants du saint marabout qui arrivent chaque année à la fin de l’été, passent le plus clair de leur temps à apaiser les deux clans qui hébergent sur leur terre les os de leur saint ancêtre. Ils finissent souvent par partir mécontents des comportements fougueux des deux tribus mais toujours sans marquer de charger leurs mulets d’argent et de dons en matières de valeur.

Les gens du makhzen, les notables et toutes les médiations communautaires traditionnelles ne purent rien régler aux querelles qui opposaient les deux tribus Beni Ykhelef et Beni Merzoug. Chaque clan voulait toujours le mausolée pour soi. Même les interventions des chorfas de Zerhoun ne purent étouffer leurs démêlées. La renommée du saint patron diminuait.


La rumeur sur ces violentes disputes, que la Baraka du saint ne pouvait éradiquer, n’était pas de nature à recruter de nouveaux fidèles ni même de maintenir les inconditionnels. Jusqu’aux vétérans qui se posaient eux aussi des questions.
L’influence du saint patron perdait donc du terrain à vue d’œil, au profit des saints des Zerhoun, Moulay Driss notamment.

Au cours d’un été, lors de la préparation du Moussem de sidi Bousba’a, vu le nombre réduit de tribus ayant consenti à faire le pèlerinage, la question du mausolée allait dégénérer en conflagration entre les deux clans.

Le makhzen qui tient toujours à garder un mécanisme bien huilé où il trouve toujours un bon allié depuis des siècles, n’a rien pu faire pour la réussite du Moussem du « Wali As-Salih ». Juste au moment où ce différend atteignait son paroxysme, les enfants du saint marabout arrivèrent au Moussem. On les accueillit comme des princes…plus encore comme des prophètes.

Ils étaient trois. Sidi Abdelhadi Ben Salah Ben Soulaymane, l’aîné et par là même, le sage de la petite troupe. Sidi Abdelhalim Ben Salah Ben Soulaymane et leur jeune frère, Sidi aîssa Ben Salah Ben Soulayman.

A suivre


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  #7  
Vieux 01/07/2003, 01h54
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Les trois saints commencèrent par faire les comptes des subsides de l’année avec le mqadem chargé du gardiennage du mausolée. Les recettes des caisses courantes étaient au plus bas. Des chiffres qu’il n’aveint pas vu depuis des dizaines d’années.

Même pendant les grandes sécheresses, les grandes épizooties ou les invasions de sauterelles, les présents consentis au Marabout étaient plus conséquents. Seul le stock des cierges avait accusé une nette amélioration. Les présents en têtes de bétail ne sont plus qu’un tas de promesses non tenues. C’est à croire qu’on ne craint plus les foudres de Sidi Bousba’â.

Cette année, les dix mulets ramenés vides de charge pour transporter les dons ne seraient même pas chargés au tiers. Il fut des années où vingt montures ne venaient pas à bout de tout ce que les tribus réservaient comme dons au descendants du grand saint.

Même le Mousem ne réunissait plus les dizaines de milliers de foyers venus de toutes les régions du Rif, du Gharb et de l’oriental. Les donations pour le Moussem étaient également maigres.

Les querelles avaient donc sérieusement entamé les affaires. Le feu était au logis…

A suivre

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  #8  
Vieux 25/09/2003, 18h32
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Les Chorfas passèrent une nuit des plus sombres. Le sage réfléchissait. Il regrettait le temps de la colonisation où conscient de leur importance, l’occupant les aidait à résoudre tous les problèmes. L’autorité n’est pas un simple titre social.Le père de Sidi Abdelhadi lui disait que le capitaine Charles lui-même apportait ses dons comme tout le monde. Et il faisait don mieux que tout le monde, le chrétien !...

-« le makhzen n’est plus ce qu’il était » se disait-il à lui-même. Ses jeunes frères ne doivent être au courant des choses de gestion et de stratégie qu’une fois le demi siècle d’âge dépassé. Et le plus âgé n’avait que quarante ans. Ils sont bien jeunes pour pouvoir mieux rentabiliser leurs titres. C’est à lui tout seul de trouver une issue à ce désastre.

Les deux frères n’ignoraient pas ce désastre mais restaient confiants. Leur aîné finira comme à l’ordinaire par entrevoir le plus radical des dénouements à cet obstacle. Leur nuit se passa quand même dans le silence. Un silence d’angoisse.

Le coq et le muezzin appelèrent enfin à la première prière du jour. C’était le coq qui avait réveillé Abdelhadi. Avant de se lever pour faire ses ablutions du petit matin, le sage ordonna à son petit frère de rester sous les couvertures simulant une maladie. C’est qu’il avait décidé, tel un as des échecs, de rééditer « le coup des Bousba’a », joué il y’a plus d’un siècle au Haouz de Marrakech.

La prière collective d’Al Fajr se passa donc à la mosquée du village sans la présence du petit chérif. On le déclara gravement malade. Les notabilités faisaient la file pour le voir. Il était déconseillé de lui adresser la parole ou de dévoiler le visage du grand malade.

A suivre.


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  #9  
Vieux 28/09/2003, 00h03
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Et dés les premières heures de la journée, une assemblée de sages fut vite tenue et sidi Abdelhadi, fit part aux chefs des tribus que les chorfas avaient décidé d’écourter leur séjour.

-« continuez votre fête et que la baraka des Bousb’â vous accompagne et vous protège ! » avait-il professé. L’assistance souffla un « amen » de soulagement.

-« nous devons ramener notre frère au Machriq » déclara à l'assemblée le frère aîné. En entendant le mot «Machriq » quelques notables se prosternèrent, manifestant ainsi toute leur érudition quant aux choses de l’Islam. Le « Machriq » c’est l’islam…et nous sommes en Afrique.

-« notre frère espérait être enterré au berceau de l’Islam et terre de nos ancêtres. » continua Sidi Abdelhadi. « Sa maladie ne fait qu’empirer et nous nous inquiétons pour ses jours. Pourvu qu’on puisse exhausser son souhait ».

Les gens, oublièrent leur différend, préparèrent minutieusement le départ des pitoyables chorfas. Un brancard fut confectionné. Et le chérif malade y fut placé puis hissé sur un mulet.

Les chorfas, larmes aux yeux, attachèrent le brancard de leur jeune frère, Sidi Aïssa, sur sa monture et prirent le chemin de la Mecque. Ils furent salués à la sortie du village par les adeptes des Bni Yekhlef et des Bni Merzoug. Les partisans tous réunis prièrent en cœur pour que le voyage du malade se fasse sans grand mal.

Quelqu'un fit remarquer que les provisions embarquées étaient bien en deçà de e qu’il fallait pour un voyage de plusieurs mois, mais personne n’accorda d’importance à ces propos terrestres.

[color=0000FF]à suivre[/color]
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  #10  
Vieux 28/09/2003, 17h58
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Les villageois, des deux clans déçus de ne pas avoir de réponse définitive en ce qui concerne le sanctuaire, firent contre mauvaise fortune bon cœur et entreprirent de terminer au plus vite leur Moussem.

Le lendemain vers midi, un cheval monté à cru rapportait la mauvaise nouvelle.
-« juste sur la rive droite du cours d’eau Asif Souf, terre des Bni Yekhlef », dit le messager, « campent les deux chorfas après avoir enterré leur jeune frère, Sidi Aïsa, décédé la nuit dernière ». « Ils ont dressé leurs guitounes verts devant la dernière demeure de leur frère. Leur drapeau noir flotte au vent annonçant la mauvaise nouvelle », ajouta le messager.

-« un véritable chérif été donc décidé à l’Asif Souf. Les bni Yekhlef viennent d’être dotés de leur saint Patron » Dit une voix.

Mais sur le coup personne ne prêta attention à cette remarque. Tous parlèrent à la fois. Les jobards et les femmes parlent autant que les personnalités. Mais que connaît un simple Cherradi aux choses de la religion ? L’islam serait-il réduit à la hauteur de n’importe qui ? Et au niveau de tout le monde ?

A l’annonce de la nouvelle, les gens accoururent tous sur la rive droite du fleuve Souf. Seules les femmes gardaient les effets des foyers bivouaquant pour le Moussem. Une foule compacte entoura les deux frères. Les Bni Merzoug et les Bni Yekhlef, rivalisèrent de pleurs et de jérémiades devant la sépulture du saint défunt.

[color=0000FF]à suivre[/color]
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