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#1
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Nous vivons dans un bouleversement perpétuel où les civilisations s'entrecroisent, des pans entiers de culture basculent et s'entremêlent, où ceux qui s'effraient du métissage deviennent des extrémistes. C’est ce que j'appelle le " chaos-monde ". On ne peut pas diriger le moment d’avant, pour atteindre le moment d’après. Les certitudes du rationalisme n'opèrent plus, la pensée dialectique a échoué, le pragmatisme ne suffit plus, les vieilles pensées de systèmes ne peuvent comprendre le chaos-monde. Même la science classique a échoué à penser l'instabilité fondamentale des univers physiques et biologiques, encore moins du monde économique, comme l'a montré le prix Nobel de chimie Ilya Prigogine. Je crois que seules des pensées incertaines de leur puissance, des pensées du tremblement où jouent la peur, l’irrésolu, la crainte, le doute, l'ambiguïté saisissent mieux les bouleversements en cours. Des pensées métisses, des pensées ouvertes, des pensées créoles. Edouard Glissant |
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#2
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#3
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#4
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Une pensée basée sur la "cohérence" et la "stabilité" est incapable de saisir le réel, car la stabilité, l'incohérence et la contradiction sont intrinsèques à la réalité du monde. Il faut en finir avec les sacro-principes de la logique aristotélicienne : principe "d'identité" et principe du "tiers exclu" ! |
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#5
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Plutôt qu'au tremblement, je pense à la vibration, ondulatoire de préférence.
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