Révolution à Essaouira: le maire est une femme


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  #1  
Vieux 08/10/2005, 03h26
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Par défaut Révolution à Essaouira: le maire est une femme

Elle a beau porter la même tenue blanche, elle est lumineuse au milieu de tous ces hommes. Elle, c'est Asma Chaabi, la seule femme maire du Maroc. Elle est là pour prêter allégeance au roi Mohammed VI, à l'occasion de la fête du Trône. C'est une première au Maroc. « Ils se demandaient ce que je faisais là ! » s'exclame-t-elle. La date est gravée dans sa mémoire : le 31 juillet dernier. Comme le 17 septembre 2003, jour de son élection à la mairie d'Essaouira, petite ville du bord de mer, à deux heures de route de Marrakech. Chef d'entreprise, elle a le sentiment d'ouvrir « une porte pour toutes les femmes marocaines. »

A 42 ans et mère de trois enfants, elle mène de front carrière politique et vie professionnelle. Diplômée de l'Ecole polytechnique de Londres en 1985, elle intègre le groupe familial, Ynna Holding, connu sous le nom de Groupe Chaabi, fondé par son père. Avec 10 000 collaborateurs, il travaille dans la construction et la grande distribution. Elle en est, depuis quelques semaines, la vice-présidente.

Pragmatique, elle a mis son expérience au service de la ville : « Avec mes réseaux et peu de moyens, j'ai pu faire avancer les choses », assure-t-elle. Au programme, l'assainissement de la ville à partir de janvier 2005 et une nouvelle zone touristique d'ici à 2008.



:-) Ce n'est qu'un début ;-)
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  #2  
Vieux 08/10/2005, 04h17
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Par défaut Révolution à Essaouira : le maire est une femme

Citation:
noudina a écrit*:
Elle a beau porter la même tenue blanche, elle est lumineuse au milieu de tous ces hommes. Elle, c'est Asma Chaabi, la seule femme maire du Maroc. Elle est là pour prêter allégeance au roi Mohammed VI, à l'occasion de la fête du Trône. C'est une première au Maroc. « Ils se demandaient ce que je faisais là ! » s'exclame-t-elle. La date est gravée dans sa mémoire : le 31 juillet dernier. Comme le 17 septembre 2003, jour de son élection à la mairie d'Essaouira, petite ville du bord de mer, à deux heures de route de Marrakech. Chef d'entreprise, elle a le sentiment d'ouvrir « une porte pour toutes les femmes marocaines. »

A 42 ans et mère de trois enfants, elle mène de front carrière politique et vie professionnelle. Diplômée de l'Ecole polytechnique de Londres en 1985, elle intègre le groupe familial, Ynna Holding, connu sous le nom de Groupe Chaabi, fondé par son père. Avec 10 000 collaborateurs, il travaille dans la construction et la grande distribution. Elle en est, depuis quelques semaines, la vice-présidente.

Pragmatique, elle a mis son expérience au service de la ville : « Avec mes réseaux et peu de moyens, j'ai pu faire avancer les choses », assure-t-elle. Au programme, l'assainissement de la ville à partir de janvier 2005 et une nouvelle zone touristique d'ici à 2008.



:-) Ce n'est qu'un début ;-)
bravo ! tbarek allah 3liha !
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  #3  
Vieux 08/10/2005, 04h35
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http://www.wafin.be/politique/images/asmachaabi.JPG



Maroc Hebdo International: La gestion d’une ville comme Essaouira, est-elle une chose facile ?

- Asma Chaâbi : Non, ce n’est pas facile du tout, mais il faut travailler avec ce que l’on a. Les ressources financières de la Commune d’Essaouira sont restreintes, mais elle est riche en ressources humaines. Quand j’ai été élue en septembre 2003, j’ai trouvé une équipe jeune et motivée, qui ne demandait qu’à travailler.
Il est vrai que j’ai constaté, après une période d’observation de trois mois, qu’il y avait une anarchie au niveau de la distribution des responsabilités et aussi une surcharge salariale.
Le conseil municipal emploie 638 personnes, alors que 100 employés feraient le même travail. La charge salariale pèse lourd sur le budget, puisqu’elle représente 60 % de nos dépenses. Je ne pouvais pas procéder à des licenciements, je n’en ai pas le droit.

• MHI : Ne fallait-il pas procéder à un redéploiement des ressources humaines?

- Asma Chaâbi : Effectivement, nous avons commencé par instaurer une nouvelle politique de gestion des ressources humaines pour mieux organiser le travail et définir les tâches. Un système de pointage a été mis en place, les absences injustifiées étaient sanctionnées. J’ai essayé de sensibiliser le Conseil au travail d’équipe.
Mon expérience dans le secteur privé m’a appris qu’on ne peut mener à bien sa mission si on n’est pas entouré d’une équipe motivée.
J’ai aussi expliqué, dès la première réunion, que les employés du conseil municipal étaient là pour servir l’intérêt général des citoyens et non pas des intérêts personnels. J’ai aussi été claire : les conflits partisans n’ont pas leur place dans notre travail. J’ai également réhabilité de hauts cadres compétents, qui étaient marginalisés. Mes démarches ont donné leurs fruits. Aujourd’hui, chacun est impliqué pour donner le meilleur de lui-même dans son domaine.
• MHI : On reproche généralement aux élus d’oublier leurs électeurs le lendemain de leur élection…

- Asma Chaâbi : Pas chez nous. Je suis très présente dans la ville. Je me promène dans les rues, parce que je crois au travail de proximité. Je m’informe des besoins des citoyens. Nous sommes à l’écoute du citoyen. Deux fois par semaine, nos bureaux sont ouverts pour recevoir les requêtes.
Souvent, nous sommes amenés à répondre à des besoins vitaux. 80 % de la population sont pauvres. Combien de fois avons-nous dû acheter une boîte de médicaments pour un citoyen démuni ? C’est pour cela que j’ai augmenté le budget de la rubrique des médicaments. Le fonds de soutien de la Commune prend en charge les malades indigents nécessitant une intervention chirurgicale en dehors de la ville d’Essaouira.
Il faut souligner que les médecins de la Santé publique nous sont d’un grand secours. Ils sont solidaires et ne lésinent pas sur les moyens pour venir
en aide à un malade démuni.
• MHI : Venir en aide à un démuni n’est pas le rôle premier d’un élu. C’est tout un programme de travail qu’il faut…

- Asma Chaâbi : Il est clair que le travail d’un élu est sur le terrain. Il doit être en permanence en contact avec ses électeurs.
De plus, j’aime bien voir les gens sourire. J’ai vécu dans cet esprit. Mes parents m’ont appris à donner le meilleur de moi-même. J’organise des petits-déjeuners dans les prisons pour femmes les jours de fête. Je prends le temps d’écouter l’histoire de chacune. Parfois, je constate qu’elles ont été emprisonnées pour des motifs mineurs. Je pense particulièrement à une femme dont le sort m’a beaucoup marquée.
Elle a écopé de deux ans de prison parce qu’elle a hébergé le neveu de son mari, qui était dealer. Ni son époux ni elle ne connaissaient les activités de ce proche.
Et pourtant, ils se sont retrouvés derrière les barreaux. Je me dis que ça peut arriver à n’importe qui. Organiser un petit-déjeuner un jour de fête est un geste bien modeste, mais il rend l’espoir et le sourire à des personnes privées de liberté.
• MHI : Essaouira se développe à vive allure, quels sont vos projets pour préparer l’avenir ?

- Asma Chaâbi : Nous développons divers projets d’aménagement urbain afin d’être au plus près des quartiers populaires. Nous avons un projet d’assainissement de la ville, qui démarrera en décembre 2004, et d’adduction d’eau dans certaines régions d’Essaouira, qui continue à être alimentée à partir de puits. Pour dynamiser le port d’Essaouira et créer des emplois, un grand projet d’élevage de crustacés est à l’étude. Il permettra de créer 800 à 1.500 postes d’emploi. Le recrutement se fera essentiellement dans la région d’Essaouira. Un projet de parc d’éoliennes est aussi à l’étude, en partenariat avec le gouvernement belge.
Nous élargissons également la coopération décentralisée pour des projets à objectifs précis comme des jumelages avec des villes étrangères. Nous avons un grand projet de zone touristique, Mogador, dont la convention a été signée en présence de Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 17 février 2004.
• MHI : Y a-t-il des actions pour préserver la beauté et la propreté des plages de la ville ?

- Asma Chaâbi : Bien sûr que nous déployons de grands efforts pour cela. Nous comptons les embellir davantage. C’est une lourde tâche pour nous puisqu’on a à l’esprit et à chaque instant le fait que la plage d’Essaouira a été classée au 6ème rang des plus belles plages au Monde par la revue espagnole spécialisée Viajes del Mundo en mai 2004. Leur propreté leur a également valu le Prix du Mérite et d’Excellence, remis le 21 octobre 2003 par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasna. Sans oublier leur inscription au label Pavillon Bleu pour 2005 avec l’ONG FEE (Fondation pour l’Education et l’Environnement) dont la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement est membre depuis juillet 2002.
• MHI : Si la commune d’Essaouira est pauvre, comment comptez-vous faire aboutir ces projets ?
- Asma Chaâbi : Nous travaillons en étroite collaboration avec les acteurs de la cité. Les autorités locales et les services extérieurs de la ville sont aussi parmi des partenaires sur qui l’on peut compter. Sans oublier le corps associatif, qui comporte plus de 100 associations.
La participation des citoyens est également importante. À Essaouira, c’est une autre dimension. La confiance règne.
Le côté relationnel est aussi primordial. Nous n’avons besoin ni de contrats ni de garanties. Nous nous contentons d’une parole d’honneur. Nous nous défendons comme nous pouvons. On n’accepte plus la fatalité. Ce n’est pas parce que nous sommes une municipalité à moyen restreint que nous devons nous croiser les bras.

• MHI : Essaouira a un passé prestigieux. Que faites-vous pour préserver son patrimoine ?

- Asma Chaâbi : La conservation du patrimoine culturel et architectural de la ville est l’une des priorités. L’Unesco a classé Essaouira Patrimoine universel de l’Humanité en décembre 2001. C’est une grande responsabilité. Nous voulons préserver le cachet architectural de la ville. L’octroi des autorisations de construction et d’ouverture de riads ou de restaurants doit répondre à des critères établis et respecter les lois et normes en vigueur.
Pour les jumelages, même si nous recevons plusieurs propositions, nous faisons le tri. Les villes qui veulent être jumelées avec Essaouira doivent répondre à certains critères, dont l’action pour le patrimoine. Au niveau de la communication, nous avons édité la première brochure de la ville d’Essaouira à l’occasion de la septième édition du festival Gnaoua-musiques du monde.
• MHI : Justement, que rapporte le festival à la ville d’Essaouira ?

- Asma Chaâbi : Le festival est un puissant levier économique. Pendant la période du festival, les hôtels, les riads, les maisons d’hôte affichent complet. Les restaurants sont pleins. Les artisans, les antiquaires, les responsables des galeries voient leurs commerces fleurir. Le festival a permis de faire la promotion de la ville en tant que destination touristique sur le plan international. Je rends un grand hommage aux initiateurs du festival de Gnaouas-musiques du Monde. Cette manifestation culturelle permet aussi la création d’un certain nombre d’emplois, même si le recrutement ne se fait pas sur place.

• MHI : Comment la ville s’organise-t-elle pour parvenir à bien gérer l’afflux de près de 400.000 festivaliers ?

- Asma Chaâbi : Essaouira se prépare des mois à l’avance. Tous les services publics et les organisations associatives apportent leur contribution. Tout le monde se mobilise pour que le festival soit un succès.
Cette année pour ce festival, les employés municipaux ont même fait le geste de ne pas suivre le mot d’ordre de grève décidée par leurs syndicats sur le plan national. Nous les remercions pour cette noble initiative.
• MHI : Avec toutes ces occupations qui sont les vôtres, vous reste-t-il du temps pour vous occuper de votre petite famille?
- Asma Chaâbi : J’ai toujours été une femme active. Ma famille me soutient. J’essaye d’impliquer mes enfants dans le social, comme mon père l’a fait pour moi. Ils m’accompagnent dans des hôpitaux. Ils mettent la main à la pâte, même par un petit geste. Servir un verre d’eau, couvrir un malade, lui donner à manger. Je veux qu’ils grandissent avec une fibre sociale.

• MHI : Qu’est-ce que ça vous fait d’être la première femme maire au Maroc ?

- Asma Chaâbi : Rien, j’ai une mission définie que je dois accomplir le mieux possible.
C’est pour ça que je n’ai pas voulu faire de tapage médiatique. Ma seule fierté sur ce plan, ce serait que j’aurais peut–être ouvert la voie à d’autres femmes pour qu’elles se présentent en grand nombre aux prochaines élections communales.



La maire des Souiris

Avec un jean couleur délavée, une liquette fleurie, des babouches artisanales, Asma Chaâbi était décontractée. Souriante et accueillante, elle servait elle-même ses invitées dans sa maison située à Ghezoua, à quelques kilomètres de la ville d’Essaouira. Ce dimanche 27 juin 2004, elle recevait des représentantes de plusieurs associations de Marseille qui travaillent en partenariat avec l’association EJID à Rabat.
Elle avait fait leur connaissance quand elle s’est rendue à Marseille pour célébrer la journée de la femme le 8 mars 2004. Elle a saisi l’occasion de leur présence à la capitale marocaine pour les inviter à Essaouira afin de leur faire découvrir cette ville merveilleuse. Sur la table du petit-déjeuner, toutes sortes de mets étaient servis. Des crêpes marocaines, des beignets, du pain de campagne, des gâteaux secs, des huiles d’olive et d’argan et amelou, un mélange d’amandes, de miel et d’huile d’argan. Asma Chaâbi insistait pour faire goûter la harcha au son, assaisonnée d’amelou, une spécialité de son terroir. Dans une ambiance bon enfant, les convives mangeaient et discutaient en écoutant de la musique gnaoua. La fille de Miloud Chaâbi, homme d’affaires et promoteur immobilier connu et reconnu, sait mettre les gens à l’aise. Elle a hérité de l’hospitalité légendaire des habitants d’Essaouira.

Valeurs

Son père, un homme pieux et généreux, lui a inculqué les bonnes valeurs dès son bas âge avant de la laisser voler de ses propres ailes.
Après son passage à Oxford, Asma Chaâbi intégrera l’école Polytechnique de Londres avant d’occuper le poste d’administrateur dans une société du groupe Chaâbi.
En 1991, elle réalise enfin son rêve. Elle crée une école privée d’un style singulier. Les écoles Madaris Ezahra allient la transmission des valeurs et un enseignement de qualité. Ainsi, les élèves sont amenés à faire des visites régulières aux hôpitaux, dans des orphelinats pour venir en aide aux plus démunis. Ils collectent des dons pour les cancéreux.
Émotion
Par ailleurs, présidente de la fondation Ezahra, Asma Chaâbi a été la première à tirer la sonnette d’alarme sur le « bidonville pour cancéreux », situé à proximité de l’hôpital Ibn Sinaa à Rabat. Elle se rappelle avec émotion, la situation désolante dans laquelle se trouvaient ces malades déshérités. Non seulement, ils devaient mener un combat acharné contre leur maladie, mais, en plus, ils devaient faire face à la misère. Aujourd’hui, elle estime que sa mission est réussie. Un projet de construction d’un centre d’hébergement des cancéreux est en cours de réalisation.
Mère comblée, Asma Chaâbi adore ses trois enfants. Elle veut leur donner la meilleure éducation, comme celle qu’elle a reçue. Son fils ira bientôt en colonie de vacances avec les enfants des employés du groupe Chaâbi. Sa fille cadette fera prochainement un séjour en France dans une famille d’accueil, comme elle est à l’école américaine, elle veut perfectionner son français. « Je veux qu’ils apprennent à vivre en société, à être à l’écoute de l’autre, à partager les malheurs et les bonheurs de leur entourage », explique-t-elle.
Avec ses nouvelles responsabilités, elle s’est installée à Essaouira, mais le week-end, elle n’hésite pas à prendre la route pour rejoindre son mari et ses enfants à Rabat.
Femme engagée, femme de cœur, Asma Chaâbi est maire d’exception.



:-)
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  #4  
Vieux 08/10/2005, 23h29
Avatar de mounia64
Un sacré grin de folie
 
Date d'inscription: juillet 2005
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  #5  
Vieux 08/10/2005, 23h31
De ReToUr
 
Date d'inscription: février 2005
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  #6  
Vieux 08/10/2005, 23h42
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Un sacré grin de folie
 
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