Ce qu’endurent les Marocains clandestins attrapés en Espagne
Ce qu’endurent les Marocains clandestins attrapés en Espagne
Vols divers, coups et blessures, humiliations de tous genres... Voilà ce qu’endurent les clandestins marocains arrêtés en Espagne avant d’être illico presto rapatriés vers le port de Tanger. Des exactions abassourdissantes qui peuvent aller dans certaines affaires jusqu’à l’hospitalisation des blessés tabassés comme il se doit par les forces de l’ordre ibériques. Un scandale qui lève le voile sur des comportements abusifs et anticonstitutionnels introduits et encouragés sous l’ère Aznar et qui risquent de tourner au vinaigre si le nouveau gouvernement espagnol n’y met pas une fin résolue.
«Lorsque les Espagnols t’attrapent, il faut espérer que ton séjour parmi eux se fasse sans trop d’accrochage» dit ce jeune homme fraîchement relâché à Tanger par le Procureur du Roi. C’est un harrague, un damné qui ne sait plus où donner de la tête. «Quand j’ai vu le bateau de la compagnie marocaine et les gens de chez nous, j’ai crié Alhamdoulillah... J’ai cru que ça n’allait jamais cesser !» Placé sur la liaison Algésiras-Tanger en un rien de temps, «48 heures après» qu’on l’ait chopé sur une route isolée de l’arrière-pays andalou, Mehdi vient de Kalaâ Seraghna et c’est déjà son «premier voyage qui finit mal». En parlant, le jeune homme qui se dit agriculteur ruiné par la sécheresse, montre une bosse conséquente qui brille sur son front. Une chute ? Une bagarre avec un pote qui tourne mal ? Non, même pas. La vérité est plus spectaculaire : tabassé par la guardia civile lors de son rapatriement. Malmené durement pendant la garde-à-vue qui le destinera au retour forcé, il crie son ignominie : «c’est un scandale, la guardia civile commet des dérapages graves. Ils vont jusqu’à insulter, frapper et commettre d’autres méfaits vis-à-vis des clandestins marocains». Sur place, la grogne est générale. Tout le port de Tanger connaît ces exactions dont la cible est constituée principalement de citoyens marocains. Pour ce gardien de la paix : «Ils ne font jamais ça avec les Subsahariens. Ils les traitent beaucoup mieux que les nôtres. On n’a jamais compris pourquoi.» Même déclarations ailleurs dans les parages du port où rodent les harraguas du désespoir. Les télévisions espagnoles et européennes nous ont servi à longueur d’années des scènes d’interpellations montées de toutes pièces. Dans les spots les guardias ibériques sont toujours souriants et donnent l’air d’avoir pitié des illégaux. Ils les prennent par la main ou les épaules, suggérant un début d’accolades fraternelles et se révèlent entourés de symboles reluisants de la société civile. Il ne manque plus que le bisou...
AMINE YA RAB
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