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François Hollande : il y a une nécessité d’aider les Marocains (Liberation (Ma) 12/10/2005) Le premier secrétaire du Parti socialiste français, François Hollande, a souligné qu’il existe une nécessité impérieuse d’aider les Marocains qui font face à l’immigration illégale des citoyens africains, au lieu de les faire simplement des gardiens de leurs propres frontières. Les pays du Maghreb qui, a-t-il ajouté, font l’objet d’un flux d’immigrés subsahariens doivent être assistés à «régler l’accueil de ces immigrés» puisqu’ils constituent des pays de transit. Toutefois, il est aussi indispensable d’agir dans les pays d’origine de telle manière à tenir la population chez elle. Cette action devrait prendre la forme d’un plan pour l’Afrique, qui sera digne de ce nom, dans la mesure où il sera impossible d’accueillir tout ce flux, a-t-il dit dans un entretien accordé samedi à Europe1. «On pourra multiplier les lois, et certaines sont en cours de préparation, mais on ne saura jamais venir à bout de ce phénomène sans une politique pour la Méditerranée et pour l’Afrique», a précisé François Hollande qui propose, dans ce contexte, la mise en œuvre de deux mesures. Quant à la première, il s’agit de l’organisation d’une conférence euro-méditerranéenne qui insuffle une nouvelle impulsion aux principes de partenariat de Barcelone qui sont restés lettre morte. Ce sera une conférence Barcelone bis parce que le processus initial n’a pas bien fonctionné, a-t-il expliqué. La deuxième mesure, selon François Hollande, serait l’injection des fonds structurels (l’expression de Barcelone) pour créer une atmosphère de développement et des postes d’emploi aux jeunes africains, car, a-t-il ajouté, si nous ne le faisons pas maintenant ce ne sont pas des dizaines et des centaines qui voudront dépasser les barbelés qu’on s’évertue à hisser au plus haut, mais bien des milliers et des milliers d’Africains qui viendront à nos portes. Outre ces mesures, l’Europe qui devrait avoir une politique commune du contrôle de frontière, une politique d’immigration coordonnée, une politique d’accueil quand il le faut, devrait d’abord conclure des contrats avec les pays d’origine de l’immigration. Je n’aime pas, dit-il, le terme quota parce qu’il est né avec l’immigration économique. Réagissant aux propos racistes de l’ultra-nationaliste Le Pen, qui a mis en garde contre «le tsunami migratoire», l’invité de Europe 1 a expliqué que la solution ne consiste pas en la mise en place de barbelés ni des barricades, mais bel et bien en une politique européenne commune à l’endroit de ce problème. Nouri Zyad © Copyright Liberation (Ma) |