Le président iranien persiste dans son appel à rayer Israël de la carte
il est normal que si un mot est correct et juste, il provoque une réaction", a déclaré, vendredi 28 octobre, Mahmoud Ahmadinejad, en guise de réponse aux Occidentaux, qui ont unanimement condamné les propos tenus deux jours plus tôt par le président iranien. Il a même persisté, vendredi, dans son appel à "rayer Israël de la carte", alors que des centaines de milliers de ses compatriotes descendaient dans la rue, à l'occasion de la journée "antisioniste" annuelle.
Loin d'atténuer ses paroles unanimement condamnées comme "inacceptables" et "inquiétantes" par les Occidentaux, le président a dénoncé "le sionisme international et la politique expansionniste de l'arrogance mondiale", expression désignant communément Israël et les Etats-Unis."Ce sont des insolents, qui croient que le monde entier devrait leur obéir", a dit le président iranien.
Vendredi, M. Ahmadinejad était dans la foule réunie à Téhéran, avant la prière hebdomadaire, à l'occasion de la "journée de Qods" (Jérusalem), instituée par Ruhollah Khomeiny, le fondateur de la République islamique, pour dénoncer "les crimes sionistes". Dans la capitale, des dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, ont ainsi marché au cri de "mort à Israël" et "mort à l'Amérique", sous des pancartes proclamant "qu'Israël doit être rayé de la carte". Les manifestants ont rituellement brûlé les drapeaux israélien, américain et britannique ainsi qu'une effigie du premier ministre israélien, Ariel Sharon. Des rassemblements semblables ont eu lieu dans tout le pays.
"CE SONT LES PALESTINIENS QUI DOIVENT DÉFENDRE LEURS DROITS"
Comme tous les manifestants interrogés, Amir Hossein, 45 ans, un officier des Gardiens de la révolution, armée dont est issu le président iranien, estimait que ce dernier avait dit "ce que pensei tout Iranien". Mais, comme les autres manifestants, il ne croyait pas pour autant que l'Iran allait ou devait attaquer Israël. Cette position a été confirmée le même jour par Ali Larijani, le responsable du nucléaire iranien. "La position de l'Iran sur la Palestine n'a pas changé : ce sont les Palestiniens qui doivent défendre leurs droits et décider de leur sort", a-t-il déclaré.
Le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale a par ailleurs dénoncé "une manoeuvre médiatique des dirigeants sionistes et américains". "Ils ont très vite lié cela à l'affaire nucléaire et ont voulu faire croire que l'Iran cherchait à avoir la bombe atomique", a poursuivi Ali Larijani. "C'est une guerre psychologique orchestrée par les médias, ils veulent en profiter pour affaiblir l'Iran dans les instances internationales", a-t-il conclu.
Avec AFP
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