Des jours de ma vie (Zaynab El Ghazaly , préface de Tarik Ramadan )


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  #11  
Vieux 11/06/2003, 20h56
 
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Par défaut Re: ...

Citation:
calif a écrit*:
As Salaam Aleykom

Je peux avoir le titre du livre?
Je le trouve très intéressant, je vais le lire incha’allah.
Merci a Mohammad et aux autres.


Wa Salaam Aleykom
Le titre est "Des jours de ma vie" "Ayamoune min hayati"
;-)
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  #12  
Vieux 11/06/2003, 22h01
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Par défaut Re: Des jours de ma vie (Zaynab El Ghazaly , préface de Tarik Ramadan )

Citation:
Elyssa a écrit :
J'aimerai bien comprendre comment Nasser a pu radicaliser un mouvement aussi modéré que celui des frères (du moins ils disent être modérés).
Je me posais la question de savoir si Tarik Ramadan, auteur de cette préface, et qui fait partie du mouvement des frères dirigé d'ailleurs pendant un moment par son père, n'essaie pas de mettre un peu abusivement la radicalisation de son mouvement à l'époque de Nasser rien que sur le dos de celui là?
Salam Elyssa

Avant de répondre à ton interrogation légitime , je me dois de te reprendre au sujet de termes ou remarques dont tu uses sans doute inconsciemment .

Loin de moi l’idée de te faire la leçon , je pense que l’on a tous à apprendre d’autrui et que la clairvoyance est un caractère trop grand que pour être contenu en un seul être .
Je voudrais donc m’assurer que l’on parle bien de la même chose et que les termes en vogues tels que modérés, modernes ou obscurantistes ont bien le même sens dans nos esprits respectifs.

En premier lieu, Tarek Ramadan ne revendique pas son appartenance au groupe des frères musulmans. Ses ennemis laïcisant et musulmans rigoristes aimeraient le voir prendre clairement position par rapport au mouvement de son illustre grand père pour des raisons totalement opposés mais jamais il ne le fit.

Par contre , au grand dam de ces même contradicteurs (musulmans comme non musulman) , il ne rejette nullement l'héritage de son grand père , d’ailleurs comment le ferait il alors que les musulmans qui se sont un peu intéressé à la vie de ce monsieur ressentent un immense respect à son égard.

Donc j’ose espérer que tu ne remettes en question cette préface sous prétexte que son auteur est le petit fils d’El Bannah sans quoi tu peux tout aussi bien rejeter les émissions de chaînes télés inféodées aux autorités qui combattent les associations religieuses.

Tu peux également remettre en question , les scoops de journaux appartenant à une direction qui affiche clairement sa vitrine laïque et sa haine des partis religieux qu'elle dissimule dans des mots chatoyant mais au goût amer pour celui qui comprend qu’on est sur le point d’attaquer sournoisement un monde auquel il croit dur comme fer.

Bref très chère Elyssa , ton attitude qui est tout à ton honneur te prive de donner un avis sur tout débat qui tournerait autour de l’islamisme dans la mesure ou toutes les sources sont de parti pris , qu’elles soient pro ou anti .

J’ose espérer que tu ne tiendras compte de la conclusion du raisonnement ci dessus , je tente juste de pousser le tiens à l’extrême dans le but de démontrer qu’on ne peut rejeter même partiellement un témoignage sous prétexte qu’il se pourrait que les dés soient pipés par le lanceur.
Les doutes n’ont pas droit de citation s’ils ne sont étayer par une contre argumentation.

Ne reconnais pas la vérité en te fiant aux hommes mais reconnais d’abord la vérité et tu sauras ceux qui l’assument".

Tel fut la parole pleine de sagesse du grand Ali Ibn Abi Talib

Modéré

Là encore il convient de s’entendre sur ce terme , j’ignore à quoi tu pensais lorsque tu as mis un bémol au terme qu’une catégorie de frère semble revendiquer .
Selon la définition que j’en donne , il n’y a pas lieu de mettre un doute quelconque quant au caractère modéré des frères , en effet pour moi le terme modéré devrait être lié à la manière dont on procède pour faire revivifier la foi musulmane (ça c'est pour rester dans le contexte) , une manière caractérisé par la: sagesse et non la violence.

Lorsqu l’on se réfère à la période qui a précédé la grande rafle, le doute n’est pas permis , les musulmans n’ont pas eu recours à la violence , le terme modéré n’est donc pas usurpé.

Maintenant si le terme modéré vise uniquement à décrire la référence islamique de tel ou tel groupe religieux alors dans ce cas , il faut s’attendre à ce que ledit groupe puisse nous qualifier de débauché au nom de leur références , car entre nous , il n’y a pas de raison d'universaliser nos références et renier les leurs.

Le tronc commun acceptable pour tous serait de disqualifier toute tendance qui aurait recours à la violence.
Condamner la contre violence sans émettre la moindre parole sur la violence qui l’a généré est une attitude malhonnête dans laquelle verse beau nombre de citoyen.

Pour ce qui est de ta question : ) :

Eh bien chère Elyssa , tu te dois de savoir que le mouvement des frères comptait au moment de l’assassinat d’El Bannah en 1949 , 2 millions de membres (membre = personne qui paye une cotisation prouvant son adhésion à une association) . Je te laisse donc le soin d’imaginer le nombre de sympathisant qu’un tel mouvement devait immanquable séduire.

J’ajoute que 1/3 de l’armée égyptienne était affiliée au mouvement des frères , cela prouve bien que ces personnes avaient la capacité de mener une action armée contre le Raïs.
Et ça ils ne l’ont jamais fait , car El Banna voulait un changement des cœurs qui devait aboutir nécessairement par l’adaptation des hautes sphères aux publics égyptiens et musulmans.

(Voir le livre les frères musulmans d’Olivier Carre)

Comment ont ils fait pour en arriver là , pourquoi une telle scission ?

Selon moi, ce mouvement est à l’image de tout mouvement fait d’être humain. Il y a un idéal vers lequel tendent les individus , puis vient l’épreuve :

-une partie craque et collabore
-une partie tient le coup
-une partie pète un câble

Priver la base des chefs spirituels qu’on assigne a résidence ou qu’on massacre comme ce fut le cas pour Seyyed Qutb et tu trouveras des personnes qui constateront d’eux même que la stratégie suivie par une hiérarchie chancelante ou morte est à rangée de côté.

Je ne sais si tu sais de quoi il en retourne mais ce massacre a eu lieu entre 1954 et 1970. 16 ans de folie dans le silence des geôles, 16 années durant lesquels des dizaines de milliers d’individus ont perdu la vie.
La radicalisation était plus que prévisible surtout dans le chef d’une jeunesse qui n’avait côtoyé El banna de son vivant ou qui fut privée de la sagesse de seyyed qutb enfermé entre 1954 et 1964 puis pendu en 1966.

Pour la petite histoire , le prétexte de cette rafle fut une tentative d'attentat en 1954 contre Nasser, si tu as l'occasion d'acquérir le livre de Gilles Kepel "le prophète et le pharaon" , tu pourras y lire qu'il a été prouvé en 1990 que jamais il n'y eut de tentative de coup d'état.

Selon les informations en ma possession , Tarik Ramadan est dans le vrai , si tu as d'autres données contredisant ce que j'avance, n'hésite pas à nous en faire profiter.

salam
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  #13  
Vieux 11/06/2003, 22h14
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Citation:
Icham_61_27 a écrit :
Citation:
par Mohammad le 10/6/2003 à 11:21

Si je sens que le thème interesse , je posterais quelques extraits marquants du livre.

Poste, poste mon ami :-)
Ok Icham mais rien que pour toi

Citation:
calif a écrit*:
As Salaam Aleykom

Je peux avoir le titre du livre?
Je le trouve très intéressant, je vais le lire incha’allah.
Merci a Mohammad et aux autres.


Wa Salaam Aleykom
Comme l'a dit Elyssa , le titre du livre est celui du topic , voici de plus amples informations

http://www.iqrashop.com/images/liv-zaynab.jpg

Auteur : Z. AL-GHAZALI

Nombre de pages : 382

Editeur : Al Bouraq

Année : 1996

Langue : français

ISBN : 2-84161-004-7

Référence IqraShop : 253

http://www.iqrashop.com/product_info...roducts_id=253

salam
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  #14  
Vieux 12/06/2003, 00h52
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Par défaut salam aleikum

En attendant la suite de la préface , je poste quelques citations d'El Bannah qui aideront à cerner le personnage

Je voudrais, Frères, vous dire franchement que notre message est encore inconnu de la plupart des gens et que lorsqu'ils auront pris connaissance de ses buts et de ses intentions, s'ils l'adoptent , ils se heurteront à la plus vive opposition, à l'inimité la plus cruelle. Vous serez alors obligés d'affronter un nombre important de difficultés et d'obstacles. C'est alors seulement que vous commencerez à marcher sur la voie des véritables prêcheurs.

L'IGNORANCE de la majorité du peuple concernant la réalité de l'islam se dressera sur votre chemin. Vous découvrirez alors que LES HOMMES DE RELIGIONS ET LES OULEMAS OFFICIELS considéreront votre religion comme une étrangeté, et ils dénonceront au nom de l'Islam votre combat. Vos chefs comme les membres de votre association vous envieront. Un GOUVERNEMENT après l'autre s'opposera à vous. Chacun d'entre eux s'efforcera de bloquer votre progression.

Les oppresseurs feront tout leurs efforts possible pour éteindre la lumière de votre Message. Ils seront aidés par des gouvernement faibles d'une moralité décadente et ils mendieront auprès d'eux contre vous la persécution. Tout ceci suscitera la suspicion à votre endroit et inspirera des accusations injustes contre votre message. Ils essaieront en effet de donner au peuple une image défigurée et souillée de ce message.

Cela vous conduira à l'étape de l'épreuve, vous serez alors emprisonnés, détenus exilés, vos propriétés confisquées vos activités propres arrêtées, vos maisons soumises à la perquisition, etc... De fait la période de votre épreuve durera longtemps. MAIS DIEU A PROMIS QU'IL ASSISTERAIT CEUX QUI COMBATTRONT POUR LE BIEN.
Êtes vous décidez frères à être le soutiens de Dieu ?

Ô frère musulmans écoutez ! J'ai essayé par ces quelques mots de mettre sous vos yeux le message. Peut être auront nous une période critique au cours de laquelle nous serons séparés les uns des autres. En ce cas je ne serais plus à même de vous parler ni de vous écrire.
Je vous demande d'étudier ce que je vous ai dit de collationner l'ensemble car chaque portera plus de sens.

Vous devez vous sentir porteur d'une charge que tout les autres ont refusés.

Quand on vous demandera : » Quel est ce message que vous prêchez ?», répondez : » C'est l'islam, c'est le Message de Muhammad(Béni sois l'envoyé de Dieu)», c'est la religion qui contient un gouvernement et qui a pour PREMIÈRE exigence la LIBERTE .

Si l'on vous répond « Et que faites vous de la politique ?«,répondez » L'islam ne fait pas de tel distinguos» . Si on vous accuse d'être des révolutionnaire, répondez » Nous sommes la voie du droit et de la paix en lesquels nous croyons fièrement».

SI VOUS VOUS DRESSEZ CONTRE NOUS SUR LE CHEMIN DE NOTRE MESSAGE ALORS DIEU NOUS PERMET DE NOUS DEFENDRE FACE A VOTRE INJUSTICE ET SI VOUS PERSISTEZ DANS CETTE VOIE ALORS DITE LEUR ;

QUE LA PAIX SOIT SUR VOUS ! NOUS IGNORONS LES IGNORANTS.


***


Ô Frères musulmans, vous surtout qui êtes enflammés et trop pressés ! Écoutez bien ce que je vais vous dire du haut de cette chaire, dans votre congrès général, c'est important et apaisant pour vous. Eh bien votre route est tracée, les pas sont marqués, les limites sont inscrites, et je ne doute pas de cette route, je suis absolument convaincu qu'elle est le plus sur chemin pour arriver.

La route sera longue, certes, mais c'est la seule et le signe de la virilité c'est la patience , l'endurance , le sérieux, l'action incessante.

CEUX D'ENTRE VOUS QUI VEULENT HÂTER LE FRUIT AVANT MATURITE OU CUEILLIR LA FLEUR AVANT TERME , EH BIEN JE NE SUIS PAS DU TOUT AVEC CEUX LÀ , ET IL VAUT MIEUX VAUDRAIT MIEUX QU'IL QUITTE NOTRE MESSAGE POUR UN AUTRE.


***

Contre la Nationalisme

Les nations modernes ont travaillé pour enraciner le nationalisme dans l'âme de tous leur fils, jeunes et adultes. C'est ainsi que nous avons entendu ces slogans : » L'Allemagne au dessus de tout»-« L'Italie au dessus de tout«- « Gouverne et règne Ô Grande Bretagne«.

Mais les sentiments qui dictent les principes de l'Islam et ceux qui sont inculqués par de tel slogans sont tout à fait différents. D'abord parce que le musulman sublime sont sentiment national jusqu'à entrer en contact avec Dieu alors que le nationalisme des autres reste enfermé dans les limites des slogans cités plus haut.

Par ailleurs, l'Islam a définis quel but on devait viser en créant ce sentiment national et il a insisté sur le caractère obligatoire de ce but. Il a montré que le but du nationalisme n'était pas un chauvinisme racial ou un orgueil mal placé mais qu'il était de conduire le monde vers le bien.

C'est pourquoi DIEU a dit « Vous ordonnerez le bien interdirez le mal et croirez en DIEU«. Le sens de ce verset est qu'il faut promouvoir la vertu et combattre le vice, vénérer les idéaux et les prendre en considération pour toute action. Voilà pourquoi le sentiment de souveraineté nationale a produit chez les premiers musulmans le maximum de justice et de bienveillance qu'une nation ait jamais atteint. Au contraire chez les nations occidentales on n'a pas définis le but d'un chauvinisme erroné ; c'est pourquoi ce principe a engendré des attaques criminelles contre des nations plus faibles.

Commentaire d'Olivier Carré

Banna rejette donc le nationalisme arabe élaboré par Husari dès les année 1920 et systématisé par Michel Aflak à Damas dans les année 1940. Ce dernier lance le partie Ba'th(Résurrection) arabe clandestin en 1941 et le fonde publiquement en 1947, en expliquant que l'islam dont l'arabisme est le corps. Il entend l'Islam comme la culture créée par Muhammed(Béni sois l'envoyé de Dieu). Le prophète arabe.

Le conflit idéologique est donc dès l'origine des deux mouvements ,radical et inexpiable. Le conflits politiques seront incessantes et sans trêves possible partout ou le partie Ba'th exercera son pouvoir.


Le combat pour Dieu

Commentaire d'Olivier Carré

Venons en au thème de la guerre, du combat pour Dieu. L'ensemble des textes de Banna sur ce point ne démontre pas qu'il prêchait la violence terroriste, ni qu'il fut cette instituteur inspiré et terroriste. Banna affirme que la guerre est une obligation présente pour les Egyptiens face à la puissance coloniale Britannique. Il interprète la tradition musulmane en en faisant pour aujourd'hui une obligation individuelle pour tous. AU WAFD TROP SOUMIS AU BRITANNIQUE IL REPROCHE DE MANQUER A CETTE OBLIGATION URGENTE

(*) il est évident que je ne rapporte pas les textes intégral du Cheick
Pour ceux qui veulent en savoir plus lire le livre: Les frères musulmans par Olivier Carré édité chez Gallimard
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  #15  
Vieux 13/06/2003, 00h15
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Par défaut Re: Des jours de ma vie (Zaynab El Ghazaly , préface de Tarik Ramadan )

... suite ...

3. Zaynab El Ghazaly est connue dans l’ensemble du monde musulman. Son engagement témoigne contre tout ceux qui n’ont voulu voir dans la mobilisation « islamiste » que l’expression d’un nouveau machisme , du rôle des femmes dès l’origine du mouvement.

Avec Zaynab El Ghazaly ,elles étaient dans les années 40 et 50, pas moins de 5000 femmes organisées en association et réparties en section sur l’ensemble du territoire égyptien.
Actives sur le plan de la pensée comme dans le domaine social , elles revendiquaient le respect de leurs droits en faisant référence à leur identité musulmane.

Porteuse d’un mouvement de libération dans et par l’islam , elles furent nombreuses à s’engager ; et de toutes les classes sociales.
Comme on pourra le lire , elles ne furent épargnées par le mauvais traitement ,l’humiliation et la torture. Zaynab El Ghazaly l’a vécu dans sa chaire , dans son honneur , dans son être.

A l’heure de la peine , de la souffrance , elle s’en est remise à Dieu en l’invoquant pour qu’il soit témoin de l’injustice subie , de l’injustice des hommes … Dans son engagement de tous les instants , par son courage , sa détermination et sa patience , elle est un modèle pour toutes les femmes musulmanes … elle est un exemple pour toutes les femmes.

Il convient de ne pas oublier , lors de la lecture des pages qui vont suivre , l’époque qu’elles relatent et la pression terrible que subissaient les musulmans dans les prisons. Les mots sont parfois durs , les jugements tranchés , voir définitifs , l’amertume permanente … comment pourrait il en être autrement ? Soumis aux mêmes conditions de détention , l’être humain le plus ouvert , le plus pondéré , le plus généreux finit par se fermer , se recroqueviller se durcir.
En filigrane , on perçoit la puissance de la stratégie policière et sécuritaire mise en place par le despote Nasser : dès l’origine , il sut qu’il avait deux adversaires : la détermination et la patience des êtres de foi . Il s’ingénia à les briser dans le corps et l’esprit de ses opposants…il y parvient parfois.

Seuls les mieux armés dans leur conviction , ou plus simplement sur le plan mental , réussirent à maîtriser leur peur , leur révolte ou leur haine .

Bien que cette ouvrage ait été écrit des années après les évènements qu’il relate , il reste des traces de la blessure et de la rancœur, mais Zaynab El Ghazaly n’est jamais allé trop loin … Quand on l’engagea à trahir ou quand on l’a poussa à l’action extrême , elle s’efforcera d’éviter les excès. Au prix d’une profonde douleur comme en témoigne certains passages.

Dès 1941 Hassan El Banna avait averti ses frères et soeurs : la route sera longue et difficile , semée de peines ,de larmes , de souffrances, de tortures , d'exils et de mort.
Vision prémonitoire qu'il transmit aux plus engagés d'entre ses compagnons conscient de la force de la foi et de la détermination, il disait voir comme si la scène se déroulait devant lui , les exécutions et les pendaisons.

En écrivant ces lignes , j'ai le souvenir des confidences de mon père qui passa son adolescence auprès de Hassan El Banna. Il m'avoua que lorsqu'il l'entendait prédire cet avenir, il ne comprenait pas l'entière portée de ses mots dans son for intérieur, se disait : "avons nous donc fait du mal? Nous voulons être libre devant Dieu , nous appelons les gens à la foi , à faire le bien , à promouvoir l'éducation et la justice sociale? Que peut on nous reprocher?" Il en compris le sens des années plus tard , après la trahison concertée de Nasser , des anglais et des américains, quand ses frères furent effectivement condamnés à mort , torturés ou comme lui , forcé à un interminable exil.

à suivre ...
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  #16  
Vieux 14/06/2003, 16h02
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Par défaut suite et fin

Reste l’enseignement le plus déterminant de ces années de douleur. Malgré la répression et la mort , la conviction et la détermination des femmes et des hommes n’ont pas été entamées et beaucoup alors que tout les poussait à la radicalisation sont restés fidèles au principe fondateurs de leur action : la foi , la spiritualité vivifiée , l’éducation et le travail en profondeur contre vent et marées. Ils font confiance à Dieu et s’en tiennent au enseignements islamiques de douceur , de calme , de patience et d’amour. Ils respectent les rythmes . Surtout ils refusent de tomber dans le piège tendu par les grandes puissances et les dictatures locales qui voudraient les voir verser dans l’action armée , le fanatisme , le rejet inconditionnel de l’Occident….

Ils ont appris , bien appris que la haine qu’on voulait susciter en eux était l’alliée de l’oppression qu’on leur infligeait. Ils savent, ils savent dans leur chair , faire la part des choses entre la patience et la naïveté.

On ne devrait pas faire l’économie de cette histoire , de cette mémoire , à l’heure où les évènements se précipitent dans le monde musulman : la répression accrue des pouvoirs , la radicalisation alimentée de la base , les divisions suscitées et entretenues sur le terrain … tout cela a un parfum de déjà expérimenté. Les instruments d’analyse ont certes été affinés , les méthodes se sont sophistiquées , le cynisme politique a pris des formes plus subtiles , mais les conséquences sont les mêmes :
Les peuples sont privés de liberté, les intellectuels musulmans engagés emplissent les prisons, le mensonge règne et la conspiration du silence est la règle. Hier comme aujourd’hui , on s’en prend au musulmans, qui pour être convaincus , refusent la violence et effectuent un travail social des plus utiles : leur foi , qui mêlent la force de conviction à la modération dans l’analyse du terrain, apparaît comme le principal ennemi des dictateurs. Ils le savent et agissent en conséquence.

Zaynab El Ghazali a supporté le pire . Devant Dieu face au homme , elle a refusé la trahison et le mensonge. Son histoire doit nous apprendre à nous armée d’une foi profonde , d’une patience infinie et d’un espoir inébranlable. L’espoir de ceux qui espèrent en Dieu quel que soit le rejet, l’insulte ou l’humiliation.

La fidélité commence par une vivification de la source des cœurs avant de s’offrir comme une qualité de l’action. En cela Zaynab El Ghazali est un beau modèle et nous lui en témoignons une éternelle reconnaissance.
Modèle pour les hommes , elle l’est de façon privilégiée pour les femmes , jeunes et moins jeunes, qui trouveront dans son histoire une force d’être et de foi qui devrait réveiller en leur cœur l’envie de suivre les jalons de la route.
Il faudra certes accepter les peines et les tristesses et ne jamais se départir de la douceur dans la patience : en écrivant ces mots , c’est l’image d’une autre femme qui naît en moi … à 16 ans elle perdit son père , Hassan El Banna assassiné , à 20 ans elle connut l’exil , loin de son pays , des siens , de ses racines. Dans un silence digne avec une tendresse profonde , elle a accepté le sort de ceux qui veulent croire sans trahir. Comme Zaynab El Ghazali a qui elle a toujours témoigné une chaleureuse estime , elle participe de cette même histoire de la fidélité. C’est elle , wafa El Banna , ma mère , qui me fit rencontrer la première fois Zaynab El Ghazali . Dans le patient silence et la détermination de sa vie privée , elle est pour moi un exemple , comme l’est Zaynab El Ghazali dans son engagement public. Destins de femmes riches et tellement dignes.

Je leur dédie ces quelques lignes à toutes deux , ainsi qu’à toutes les femmes , qui dans l’exil , la solitude, et le silence des souffrances tues , luttent et cherchent en elles la force d’être et de rester fidèles. Elles sont nombreuses à vivre leur déception , leurs peines et à soigner leurs blessures dans un exil intérieur que leur pudeur ne veut dévoiler.
Il faut prier Dieu pour qu’Il les accompagne de Sa protection et de Son amour.
La victoire est avec la patience a dit le prophète :saws: cette patience témoigne de la Présence au cœur de l’apparente solitude , elle est source de vie … de la vraie Vie.

Tariq Ramadan
Genève avril-octobre 1995

Inshallah , je posterais d'ici peu , des extraits du livre que je vous conseil d'acheter.

salam
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  #17  
Vieux 15/06/2003, 01h29
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Par défaut Extrait du livre

salam aleikum

Extrait du livre des jours de ma vie

Le chemin jusqu’à chambre 24

(…)

Je vis des frères accrochés à des plançons suspendus en l’air en train de saigner leur chair dénudée. D’autres étaient livrées à des chiens dressés pour les achever après le fouet.
D’autres attendaient les yeux bandés leur tour pour subir le supplice.

(…)

Des jeunes musulmans ici et là et des vieillards crucifiés , fouettés , saignés et torturé affreusement et sans pitié. Mais dans tous les visages , on voyait la lumière de Dieu jaillir avec force , la lumière de ceux qui ne vénèrent qu’un seul Dieu et ne reconnaissent qu’un divinité , celle de Dieu.

Un jeune crucifié sur une planche , me cria quand il me vit.
Que Dieu te fasse plus résolue et plus déterminée mère.

J’ai dis : « la lumière a envahi cet endroit , ce qui fait briller le sang coulé , ô mes fils c’est une allégeance , alors tenez bon … ô famille de Yasser , votre rendez vous est au paradis «.

[color=0033FF]
(** Pour votre culture générale voir post suivant **) [/color]


Sur ce , l’homme qui me tenait par le bras leva la main et me donna une gifle sur le visage et mon oreille.

On aurait dit qu’un fort courant électrique m’avait traversé le corps de bas en haut .
Lorsque j’ai rouvert les yeux , il n’y avait que les corps saignants , des membres déchiquetés et du sang partout.

(…)

Dans la chambre 24

La chambre était pleine de chien que je ne pouvais dénombrer. J'entendis la porte de la cellule se refermer sur moi avec les chiens et d'un seul coup et ensemble ceux ci me sautèrent dessus et je sentis toutes parties de mon corps , ma tête , mes mains , ma poitrine , mon dos entre les dents des chiens, dressés pour dévorés de la chair humaine.

J'ai ouvert les yeux et l'horreur de ce que j'ai aperçu me les a fait immédiatement refermé. J'ai mis ma main sous mon aisselle et j'ai commencé à psalmodier les noms de Dieu.

(...)

Après de longue heure , la porte s'ouvrit et on me fit sortir de la cellule du supplice.

Le délégué du président de la République p121

(...)

Asseyez vous madame Zaynab, nous savons qu'ils vous on beaucoup épuisé ici. Je fais partie du bureau du président de la république et nous désirons nous entendre avec vous. Tout le pays vous admire et nous aussi , nous vous admirons mais vous ne voulez pas vous rapprochez de nous et vous ne faites aucun effort pour qu'on puisse s'entendre tous.
(...)
Je ne vous promet pas seulement de sortir de prison, je vous promet aussi que vous serez Ministre des Affaires Sociales à la place de Hikmat Abou Zayd.

Je lui ai dit :"Est ce que vous avez fouetté Hikmat Abou Zayd, et l'avez vous placé parmis des chiens sauvages avant de la nommer Ministre des Affaires Sociales".

(...)

Il me fit le serment qu'il n'était venu que pour me rendre service et qu'il ne cherchait que mon intérêt. Je l'ai remercié et lui ai indiqué que je n'avais jamais songé à devenir fonctionnaire et encore moins Ministre car je ne suis pas faite pour ce genre de fonction, mon seul et unique souci étant le service de l'islam et rien d'autre.
Puis il se leva et avant de partir me dit :
"Vous êtes libre, nous avons offert nos services et vous vous persistez à vous entêter".

Une heure près son départ Ryadh et Safwat arrivèrent , le premier m'avait menacé de mort plusieurs fois si je ne lui disais pas ce qu'il voulait. Ils me frappèrent de nouveau et m'emmenèrent dans la cecllule. C'était l'aube.

à suivre ...
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  #18  
Vieux 15/06/2003, 01h45
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Par défaut à propos de la famille de Yasser

[color=0033CC]**juste pour la culture générale**[/color]

Soumia, fille de Khoubat.
(Que Dieu soit satisfait d'elle)

Première martyr de l'Islam.


Dieu, qu'Il soit exalté dit :

[color=006600]"Ceux qui font subir des épreuves aux croyants et les croyantes puis ne se repentent pas auront le châtiment de l'enfer, et à eux le à eux le supplice du feu". (S.85/V.10) [/color]

Soumia, fille de Khoubat, mère de Amar fils de Yasser (que Dieu les agrée). C'était aussi la mère de Abi Houdeïfa fils d'El Moughira. Mohamed (salut et bénédiction sur lui) fut envoyé à La Mecque, alors que la Kâaba regorgeait d'idoles pour exhorter à adorer un Dieu unique.

Ne répondirent à son appel que : Abou Bakr, Bilal fils de Rabah, Khabab fils de Harith, Sahaïb el Roumi, Amar, Soumia et Mouqdad, ainsi que les membres de sa famille. C'était le premier groupe de croyants allant à l'encontre de leur communauté respective, reniant par là même les idoles et la croyance de leur ancêtres, l'idolâtrie.
Les Qoreïchites, ne pouvant supporter un tel affront, se courroucèrent contre tous ceux qui renièrent l'idolâtrie. Toutefois Mohammed (salut et bénédiction sur lui) fut protégé par son oncle Abou Talib, chez du clan Abd el Moutalib. Abou Bakr, lui, était protégé par les Banou Tamim, son clan. Quant à Bilal et Amar fils de Yasser et de Soumia, personne ne se présenta pour prendre leur défense contre l'exaspération des grands de Qoreïche.

Soumia fut torturé par Abou Houdeïfa. En plus de la flagellation, elle fut privé de nourriture et d'eau sous un soleil de plomb. Emprisonnement, menaces de mort, tout y passa, et ce, matin et soir.
Tous ces malheurs auraient pu cesser, si, et seulement si, elle avait renié sa nouvelle religion pour revenir à l'adoration de leurs idoles. Mais c'était sans compter sur l'inébranlable foi de Soumia.
Maudit soit celui que Dieu n'a pas éclairé de la lumière de la foi, et qui persiste dans l'idolâtrie.
La dévote Soumia souffrit avec endurance sans fléchir, et sans se tourmenter outre mesure, pour tout ce qui arrivait dans la voie de Dieu. Tout lui insignifiant. Abou Houdeïfa s'obstina dans ses supplices et ses intimidations afin de la dissuader, mais rien n'y fit, elle tint bon.
Ne pouvant en venir à bout, il l'abandonna à Abou Djahl qui la sortit sur la place publique, lui faisant subir les plus pénibles des souffrances, sous la chaleur incandescente du soleil à son zenith, sur le sable brûlant, l'insultant et la maltraitant, alors qu'elle était d'un âge avancé. Elle lui répondit avec fierté et détermination, infléxible.
[color=0033CC]
Lorsque le prophète (salut et bénédiction sur lui) passa devant les prisonniers, voyant la famille de Yasser martyrisée et suppliciée, avec un coeur clément, il dit :
"Patientez, ô Famille de Yasser! Votre rendez-vous sera le Paradis".
(Rapporté par El Hakem) [/color]


Les Qoreïchites furent abasourdis devant une si grande résistance : face à une telle infortune, ce petit nombre de fidèles restait déterminé. Ils furent stupéfiés par leur foi tenace et leur clairevoyance. ils étaient incorruptibles, rien ne leur faisait plaisir, ni argent, ni situation élevée.

Devant une telle obstination, la colère des Qoreïchites fut portée à son paroxysme. Aucune des membres de la famille de Yasser ne sortit indemne.
Lorsque le Messager de Dieu passa près d'eux, les prisonniers dirent :
"Ô Messager de Dieu (salut et bénédiction sur lui)! La vie est ainsi faite". Il leur répondit :
"Patience, ô Mon Dieu ! Pardonne à la famille de Yasser, c'est ce que Tu as déjà fait".
Yasser mort en martyr, les Qoreïchites continuèrent à le supplicier.
Quand à son fils Amar, sous la souffrance de la torture, les Qoreïchites arrivèrent à lui faire faire dire des obscénités sur Dieu, son Prophète et l'Islam. Ayant obtenu de lui ce qu'ils voulaient, ils le libérèrent. Il se rendit séance tenante chez le Prophète (salut et bénédiction sur lui) lui raconter son humiliation et ce qu'il avait dit sous la persécution.
Dieu fit descendre un verset du Coran en son honneur, disant ceci :
[color=009900] [...-Excepté celui qui est contraint tandis que son coeur demeure tranquille en la foi.] (S.16/V.106) [/color]

Il ne restait que Soumia, de la famille de Yasser encore sous les affres des Qoreïchites. Chaque jour sa foi grandissait.
L'impie Abou Djahl continua de la martyriser sans répit, tout en l'outrageant en ces termes grossiers : "Tu as cru en Mohammed, parce que tu es amoureuse de lui et de sa beauté."
Elle l'offensa, et un orgueil meurtrier s'empara de lui : il prit son sabre et le lui planta dans le coeur.
Ainsi finit Soumia, en martyre apaisée, pour la cause de l'Islam.
Son âme tranquillisée regagna son Seigneur agréante et agréée.
Ce fut la première femme martyr. Elle fut l'exemple indéfectible aux générations à venir de fermeté et d'endurance.

Que Dieu soit satisfait de la famille de Yasser, les vertueux jusqu'au jour dernier. Que le salut soit sur vous, pour ce que vous avez souffert.

[color=006600] [Et combien meilleur sera la demeure finale.] (S.13/V.55)
[Sur un siège de vérité, auprés d'un Roi très qualifié.] (S.55/V.55)
[/color]


(source : livre "La vie des Sahâbiyât" par Fdal Haja
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  #19  
Vieux 24/09/2003, 11h07
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Par défaut Re: Des jours de ma vie (Zaynab El Ghazaly , préface de Tarik Ramadan )

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Citation:
a écrit*:
Ce bouquin est extraordinaire !
Je recommande à tout le monde de le lire.
Mohammed, sais-tu que Nasser, 3 jours avant sa mort, a demandé à Zaynab El Ghazaly de lui pardonner alors qu'elle était tjrs en prison ?
Fouzia nous a quitté ...bien dommage , j'appréciais cette personne
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  #20  
Vieux 24/09/2003, 19h37
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Messages: n/a
Par défaut Re: Des jours de ma vie (Zaynab El Ghazaly , préface de Tarik Ramadan )


Je sais bien que le mouvement des Frères musulmans n'était pas un mouvement violent au début.
Il y eût des bavures sanglantes suivant une croissance trop rapide du mouvement.

Toutefois la dictature de Nasser a tout écrasé sur son passage, et les frères musulmans et les démocrates laïcs du Wafd.
Ils ne furent donc pas les seuls victimes du Raïs.
En tout cas, ça ne justifie pas le terrorisme (très fort en Haute-Égypte), ni l'oppression contre les intellectuels, ni les pogroms contre les coptes. Des petites spécialités des islamistes égyptiens, ces malheureses victimes.
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