Envoyé par benami Dans son dernier avatar, le créationnisme sous la forme du dessein intelligent, tente de se draper des attributs de la science.
Et, sans jamais le nommer, les néocréationnistes font de Dieu un dieu interventionniste, un dieu qui entrerait dans l’Histoire afin de diriger sa création. Un dieu qui nierait les règles de la nature qu’il a lui-même établies en arrachant, entre autres, l’homme à l’influence de ces mêmes règles.
Sans évolution, les néocréationnistes impliquent des choses qu’eux-mêmes ne peuvent admettrent : si Dieu entre dans l’Histoire, cela implique que sa création est imparfaite. Si cette création est imparfaite, si elle a besoin de réajustements, comment son créateur peut-il être parfait ? Et si cette création, il l’a faite à propos imparfaite, quel être machiavélique est-il ?
En définitive, il est préférable, humainement comme théologiquement et même scientifiquement de considérer le monde dans lequel nous vivons comme une perfection en perpétuelle progression.
Si Dieu il y a, il a su d’un souffle primordial et parfait initier le Big Bang. Dans son amour pour l’homme, pourquoi n’aurait-il pas attendu les millénaires nécessaires afin de lui insuffler, le moment venu, ce petit supplément d’âme qui fait de l’homme un homme et non un primate. Si besoin était, faisons-lui confiance pour nous révéler, en temps voulu, la corrélation entre récit biblique et réalité scientifique...
D’autre part, l’homme, qu’il soit croyant ou non, qu’il cherche ! Dieu, hors du temps, savait que l’homme, un jour, chercherait à comprendre.
Chaque découverte scientifique doit être un émerveillement pour l’homme ! Chaque découverte devient une preuve de la perfection de l’organisation et la complexité de l’univers. Chaque découverte devient une preuve de la perfection de la création de Dieu.
Car ce qui motive les créationnistes de tous bords c’est bien la peur que la connaissance éloigne l’homme de Dieu. C’est bien que la connaissance érode petit à petit la divinité même de Dieu !
Youri Gagarine, quand il revint de son voyage historique dans l’espace, s’est exclamé : "Je n’y ai vu, là-haut, que le ciel !" Encore heureux. S’il pouvait y avoir une seule preuve scientifiquement vérifiable de l’existence de Dieu, il serait un devoir pour l’homme d’être athée !
Si Dieu il y a, il est bien au-delà de nos taquineries infantiles.
L’homme est pourvu de cinq sens et d’une motricité limitée. Mais depuis les grottes de Lascaux, par exemple, il n’a eu de cesse d’imaginer et d’inventer les moyens pour dépasser les limites de ses contingences matérielles, de ses finitudes. Que ce soit la roue ou le moteur, la lunette astronomique ou le radio télescope, que ce soit l’écriture, le raisonnement scientifique. À l’image de la lunette astronomique, des principes comme la mécanique quantique ou la théorie des cordes sont des outils qui nous permettent de percevoir des réalités qui ne l’étaient pas par l’usage immédiat de notre intelligence ou de nos cinq sens. Pourquoi Dieu aurait-il peur de cet élargissement des domaines de la connaissance l’homme, puisqu’il est, par essence, hors de la réalité accessible à notre perception ou de toutes les extensions possibles que l’homme imaginera pour comprendre le monde dans lequel il évolue ?
Quelles merveilles que sont les images du télescope spatial Hubble... Quelle perfection dans l’observation de l’infiniment petit et du vivant... Quel coup de génie fit Dieu de nous offrir ce jardin à la démesure de la soif de connaissance de l’homme.
Que la science cherche coûte que coûte. Plus loin et plus petit, plus vite et mieux. Par curiosité ou par peur du vide de l’ignorance. Que la science nous émerveille, nous les petits, les communs... Car tout est encore à découvrir dans un monde en perpétuel mouvement.
Quand à l’homme de foi, il n’a pas à avoir peur que la science tue Dieu... « Il est déjà mort une fois », diraient les Chrétiens ! Par contre, il lui faut être attentif à ce que la science, débridée de toute éthique, ne finissent pas par le tuer, lui, l’homme ! |