Un groupe menace d'exécuter Bernard Planche si la France ne met pas fin à sa présence LEMONDE.FR | 28.12.05 | 20h16 • Mis à jour le 28.12.05 | 20h59
Les ravisseurs de l'ingénieur français Bernard Planche, enlevé à Bagdad le 5 décembre, ont menacé de le tuer si la France "ne mettait pas fin à sa présence illégitime en Irak", dans une vidéo diffusée mercredi 28 décembre au soir par la chaîne satellitaire Al-Arabiya. La France n'a pourtant envoyé aucune troupe en Irak. Les ravisseurs, se présentant sous le nom du "Bataillon de la vigie pour l'Irak", ont revendiqué l'enlèvement du ressortissant français, a annoncé le présentateur de la chaîne en montrant la vidéo.
Les images, en noir et blanc, avec l'emblème en couleur du groupe, montrent un homme avec une moustache et vêtu d'une chemise polo sombre, tenu en joue par deux hommes armés de fusils mitrailleurs, debout derrière lui. A genoux, les mains apparemment liées derrière le dos, l'otage baisse les yeux pour lire un texte qui semble posé sur le sol devant lui. "Je m'appelle Bernard, j'ai 52 ans. Je suis Français, de Lyon". "Je travaille dans l'humanitaire en tant qu'ingénieur en hydraulique depuis deux ans" lit l'otage en anglais. "Je m'excuse pour les problèmes que j'ai causés à ceux qui ont essayé de m'aider. Merci à tous ceux qui désirent m'aider", poursuit-il. "Je remercie ma famille et lui présente mes excuses pour les problèmes que je lui ai causés", ajoute l'otage.
L'emblême du groupe est composé de la carte de l'Irak portant les couleurs du drapeau irakien, frappé au milieu d'un fusil mitrailleur et d'un oeil vert symbolisant la vigilance.
Bernard Planche vivait seul dans une villa du quartier Mansour, un quartier bourgeois de la capitale irakienne, également considéré comme un haut lieu des enlèvements. Fait rare pour un Occidental, il conduisait seul sa voiture, et ne disposait d'aucune protection, ce qui faisait de lui une cible toute désignée pour les ravisseurs.
Il a été enlevé chez lui par quatre jeunes hommes. Comme il se débattait et appelait au secours, ses ravisseurs lui ont donné un coup de crosse sur la tête et lui ont ligoté les mains et les pieds avant de le jeter dans le coffre d'une voiture. Un policier, qui a assisté à la scène, a tenté d'intervenir mais les ravisseurs ont tiré en l'air pour le dissuader. Des passants ont tout vu sans pouvoir réagir. Depuis, on n'avait plus eu aucune nouvelle de Bernard Planche.
Sa présence à Bagdad était connue de l'ambassade de France en Irak qui "était inquiète depuis longtemps parce qu'il ne prenait pas les mesures nécessaires" de sécurité, avait indiqué une source diplomatique française dans la capitale irakienne, après son enlèvement. Le gouvernement français faisait alors savoir qu'il faisait son maximum pour obtenir sa libération – assurance qu'avait aussi donnée le président Jacques Chirac à la fille de l'ingénieur, Isabelle Planche.
Avec Reuters et AFP |