Comment la CIA a aidé Téhéran à fabriquer la bombe Comment la CIA a aidé Téhéran à fabriquer la bombe
Alors que l'Iran vient d'annoncer son intention de redémarrer son programme de recherches nucléaires sans intention de le soumettre à des négociations internationales, de récentes révélations indiquent que Téhéran aurait trouvé une assistance troublante en Europe et aux Etats-Unis pour développer l'arme atomique.
"La CIA pourrait avoir aidé l'Iran à se doter de la bombe nucléaire lors de la tentative ratée, en février 2000, de fournir à Téhéran de faux renseignements, selon un nouveau livre sur la guerre américaine contre le terrorisme", rapporte le quotidien britannique The Guardian.
Ce livre, écrit par un journaliste du New York Times, James Risen, raconte que l'opération a capoté parce que l'agent d'origine russe qui devait livrer à Téhéran les informations trompeuses a fini par indiquer aux autorités iraniennes les fausses pistes contenues dans le document. Ce tuyau crevé devait mener les scientifiques iraniens à un cul-de-sac aboutissant à une tête nucléaire qui n'explose pas. "Risen écrit que l'opération 'a plutôt accéléré le développement de l'arme atomique par les Iraniens', qui ont pu extraire des informations importantes du document en ignorant le contenu trompeur."
Les Européens ne sont pas en reste. La veille, The Guardian avait déjà révélé grâce à une fuite que "l'Iran [avait] ratissé avec succès l'Europe pour y acheter l'équipement nécessaire à la fabrication d'une bombe nucléaire, selon un rapport commun de plusieurs services de renseignements occidentaux sur le programme d'armement de ce pays".
"La stratégie employée pour ces achats s'appuie sur un réseau de compagnies écrans, d'organes officiels, d'instituts académiques et d'intermédiaires pour obtenir – en Europe occidentale et dans l'ancienne Union soviétique – l'expertise, la formation et l'équipement utiles pour tous programmes nucléaires, le développement de missiles et d'arsenaux biologiques et chimiques."
Ce rapport, daté de juillet 2005, repose sur des informations amassées par les services français, belges, allemands et britanniques. "Adressé aux gouvernements européens, le document avertissait aussi les industriels du secteur des risques que comportait l'exportation d'équipement ou d'expertise aux 'Etats-voyous'."
Selon le quotidien britannique, la fuite concernant ces informations aurait été organisée afin de convaincre Moscou, qui refuse de croire que Téhéran souhaite enrichir de l'uranium à des fins militaires. |