Figue de Barbarie, plante du futur le cactus détrônera-t-il les agrumes ?
Longtemps marginalisée, la culture du figuier de Barbarie est à la mode. Sous d’autres cieux tels que le Mexique, le Pérou, le Chili, et beaucoup plus proche de nous l’Italie, elle a même un rang de faveur. En Tunisie, la plante est introduite en début de XVIe siècle et couvre actuellement quelque 500.000 ha! C’est fabuleux, mais chez nous, et outre la consommation de son fruit, elle est surtout utilisée et connue comme plante fourragère, pour la conservation des eaux et du sol ou pour lutter contre la désertification et l’érosion.
Aussi, les plantations de cactus à usage fourrager sont-elles décrites comme des «banques alimentaires fourragères» ou «réserves fourragères stratégiques». La plante que d’aucuns soupçonnent d’être la plante du futur est d’abord un arbre fruitier, ce qu’on a tendance parfois à oublier.
C’est un fruit exotique, étrange et fascinant et l’on sait l’engouement du riche consommateur mondial pour ce genre de fruit qui n’est pas seulement savoureux, mais aussi particulièrement intéressant pour ses qualités nutritionnelles : pauvre en calories, riche en eau, sucres, sels minéraux, vitamines A et C et fibres. A condition de s’y mettre, d’en connaître les techniques que d’autres pays maîtrisent déjà, on pense que les Tunisiens peuvent être concurrentiels et exporter en grandes quantités le fruit le plus populaire de Tunisie.
Pour le moment, nos centaines de milliers d’ha ne sont pas rentables : une (1) à trois (3) tonnes par ha, contre 20 en Italie et 40 dans d’autres pays!
A condition qu’il n’y ait pas de gelée, c’est une plante extrêmement généreuse et qui se contente de peu pour vivre et pour produire. Elle pousse autant dans les moyens plateaux de Kasserine et du Nord-Ouest que dans les plaines et les vallées du Cap Bon ou du Kairouanais. Sa force à l’expansion est prodigieuse et spectaculaire. Toutefois, c’est dans la région de Thala et plus précisément à Zelfène (16.000 ha) qu’elle s’épanouit le mieux. Le figuier de Barbarie inerme concurrence même le traditionnel. Toutefois, la palme en fruits de contre-saison revient à Grombalia qui possède les meilleures plantations du genre. La production y prend d’ailleurs un caractère intensif avec apport de fertilisant, travail de sol et même irrigation d’appoint.
Ces techniques sont souvent acquises sur le tas et les exploitants, en l’absence d’un appui technique approprié, sont obligés de tâtonner, de s’auto-informer et souvent de se tromper avant de trouver l’astuce. Ailleurs, ces techniques sont connues et établies depuis longtemps. Les laboratoires du Mexique, d’Italie, d’Afrique du Sud et des Etats-Unis font référence en la matière. |