L'Iran annonce le retrait de ses réserves en devises d'Europe


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Vieux 21/01/2006, 03h11
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Par défaut L'Iran annonce le retrait de ses réserves en devises d'Europe

FRANCFORT/TEHERAN (AP) -- L'Iran a commencé à retirer ses réserves en devises des établissements bancaires européens pour les protéger d'éventuelles sanctions onusiennes liées à ses ambitions nucléaires: le gouverneur de la Banque centrale l'a annoncé vendredi, faisant état du transfert de ces devises vers tout endroit que les autorités jugent "adapté".
Téhéran n'a pas oublié le gel de ses avoirs sur le sol américain après la prise d'otages en 1979 à l'ambassade des Etats-Unis dans la capitale iranienne. "Nous avons commencé à transférer" les "réserves en devises", a précisé le gouverneur de la Banque centrale Ebrahim Sheibani sans révéler le montant des sommes concernées ni le ou les endroits vers lesquels elles sont transférées, selon l'agence semi-officielle des étudiants iraniens (ISNA).
A l'heure où la pression internationale s'accentue afin que l'Iran suspende l'enrichissement d'uranium, et où les discussions s'intensifient sur la possibilité d'une saisine du Conseil de sécurité, l'annonce de vendredi témoigne, aux yeux de la plupart des analystes, des craintes de Téhéran de se voir imposer des sanctions par l'ONU.
Dans ce dossier, "la communauté internationale doit avoir une stratégie bien déterminée, très précise" et présenter un front "uni", a d'ailleurs jugé vendredi le chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini dans un entretien à l'Associated Press.
De son côté, le chef de l'agence russe à l'énergie atomique Sergueï Kiriyenko a affirmé que l'Iran était prêt à discuter en détail de la proposition qui lui a été faite de procéder à l'enrichissement de son uranium en Russie, selon l'agence RIA-Novosti.
Cette proposition, par laquelle l'uranium serait enrichi en Russie pour son utilisation dans les réacteurs iraniens, vise à empêcher Téhéran de produire son propre uranium à des niveaux plus élevés pouvant éventuellement aboutir à la fabrication d'armes nucléaires.
D'après trois spécialistes financiers s'exprimant sous couvert de l'anonymat, le montant des réserves iraniennes en devises est estimé entre 40 et 50 milliards de dollars, tandis qu'un quatrième expert juge plus probable qu'il tourne autour de 25 à 30 milliards de dollars.
Selon Steve Barrow, de Bear Stearns à Londres, il est extrêmement difficile d'évaluer les sommes concernées par le transfert. Les dernières données du Fonds monétaire international (FMI) indiquent que l'Iran détient entre 35 et 40 milliards de dollars d'avoirs à l'étranger. "Mais le problème pour le marché est de savoir où ils pourraient se trouver".
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Vieux 21/01/2006, 03h12
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Peter Westin, économiste en chef pour la MDM Bank à Moscou observe pour sa part que les bonnes relations entre l'Iran et la Russie font de la capitale russe une destination possible de ces réserves iraniennes. L'Asie et le Proche-Orient seraient aussi des possibilités. Cependant, si les Nations unies décidaient de sanctions contre l'Iran, ces pays y seraient associés.
Pour la plupart des experts, il est ainsi difficile de se prononcer sur les effets de la décision de Téhéran sur le secteur bancaire européen ou sur la possibilité que d'autres pays du Moyen-Orient emboîtent le pas à Téhéran en vue de saper des pays jugés hostiles.
Mais pour Stuart Eizenstat, qui a travaillé sur les questions des sanctions sous les administrations démocrates Carter et Clinton, l'action de Téhéran pourrait écorner la résolution de l'Europe visant à s'assurer que l'Iran n'acquiert pas d'armes nucléaires.
"C'est un instrument de pression en moins", a-t-il estimé dans un entretien, ajoutant que le principal levier iranien sur les Européens résidait dans les 5,5 millions de barils de pétrole qu'il produit chaque jour, la plus grande partie destinée à l'exportation. "Les gens ont peur d'un boycottage", observe Eizenstat, spécialiste des transactions commerciales internationales pour la firme Covington & Burling à Washington. Certains, en Europe, redoutent selon lui de "s'égorger" si un régime de sanctions comprend une interdiction sur les importations de pétrole iranien.
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