Le Maroc vers la laïcité?!


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  #1  
Vieux 06/07/2003, 12h33
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Par défaut Le Maroc vers la laïcité?!

Assalamaou 3alaikoum wa Ra7hmaou allahi Wa Brakatoh !

Citation:
Il faut adapter la société islamique à un Etat moderne, selon un ministre marocain

Il faut réformer la société islamique si l'on veut surmonter les "contradictions" qui existent entre les textes religieux et le fonctionnement d'un "Etat moderne", a estimé vendredi dans une interview Mohamed Achaâri, ministre marocain de la Culture.


Il faut avoir le courage de dire qu'un Etat moderne suppose des lois, repose sur des fondements qui ne sont pas forcément conformes aux lois de la charia" (loi islamique, ndlr), a déclaré le ministre dans un entretien publié par publié par le quotidien Aujourd'hui le Maroc.


"Personne ne peut nier qu'il existe un malaise", assure M. Achaâri. "Il faut avoir le courage de dire qu'il n'est pas aisé d'être musulman, car il existe une contradiction entre les textes auxquels nous vouons un respect total (...) et la réalité telle que nous la vivons au quotidien".

Un Etat moderne implique, par exemple, "un système bancaire qui ne correspond pas parfaitement, aux yeux de certains musulmans, aux règles strictes de la gestion islamique", indique le ministre, ajoutant que "le secteur du tourisme n'enchante pas non plus certains musulmans".

Pour "construire un Maroc moderne", il faut "dire clairement et de manière irréversible que le pays aura des banques, des hôtels, un code pénal, un code du commerce", poursuit le ministre de la Culture.

Un débat national sur la "réforme de la société islamique" devrait être engagé, estime enfin le ministre, appelant de ses voeux "un dialogue entre les intellectuels, les religieux et les politiques" pour éviter au pays de "refaire l'histoire de manière circulaire et interminable".


>>Ref:
Il faut adapter la société islamique à un Etat moderne, selon un ministre marocain by AFP (Jeune-Afrique L'Intelligent.com)
[color=6600cc]on dirait qu´il s´agit d'une diffusion d´un text intégral de Mr. Nicolas SARKOZY ( Ministre de l'Intérieur )à TV5?![/color]
:-o :-? :-?

[color=CC0066]La hawla wa la quwwata illa billah
"There is no power and no strength save in Allah"
"Wa Hasbona Allah wa ne3ma al-wakil"
:oops: :cry:
[/color]



wa Salamoun 3alaikoum
yours Ibno_Khaldoun
:roll:
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  #2  
Vieux 06/07/2003, 12h42
 
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Par défaut Re: Le Maroc vers la laïcité?!

Faudrait dissocier la gouvernance du religieux même au niveau protocolaire
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  #3  
Vieux 06/07/2003, 12h49
 
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Par défaut c'est vrai.

il a raison, nous les musulmans du maroc devrons vivre notre islame sans se soucier de la societé ou de la politique.
les politiques n'ont plus n'ont pas le droit d'utilisé notre islame pour leur profit.
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  #4  
Vieux 06/07/2003, 19h25
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Par défaut Re: c'est vrai.

tout à fait, separer pouvoir et religion... faire en sorte que la loi ne soit pas la loi religieuse. et abroger cette charia... ce ne sera pas un mal pour la société marocaine...
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  #5  
Vieux 06/07/2003, 23h03
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La hawla wa la quwwata illa billah l3adim.
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  #6  
Vieux 06/07/2003, 23h47
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Des choses plus importante à faire..
Et à realiser.
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  #7  
Vieux 07/07/2003, 01h37
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Citation:
Moulay a écrit*:
Des choses plus importante à faire..
Et à realiser.
Ok pour séparer le religieux du politique. Mais la laicité telle que prônée par l'Occident est, quelque part, une grosse supercherie.
Et pour renchérir avec Moulay, il y a des choses autrement plus importantes à entreprendre que de calculer la longueur de la jupe et celle de la barbe.Sans aller vers cette laicité à l'occidentale.
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  #8  
Vieux 07/07/2003, 02h59
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Par défaut Re: .,.,

Citation:
Nouredinne :
Ok pour séparer le religieux du politique. Mais la laicité telle que prônée par l'Occident est, quelque part, une grosse supercherie.
Kesk'une laicité occidentele et une laicité non occidentale ? :-?
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  #9  
Vieux 07/07/2003, 12h18
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Par défaut Re: Le Maroc vers la laïcité?!

Assalamaou 3alaikoum wa Ra7hmaou allahi Wa Brakatoh !

[color=3333CC] tout d´abord merci infiniment à tous pour vos 'opinions et vos point de vu à la fois tout à fait différente mais trés enrechisant sûrtous
;-).

ici encore deux articles interssantes qui nous permet de savoir les défferent informations actuel sur les intérêtes politiques les liens des forces poltiques au maroc et sûtous peutêtre de pouvoir fair une estimation(On peut tout de suite établir un prognostic) les vrais attention/objectife de pouvoir au maroc.

Ici j´ai les questions suivantes :

est ce que il est possible de parler d´une souvrainté de l'Etat marocaine dans les désition trés imporantent pour attaindre ce but et sûtous des objectives politiques clair qui sont pour le people marocain très très importante pour l´avenire des marocaine vivent au maroc?

où bien s´agit il vraiment au maroc d´un regime qu´est traivaillent comment soit disant un représentant spécial/Consulat permanent des intêrts économiques,géostratégique et geopoltiques des pays de "G8 et banque de Paris et FMI & Co...etc ??
je me demande??
:-? :-?
[/color]




Citation:


DU COMPROMIS À LA COMPROMISSION

La gauche gouvernementale piégée au Maroc




Démanteler le « commerce intégriste », tel est le but de l'offensive menée à la fin de l'été par les autorités du Maroc contre les ventes de cassettes et de livres « obscurantistes » autour des mosquées. Ces mesures ne suffiront sûrement pas à affaiblir le courtant islamiste de Cheikh Yacine, dont l'influence reste importante (lire l'article Un courant populaire mis à l'écart), mais qui est maintenu à l'écart des élections législatives prévues le 27 septembre. Celles-ci s'annoncent difficiles pour le gouvernement de gauche sortant, englué dans des compromissions et limité dans ses prérogatives par la Constitution.





Par ABOUBAKR JAMAÏ
Directeur du Journal hebdomadaire, Rabat.



Le Maroc connaîtra-t-il enfin ses premières élections libres et transparentes depuis l'indépendance en 1956 ? Le roi et son entourage n'ont cessé de mettre l'accent sur l'importance du scrutin du mois de septembre. Dans son dernier discours du trône, le 30 juillet 2002, Mohammed VI s'est longuement attardé sur ce qui, selon lui, devrait marquer un tournant essentiel dans la vie politique du pays. Objet d'intenses débats, le code électoral a finalement été approuvé par le Conseil constitutionnel. Le ministère de l'intérieur, dirigé par le consensuel Driss Jettou, n'avait pas ménagé sa peine pour arriver à un accord entre les différents partis politiques.

Ce scrutin revêt une double importance pour le roi. M. Abderrahmane Youssoufi, le premier ministre, ne cesse de le répéter. Si son parti, l'Union socialiste des forces populaires (USFP), a accepté l'alternance dite consensuelle proposée par le défunt monarque Hassan II, c'était pour éviter la « crise cardiaque » dont pouvait être victime le Maroc, comme l'avait affirmé Hassan II à la suite de la présentation d'un rapport de la Banque mondiale au Parlement en octobre 1995. Dans ce contexte, l'implication dans la gestion des affaires de l'opposition dite nationale - en référence à ses racines indépendantistes lors de l'occupation française - devenait une affaire de survie pour la monarchie. Car, en maintenant hors jeu la partie la plus crédible du champ politique, elle courait le risque de devoir assumer seule un bilan économique et social négatif.

Il devenait aussi impératif de faire appel à de nouvelles élites capables de gérer le pays plus efficacement. Cette participation des partis de l'ancienne opposition aux affaires n'a pas apporté de solution miracle aux problèmes endémiques du pays. Depuis dix ans environ, l'économie croît de 2 % l'an en moyenne, un niveau bien insuffisant pour réduire le niveau de pauvreté ou même pour absorber la masse grandissante des arrivants sur le marché de l'emploi. La situation économique et sociale s'est même dégradée durant ces cinq années de l'alternance. Il importe donc pour le pouvoir de ne laisser en dehors aucune force - à l'exception des islamistes d'Al-Adl Wal-Ihsane, de cheikh Abdessalam Yacine (lire Un courant populaire mis à l'écart) - capable de capitaliser le mécontentement des citoyens.

Deuxième raison de l'importance de ces élections pour la monarchie : la démocratisation du régime. La popularité initiale de Mohammed VI était essentiellement fondée sur sa volonté affichée de venir en aide aux couches les plus défavorisées de la population. Le monarque avait aussi adopté des décisions symboliques qui ont marqué les esprits. La fin de la mise en résidence surveillée du dirigeant du mouvement islamiste, cheikh Abdessalam Yacine, ainsi que le retour d'exil forcé de l'opposant Abraham Serfaty ont permis de croire à une vraie rupture avec le passé. Mais la plus spectaculaire des décisions a été la mise à l'écart de M. Driss Basri, le tout-puissant ministre de l'intérieur. Le départ de celui qui était considéré comme l'homme lige de Hassan II avait surpris par sa soudaineté. Le changement était donc bien là (1).

Hélas, il a fallu déchanter. La répression inutilement violente de manifestations pacifiques, les atermoiements dans les dossiers des anciens prisonniers politiques et des disparus durant les années dites de plomb ainsi que les atteintes à la liberté d'expression, avec une série d'interdictions de journaux, sont venus sérieusement écorner une image naissante de roi démocrate. Les élections sont l'occasion de montrer que la démocratie se construit doucement mais sûrement. D'autant qu'elles permettent aussi de concentrer le feu et la critique sur le gouvernement de M. Youssoufi.

La dégradation des conditions de vie de la majeure partie de la population menace de déboucher sur des remous sociaux. Les émeutes de 1981 à Casablanca et celles de 1994 à Fès sont encore dans les mémoires. Lors du traditionnel discours du trône du 30 juillet 2002, le roi n'a pas pris de gants pour stigmatiser la situation économique. Un avis dûment relayé par la presse officielle. Le gouvernement aurait failli. En fait, ce reproche est injuste à l'égard de la majorité menée par le premier ministre socialiste.

Si, à la mort de Hassan II, l'équipe de M. Youssoufi a semblé disposer d'une plus grande liberté de manoeuvre, il n'a fallu que quelques mois pour que l'initiative économique soit reprise par le cabinet royal. En 2002, le gouvernement perdait un peu plus de ses prérogatives en matière de gestion économique, après que le roi eut décidé d'élargir les pouvoirs des gouverneurs rattachés au ministère de l'intérieur. L'effeuillage très peu démocratique des prérogatives du gouvernement a été mené tambour battant au nom d'une raison d'Etat économique. Les technocrates du Palais répondaient au mécontentement de la communauté des affaires, qui, fortement déçue par l'indécision du gouvernement Youssoufi, court-circuitait en permanence les départements de celui-ci pour adresser ses doléances directement aux conseillers du roi. Ainsi, les investissements étrangers, quasi exclusivement concentrés dans le secteur des télécommunications et qui ont rapporté 33 milliards de dirhams (environ 3,3 milliards d'euros), résultent d'une loi passée in extremis en 1997 par le gouvernement des technocrates juste avant l'alternance. Or les partis de la coalition menée alors par M. Abderrahmane Youssoufi ne l'avaient pas votée. La monarchie joue sur du velours.

D'autre part, en proposant l'alternance aux partis de l'opposition, dont l'USFP, Hassan II avait exigé de garder la haute main sur des ministères dits de souveraineté. La justice, les affaires étrangères, l'intérieur et les affaires islamiques restaient directement sous sa supervision. Ces ministres-là devaient être nommés par lui. L'opposition refusa. Elle présenta même un mémorandum appelant à un rééquilibrage des pouvoirs entre le roi et le Parlement. Hassan II ne daigna pas répondre. Il organisa en 1996 un référendum sur une nouvelle Constitution qui préservait le caractère absolu de son régime. Les élections législatives qui suivirent furent entachées d'irrégularités, comme le dénonçait un communiqué des partis de l'opposition en décembre 1997, signé par M. Youssoufi lui-même. Cela ne l'empêcha pas d'accepter le poste de premier ministre d'un gouvernement dont quatre « ministères de souveraineté » échappaient complètement à son contrôle, et qui était issu d'un Parlement résultant d'élections truquées, sous l'égide d'une Constitution limitant fortement ses pouvoirs par ceux du roi.

Défections massives
En l'absence de résultats tangibles à faire valoir, le parti de M. Youssoufi ne sort pas indemne de cette expérience. Sa base ne comprend pas bien les concessions faites par ses dirigeants. Sous la pression de celle-ci, de l'opinion publique et même de la monarchie, le premier ministre a enfin décidé de tenir le congrès du parti en mars 2002, avec dix années de retard. En protestation contre les manipulations qui ont terni la préparation et le déroulement de l'événement, la jeunesse du parti, sa composante syndicale ainsi qu'un groupe d'intellectuels, voire de dirigeants respectés, ont décidé de quitter le parti. Ces défections massives accentuent la faiblesse de M. Youssoufi face à la monarchie.

Là encore, les malheurs du premier ministre sont largement auto-infligés. En choisissant de jouer le jeu de la branche sécuritaire du régime, il s'est aliéné les démocrates. En laissant la presse du parti charger le jeune capitaine Adib, dont le seul crime a été de dénoncer la corruption de ses supérieurs par ailleurs reconnus coupables et condamnés ; en interdisant à plusieurs reprises des journaux (2) ; en n'affrontant pas les lobbies clientélistes ; et surtout en étant incapable de défendre la réforme du statut de la femme et en admettant devant le Parlement que seul le roi était en mesure de faire avancer le dossier, il s'est mis en position de faiblesse. Il a ainsi fait le jeu des conservateurs du régime.

L'attelage contre nature mis en place en 1997 s'est révélé contre-productif. Difficile dans ces conditions de prévoir les résultats des prochaines élections. Le rassemblement de la gauche hors des partis gouvernementaux est encore trop récent. La dynamique est pourtant prometteuse. En agrégeant les forces de l'extrême gauche, le parti de la Gauche socialiste unifiée (GSU) a probablement redéfini les frontières d'une gauche fidèle aux idées de démocratie et de progressisme. La probable apparition d'un nouveau parti composé d'anciens militants de l'USFP pourrait contribuer à la naissance d'une gauche nouvelle régénérée.

Il est toutefois peu plausible que le régime laisse s'opérer cette évolution sans réagir, car la caractéristique de cette nouvelle gauche est de remettre en discussion les prérogatives du roi et une concentration des pouvoirs qui ne peut que générer le clientélisme et donc l'inefficacité économique. Mais la monarchie ne semble guère disposée à entamer ne serait-ce qu'un débat sur le sujet. Aussi est-il expressément recommandé aux invités des débats politiques télévisés de faire l'impasse sur la réforme constitutionnelle.

D'autre part, l'ostracisme continue de frapper le mouvement Al-Adl Wal-Ihsane. Refusant au roi la qualité de « commandeur des croyants », le mouvement de cheikh Yacine remet lui aussi en question la Constitution. Le régime n'a jamais pris de gants avec la mouvance la plus populaire de l'islamisme. La libération du chef spirituel a été suivie de véritables actions-commandos menées vraisemblablement par les services de sécurité contre les imprimeurs du mouvement. De ce fait, Al-Adl Wal-Ihsane n'a tout simplement pas de presse. Le boycottage des médias officiels ne s'est pas relâché depuis le décès de Hassan II. Plutôt que de participer aux débats politiques, les dirigeants d'Al-Adl Wal-Ihsane ont adopté une stratégie d'attente, contrairement aux islamistes officiels du Parti de la justice et du développement (PJD), représentés au Parlement depuis les élections de 1997. La création relativement récente des cercles politiques au sein de l'organisation marque toutefois un changement de stratégie. La participation de ces islamistes combattus par la monarchie aux consultations électorales est moins improbable que par le passé.

Des élections libres constituent une étape nécessaire mais guère suffisante dans l'édification d'une démocratie digne de ce nom. Nécessaire car elle permettrait l'émergence d'une classe d'élus légitimes, consciente de sa légitimité, et donc plus revendicative. Cette étape ne serait toutefois pas suffisante car la Constitution, approuvée lors de consultations populaires caractérisées par le dévoiement de la volonté des citoyens, attribue au Parlement et au gouvernement qui en est issu un rôle subalterne.

Si, comme l'a prétendu le premier ministre, l'alternance doit être analysée comme une transition vers la démocratie, l'objectif doit être une nouvelle Constitution définie par l'équilibre des pouvoirs. Malheureusement, cette revendication, jadis omniprésente dans le discours politique du parti de M. Youssoufi, est passée à la trappe. Pris dans le cercle vicieux de compromis qui deviennent souvent compromissions avec la monarchie, la gauche gouvernementale s'est coupée de sa base. Elle a été ainsi contrainte d'accepter que le roi imprime son propre rythme à des réformes dont personne n'est sûr qu'elles mènent à un régime démocratique. L'avènement de nouvelles forces politiques, aussi bien à gauche que dans la mouvance islamiste, pourrait changer la donne.



>> Ref:Le Monde-Diplomatique.fr
et


Citation:
DU COMPROMIS À LA COMPROMISSION

Un courant populaire mis à l'écart





Par JOHN P. ENTELIS
Professeur de science politique et directeur du programme des études du Moyen-Orient à Fordham University (New York), rédacteur en chef du Journal of North AfricanStudies (Frank Cass, Londres).




Le rapport sur le développement humain dans les pays arabes commandité par les Nations unies a été rendu public, le 2 juillet 2002. Il a fourni l'évaluation la plus crue jamais publiée sur les conditions qui prévalent dans les sociétés arabes. Ce texte se soucie surtout d'expliquer les insuffisances spécifiques de la région et parvient à la conclusion que les grands handicaps des sociétés arabes sont l'absence de libertés politiques, l'oppression des femmes et un isolement intellectuel qui étouffe la créativité.

Malgré les richesses pétrolières de certaines zones de la région, l'ensemble arabe demeure économiquement sous-développé en comparaison d'autres parties du monde moins bien dotées. La productivité y est tombée à des niveaux à peine supérieurs à ceux de l'Afrique subsaharienne, dévastée par la famine et les épidémies. Ne sont consacrées à la science et à la technologie que des parts minimes du revenu national, tandis que les intellectuels de pratiquement tous les pays arabes se sentent obligés de fuir un environnement politique et social étouffant, si ce n'est répressif.

La conclusion la plus dramatique tirée par le rapport concerne les femmes, étouffées dans toutes les sphères de la vie active, avec 50 % d'illettrées, un taux de mortalité en couches qui est le double de celui de l'Amérique latine et quatre fois celui de l'Asie de l'Est.

Malgré un ton généralement pessimiste, ce rapport dresse un certain nombre de conclusions positives, y compris sur les réformes démocratiques récentes au Maroc et les succès obtenus par les organisations de femmes marocaines dans leur lutte contre les tabous traditionnels (1). Ce pays, sous le règne du roi Hassan II (mort en 1999) comme sous celui de son fils Mohammed VI, a projeté l'image d'une nation moderne et pro-occidentale, mêlant de manière souple la culture traditionnelle musulmane aux besoins de la société profane dans un mouvement qu'on appelle souvent « modernisation adaptatrice ». Les contacts précoces établis secrètement avec Israël, motivés en partie par le rôle très particulier tenu par les juifs marocains, ont contribué à établir une image de tolérance et de modération. La proximité de l'Europe ainsi qu'un attrait touristique jamais démenti ajoutent encore à cette image de pays « civilisé. »

Bref, à la différence de ses voisins arabes du Maghreb et du Machrek, le Maroc est parvenu à se donner une image qui l'aurait immunisé contre les radicalismes et les extrémismes islamistes que connaissent son voisin algérien et d'autres parties du monde arabo-musulman. Le fait que le roi soit à la fois chef séculier et religieux (« commandeur des croyants ») contribue encore à ancrer la légitimité dans le compromis, la coopération, le consensus et le rejet de la confrontation violente.

Dans ce contexte de confiance, les élections législatives de ce mois sont perçues par beaucoup comme une simple continuation de la « démocratisation » en cours, à laquelle participent tous les partis... sauf le plus représentatif des aspirations politiques et socioéconomiques populaires, Al-Adl Wal-Ihsane (Justice et charité). Celui-ci est interdit et son chef spirituel et politique, M. Abdessalam Yacine, a été longtemps assigné à résidence.

Dans quelle mesure cette image de lui-même que le Maroc s'est créée correspond-elle aux réalités ? Que doit-on penser de la fuite massive de Marocains vers l'Europe et ailleurs à la recherche d'un espace de travail et de liberté (2) ?
Comment comprendre le grand nombre de Marocains membres supposés du réseau Al-Qaida, y compris M. Zacarias Moussaoui, Français d'origine marocaine, accusé d'avoir participé aux attentats du 11 septembre 2001 et dont le procès est en cours aux Etats-Unis ? Ou le rôle de M. Abdelghani Mzoudi, qui partageait naguère sa chambre avec Mohamed Atta, l'un de ceux qui ont détourné les avions visant le World Trade Center, récemment arrêté à Hambourg ? Et que dire de la découverte en juin 2001 d'un complot d'Al-Qaida au Maroc ?

Et qu'en est-il de la haine profonde des Etats-Unis et de l'Occident révélée par l'énorme manifestation populaire du 7 avril 2002, où la solidarité avec les Palestiniens a fourni aux autorités l'occasion de laisser s'exprimer le trop-plein de colère ressentie par les masses envers un monde dont les forces conspirent à les opprimer ? Comment réconcilier l'image positive du développement social marocain avec la réalité des femmes maltraitées, des enfants ouvriers, de l'esclavage domestique qui s'étend souvent à des petites filles de six ou sept ans, ou avec l'illettrisme d'une majorité de Marocains ?// c´est ca !

Peut-on vraiment qualifier de démocratique un régime qui continue d'être gouverné par un monarque absolu, malgré l'existence de contre-pouvoirs ? Enfin, peut-on qualifier de réellement démocratique un système sous lequel un mouvement authentiquement oppositionnel et non violent, reflétant les aspirations politiques des masses, est empêché de participer à des élections soi-disant libres, comme c'est actuellement le cas du mouvement de cheikh Yacine ?

Pour comprendre le gouffre entre image et réalité au Maroc, il faut commencer par analyser les différences générationnelles qui sont apparues dans le pays au cours des deux dernières décennies. L'actuelle génération de jeunes adultes a connu une cascade de promesses trahies, d'espoirs illusoires, d'espérances irréalistes, d'incertitudes culturelles et de manipulations politiques. La corruption et les passe-droits abusifs sont omniprésents aux plus hauts niveaux de l'autorité politique, établissant ainsi un modèle que toutes les couches moins puissantes cherchent à imiter.

Malgré quelques signes de démocratisation graduelle et d'« alternance » politique - l'actuel gouvernement se désigne comme « gouvernement d'alternance consensuelle » -, la classe dirigeante continue de promouvoir une culture du cynisme, du mépris et de la corruption. Voilà qui ne peut manquer d'influer sur les attitudes et sur le comportement politique des couches moyennes pour qui l'instruction n'est qu'un moyen de faire progresser leurs intérêts individualistes, améliorer leur statut et leurs privilèges matériels. Ceux qui n'ont pas accès à l'instruction secondaire ou supérieure requise pour réussir n'ont que deux options : partir ou se lancer dans l'économie souterraine et devenir un hors-la-loi.

Seule exception dans ce climat d'apathie politique et de cynisme : les islamistes, dont on trouve des représentants aussi bien chez les plus instruits que chez les moins éduqués. L'orientation islamiste - définie ici comme un activisme politique cherchant à modifier l'Etat et la société à travers le prisme de l'islam - constitue, au Maroc, la première rupture sérieuse avec le passé.

A la différence de toutes les autres orientations idéologiques ou politiques - nationalisme, socialisme ou communisme -, l'islamisme rejette grand nombre des valeurs promues par les élites établies, y compris le biculturalisme, le bilinguisme, la laïcité, l'occidentalisation et le despotisme des sultans.

Des islamistes qui transcendent les frontières

Le message exprimé par cheikh Yacine apparaît clairement : la politique sert à articuler les aspirations populaires d'une manière socialement cohérente et culturellement sensible. Les islamistes sont un groupe d'individus qui transcendent les frontières entre générations, entre sexes et entre régions, dont le discours et le programme constituent un défi au statu quo politique. S'ils ne constituent pas la majorité des jeunes adultes de la société, les islamistes témoignent d'un niveau de conviction politique, de volonté et d'activisme qui leur vaut d'être respectés, voire craints. Ils ont défini la notion d'engagement en des termes par rapport auxquels les autres devront se situer. Alors que les détails de leur programme sont encore flous, leur potentiel de mobilisation est réel et impressionnant.

Cette orientation politique serait encore plus répandue si le régime n'avait pas mis en oeuvre des stratégies pour la contenir. Mais dans ces efforts pour la détruire, les élites ont également broyé la politique en général, ce qui explique le cynisme que l'on rencontre partout - résumé de manière saisissante par un sondage publié dans Le Journal (Rabat) en juillet 1998 selon lequel seulement 3,1 % des Marocains font confiance aux responsables politiques et 3,9 % à la police (3) !

Presque quatre ans plus tard, le même sentiment sera exprimé dans un autre sondage où neuf personnes interrogées sur dix étaient incapables d'identifier, par le sigle ou l'orientation idéologique, les partis politiques actuels (4). Al-Islah Wal-Tawhid (Réforme et unité), seul parti islamiste autorisé à prendre part aux élections, et son dirigeant actuel, M. Abdallah Benkirane, n'imposent pas le même respect que Al-Adl Wal-Ihsane de Cheikh Yacine et n'ont pas le même soutien populaire. Au même titre que ses homologues maghrébins, Cheikh Yacine, malgré ses 74 ans, dégage une « aura spirituelle ». Comme M. Abassi Madani en Algérie, le dirigeant emprisonné du Front islamique du salut (FIS), et M. Rachid Ghannouchi en Tunisie, le dirigeant en exil du Mouvement de la tendance islamique, la « barbe folle », les « yeux pétillants », évoquent davantage la bienveillance paternelle que le fanatisme religieux (5).

Cheikh Yacine s'est fait connaître dès 1974 par une lettre ouverte à Hassan II intitulée « Islam ou le déluge ? » où il prévient le roi qu'il encourra la colère de Dieu s'il ne reprend pas le chemin de la vertu. En 1981, Yacine publie (en français) La Révolution à l'heure de l'islam, qu'il décrit comme un « livre d'appel » et aussi comme un « livre de combat ». Il s'agit, écrit-il en préface, d'« islamiser la modernité et non de moderniser l'islam ». Le « grand défi » est de « surmonter la jahiliyya (6), un monde gouverné par l'ignorance, la violence et l'égoïsme ; un monde sans aucun principe spirituel quel qu'il soit ». Dans cette vision, les sociétés jahil ne sont pas musulmanes, mais subissent au contraire la domination de l'Occident (7).

Pour lui, ces sociétés jahil doivent céder la place à des régimes islamiques qui établiraient la « démocratie islamique ». Une telle démocratie introduirait un système gouverné « par les sages et non les malins ». Les nouvelles règles reposeraient sur trois piliers : restauration de la justice par la loi, rétablissement de la moralité par l'éducation, et la renaissance du hisba (le pouvoir d'exercer le contrôle). Démocratie islamique signifie représentation (élections à chaque étape), responsabilité, contrôle et donc sanction. Participation politique et gouvernement de la majorité sont la règle. On ne peut combattre la jahiliyya que par le djihad ; mais le djihad, c'est l'action, non la violence. Il s'agit moins d'entrer en guerre contre l'ennemi que de soutenir activement « l'instruction et l'action politique jusqu'à ce que les idées et les habitudes jahiliyya soient complètement vaincues ».

Privés d'un réseau de mosquées, les disciples de Cheikh Yacine s'appuient sur le bouche-à-oreille, les cassettes audio, l'Internet, des revues et des journaux de diffusion restreinte et les communautés musulmanes de l'étranger pour propager leurs idées.

Alors que s'élargit l'écart entre image et réalité au Maroc, les conditions qui poussent les gens à l'action violente sont réunies : l'immensité des problèmes économiques, un profond malaise parmi les jeunes chômeurs miséreux des grandes villes, l'absence d'espoir, pour les diplômés du secondaire comme du supérieur, de trouver un emploi correctement rémunéré et correspondant à leur qualification. De plus, les défis culturels et éthiques posés par l'omniprésence de l'Occident, par le tourisme, les variétés, les films, la télévision, la musique et la littérature soulèvent aussi des questions troublantes pour les conservateurs, les traditionalistes et les croyants du pays.

Dans tous ces domaines, l'islamisme populaire - dont le message est tout aussi politique et éthico-culturel que religieux - offre à beaucoup un espoir de changement. Il continuera à influencer la façon de penser des jeunes et des pauvres urbains aussi bien par le discours religieux que par les services rendus dans les domaines de l'emploi, du logement, des soins médicaux d'urgence, de la nourriture à bas prix et du soutien scolaire. Dans la mesure où ces efforts populaires sont freinés ou sabotés par un Etat manipulateur, des options plus radicales risquent de faire surface, confortées idéologiquement et dirigées politiquement par des mouvements du type d'Al-Qaida ou d'autres rejetons de l'islamisme aux tendances semblables.

JOHN P. ENTELIS



>> Ref:Le Monde-Diplomatique.fr
[color=9900CC] Allahoma I7hfad Biladana Al Maghreb marroc
Allahoma Iltouf Bina ya Latiiff !
Amin !
[/color]



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Vieux 07/07/2003, 12h31
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Kesk'une laicité occidentele et une laicité non occidentale ? :-?
la laïcité occidentale , c'est cela :

A l’heure qu’il est, la condition essentielle pour que la civilisation européenne se répande, c’est la destruction de la chose sémitique par excellence, la destruction du pouvoir théocratique de l’Islamisme; car l’Islamisme ne peut exister que comme religion officielle; quand on le réduira à l’état de religion libre et individuelle, il périra [...] Là est la guerre éternelle, la guerre qui ne cessera que quand le dernier fils d’Ismaèl sera mort de misère ou aura été relégué par la terreur au fond du désert (Ernest Renan).

Pour comprendre l'autre laïcité, je conseil de lire le magnifique livre de Pierre Boule.

Bonne journée

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