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#111
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| A partir de 1585, le sultan Ahmed al Mansour réaffirme nettement sa volonté d'indépendance par rapport à Istanbul. L'aire d'influence saadienne intègre le Touat, le Tidikelt, la Saoura, ainsi que les oasis du Sud libyen. Ahmed al Mansour profite de la guerre menée par les Ottomans contre l'Iran chiite du shah Abbas pour ne plus payer la taxe de vassalité qu'il devait verser annuellement à Istanbul. Ce geste consacre pleinement l'indépendance marocaine. Dès lors le sultan saadien va pouvoir mettre à exécution ses projets de campagne militaire en direction de l'Empire songhaï, dirigé par la dynastie des Askias régnant sur le Mali et le Niger et grand exportateur d'or. En 1591, un corps expéditionnaire marocain commandé par Jawdar Pacha, un Espagnol converti à l'islam, traverse le Sahara, bat les troupes songhaï à Tondibi, puis occupe Tombouctou et Gao. C'est la fin du glorieux Empire des Askias, remplacé par un pachalik marocain dépendant directement du makhzen. L'or, transporté par caravanes, se déverse sur Marrakech, ce qui accroît la fortune déjà prestigieuse du sultan saadien. Mais des milliers d'esclaves sont aussi déportés du Mali pour travailler dans les plantations sucrières situées à Chichaoua, entre Marrakech et Essaouira. Ce sucre marocain, destiné à concurrencer le sucre du Brésil, est exporté vers l'Europe et génère des profits considérables. Dans ce commerce les Anglais se taillent la part du lion, eux qui gèrent déjà les fabriques de munitions et d'armes destinées à l'armée du sultan. A cette époque l'Angleterre d'Elizabeth Ière est la nation occidentale la plus liée au Maroc, notamment par une alliance militaire dirigée contre l'Espagne. Anglais et Marocains avaient organisé ensemble un raid contre le port espagnol de Cadix en 1596. Dernière modification par elhout ; 22/03/2006 à 03h02. |
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#112
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| Cependant la fin du règne "éblouissant" d'Ahmed al Mansour est assombri par une épidémie de peste dont est victime le sultan lui même en 1603. Aussitôt ses nombreux fils se disputent le pouvoir. Abou Faris règne à Marrakech jusqu'en 1608, tandis qu'à Fès le débauché al Mamoun s'autoproclame sultan. Pour se procurer les revenus nécessaires pour combattre les autres prétendants au trône il n'hésite pas à vendre Larache aux Espagnols en 1610. Moulay Zidane, de 1613 à 1627, ne contrôle que Marrakech et sa proche région. C'en est fini de la puissance édifiée par Ahmed al Mansour entre 1578 et 1603. La dynastie saadienne amorce un déclin impitoyable. Le Maroc est morcelé en plusieurs factions opposées. Les Berbères sanhaja du Moyen-Atlas, noyautés par la puissante zaouïa de Dila, contrôlent Fès et les plaines du centre du Maroc. Dans le Souss et la vallée du Draa prédomine une autre zaouïa, celle d'Illigh. A Rabat et à Salé les Morisques andalous fondent une république corsaire indépendante qui écume l'océan Atlantique jusqu'à la côte nord-américaine. Tétouan et le Nord sont sous l'influence de la famille des Naqsides et du chef de guerre Kadir Ghaîlane, soutenu par les Ottomans. Les chorfas Alaouites du Tafilalt, patiemment, de Moulay Mohammed Ibn Ali Chérif à Moulay Rachid, mettent fin à ces divisions et reconstituent l'unité du Maroc, à l'exception de quelques zones encore insoumises. Quant au dernier sultan saadien, Ahmed al Abbas, il est assassiné par le caïd Abou al Mahalli en 1659, qui sera lui même vaincu peu après par Moulay Rachid. Celui-ci devient officiellement sultan du Maroc en 1664. En 1672 viendra le tour du grand Moulay Ismail qui met fin aux dernières dissidences. Règnant jusqu'en 1727, Ismail est le fondateur de l'Empire chérifien qui s'étend de la Méditerranée au fleuve Sénégal. Pour quadriller cet immense territoire le sultan crée une grande armée d'esclaves-soldats noirs, les Abids, dont les effectifs atteindront 150000 hommes, et qui sont répartis entre 80 forteresses. La nouvelle capitale, Meknès, est dotée d'un gigantesque ensemble palatial abritant le Dar al Makhzen, le centre de l'administration impériale, la résidence du souverain et de sa Cour. Moulay Ismail est souvent mis en parallèle avec Louis XIV, le roi de France bâtisseur de Versailles, son contemporain le plus célèbre. Les deux hommes entretenaient d'ailleurs une correspondance assez suivie mais "orageuse", pour reprendre le terme de l'historien Younès Nékrouf. Sur le plan militaire, le sultan entreprend en 1678 et en 1701 des offensives contre les Turcs qui menacent les régions orientales du Maroc et libère Tanger des Anglais en 1684 et Larache des Espagnols en 1689. Dernière modification par elhout ; 22/03/2006 à 03h55. |
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#113
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Je me suis permise de poster ce topic, car je sais que la plupart des marocains nés en France, ne connaissent pas l'histoire du Maroc, ce n'est pas mon cas, mais j'avoue que je ne la connais pas dans tous ces détails. Ceci dit j'ai trouvé cela pas mal de parler de Notre Histoire… et çà n'a pas du servir qu'à moi. |
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#114
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Volubilis, peuplée à son apogée de 12000 habitants, abritait les monuments typiques d'une cité romaine : forum, basilique, temple, capitole, arc de triomphe. La population était cosmopolite, il y'avait des Latins, des Grecs, des Juifs, des Syriens, cependant les Maures plus ou moins romanisés formaient l'élément dominant. La cité tirait sa richesse de l'exploitation agricole de la région du Zerhoun. Volubilis était réputée pour son huile d'olive, qui était exportée jusqu'à Rome. |
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#115
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| L'aristocratie volubilitaine prospérait grâce à l'exploitation de vastes domaines d'oliveraies et de champs de blé, où elle employait une abondante main-d'oeuvre d'esclaves souvent originaires de pays lointains (Asie mineure, Europe centrale). Les patriciens de Volubilis se faisaient bâtir des villas luxueuses ornées de mosaïques rutilantes représentant des scènes de la mythologie gréco-romaine. Leur fortune leur permettait de participer à la vie politique de la cité, et même de faire carrière à Rome. Un Volubilitain sera même ministre des Finances de l'empereur Trajan. Les forces militaires romaines en Tingitane étaient composées de provinciaux étrangers recrutés en Espagne, en Gaule, en Grande-Bretagne ou au Proche-Orient. En revanche les guerriers berbères recrutés sur place par les Romains allaient combattre les Germains sur les rives du Rhin ou les Perses sur celles de l'Euphrate. Les chefs des grandes tribus, comme les Baquates du Moyen-Atlas, obtenaient souvent la citoyenneté romaine. En revanche, d'autres tribus restaient insoumises, comme les Autololes des plaines du Tadla et du Haouz, qui attaquaient la cité romaine de Sala. Après une phase d'apogée sous la dynastie des Sévères, la présence romaine en Tingitane périclite rapidement au cours du 3ème siècle. L'Empire traverse une crise assez grave, notamment celle dite de l'anarchie militaire au cours de laquelle des empereurs issus de l'armée se succèdent à un rythme frénétique. L'ordre semble revenir sous Dioclétien, mais Rome menacée de toutes parts subit la pression des peuples dits barbares. Dioclétien lance une réorganisation administrative de l'Empire. En 285 il ordonne l'évacuation de la plus grande partie de la Maurétanie Tingitane. Rome garde cependant sous son contrôle la région tangéroise afin de surveiller le Détroit. Dernière modification par elhout ; 31/05/2006 à 01h25. |
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#116
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| La dynastie idrisside La dynastie idrisside est l'oeuvre d'Idriss Ibn Abdallah, petit-fils de Hassan et petit-neveu de Hussein, donc arrière petit-fils d'Ali, gendre et cousin du Prophète (sws). Idriss était l'un des principaux meneurs du mouvement chiite, opposé aux Abbassides de Bagdad. En 786, les chiites sont écrasés à Fakh, près de la Mecque, par les armées du calife abbasside. Idriss réchappe du carnage et fuit clandestinement en Egypte, accompagné de son esclave affranchi Rachid Ibn Mourchid. Mais l'Egypte est dans la mouvance des Abbassides, et Idriss décide de s'expatrier au Maghreb pour échapper au puissant calife. Il choisit le Maghreb occidental, Maroc actuel, où les tribus berbères ont fondé des entités politiques adhérant au kharijisme et échappant à l'autorité directe des Abbassides. |
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#120
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| Idriss parvient en 788 à Walili, l'antique Volubilis, alors peuplée par les Awrebas, une puissante tribu berbère peut-être descendante des Baquates de l'époque romaine. Le chef de cette tribu, Ishaq Ibn Abdelhamid, accueille favorablement Idriss, et en raison de sa noble ascendance et de sa science, le nomme Imam, chef spirituel de la communauté. Idriss professait le zaïdisme, forme la plus "modérée" du chiisme. Mais les historiens ignorent si cette doctrine s'est répandue réellement parmi les Awrebas. Idriss devient un personnage considérable, et son influence gagne de nombreuses tribus de la région. Influence visiblement trop importante pour le calife abbasside Haroun al Rachid, qui craint l'émergence d'un pouvoir chiite menaçant ses possessions d'Ifriqya (Tunisie et Algérie orientale actuelles). Le maître de Bagdad envoie donc un émissaire, Suleyman Ibn Jaber al Zindi, chargé d'assassiner Idriss. Celui-ci périt donc empoisonné par ce prétendu émissaire, en 793. Peu après ce meurtre, la veuve d'Idriss, Kenza (fille du chef des Awrebas) donne naissance à un fils, le futur Idriss II. En attendant la majorité du jeune prince, la régence est exercée par l'affranchi Rachid Ibn Mourchid. Idriss II parvient au pouvoir en 806. Il est le premier véritable souverain de la dynastie. En 808, l'émir idrisside décide de se doter d'une capitale digne de ce nom, avec tous les attributs d'une ville musulmane. Ce sera la création de Madinat Fas, noyau primitif de la future Fès. Le peuplement de Madinat Fas se fera à partir de Berbères et de Rabedis, des populations venues du Rabad, faubourg de Cordoue d'où elles avaient été expulsées suite à un soulèvement contre l'émir omeyyade al Hakam. Ces Rabedis constituent la plus ancienne vague de peuplement andalou au Maroc. Par la suite, une autre cité est édifiée en face de Madinat Fas, c'est al-Aliyya. Elle sera peuplée par des centaines de familles originaires de Kairouan, en Ifriqya. Parmi ces exilés, beaucoup de Khorassanis, des Arabo-iraniens qui avaient déjà été implantés en Ifriqya par les Abbassides puis qui en avaient été expulsés par les émirs aghlabides. Madinat Fas et al-Aliyya constituent deux villes distinctes, avec chacune leurs propres murailles. Il faut attendre l'avènement des Almoravides au 11ème siècle pour que ces deux cités soient entourées d'une enceinte commune et fusionnent pour devenir Fès. Dernière modification par elhout ; 11/06/2006 à 19h16. |
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