|
#1
| ||||
| ||||
| LEMONDE.FR | 23.02.06 | Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) le 23 février 2002, "a vécu quatre ans de martyre" et attend fébrile une preuve de vie de sa fille, annoncée pour les jours prochains par les milieux proches de la guérilla. "Nous sommes pris en étau entre deux forces inhumaines sans considération pour notre souffrance. Au début, je pensais qu'Ingrid serait libre au bout de six mois, jamais je n'aurais pu imaginer qu'elle puisse rester otage si longtemps", dit-elle. "Aujourd'hui je ne veux plus être négative, poursuit-elle, car j'ai peur de craquer. Il faut rester optimiste et qu'Ingrid sache que je ne l'oublie pas une minute de ma vie." La mère de l'ex-candidate des Verts à l'élection présidentielle colombienne, se lève depuis quatre ans toutes les nuits pour envoyer un message radiophonique à sa fille dans la jungle, comme une bouteille à la mer dont on ne sait jamais si elle est parvenue à sa destinataire. Mais l'heure est au pessimisme. Pour elle comme pour le mari d'Ingrid, Juan Carlos Lecompte. "Après avoir tout essayé, je ne sais plus que faire, j'ai par moments l'impression qu'il ne me reste plus qu'à me frapper la tête contre les murs", dit-il. "En Colombie, il n'existe pas de volonté populaire pour un accord humanitaire, et si Uribe est réélu, c'est une nouvelle condamnation pour Ingrid", affirme-t-il. En désaccord avec le reste de la famille, il a décidé de se présenter aux élections législatives pour faire revivre le parti fondé par son épouse, Oxygène, et "défendre les droits des séquestrés". "Pour résoudre l'enlèvement politique d'une femme politique, il faut s'impliquer dans la politique", soutient-il. DIFFICILES NÉGOCIATIONS Le gouvernement et la guérilla affirment l'un et l'autre être favorables à un échange d'otages des FARC contre des rebelles détenus dans les prisons colombiennes mais s'affrontent en permanence sur ses modalités, notamment sur les lieux de négociation. Depuis des mois, avec l'approche de l'élection présidentielle de mai, les FARC affirment avec fermeté qu'ils feront tout pour s'opposer à la réélection de leur pire ennemi, le président Alvaro Uribe. Ainsi, les missions européennes de bons office piétinent quelles que soient les propositions. En juillet déjà, Raul Reyes, le numéro deux des FARC, déclarait : "Si Uribe est réélu, Ingrid pourrait passer quatre ans supplémentaires en détention." Seule note d'espoir, des sources proches des guérilleros ont fait savoir qu'une vidéo – la précédente remontant à trente mois – contenant des preuves de vie d'Ingrid parviendrait bientôt à la famille de l'otage. Jeudi, des portraits d'Ingrid et d'autres otages seront affichés sur la façade de la mairie de Bogota, et un concert sera donné sur la grande place Bolivar. Une messe sera également célébrée dans la cathédrale de la capitale. A Paris, son portrait sera affiché sur les grilles du Sénat. Avec AFP
__________________ wish you were here |
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|