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| la mi-septembre 2005, deux semaines avant la publication des caricatures de Mahomet dans le quotidien Jyllands Posten, le Parti du peuple danois (DF) fête ses dix ans d'existence. Pour ce mouvement d'extrême droite, la fête est totale. Un hebdomadaire danois a publié sur toute sa "une" un portrait de Pia Kjaersgaard, la fondatrice du parti, sous ce gros titre explicite : "C'est moi qui décide." "Le chiffre magique, c'est 90, la majorité au Parlement", explique aujourd'hui Seren Espersen, député DF depuis les élections législatives de février 2005, où son parti a remporté 13,2 % des voix. Après leur victoire sur les sociaux-démocrates en 2001, le Parti libéral et le Parti conservateur ont formé une coalition minoritaire, dépendante des élus d'extrême droite pour gouverner. Un pacte fut scellé. En échange de son soutien, le Parti du peuple exigea, notamment pour voter le budget, qu'une centaine d'agences gouvernementales, associations et organisation non gouvernementales (ONG) travaillant essentiellement pour et avec les immigrés, soient fermées ou privées de financements publics. La coalition au pouvoir obtempéra. "Nous avons perdu toutes nos subventions", se désole l'avocat Niels-Erik Hansen, directeur du centre de documentation et de conseil sur la discrimination raciale, l'une des voix très critiques sur la politique d'immigration danoise. "C'est vrai, reconnaît tranquillement Seren Espersen, que pour ce qui concerne nos questions 'de cœur', comme l'immigration ou l'Etat-providence, c'est nous qui imposons l'agenda politique dans le pays." Depuis l'entrée en vigueur du nouvel Acte sur les étrangers, en 2002, les chiffres lui donnent raison. Le nombre de permis de séjour accordés pour les réfugiés ou leurs proches, au titre de la réunification familiale, a été divisé par quatre depuis 2001 (4 676 en 2005). "On estime qu'il y a beaucoup moins de demandeurs d'asile, car ils savent désormais que la loi sur la réunification familiale rend difficile la venue de leurs parents au Danemark, note Jens Berg, un responsable du service danois d'immigration. On peut dire que la législation danoise envoie des signaux assez clairs." Un euphémisme dont ne s'embarrasse pas Bashy Quraishy, président d'Enar, le Réseau européen contre le racisme, financé par la Commission européenne : "Aucun pays de l'UE n'est aussi islamophobe et xénophobe", affirme ce Danois d'origine pakistanaise qui ausculte le pays depuis plus de deux décennies. Il y a des années que le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés et le Conseil de l'Europe s'alarment du durcissement. La loi sur le regroupement familial est ubuesque. Elle dispose notamment que les deux conjoints doivent avoir au minimum 24 ans et prouver un "lien plus important au Danemark" qu'au pays d'origine pour espérer bénéficier du regroupement. Cette disposition a provoqué un flux de couples vers Malmö, ville suédoise séparée de Copenhague par un simple pont-tunnel de 16 kilomètres, rebaptisé le "pont de l'amour". De nombreux Danois "de souche" mariés à des étrangers ont tellement protesté contre cette loi que le gouvernement a dû l'amender. Désormais, toute personne ayant la citoyenneté danoise ou résidant légalement au Danemark depuis "au moins vingt-huit ans" n'a plus à démontrer son degré d'attachement au pays. Façon détournée d'épargner les Danois, qui se marient généralement plus tard que les étrangers, ironisent certains. L'organisation Mariages sans frontières, créée pour l'occasion, a même mis au point un "modèle suédois". Une soixantaine de couples feraient le voyage chaque mois vers Malmö. Katia Vesterkov, une jeune Danoise de 27 ans, a suivi ses conseils. Elle vit en Suède depuis cinq mois. Son mari est égyptien et il n'a que 19 ans. Ce n'était pas le seul tort du couple. Pour bénéficier du regroupement familial, la jeune femme ne devait pas avoir reçu d'allocations publiques au cours des douze derniers mois. "Or j'en ai touché pendant un mois", sourit-elle amèrement. |
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#2
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| Il y a d'autres contraintes difficiles à satisfaire : une garantie bancaire d'environ 7 400 euros doit être déposée pour compenser les éventuelles dépenses sociales de l'époux étranger. Et les couples doivent habiter dans un appartement de "taille décente", c'est-à-dire au moins 20 m2 par personne ! Le "modèle suédois" permet de contourner ces obstacles. Katia a déménagé en Suède, et, en tant que citoyenne européenne, elle bénéficie de l'accord sur la libre circulation de la main-d'œuvre au sein de l'UE. Après deux ans passés à Malmö, elle pourra, en tant que ressortissante nordique, demander la nationalité suédoise. Puis redéménager vers son propre pays, avec son mari. Facile en apparence, mais éreintant, et surtout humiliant. L'époux ne décolère pas contre le Danemark. "Cela me blesse, dit la jeune femme. Je n'ai jamais eu de conflit avec mon pays. J'ai essayé de dire à mon mari que ce n'était pas les gens, que c'était le gouvernement et leurs lois stupides. Il est quand même triste de ne pas se sentir respecté dans le pays de sa femme." Le gouvernement a tenté de justifier le durcissement de ses législations : "La loi est avant tout là pour limiter le très grand nombre de mariages forcés dans les milieux immigrés", expliquait Bertel Haarder, le ministre de l'immigration, en 2004. Ce à quoi Pia Kjaersgaard avait répliqué, impitoyable : "Dites la vérité : les durcissements des règles pour la réunification familiale ont été instaurés avant tout pour stopper l'arrivée d'étrangers qui étaient en train de mettre notre société à genoux." L'extrême droite a également réussi à imposer, en décembre, un durcissement des conditions de naturalisation. L'examen de langue danoise, instauré en 2002, est plus difficile, "ce qui revient à exclure toute une frange d'étrangers de faible niveau d'éducation", constate Birthe Samuelsen, professeure de danois, qui vient de lancer une pétition pour protester contre ce nouveau tour de vis qui vise, selon elle, à ne laisser la porte ouverte qu'aux étrangers diplômés. |
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#3
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| L'une des décisions les plus controversées pour l'accès à la citoyenneté concerne la suppression des dispenses pour les examens de langue dont bénéficiaient les personnes souffrant d'un syndrome de stress post-traumatique, ce qui est le cas de nombreux réfugiés dont l'état psychique ne leur permet pas d'apprendre. Abdul, un Irakien torturé au cours de détentions dans les années 1990, est dans ce cas. Arrivé au Danemark en février 1998, cet ancien officier a obtenu l'asile cinq mois plus tard. De ses séjours dans les prisons de Saddam Hussein, il conserve de violentes migraines, des pertes de mémoire, des difficultés pour se concentrer, pour dormir. En 2002, il se sent un peu mieux, commence des cours de danois. "Mais je n'y arrivais pas. Je retenais sur le moment, puis j'oubliais", dit-il. "Pour des gens comme lui, ce n'est pas seulement difficile, c'est impossible", assure Tue Magnussen, du Centre danois de recherche et de réhabilitation des victimes de la torture. Mais la suppression de la dispense était exigée par l'extrême droite. Elle l'a obtenue. "Nous nous en réjouissons, déclare Seren Krarup, un responsable de DF. Si des gens souffrent de symptômes de stress post-traumatique, ils ont besoin d'un traitement, pas de la citoyenneté danoise." L'agressivité du ton dans le débat public, vis-à-vis des musulmans en particulier, est devenue une spécialité du parti DF. "Il y a beaucoup de points communs entre Hitler et l'islam", lance Jesper Langballe, l'un de ses députés. Un autre élu, Mogens Camre, avait dit en 2001 : "Tous les pays occidentaux sont envahis par les musulmans. Certains d'entre eux nous parlent gentiment, mais ils attendent d'être assez nombreux pour nous tuer." Plus récemment, l'une des figures montantes du parti, Morten Messerschmidt, déclarait : "Ce n'est qu'en maintenant le nombre de musulmans au plus bas, tout en contenant cette culture ouvertement arriérée, que nous pourrons préserver le Danemark comme une société libre, démocratique et bien portante." Cette rhétorique est largement tolérée au Danemark. Pour beaucoup de musulmans, c'est en partie cela qui a fortement contribué à augmenter les frustrations exacerbées par l'affaire des caricatures. |
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#4
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| Nous avons une façon plus directe de parler, préfère constater Rikke Hvilshøj, la ministre libérale de l'immigration. Mais si vous regardez les enquêtes européennes, les Danois sont parmi les plus tolérants vis-à-vis des étrangers. (...) Seuls 47 % des immigrés ont un emploi. C'est trop peu. Beaucoup ne se montrent pas assez actifs pour chercher un emploi, notamment les femmes immigrées. Cela tient, entre autres, à leurs traditions et à leurs structures familiales. Si elles touchent des allocations familiales et ne cherchent pas de travail, c'est un problème..." Les dirigeants danois s'en tiennent d'autant plus à leur ligne qu'ils ont le vent en poupe. Ils sont les meilleurs élèves de l'Union européenne en matière d'excédent budgétaire, et les délégations se bousculent à Copenhague pour étudier le fameux système d'emploi de "flexicurité". "Regardez les projets de loi sur le regroupement familial débattus en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, et même en France, note Mme Hvilshoj. De nombreux pays montrent beaucoup d'intérêt pour ce que nous faisons." Le Danemark, modèle européen en matière d'immigration ? Pia Kjaersgaard n'a rien contre. précédent | 1 | 2 Olivier Truc Article paru dans l'édition du 24.02.06 |
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#5
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| super copié collé de mes lectures lol .... et bien beaucoup de pays se dirige dans cette voie comme le dis la fin de l'article la preuve en tt cas que le danemark n'est pas si angelique que cela 'agressivité du ton dans le débat public, vis-à-vis des musulmans en particulier, est devenue une spécialité du parti DF. "Il y a beaucoup de points communs entre Hitler et l'islam", lance Jesper Langballe, l'un de ses députés. Un autre élu, Mogens Camre, avait dit en 2001 : "Tous les pays occidentaux sont envahis par les musulmans. Certains d'entre eux nous parlent gentiment, mais ils attendent d'être assez nombreux pour nous tuer." Plus récemment, l'une des figures montantes du parti, Morten Messerschmidt, déclarait : "Ce n'est qu'en maintenant le nombre de musulmans au plus bas, tout en contenant cette culture ouvertement arriérée, que nous pourrons préserver le Danemark comme une société libre, démocratique et bien portante. sympas comme discours!!!!!!!!!!!!! Dernière modification par anonyme321 ; 23/02/2006 à 18h38. |
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#7
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| jai remarqué c à la mode de comparé l'islamisme et le nazisme manque plus qu'il trouve un hitler bis! |
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#8
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| Si ça continue c'est au Danemark qu'on va voir des défilés du style IIIeme Reich, oui... Je me demande ce que donneront les prochaines élections danoises, après l'histoire des caricatures. PS : pour les comparaisons islamisme / nazisme, les manifestations avec appel au meurtre et incendie de bâtiments rappellent de mauvais souvenirs en Europe. C'est du pain béni pour tous ceux qui veulent jouer sur la peur de l'islam, hélas ils ne lâcheront pas le filon facilement et on en entendra parler longtemps. |
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#9
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