|
#1
| |||
| |||
| Loi Gayssot contre le révisionnisme (1990), loi de l'an 2000 dans laquelle le parlement français écrit l'histoire de la Turquie, la loi Taubira qui fustige le commerce transatlantique des esclaves (2001), et loi du 23 février 2005 dans laquelle la droite exalte l'oeuvre coloniale de la gauche. C'est le pompon! Décidément le législateur français a un taux d'activité inversement proportionnel à l'activité cérébrale. Une pétition signée par dix-neuf historiens demandent aux politicien l'abrogation de ces lois et à s'abstenir sagement à vouloir dicter la vérité historique. Voici le texte de la pétition, paru en décembre (Libération), de même que les signataires. "Émus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants : L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant. L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique. L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui. L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas. L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un État libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'État, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire. C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique. " Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock Dernière modification par pocoloco ; 06/03/2006 à 02h47. |
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|
Discussions similaires | ||||
| Discussion | Auteur | Forum | Réponses | Dernier message |
| Des religions et de la liberté d'expression en pays démocratique | doudouzazou1 | Forum Général | 1 | 05/01/2008 22h09 |
| Cette fameuse "liberté d'expression" | cuerpo | Forum Général | 191 | 16/02/2006 19h16 |
| La Liberté d'expression | Justine06300 | Forum Général | 26 | 03/02/2006 22h43 |
| Internet et la liberté d'information | zawad | Forum Général | 0 | 29/10/2005 23h32 |