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L'Iran est peut-être le plus grand défi que nous pose un pays", réaffirme le président américain George W. Bush dans sa stratégie de sécurité nationale, rendue publique jeudi 16 mars. "Le rapport du président américain insiste sur les ambitions nucléaires de l'Iran et sur les autres menaces posées par ce pays. Ainsi, pour l'administration Bush, l'Iran sponsorise le terrorisme, menace Israël, interfère avec la démocratie naissante en Irak, et représente une force déstabilisante dans la région", explique The Christian Science Monitor. Mais George W. Bush affirme également que "la diplomatie doit réussir à régler ces problèmes pour éviter la confrontation", relate le quotidien américain. Pour The New York Times, la résolution diplomatique du conflit larvé entre l'Iran et les Etats-Unis est possible, d'autant plus que les deux pays ont accepté d'entamer des discussions directes sur l'Irak. En effet, Ali Laridjani, qui dirige le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, a accepté de répondre favorablement à la demande du religieux irakien chiite Abdel Aziz Al-Hakim afin de régler avec les Américains les questions et les problèmes irakiens. Hakim, dirigeant du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), parti chiite menant la coalition qui a remporté les législatives en décembre 2005, est très proche de l'Iran pour y avoir vécu pendant des années en exil. Il avait demandé mercredi 15 mars "à la direction de la République islamique d'ouvrir un dialogue avec les Etats-Unis et d'examiner les points divergents sur l'Irak". De son côté, le porte-parole de la Maison-Blanche a déclaré : "En ce qui concerne l'Irak, l'ambassadeur américain est autorisé à parler aux Iraniens." Même si ces pourparlers se limitent à l'Irak et excluent la question nucléaire iranienne, c'est un signe encourageant", considère The NY Times. "L'Iran a fait un grand pas en avant, puisque l'interdiction de négocier directement avec 'le Grand Satan', les Etats-Unis, date d'un décret de 1979 de l'ayatollah Khomeyni, alors leader de la Révolution islamique. A part quelques discussions sur l'Afghanistan, les deux pays n'ont jamais évoqué les questions conflictuelles les concernant depuis vingt-cinq ans, ce qui n'a servi aucune des deux parties. La méfiance entre Washington et Téhéran est à son comble. La liste des sujets sur lesquels ils peuvent s'affronter ne fait que s'allonger. Ils ont par exemple des idées radicalement opposées sur la façon de stabiliser l'Irak. Si les initiatives de cette semaine mènent à des discussions sérieuses, ce sera déjà un bon point de départ. Mais, si l'Iran veut trouver une solution diplomatique au sujet de son programme nucléaire, il faudra qu'il montre sa bonne volonté en suspendant ses activités d'enrichissement d'uranium", estime le quotidien américain. "Les Iraniens font preuve d'une grande ingéniosité politique dans leur manière de traiter avec les Etats-Unis. En témoigne l'acceptation par les Américains de la proposition iranienne d'ouvrir un dialogue entre les deux parties concernant la situation en Irak", se réjouit l'éditorialiste d'Al-Quds Al-Arabi. Le quotidien panarabe rappelle que "ce sont les Etats-Unis qui ont fini par faire chuter le régime de Saddam Hussein, alors que l'Iran n'y était pas arrivé, malgré huit années d'une guerre sans merci entre les deux pays. De même, ce sont les Américains qui ont porté un coup fatal au pouvoir des talibans, des extrémistes sunnites que l'Iran a toujours combattus." "La proposition d'Al-Hakim légitime l'intervention iranienne en Irak et fait de Téhéran le tuteur légal de ce pays", poursuit le quotidien panarabe édité à Londres, avant de rappeler que "la majorité des alliés irakiens de Washington, ceux qui ont participé au complot américain pour envahir l'Irak et se débarrasser du régime bassiste, sont des proches de l'Iran. Ainsi, les brigades Al-Badr, bras armé du CSRII, ont été entraînées et formées en Iran, et financées par les caisses de l'Etat iranien." Cet énorme atout dont disposent les Iraniens en Irak "est un moyen de pression que le gouvernement de Téhéran a justement décidé d'utiliser pour négocier avec l'administration américaine. A un moment où les relations entre les deux pays sont au plus bas à cause des tensions à propos du nucléaire iranien, la carte irakienne vient servir les intérêts iraniens." "Nous allons peut-être assister bientôt à un échange sans précédent", estime Al-Quds Al-Arabi. "Téhéran pourrait renoncer momentanément à ses ambitions nucléaires en échange d'une reconnaissance de son rôle prédominant en Irak. L'Iran deviendrait ainsi une puissance régionale incontestable, ajoutant à ses ressources pétrolières les richesses du sous-sol irakien." Hamdam Mostafavi et Hoda Saliby |
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Un marchandage ! comme au souk aux tapis de Mrrakech mdr |