Comment critiquer Israël sans être suspecté d'antisémitisme


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Vieux 22/03/2006, 12h37
 
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Opinions

Comment critiquer Israël sans être suspecté d'antisémitisme
Victor GINSBURGH

Mis en ligne le 22/03/2006
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AP

Une partie non négligeable des Juifs ne veut aucun lien avec Israël, ou est très critique de ce pays. Un antisionisme juif existe. Pourquoi eux peuvent et moi pas?

VICTOR GINSBURGH - Professeur de l'Université Libre de Bruxelles

J'ai eu la maladresse d'écrire qu'à mon goût, mon université était insuffisamment antisioniste. Elle ne l'est pas du tout; moi je le suis. Des amis proches, Moïse R. et Philippe W. ont eu la gentillesse de me demander ce que j'entendais par là. Ils le savaient, eux, mais ils m'ont ainsi donné l'occasion d'y réfléchir. D'autres le feront peut-être aussi, pour autant qu'ils m'adressent encore la parole. Voilà, je dois à Moïse et à Philippe les quelques explications qui suivent. Quant aux autres, aucune raison de me justifier.

Je suis devenu Juif à l'âge de 35 ans, lors d'un séjour à Cracovie alors que je passais devant un cimetière juif où les herbes étaient tellement hautes que l'on ne voyait plus les pierres. Je ne savais même pas qu'Auschwitz était là, à quelques kilomètres. Auschwitz, et ailleurs, où avaient disparu, disait ma mère, 56 personnes de la famille.

C'est quoi, pour moi, être Juif?

Mendès-France à qui l'on posait la question aurait répondu: «Je suis né Juif; les antisémites me considèrent comme Juif, et mes enfants savent qu'ils sont Juifs.» Freud se décrivait comme quelqu'un «qui est complètement étranger à la religion de ses pères» - aussi bien qu'à toute autre religion - et qui ne peut partager des idéaux nationalistes, mais qui cependant n'a jamais répudié son peuple, qui sent qu'il est un Juif dans sa nature essentielle et qui n'a aucun désir d'altérer cette nature. Si la question lui était posée: «Puisque vous avez abandonné toutes ces caractéristiques communes à vos compatriotes, que vous est-il resté qui soit Juif?», il répondrait: «Enormément et probablement sa véritable essence». Voilà pour mon état de Juif. Rien de plus, rien de moins.

C'est quoi, pour moi, être sioniste ou antisioniste?

Si c'est ce qu'écrivait, en 1914, Moshe Smilansky, qui était à la tête de l'Union des agriculteurs juifs de Palestine, alors je suis sioniste: «Il n'y a pas, à mon avis, d'antagonisme entre l'aspiration nationale arabe et l'aspiration nationale juive. Il n'y en a pas, parce que la terre de notre espérance n'est qu'un petit coin au milieu des vastes pays dans lesquels le peuple arabe est de par son nombre l'élément décisif. Il n'y en a pas pour nous, parce que la perspective dans laquelle nous envisageons notre avenir, n'est pas politique, ni étatique, mais bien économique et culturelle... Et la Palestine, du fait qu'elle est économiquement et culturellement le pays des Juifs, sera un rapport substantiel à la fédération turco-arabe à venir.» Et il faut reconnaître que la réussite dans ces domaines est éclatante.

Evidemment, depuis lors, il y a eu Auschwitz. Et aussi, en 1948, l'indépendance de l'Etat d'Israël. «Si l'on ne considère que l'objectif politique du sionisme tel qu'il fut défini par Herzl, à savoir la création d'un Etat juif souverain en terre d'Israël, cet objectif a été atteint avec la proclamation d'Indépendance.» Plus besoin de sionisme. Je souscris.

Ce qui serait oublier les deux autres objectifs du sionisme. Le premier, le «rassemblement des exilés» en terre d'Israël, devient l'objectif principal de l'Organisation sioniste. Comme je ne me suis jamais senti exilé, je ne suis pas sioniste.

Il devient cependant assez rapidement clair que certaines communautés (celle des Etats-Unis par exemple), se trouvent bien en Diaspora et n'émigreront pas, ou peu. On réaménage alors l'objectif: «est considéré comme sioniste tout Juif qui soutient et aime Israël, qui veut l'aider et le renforcer, et qui accorde une place centrale à l'Etat d'Israël comme vecteur de son identité juive.» Mais moi, j'aime aussi le Guatemala, pourquoi dois-je choisir entre l'Amérique Centrale et le Moyen-Orient et accorder à Israël le pouvoir de représenter mon identité juive. Je reste non-sioniste.

Suit, en 1967, la Guerre des Six Jours et l'occupation de Gaza et de la Cisjordanie. Pour les sionistes religieux «la "libération" de Jérusalem et des terres bibliques constitue un pas de plus dans la Rédemption... (et) la continuation de l'oeuvre sioniste exigeait que l'on annexe ces territoires, qu'on les repeuple immédiatement de Juifs, qu'on y multiplie les colonies, qu'on y défriche la terre» et que l'on arrache les oliviers plantés par les paysans palestiniens. Ce qui est mis en oeuvre par tous les partis, y compris le parti travailliste. Là je ne me pose pas de question et deviens franchement antisioniste.

Mais la gauche israélienne veille. Pour Shalom Archav, le mouvement de la paix, «les colons des territoires se trompent et trompent le reste de la population... Ils oublient les buts les plus fondamentaux du sionisme, (qui consistent) à créer une société juive morale et humaniste, juste et pacifique, soucieuse du respect de l'Autre». Me revoilà sioniste, voire «postsioniste».

Que disent les postsionistes? Ils remettent en cause «les valeurs et les références collectives de la société israélienne... (qui) ne sont plus nécessaires... Israël (devrait être) purgé des ses composantes sionistes et (devenir) un Etat pluraliste et démocratique comme les autres. La religion deviendrait l'affaire privée de chacun, l'Etat perdrait son caractère juif, la nation regrouperait des citoyens parfaitement égaux sans avoir besoin de mentionner leur origine». J'applaudis, fini le sionisme.

Mais il y a plus. Une partie «non négligeable des Juifs ne veut aucun lien avec Israël, ou est très critique de ce pays. Un antisionisme juif existe». Pourquoi eux peuvent et moi pas? Pourquoi ne pas suivre ce que disait, déjà en 1965, Friedmann dans «Fin du Peuple Juif» : «Gardons une petite place pour notre inquiétude; maintenons quelques îlots d'angoisse juive, au moins dans la Diaspora, comme il y a des parcs protégeant des espèces végétales ou animales, menacées par les stupides massacres des hommes, quelques réserves de féconde, de salutaire angoisse d'où pourront (peut-être) jaillir des explosions prophétiques dont ce monde aurait tant besoin».

Ou Hannah Arendt: «La représentation par Herzl du peuple juif comme encerclé... par un monde hostile a conquis aujourd'hui le monde sioniste... Que cette évolution ne nous surprenne pas ne rend pas cette représentation plus exacte, mais seulement plus dangereuse. Si nous sommes vraiment face à des ennemis déclarés, ou dissimulés de tous côtés, si finalement le monde entier est contre nous, alors nous sommes perdus».
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Vieux 22/03/2006, 12h38
 
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Pourquoi Freud serait-il le seul à pouvoir dire ce qui suit, et que j'emprunte à Peter Gay, «Freud, une vie» : «Einstein, semble-t-il, avait demandé (à Freud) de prendre parti publiquement en faveur du sionisme, et Freud avait refusé: «Quiconque veut influencer la foule doit avoir quelque chose de retentissant, d'enthousiaste à dire, et mon jugement pondéré et nuancé sur le sionisme ne va pas dans ce sens... Je ne crois pas que la Palestine deviendra jamais un Etat juif, et que le monde chrétien ou musulman acceptera jamais de laisser leurs sanctuaires aux mains des Juifs. J'aurais mieux compris que l'on ait fondé une patrie juive sur un sol vierge, non grevé historiquement». Il regrette de voir «le fanatisme irréaliste» de ses frères juifs éveiller la méfiance des Arabes. «Je ne puis trouver en moi l'ombre d'une sympathie pour cette piété fourvoyée qui fabrique une religion nationale à partir du mur d'Hérode, et pour l'amour de ces quelques pierres, ne craint pas de heurter les sentiments des populations indigènes»».

Ceux qui me connaissent, ne fût-ce qu'un peu, savent que ce que je viens d'écrire sur mon «antisionisme» n'est pas en contradiction avec mon soutien de toujours à l'existence de l'Etat d'Israël. Avec, pour souhait cependant, qu'il soit peuplé de nombreux Amos Oz.


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Bien sûr, il est possible de s'opposer à la politique israélienne sans pour autant être antisémite. Toutefois, cette distinction devient de plus en plus difficile à maintenir.

RALF DAHRENDORF - Ancien commissaire européen pour l'Allemagne

Notre époque est violente. Beaucoup croient que nous vivons actuellement un nouveau «choc des cultures», comme c'est le cas entre musulmans sunnites et chiites, entre groupes tribaux en Afrique et en Asie ou encore entre islamistes et Occidentaux. Cependant, les raisons de ces conflits pourraient bien être plus profondes et plus traditionnelles que cela.

L'appartenance à un groupe particulier sert essentiellement de prétexte aux combats entre gagnants et perdants de la mondialisation. Les impitoyables meneurs dirigent les suiveurs désorientés. Les perdants, souvent des jeunes hommes sans avenir, peuvent être incités à sacrifier leurs vies contre l'ennemi présumé.

Peut-être ne devrait-on pas être surpris que, dans un tel contexte, le plus ancien de nos horribles - et dangereux - ressentiments, l'antisémitisme, remonte à la surface. Son retour prend la forme classique d'attaques sur des individus, comme le récent assassinat d'un jeune Juif en France, ou la profanation de lieux symboliques comme les cimetières et les synagogues. Or, l'on sent tout de même monter un sentiment plus général d'hostilité à l'encontre de tout ce qui concerne la judéité.

L'on aurait pu croire que l'antisémitisme avait disparu pour toujours en même temps que l'holocauste, mais ce n'est pas le cas. Il y en a qui nient l'existence même de l'holocauste ou qui prétendent que tout n'est qu'une question de surinformation.

Les négationnistes comptent dans leur rang des historiens de seconde zone, comme David Irving, tout comme des hommes politiques apparemment populaires, tels que le président iranien fraîchement élu, Mahmoud Ahmadinejad. L'évidence des actes nazis est si forte qu'il est facile de prouver leur erreur aux négationnistes sans pour autant les mettre en prison ou leur accorder plus d'attention qu'ils ne le méritent.

La source la plus inquiétante d'antisémitisme est différente et justifie que l'on parle d'un nouvel antisémitisme. Elle est liée à Israël. Evidemment, l'Amérique est le premier mot qui vient à la bouche des anti-Occidentaux, mais Israël arrive juste après. Il est le seul pays moderne au Moyen-Orient et dispose d'une force militaire considérable.

Or, il est aussi une puissance occupante impitoyable quant à la défense de ses intérêts.

Il est difficile d'exagérer le sentiment étrange qui existe chez certains Occidentaux et que l'on pourrait appeler le «romantisme palestinien». Des intellectuels, comme le regretté Edward Said, lui ont prêté leur voix et il compte de nombreux partisans aux Etats-Unis et en Europe. Le romantisme palestinien glorifie les Palestiniens en tant que victimes du pouvoir israélien, insiste sur le traitement des Palestiniens israéliens comme des citoyens de seconde catégorie et cite les nombreuses manifestations d'oppression dans les territoires occupés tels que les effets produits par la «clôture de sécurité» érigée par Israël. Implicitement ou explicitement, les gens prennent le parti des victimes, les aident en leur envoyant de l'argent, proclament même la légitimité des kamikazes et refusent de plus en plus souvent de soutenir ou de défendre Israël.

Bien sûr, il est possible de s'opposer à la politique israélienne sans pour autant être antisémite. Après tout, de nombreux Israéliens eux-mêmes critiquent la politique de leur pays. Toutefois, cette distinction devient de plus en plus difficile à maintenir. Les Juifs hors d'Israël estiment devoir défendre - à raison ou à tort - le pays qui, en fin de compte, reste leur ultime espoir de sécurité. Ceci n'incite pas leurs amis à parler franchement, de peur d'être perçus d'une part comme des anti-israéliens, et surtout comme des antisémites. Le fait que les Juifs soient sur la défensive ainsi que le silence inconfortable de leurs amis laissent le débat public ouvert à ceux qui sont effectivement antisémites, même s'ils se limitent à un discours anti-israélien.

L'antisémitisme est ignoble quelle que soit la forme qu'il revêt. Il en est de même pour toutes les autres haines raciales. Mais l'holocauste a rendu l'antisémitisme unique, car il est le sentiment complice de la quasi-destruction d'un peuple entier.

Le nouvel antisémitisme, cependant, ne peut pas être combattu avec succès grâce à l'éducation et à la discussion dans le reste du monde. Il est lié à Israël. Si l'on appartient à la génération qui considérait Israël comme l'une des plus belles réussites du XXe siècle et admirait la manière dont le pays a pu offrir une patrie digne aux persécutés et aux opprimés, il y a de quoi être particulièrement inquiet des risques qu'il encourt actuellement.

Ralf Dahrendorf, auteur de nombreux ouvrages, est membre de la chambre des Lords britannique.

(source: Syndicate/Institute for Human Sciences, 2006; Web www.project-syndicate.org; traduit de l'anglais par Béatrice Einsiedler)

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Vieux 22/03/2006, 16h16
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Ayawayaw
 
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Article très intéressant: j'apprécie la lucidité de Freud qui a fait tant défaut chez ses coreligionnaires


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Envoyé par ptitprince
Pourquoi Freud serait-il le seul à pouvoir dire ce qui suit, et que j'emprunte à Peter Gay, «Freud, une vie» : «Einstein, semble-t-il, avait demandé (à Freud) de prendre parti publiquement en faveur du sionisme, et Freud avait refusé: «Quiconque veut influencer la foule doit avoir quelque chose de retentissant, d'enthousiaste à dire, et mon jugement pondéré et nuancé sur le sionisme ne va pas dans ce sens... Je ne crois pas que la Palestine deviendra jamais un Etat juif, et que le monde chrétien ou musulman acceptera jamais de laisser leurs sanctuaires aux mains des Juifs. J'aurais mieux compris que l'on ait fondé une patrie juive sur un sol vierge, non grevé historiquement». Il regrette de voir «le fanatisme irréaliste» de ses frères juifs éveiller la méfiance des Arabes. «Je ne puis trouver en moi l'ombre d'une sympathie pour cette piété fourvoyée qui fabrique une religion nationale à partir du mur d'Hérode, et pour l'amour de ces quelques pierres, ne craint pas de heurter les sentiments des populations indigènes»».
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Vieux 22/03/2006, 20h30
 
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L'accusation d'antisémitisme à toute critique de la politique de l'Etat d'Israel est si outrancière qu'elle est insignifiante. Je m'en moque plus que de ma première paire de chaussettes.
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Vieux 22/03/2006, 21h26
 
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insister sur l'aspect occupation, surtout de ca, et ne jamais parler ni de religion ni de race car evidemment, ces deux derniers aspects arrangent Israel, car comme ca, elle peut noyer le poisson dans l'eau et esquiver ainsi l'essentiel: une terre qu'elle occupe illégalement et contre toute loie interationale. Alors les Arabes ou musulmans ou autres qui s'adressent à Israel puissance ouccupante sous l'angle du sémitisme ou religieux offrent un cadeau à Israel qui peut parler d'autre chose que de la terre qu'elle occupe.
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  #6  
Vieux 22/03/2006, 21h55
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Menuhin, père et fils, pour la paix en Palestine.

Par Ashoka

Il est inéluctable que la paix règnera, un jour ou l’autre, en Palestine. Peu importe que cette issue, souhaitée par les hommes épris de justice, survienne enfin grâce à la lutte des Palestiniens ou à la prise de conscience des sionistes les plus endurcis que la démographie donne de toute manière la majorité aux Arabes s’ils ne composent pas avec eux. Quoi qu’il en soit, il faudrait ce jour-là se souvenir que certains Juifs ont combattu le sionisme de toutes leurs forces, et c’est le cas de Yehudi Menuhin, violoniste de génie, et de son père Moshe.

Le rabbin Moshe Menuhin, auteur du livre « The decadence of judaïsm in our time » (La décadence du judaïsme à notre époque), a durement et inlassablement combattu le sionisme. Voici certains passages : « Les peuples sont aujourd’hui écoeurés par les notions de races supérieures, de peuples élus, du fardeau de l’homme blanc, des alliances avec Dieu et des terres promises, prétentions qui sont aujourd’hui exploitées par les forces agressives et immorales des nationalistes contre les peuples les plus faibles. Ils n’ont plus qu’un Dieu, l’espace vital et le nationalisme chauvin. Les barbares tribaux comme Ben Gourion, Moshe Dayan, et tout le gang militaire qui a dévoyé Israël ont fait de l’Agence juive et des organisations sionistes, dans Le Monde entier, des organes du gouvernement d’Israël avec la même idéologie raciale que les antisémites. J’ai le coeur brisé par les preuves de décadence continue du judaïsme actuel. Le judaïsme universel moral et humain de nos Prophètes s’est mué en nationalisme prétendu juif, avide de "lebensraum", d’espace vital. Je voudrais dire aux Israéliens qu’ils reviennent vers le Dieu de nos pères, au judaïsme prophétique, qu’ils répudient le régime du napalm, qu’ils retournent aux frontières qui leur ont été données en 1947 par les Nations Unies aux dépens d’Arabes indigents, et qu’ils vivent d’une vie constructive, et non destructive. »

Moshe Menuhin, le père de Yehudi, était né dans la russie tsariste dans une communauté hassidique ultra conformiste, pour ensuite émigrer aux États-Unis. À l’âge de 10 ans, sa mère l’envoya vivre à Jérusalem et il entra au collège d’Herzlia, où le sionisme et la haine des Arabes lui furent inculqués pendant près de cinq ans. Un jour cependant, une dent qui lui défigurait la mâchoire inférieure le faisait horriblement souffrir depuis très longtemps, et il consulta un dentiste arabe à Jaffa. Celui-ci le soigna gratuitement pendant deux mois et refusa tout paiement, demandant seulement à son jeune patient, élevé dans la haine des Arabes, de vider son cœur de tout ressentiment. Moshe Menuhin clamait à qui voulait l’entendre que les Juifs en Amérique devraient être américains et pas sionistes.

Son fils, le célèbre violoniste et chef d’orchestre, suivit les traces de son père, à une époque où le sionisme devint incroyablement plus pervers et dévastateur qu’à ses débuts. Il écrivait que « les Juifs devraient être Juifs et non pas des nazis ». Yeduhi Menuhin souffrit toute sa vie de la répression qu’exercèrent contre lui les sionistes, en sabordant le maximum de chances qu’il avait de se produire sur scène. La méthode existait donc déjà, et Menuhin dût subir la même rage de nuire que Dieudonné. C’est après que Yehudi Menuhin donne un concert gratuit pour aider les orphelins de Palestine que ses concerts furent annulés un à un par les soins des sionistes influents (il y en avait déjà à l’époque, semble t’il !)... Au cours des 25 prochaines années, Menuhin ne put se produire dans aucune des salles de concert prestigieuses aux États-Unis, et émigra en Angleterre dont il devint citoyen en 1985, et même « Lord ». Il fut ambassadeur pour l’UNESCO et se considéra toute sa vie comme un Juif du Judaïsme et non comme un sioniste, comme Martin Buber, Judah L. Magnes, Albert Einstein et Hannah Arendt, pour ne citer qu’eux.

Yehudi Menuhin disait : « Vous devez aimer si vous voulez être aimé, vous devez faire confiance si vous voulez qu’on vous fasse confiance, et servir si vous voulez qu’on vous serve ». Il disait : « Que les Palestiniens aient un État séparé ou un État partagé avec les Israéliens, il doit y avoir réciprocité absolue et égalité absolue ». Il ajoutait que : « Pendant 2000 ans, les Juifs ont vécu en paix avec les Arabes et les luttes d’influences archaïques qui veulent récupérer Jérusalem pour le compte des sionistes seront considérées un jour comme de la merde pseudo spirituelle ». Yehudi Menuhin se confiait à l’agence Reuters et disait : « Israël a besoin d’amis et les meurtres que les sionistes commettent ne leur en amèneront aucun ».

Yehudi Menuhin est mort en 1999, mais quand j’écoute son violon, j’entends un peu plus que des notes de musique.

Ashoka
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  #7  
Vieux 23/03/2006, 00h26
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Envoyé par aitoughza
Article très intéressant: j'apprécie la lucidité de Freud qui a fait tant défaut chez ses coreligionnaires
De quel defaut de lucidité tu parles, tu peux preciser stp?
Tu serais pas en train de generaliser là?

Dernière modification par sarahfj ; 23/03/2006 à 00h39.
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Vieux 23/03/2006, 00h30
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Je vais vous prouver qu'on peut critiquer Israel sans être taxé d'antisémite.

A Israel ya que des feujs !!!!!!!!

Voila le tour est joué ....
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  #9  
Vieux 23/03/2006, 00h34
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Envoyé par rdv.apré7vie
Je vais vous prouver qu'on peut critiquer Israel sans être taxé d'antisémite.

A Israel ya que des feujs !!!!!!!!

Voila le tour est joué ....
Il y a aussi 20% d'arabes qui vivent en Israel.
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  #10  
Vieux 23/03/2006, 00h37
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Envoyé par sarahfj
Il y a aussi 20% d'arabes qui vivent en Israel.
REGARDE MOI CA ON ME CRITIQUE DIRECT !!

Freud avait raison
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