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| Un Canadien déporté témoigne Christophe Lamfalussy Mis en ligne le 24/03/2006 - - - - - - - - - - - Maher Arar a été arrêté à JFK en 2002 puis envoyé dans une prison syrienne. Il a témoigné hier devant les eurodéputés et sous protection de la police belge. Maher Arar, un ressortissant canadien, est venu témoigner jeudi à Bruxelles sur sa détention de dix mois dans une prison syrienne après son arrestation arbitraire à l'aéroport JFK de New York et son transfert vers une cellule syrienne à bord d'un Gulfstream peut-être loué par la CIA. «Je ne pourrai jamais dire s'ils étaient de la CIA», a-t-il dit hier à une commission d'enquête du Parlement européen. Mais «j'ai entendu dans l'avion qu'ils faisaient partie d'une unité spéciale d'enlèvement». Le cas de Maher Arar - un informaticien canadien d'origine syrienne arrêté en septembre 2002 à son retour de vacances en Tunisie, parce qu'il était «membre d'al Qaeda» selon les services de l'Immigration - a suscité un tollé outre-Atlantique. C'était hier la première fois, depuis son enlèvement, que Maher Arar sortait du Canada. A son arrivée à Zaventem, il a été pris en charge par la police belge. C'était la première fois aussi qu'il témoignait devant une commission d'enquête officielle. Le Canada a annoncé une enquête il y a deux ans, sur laquelle un juge doit encore se prononcer. Selon l'un de ses avocats, Marlys Edwardh (Ottawa) reste «toujours préoccupé par ses relations avec les Etats-Unis». A Bruxelles, Maher Arar affirme avoir «eu pleine liberté pour m'exprimer. J'espère que le gouvernement canadien va suivre cet exemple». Son témoignage précis était d'une grande importance pour les eurodéputés puisqu'il a confirmé que le jet a fait une escale technique à Rome, et qu'il est possible qu'il se soit rendu ensuite en Grèce -un des membres d'équipage ayant mentionné ce pays comme la «prochaine escale». Les eurodéputés enquêtent exclusivement sur les éventuelles arrestations arbitraires, détentions ou transferts de prisonniers par les Américains sur le sol européen, dans le cadre de la lutte des alliés contre le terrorisme. Selon plusieurs sources, dont Amnesty International, le jet dans lequel le Canadien a été envoyé vers la Syrie était un Gulfstream III immatriculé N 829MG. Pour une raison qu'on ignore, ce même avion est passé par l'aéroport de Deurne-Anvers les 17 et 20 juillet 2002. Maher Arar avait été arrêté à JFK le 26 septembre 2002, déporté vers la Syrie via Amman le 8 octobre de la même année, puis libéré le 5 octobre 2003. Pris en charge par la branche palestinienne des services secrets syriens, dit-il, «j'ai passé dix mois et dix jours dans une cellule avec deux bouteilles, l'une pour boire, l'autre pour uriner». Il a été battu à plusieurs reprises, notamment avec des coups de câbles sur la paume des mains. Ses geôliers voulaient obtenir de lui des aveux qu'il avait bien été en Afghanistan, dans un camp d'entraînement, ce qu'il a démenti. Si les traces physiques de sa détention ont disparu (il y avait perdu une vingtaine de kilos), il affirme en subir toujours les conséquences psychologiques: cauchemars, angoisses, perte de confiance en lui. © La Libre Belgique 2006 |
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