Nizar Sassi: les français oubliés de Guantanamo


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Vieux 27/03/2006, 16h33
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Par défaut Nizar Sassi: les français oubliés de Guantanamo

Le seul droit que j’ai, c’est de n’avoir aucun droit. » C’est ainsi que M. Nizar Sassi, un des sept français détenus à Guantanamo, décrivait sa situation dans une lettre à sa famille datée de septembre 2003. Depuis, Nizar n’a plus écrit. M. Mourad Benchallali, son ami d’enfance de Vénissieux, non plus. Les seules nouvelles qu’ont pu obtenir les familles leur sont parvenues par la mission du ministère des affaires étrangères, qui s’est rendue en janvier dans la base américaine, pour la quatrième fois depuis sa création, il y a deux ans.

Les Français ont constaté « l’état psychologique délabré » des prisonniers, selon l’expression de Me William Bourdon, qui a été reçu, début mars, au Quai d’Orsay avec les familles et les autres avocats. Depuis plusieurs mois, ces derniers se disent inquiets pour M. Mourad Benchallali (1), dont la personnalité serait particulièrement fragile. Les avocats de quatre Français (2) détenus (MM. Nizar Sassi, Mourad Benchallali, Khaled Ben Mustapha et Ridouane Khalid) ont saisi le rapporteur spécial sur la torture de la commission des droits de l’homme des Nations unies, car de « nombreux indices laissent présumer que certains aspects du traitement sont contraires au principe de dignité humaine et aux dispositions de la Convention des Nations unies contre la torture, les traitements cruels, inhumains et dégradants ».

Les déclarations des cinq prisonniers britanniques, remis début mars par les Etats-Unis aux autorités de leur pays et aussitôt relâchés, « font état de tortures psychologiques dont les effets peuvent être encore plus graves que de mauvais traitements physiques », affirme le bâtonnier de Paris, Me Paul-Albert Iweins (3).

Ce dernier se dit déçu par les autorités françaises, qui persistent à gérer le dossier dans la « discrétion », contrairement aux Britanniques, qui ont soulevé le problème de leurs citoyens au plus haut niveau. « En dépit du différend sur l’Irak, rappelle le bâtonnier, il y a entre les services français et américains une excellente coopération dans la lutte antiterroriste. On peut en dire autant pour la coopération judiciaire. Cependant, les démarches pour les prisonniers français de Guantanamo sont restées totalement infructueuses. »

Choqué par « l’indifférence et le silence des autorités françaises », M. André Gerin, député du Rhône et maire de Vénissieux, d’où sont originaires deux des prisonniers, a organisé, le 8 mars, une « marche sur la Maison Blanche », à la tête d’une délégation européenne constituée de la commission pour le respect des droits de l’homme à Guantanamo, des avocats et des familles de prisonniers. « Obtenir le respect du droit, a affirmé M. Gerin à Washington, c’est en même temps obtenir la fermeture totale du camp de Guantanamo. » Après d’innombrables démarches de ce dernier auprès des élus français et européens, le Parlement européen a adopté, le 10 mars, une résolution appelant les Etats-Unis à garantir aux prisonniers un procès équitable (4). Quelques jours auparavant, M. Pat Cox, président du Parlement européen, avait informé le député-maire qu’il avait demandé « aux autorités américaines de mettre fin au vide juridique dans lequel se trouvent les détenus de Guantanamo ». M. Cox affirmait avoir « soulevé cette question à diverses reprises devant le Conseil européen et constaté avec plaisir que la présidence irlandaise a mis cette question à l’ordre du jour du prochain sommet Union européenne - Etats-Unis de juin ».

Cette mobilisation internationale redonne espoir à M. Aymane Sassi, frère de Nizar, le seul parent de prisonniers français à avoir participé au voyage aux Etats-Unis, les autres familles préférant se tenir à l’écart du feu des projecteurs. « Les choses bougent aux Etats-Unis, dit-il, mais cela peut encore durer longtemps. » D’autant que le secrétaire américain à la défense, M. Donald Rumsfeld, a indiqué, le 12 février dernier (5), qu’une poignée seulement des quelque 600 détenus de Guantanamo (119 ont été libérés à ce jour) seront jugés par les commissions militaires (6), qu’une autre (petite) partie sera libérée ou remise au pays dont ils sont originaires pour y être jugés, mais que la plupart de ces « ennemis combattants » seront simplement maintenus à Guantanamo jusqu’à la fin du conflit, c’est-à-dire on ne sait quand... Ces prisonniers, a-t-il précisé, pourront présenter un recours annuel, mais auprès d’une instance spéciale composée de trois officiers, qui déterminera s’ils constituent toujours une menace pour la sécurité des Etats-Unis...

Augusta Conchiglia
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Vieux 27/03/2006, 16h34
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malgré tout il m'a fait de la peine à travers ses témoignages
le mec il s'est retrouvé au plus mauvais endroit au plus mauvais moment et il se retrouve à Guantanamo "gratuitement"....
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Vieux 27/03/2006, 16h36
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Des détenus cobayes
à Guantanamo ?




Jacques Debray est l'avocat de Nizar Sassi et Mourad Benchellali, deux des quatre Français libérés de Guantanamo en juillet 2004, et incarcérés en France depuis. Après la déclaration sous serment d'un détenu australien faisant état de mauvais traitements, il revient sur les conditions de détention dans la base américaine de Cuba, et affirme que ses clients, qui étaient contraints de prendre des médicaments suspects, se demandent s'ils n'ont pas été victimes d'expérimentations.

Vos clients vous ont-ils parlé de mauvais traitements subis à Guantanamo ?

- Ils ne veulent parler que d'une partie de ce qui s'est passé à Guantanamo, tant qu'il reste encore des Français là-bas, car ils m'ont dit que la DST leur a fait comprendre que leur détention est liée à celle des Français encore détenus. Mais oui, ils ont décrit des scènes proches de ce qui s'est passé à Abou Ghraib, et on ne peut pas les soupçonner de s'être inspirés de ce qui s'est passé en Irak pour mentir, puisqu'ils n'ont découvert qu'après leur incarcération en France que les Etats-Unis avaient envahi l'Irak.
Ils ont été arrêtés au Pakistan, par les Pakistanais, qui les ont remis aux Américains.



Ils ont ensuite été transférés en Afghanistan, puis à Guantanamo. Et c'est en Afghanistan que la violence physique était la plus extrême. Là ils ont vu des gens se faire massacrer. En Afghanistan, ils ont été humiliés, mis nus en public. Ils ont subi des fouilles corporelles, anales, violentes et sans intimité. Nizar raconte aussi un épisode où, alors qu'il était allongé et entravé, un militaire américain lui a écrasé la tête avec son pied. Il a cru que sa tête allait exploser, m'a-t-il dit.

Et à Guantanamo, ont-ils subi des tortures ?

- Oui, à la fois physiques et psychologiques. A Guantanamo, ils ont été accueillis par des militaires américains qui leur ont uriné dessus à leur descente d'avion.
A aucun moment ils n'ont su pourquoi ils étaient là. Une seule fois, une femme leur a dit qu'ils étaient là pour des raisons de renseignement. Ils étaient à l'isolement complet, la lumière était allumée nuit et jour, et ils n'avaient le droit qu'à 15 minutes de promenade par semaine.
Ils ont été interrogés une centaine de fois, et à plusieurs reprises, avant l'interrogatoire, ils passaient devant des salles d'où s'échappaient des hurlements.
Nizar m'a raconté qu'ils avaient aussi été enfermés dans une pièce équipée d'une glace sans tain où il faisait extrêmement froid.
Ils ont aussi raconté qu'il existait des pièces où était diffusée de la musique ultra-violente et où certains détenus étaient enfermés. Eux ne l'ont pas subi.
Nizar a aussi été interrogé sous la menace d'un fusil à pompe. Ils disent eux-même qu'ils n'ont pas eu les traitements les plus terribles. Alors cela, après, les coups de poing et de pieds, très courants à Guantanamo, peuvent paraître anodins.

Dans une des rares lettres que Nizar a pu faire parvenir à sa famille, par l'intermédiaire du CICR, il évoque des médicaments bizarres, vous en a-t-il dit plus ?

- Cette phrase avait effectivement échappé à la censure, et Nizar m'a confirmé la prise de ces médicaments. Une fois, suite à la prise d'un de ces médicaments, il a perdu connaissance et a eu l'impression d'être resté un ou deux jours inconscient.
Ils ont aussi eu des injections, surtout au début de leur détention à Guantanamo.
Ils ne savaient pas quel genre de médicaments on leur donnait, mais tous deux ont affirmé qu'un de leur co-détenus avait été couvert de boutons après avoir pris un de ces médicaments, et plus largement ils se demandaient s'ils n'étaient pas victimes d'expérimentations.
Les fioles qui contenaient les médicaments portaient des numéros, et un médecin passait les voir pour leur demander quels effets avaient les médicaments.
Ils n'ont pu voir le médecin, en dehors de ces questionnaires, qu'à une ou deux reprises, parce qu'à Guantanamo tout fonctionnait sur le système de récompense. Nizar a par exemple été contraint d'attendre un an pour voir un dentiste.
Selon eux, il y avait à Guantanamo un nombre impressionnant de psychiatres, et des unités étaient réservées à ceux qui étaient devenus fous. Ils ont vu des tentatives de suicide.

Comment ont-ils reussi à survivre et à tenir le coup ?

- Tous deux disent qu'ils ont tenu grâce au Coran. Nizar n'était pas pratiquant avant d'être enfermé à Guantanamo. Mourad était un peu plus pratiquant, et c'est au contact des autres détenus et du Coran que les Américains leur ont donné, qu'ils ont développé leur foi.
Et c'est cette foi qui leur a permis de tenir, m'ont-ils dit. Aujourd'hui ils sont complètement pratiquants et parlent arabe.

Quelle était l'attitude des soldats envers les détenus ?

- Au début, ils m'ont raconté qu'ils avaient en face d'eux des soldats qui pensaient avoir affaire à des fauves. Lorsque les soldats devaient ouvrir une cage où était enfermé un détenu entravé, ils se mettaient à cinq ou six. A cette époque, Donald Rumsfeld, le secrétaire américain à la Défense, affirmait que se trouvait à Guantanamo les pires êtres humains du monde.

Des actions en justice sont-elles menées pour faire condamner ces actes ?

- Aux Etats-Unis, depuis la décision de la Cour Suprême du 30 juin 2004 qui reconnaît aux détenus de Guantanamo le droit à se plaindre, beaucoup d'actions ont été lancées. Maintenant la deuxième étape consiste à déposer des recours pour faire constater l'illégalité de la détention et le traitement inhumain de Guantanamo. Enfin nous espérons que les Etats-Unis seront condamnés à indemniser les victimes de ces traitements.
En Grande-Bretagne, une plainte dénonçant la torture a été déposée.
En Allemagne, un collectif d'avocats vient également de déposer plainte, toujours pour dénoncer des faits de torture. En Suède, une plainte va être prochainement déposée.
Entre avocats, on essaie de se tenir au courant.

Quelle est la situation actuelle de Nizar et Mourad ?

- Ils sont détenus dans deux prisons parisiennes, Fleury et Fresnes. Au cours de l'été 2004, leur détention a été prolongée, et nous allons de nouveau saisir le juge des libertés dans dix jours.
Ils sont mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste sur leur seule foi de leurs propres propos et parce qu'ils sont allés en Afghanistan à l'époque des talibans.
On sait aussi qu'ils ont été entendus trois fois à Guantanamo par des policiers de la DST, en janvier 2002, fin mars début avril 2002 et en janvier 2004. Il serait choquant que l'on se serve de ce qu'ils auraient pu dire lors de ces trois rencontres contre eux. Ce serait comme si ils avaient subi une horrible garde à vue de 30 mois. Mais je suis tout de même inquiet car une juridiction britannique a reconnu admissibles des aveux recueillis sous la torture.
La décision peut encore être cassée en appel, mais c'est tout de même choquant.
Nizar et Mourad sont pessimistes quant à leurs chances d'être libérés rapidement car l'un des deux m'a dit que la DST leur avait fait comprendre que leur sort était lié à celui des trois autres français encore détenus à Guantanamo.

Propos recueillis par Benjamin Cherrière
(le vendredi 10 décembre 2004)


le nouvel obs
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Vieux 27/03/2006, 18h27
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Envoyé par nwidiya
malgré tout il m'a fait de la peine à travers ses témoignages
le mec il s'est retrouvé au plus mauvais endroit au plus mauvais moment et il se retrouve à Guantanamo "gratuitement"....
un mec qui recherche l'aventure et qui va chez les talibans, mouais, ça me laisse sceptique!

si vraiment il a une passion pour les armes il aurait pu faire un paint-ball en plus ça lui aurait coûté moins, cher, s'il recharche vraiment l'aventure comme il le dit idem il aurait pu aller ailleurs, je sais pas moi partir dans l'humanitaire, faire un marathon dans le sahara!

bref son histoire j'y crois moyennement!

en revanche je ne remet pas en doute les mauvais traitements à guantanamo!
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Dernière modification par shivvah ; 27/03/2006 à 18h50.
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Vieux 27/03/2006, 19h17
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Envoyé par shivvah
un mec qui recherche l'aventure et qui va chez les talibans, mouais, ça me laisse sceptique!

si vraiment il a une passion pour les armes il aurait pu faire un paint-ball en plus ça lui aurait coûté moins, cher, s'il recharche vraiment l'aventure comme il le dit idem il aurait pu aller ailleurs, je sais pas moi partir dans l'humanitaire, faire un marathon dans le sahara!

bref son histoire j'y crois moyennement!

en revanche je ne remet pas en doute les mauvais traitements à guantanamo!
Il etait hier soir chez Fogiel et idem, j'ai du mal a gober qu'il se soit engage en Afghanistan pour "l'aventure" et les "armes"...
Par contre j'ai ete extremement choquee par Fogiel qui plus d'une fois a glisse des allusions au fait qu'a Guantanamo ce n'etait pas de "la torture pour la torture" mais que ca a ete utile a attraper des vrais terroristes... il est vraiment nauseabond ce mec, un facho qui se decouvre de jour en jour un peu plus
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