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| Tout ou presque réussit à Gad Elmaleh. L'artiste, qui reprend le rôle de François Pignon dans « La doublure », cultive le goût de l'effort, la subtilité et la passion de la scène. Olivier De Bruyn C'est l'histoire d'un type effacé. Voiturier de son état, il gare les étincelantes bagnoles des autres, les riches. Il partage son modeste appartement avec un collègue un rien bêta. Les deux ont 15 ans d'âge mental. Ils se lovent dans des joies régressives. Jouent à la PlayStation. Désespèrent de rencontrer une fille. Un jour, à la suite d'une machination ourdie par des gens de la « haute », François Pignon, puisque tel est son nom, voit son destin morose métamorphosé. Lui, le sans-grade, le timide, partage désormais son quotidien avec un top-modèle, intègre la jet-set, simule l'assurance du parvenu. Un peu trop au goût de ceux qui croyaient le manipuler. François Pignon, ce « boxeur qui boxe en contre », dixit Francis Veber, le réalisateur de « La doublure », est un rêveur indécrottable. C'est l'histoire d'un garçon talentueux. Gad Elmaleh, puisque tel est son nom, a imposé en quelques années sa personnalité au coeur de la société du spectacle. Ses one-man-show attirent les foules. Le dernier, l'épatant « L'autre c'est moi », a rempli à ras bord les grandes salles françaises pendant deux ans. Le DVD s'est écoulé à 700 000 exemplaires. Un record. Gad, seul en scène, y cisèle son art subtil du comique. Ce fils spirituel de Philippe Caubère invente un théâtre de l'absurde où il s'amuse avec les archétypes de l'époque, crée des personnages emblématiques (dont « le Blond », sorte de beauf new-look), malaxe les clichés, joue avec le langage. Héritier de la « stand up comedy », où Woody Allen fit ses premières armes ; fasciné par le cinéma muet et le mime (art qu'a longtemps pratiqué son père), Gad dépose sur scène ces influences diverses et les mêle à son inspiration farouchement subjective. Celle d'un type de 35 ans, juif marocain né à Casablanca, dévoré depuis l'enfance par le désir de jouer, qui quitta à 16 ans son pays natal pour le Québec, puis gagna Paris histoire d'intégrer le cours Florent. Comme son copain Jamel Debbouze, Gad, artiste résolument français, est aujourd'hui un phénomène sociologique. Il le sait, l'assume et s'en méfie... « On vit une époque où les mots des jeunes auteurs populaires pèsent d'un poids énorme, dit-il. Je n'ai aucune leçon à donner, mais j'utilise mon influence en faisant des feintes... Dans mes spectacles, je glisse des choses que je crois justes. Oui, c'est vrai, parfois, j'envoie des SMS géants... » Si ses one-man-show sont généreusement pourvus en saillies épinglant les intolérances contemporaines, Gad ne profite pas de sa popularité pour semer la bonne parole à grand renfort de sorties médiatiques. Quand Jamel, Jean-Pierre Bacri ont foncé dans les banlieues pour inciter les jeunes à s'inscrire dare-dare sur les listes électorales, il ne les a pas accompagnés. Gad respecte la démarche, mais il est sceptique. « Il faut se méfier des images que l'on renvoie et de la façon dont elles sont perçues. Je suis stupéfait par la confusion générale qui règne actuellement. Tout le monde semble avoir un avis sur tout - les banlieues, l'antisémitisme, l'islam - mais le sens des mots s'est perdu en route. L'école devrait tout réexpliquer. Et imposer des cours de nuance. Je suis effaré de voir à quel point l'éventuel "Je ne sais pas" n'a jamais sa place dans les médias. Ce refus du doute, du temps mort, c'est épouvantable ! » Gad est bien placé pour témoigner des malaises de l'époque. En premier lieu, des crispations communautaristes. Les jeunes beurs l'adorent, les jeunes juifs aussi. Il en est très heureux, bien sûr. Mais constate que, quand ils évoquent les tensions du moment, les uns lui parlent d'un éventuel départ pour Israël et les autres d'Intifada. Sale temps... Après Brel, Villeret, Auteuil... Mais beau temps pour l'artiste. Signe de sa promotion au sein du cinéma hexagonal : Gad Elmaleh incarne aujourd'hui François Pignon, un rôle trimbalé de film en film par Francis Veber et qui fut interprété par Jacques Brel, Pierre Richard, Jacques Villeret, Daniel Auteuil. Dans « La doublure », via son personnage ballotté par le sort, Gad travaille la posture de l'effacement. Un contre-emploi ? Oui et non. « Gad est un excellent Pignon parce qu'il a compris qu'il ne faut pas en faire trop », explique Veber. Et en effet... Si, sur scène, l'acteur Gad et l'auteur Elmaleh ne font qu'un et s'adonnent logiquement au tout à l'ego, au cinéma, par contre, l'acteur plébiscite les rôles de composition. « Les parachutés, les "malgré-eux", voilà les vrais héros ! Les films de Chaplin reposaient déjà en grande partie sur ce postulat. Au cours Florent, les comédies de Veber faisaient figure de modèles. L'écriture de ses scripts, la précision de ses dialogues, le fait que ses films cartonnent systématiquement, ce qui, ne nous le cachons pas, est plus qu'important. Quand un mec comme ça veut te rencontrer, forcément tu es flatté. » Francis Veber aujourd'hui, Florence Quentin hier (« Olé »), Pierre Salvadori, demain (« Hors de prix », avec Audrey Tautou, sortie prévue en décembre)... Depuis le phénoménal succès de « Chouchou » (Merzak Allouache), Gad Elmaleh est omniprésent dans l'actualité du cinéma. Il figure au panthéon de ces comédiens que les décideurs s'arrachent. Ces acteurs « bankable » censés rameuter les foules dans les salles. Gad le sait. En joue. « "Bankable" », ce mot m'amuse. Pourquoi cette fausse pudeur ? Pourquoi n'a-t-on pas encore trouvé un terme français ? Pourquoi pas "banquable", "finançable" ? Il y a une réalité : un film français se monte ou pas grâce à l'argent. On produit des films sur mon nom, soit... Mais si je suis capable de repérer les projets qui ne reposent pas que sur le fric, je ne peux que profiter de ce statut... » Elmaleh connaît la fragilité des réputations, des modes. « Le cinéma, ce n'est pas grave », aime-t-il à répéter. Quand on l'interroge sur l'échec commercial de « Olé », il relativise : « J'étais un peu triste pour le film et ceux qui l'ont conçu, mais un échec au cinéma n'a pas la même signification que si tu es seul en scène avec un spectacle que tu as écrit. Ne soyons pas hypocrites : quand j'ai commencé, j'avais l'ambition d'être connu. Au cinéma, idem. Quand je tourne un film, je veux qu'il marche. » Depuis ses débuts, les obsessions artistiques de Gad ne se sont jamais incarnées prioritairement sur le grand écran. Au cours Florent, déjà, ses fantasmes le ramenaient invariablement sur la scène. « J'éprouvais un sentiment d'urgence, se souvient-il, pour le cinéma, je me disais : "Si c'est possible, tant mieux." » A l'époque, au début des années 90, ses pairs lui prédisaient déjà un destin comique. Lui résistait. Un peu. « Ça me gonflait. Du coup, je me forçais à jouer du Claudel. Aujourd'hui, je suis serein : ce que je fais n'est déjà pas mal, non ? » Le corps et les gestes. Croulant sous les propositions, Gad refuse beaucoup de scripts et choisit ce qui lui plaît. En septembre, il tournera ainsi le premier film d'un jeune réalisateur israélien, aux côtés de Yaël Abecassis et de Richard Berry. Une histoire intime et sombre avec, en toile de fond, les problématiques de l'immigration entre la France, le Maghreb et Israël. Sur le tournage de « Hors de prix », Gad a exploité des facettes du jeu d'acteur qui l'intéressent entre toutes : la gestuelle, les silences, le comique décalé. Ou plutôt sa volonté de se recentrer sur ses enjeux fondamentaux... Salvadori a écrit le rôle en pensant à lui, après l'avoir vu sur scène. « Gad me fait penser à certains grands acteurs du muet qui se servaient de leur corps pour transmettre leurs émotions », souligne-t-il. Mais les désirs du comédien sont multiples. D'abord inventer des personnages au cinéma. Puis fureter du côté du théâtre, parce que « cela doit être amusant de partager la scène avec d'autres ». L'essentiel reste ses spectacles. Il ne va pas tarder à élaborer un nouveau one-man-show. Sa conception reposera sur les réactions des spectateurs. « Je vais jouer une fois par mois dans des petites salles et écrire ainsi mon spectacle, songe-t-il à voix haute. Je tenterai des trucs devant le public. La scène, c'est chez moi. » |
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| Un grand Homme ce Gad ... ![]() |
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| Citation:
en taille, en intelligence je vois pas il a apporté quoi, c'est un clown il est marrant je l'accorde, mais y a pas que lui... sinon des grands Homme il en existe est qui on beaucoup apporté... |
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#4
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| Citation:
Un clown tu dis ?!! Comme quoi, les gouts et les couleurs ... Gad est tout simplement mon humoriste préféré ... C'est meme plus qu'un humoriste ! Il est sobre et il a du style ! J'aime son humour, sa façon de raconter les choses. Il décrit si bien des situations que l'on vit tous les jours ... avec son humour ... Bref, on se reconnait quelques fois, meme pas mal de fois, dans ces spectacles. Pour toi c'est un clown, et bien pour moi c'est un artiste complet : - one man shown (qui entre nous c'est pas facile de monter sur scene comme ça pendant 2 heures et extremement difficile de faire RIRE les gens ! et lui le fait tout simplement avec BRIO !!) - cinéma (même si tous ces films n'ont pas explosés au box office) - il pense à faire du théatre ... - et au passage Gad chante très bien, danse bien également, et est un musicien (joue de la guitare) ! En clair, Gad a du talent et ça tu ne vas pas me dire et me faire croire le contraire ! Donc oui c'est un bel et grand homme pour moi ! Dernière modification par Swinae ; 27/03/2006 à 23h16. |
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