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#1
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| Métèque de fortune MICHI-HIRO TAMAÏ Mis en ligne le 03/04/2006 - - - - - - - - - - - Akhenaton revient au devant de la scène hip hop avec «Soldat de fortune». Pour ce quatrième projet solo, le leader d'IAM passe par son propre label. Il abandonne ses idées noires et se réconcilie avec le rap. ENTRETIEN Il y a 13 ans, Akhenaton s'est fait connaître du grand public en dansant avec IAM le Mia, «chemise ouverte et chaîne en or qui brille». Mais le rappeur (de son vrai nom Philippe Fragione) est allé bien plus loin que ce tube funk du milieu des années 90. Et pour cause, que ce soit en solo ou avec son groupe IAM, celui qu'on surnomme Chill a réussi à donner un nouveau visage au hip hop français, au-delà de ses clichés de contestation justifiés et de machisme navrant. Mélodramatique, consciente socialement, drôle, lucide et surtout tolérante, la verve de ce Phocéen d'origine napolitaine l'a hissé parmi les figures les plus appréciées et écoutées du hip hop français. Après être passé chez Virgin et EMI, Akhenaton revient pour un quatrième disque solo sous la bannière de «361 records», son label créé pour produire la B.O. de son long-métrage «Comme un aimant». Rencontre avec un «Soldat de Fortune» qui plus que jamais se la joue «Métèque et Mat». Quatre années se sont écoulées depuis votre précédent disque solo. Quels événements ont marqué votre vie musicale après le Black Album ? Sans hésiter, la tournée d'IAM, en 2003 et 2004! Cela faisait six ans que je n'étais pas remonté sur scène et le contact avec le public fut pour moi un choc. J'étais un peu fâché avec mon métier car il m'apportait plus d'obligations que de satisfaction. La scène fut une prise qui m'a rebranché à la musique. Le public était de surcroît très éclectique. La preuve que des valeurs communes peuvent réunir des gens d'horizons différents. L'album devait s'appeler «Entre la pierre et la plume», pourquoi «Soldats de fortune» ? J'hésitais aussi avec «Mots blessés» mais la connotation était trop sombre. «Soldats de fortune» fait une analogie avec ces jeunes Américains qui se retrouvaient pendant la guerre du Vietnam au beau milieu de l'action sans savoir où ils étaient. Nous, on avance au milieu de la musique comme dans un champ de bataille car il faut réfléchir à des stratégies et se battre avec les moyens du bord, au jour le jour. Je voulais relater, dans ce titre, la manière dont s'est fait cet album: avec des bouts de ficelles raccommodés. |
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#2
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| A ce propos, lorsque vous avez créé il y a six ans 361 Records, votre label, pour la B.O. de «Comme un aimant», vous aviez déjà l'idée de vous en servir un jour pour un disque solo? Pour ce quatrième disque solo, j'avais des propositions de majors, plus sûres financièrement, mais je voulais relever un challenge piquant. Je parlais précédemment de cette prise reconnectée en concert: j'ai aussi envie de la rebrancher en mettant la main à la pâte, dans la fabrication de cet album. Je sors d'une expérience de quinze ans de maisons de disque et j'ai besoin de me reconstruire. Fort de cette expérience-ci, quand je retravaillerai avec IAM en major, j'aurai ce même genre d'implication. Quelle place prend «Soldats de fortune» dans votre discographie solo ? Ce disque ressemble plus au point de départ de mon escapade solitaire: «Métèque et mat». Il a des parts d'ombres et de lumières et vogue entre contestation, mélo, légèreté et humour. Les deux disques suivant, «In victus» et le «Black album», correspondent à une période plus sombre de ma vie. «Soldats de fortune» me redonne l'envie de faire de la musique. Je veux à nouveau défendre mon disque et répondre aux interviews. C'est un album qui ressemble plus à ma nature que les deux précédents. Si je pouvais revenir dans le passé, je pense que je ne sortirais qu'un mix de ces deux disques. A vous entendre, on dirait que votre côté touche-à-tout, curieux, vous a abandonné au cours de votre carrière... Pas du tout. Je garde deux, trois idées en tête qui, si Dieu le veut, se réaliseront. Il y en a une qui en train de se concrétiser: «Au-delà de la frustration», une dizaine de morceaux qui s'enchaînent bout à bout et font une histoire de 50 minutes. Actuellement, on essaye de réunir le budget pour en faire un moyen métrage musical. C'est un récit d'amour, l'analyse psychologique d'un personnage qui est soumis à des pressions extérieures et à un égocentrisme absolu. J'essaye d'y concentrer un peu de moi et des mecs de mon quartier. De voir comment un mec bon peut, un mauvais soir, faire des trucs complètement cons. Comme brûler des voitures ? Oui, par exemple. Comment la France gère-t-elle l'après-embrasement des banlieues? C'est «circuler y a plus rien à voir». On a envoyé les coupables en prison et rendez-vous est donné en 2007 avant les élections, pour un peu plus de peur, un peu plus de spectacle, histoire d'effrayer les Français avant qu'ils ne votent et de les diriger un peu plus vers la droite. La télévision en particulier est devenue l'outil de propagande de ces partis-là. Je sens qu'on va encore avoir droit à une agression anodine qu'on transformera en affaire publique... Les caricatures du prophète Mahomet n'ont pas amélioré l'ambiance générale... Ces dessins sont du même acabit que ceux faits par la presse allemande pré-nazie sur les juifs en 1930. On a basculé d'une caricature de prise de position, d'opinion, à du racisme, de l'islamophobie. J'aurais parfaitement compris qu'on s'en prenne à ma religion via des caricatures de mollahs ou de dirigeants saoudiens par exemple. Mais cet illustrateur savait très bien que la représentation graphique du prophète est un des plus gros péchés en Islam. De nos jours, vous êtes soit un facho d'Occident, soit un facho du Moyen Orient. Il n'y a aucune nuance possible, il faut obligatoirement choisir son camp. C'est «Les imbéciles ont la parole» (rire), une nouvelle émission retransmise à la télé, qui est aussi responsable, car elle leur donne la tribune. Akhenaton/«Soldats de fortune» 361 Records/PIAS En concert le 28 mai à Forest-National dans le cadre du show «La Cosca» avec IAM, Chiens de Paille, Psy4 de la Rime, Bouga, l'Algerino, Said et Veust Lyricist. © La Libre Belgique 2006 |
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#3
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| moi je suis d'accord avec lui. Avant je n aimais pas le hip hop. Pour moi c etait pour les "autres", les exclus.... mais maintenant je kiff a donf....lol ils disent des choses si justes.... |
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