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  #1  
Vieux 05/04/2006, 14h52
Avatar de baraka2  
Date d'inscription: mars 2006
Messages: 12
Par défaut Programmée pour le mariage

La plupart des jeunes filles marocaines reçoivent une éducation basée sur un code de conduite sociétal absolu celui qui mène à un statut de reconnaissance et d'appartenance à un groupe : le code de l'épouse idéale. Qu'engendre la pression exercée par les parents et quelles en sont les conséquences ?

Une pression justifiée ?
Les parents sont inquiets . Le monde extérieur constitue une menace pour leur fille et les diplômes ne mènent plus forcément au travail. L'avenir devient incertain. Quand ils peuvent " placer " leur fille pour lui éviter des déceptions, ils le font, par souci de protection. Ainsi, la fille est élevée dans un milieu de femmes, au lieu du dialogue, on lui apprend la ruse, arme de toutes les femmes, on l'initie aux tâches ménagères et aux traditions. Omar, 27 ans, boursier, trouve que sa mère a commencé à préparer le trousseau de mariage de ses sœurs à un très jeune âge : " si je me souviens bien, c'était autour de 8/9 ans ". De plus, la jeune femme subit la pression de la famille : " Les chorfa font çi, ne font pas ça " ou " ce serait un déshonneur pour notre famille que… " Dans les milieux défavorisés, la fille, privée de rêve, de liberté, de sorties, d 'épanouissement - reportés jusqu'au mariage - va idéaliser le mariage et espérer l'arrivée d'un prince charmant. Elle nourrit et caresse ce rêve, mais elle va se rendre compte que le jeune marocain ne correspond pas à son rêve, celui d'un homme qui la respecte, refusant la soumission et déchargé des traditions. Que choisissent-elles, l'abdication ou l'entêtement ?

Certaines suivent le choix de leurs parents
Ce n'est pas toujours la meilleure solution : Ahlam a détruit sa vie parce qu'elle l'avait basée uniquement sur le mariage. Elle a épousé un homme qui n'en valait pas la peine. Elle est actuellement divorcée, avec un enfant à sa charge et un moral à plat. Elle refuse de sortir et de continuer à vivre sa vie normalement. " Dans les familles les plus aisées, on remarque qu'il y a de plus en plus de mariages arrangés et précoces ", constate Soumaya Naaname Guessous, sociologue et écrivain. Ce sont deux fortunes qui se marient. Dans les milieux les moins favorisés, ce n'est que vers 25/26 ans qu'elles se mettent à angoisser et qu'elles se bradent, parce qu'elles commencent à aller vers l'âge critique, celui où on l'appellera " bayra ", vieille fille. Une fille qui n'impose pas son choix a peur de l'échec car si c'est elle qui choisit son mari, au premier problème elle s'entendra dire : " C'est toi qui l'a voulu, alors débrouille-toi toute seule ". Généralement, les parents n'acceptent pas le choix de leur fille. Puis comme elle sait qu'elle n'est pas protégée par la loi et qu'en cas de divorce elle serait la risée de son entourage, elle baisse la tête et se réfugie dans le choix des parents. Parfois, les filles sont mariées très jeunes et ceci à leur détriment : Radia a deux cousines auxquelles on a imposé un mariage à 18 et 19 ans. Elles se sont retrouvées répudiées quelques mois plus tard. Leurs parents ne doivent pas être fiers de les avoir brimer à la fleur de l'âge, de leur avoir brûler les ailes, les empêchant ainsi de s'épanouir et de profiter de leur jeunesse ".

D'autres font fi à l'envahissement parental
Il est vrai qu'avant mon mariage, il m'était interdit d'avoir des amis garçons. Mes parents me protégeaient contre les mauvaises langues. Cependant, ils ne m'ont pas propulsé dans les bras du premier venu. J'ai fais mon choix. Elles balayent devant chez elles, remarque M. Aboumalek, elles choisissent leur vie et prennent conscience de ce qu'elles veulent, de leurs intérêts . Elles ne sont pas prisonnières des stéréotypes, des traditions . Les jeunes filles ont été formées dans le moule traditionnel mais vivent dans un environnement moderne. 3 Les femmes qui travaillent ne veulent plus être au service du mari et ne peuvent plus assumer physiquement ", note Mme Guessou. Elles ne comprennent pas le monde des parents, puisqu'elles n'y ont pas vécu. Mais les fossés creusés par les générations sont de moins en moins profonds. Le décalage est réduit. Seulement, on ne peut pas bouleverser les mœurs d'une société brutalement. Une étude faite sur 720 femmes montre une bonne évolution des mœurs. Les femmes rurales veulent un mari qui peut les faire habiter en ville, les urbaines recherchent un homme qui travaille, qui les respecte et qui ne les fasse pas habiter avec sa famille. Dans la notion de respect, il u a le respect de la condition de femme.

Les mères devraient revoir leur manière d'éduquer
Elles responsabilisent les filles mais déchargent totalement les garçons ; elles leur apprennent des notions de machisme : " Ne faiblit jamais devant une femme, c'est elle qui doit te servir, qui doit s'occuper des tâches ménagères… ".
Les mères croient préserver la virilité de leur fils et pensent lui donner de la force. Mais au contraire, elles en font des faibles, des hommes incapables de se débrouiller sans une femme, complètement démunis de responsabilités et qui ne peuvent vivre qu'aux dépens de leur mère et, et plus tard, de leur épouse.
La solution serait que les mères éduquent de la même manière la fille et le garçon. Un homme doit être responsable au sein de son foyer. Il faut qu'il sache se débrouiller, cuisiner…
Participer aux tâches ménagères ne touche ni à la virilité, ni à l'honneur. Au contraire, lui apprendre à repasser une chemise, ou à concocter un plat, ne peut que lui servir. Il n'y a aucune honte. Les plus grands chefs cuisiniers sont des hommes. Si on veut avancer, ça commence par l 'éducation au niveau du foyer. On doit apprendre au garçon à respecter sa sœur. Si le garçon apprend ces notions quand il est jeune, il aura un meilleur respect envers les femmes et leurs rapports ne seront plus conflictuels. On a remarqué, d'après une étude faite en Tunisie, que les époux qui n'ont pas eu de sœurs respectent beaucoup plus leur épouse et vivent harmonieusement leur relation conjugale. Ceci est dû au fait que les mères, n'ayant pas eu de fille, ont responsabilisé le garçon . Elles ne lui ont pas transmis cette tare de l'éducation qui consiste à maîtriser la sœur, la mépriser, la surveiller, la commander… Quand il se marie, il est capable d'aider sa femme au foyer.

Conclusion
Aimer, affirme M. Aboumalek, c'est voir l'autre épanoui. Mais certaines mères aiment leur fille à tel point qu'elles l'étouffent, l'écrasent et la rendent malheureuse en voulant diriger sa vie, la ranger et " lui garantir un avenir ",disent-elles. Cette sur-protection garantirait plutôt un étouffement de la personnalité, un frein à l'épanouissement… " il faut savoir aimer et laisser sa fille faire son choix, car l'aimer n'est pas la troquer ", ajoute M. Aboumalek. Mme Guessous conclue : " une fille qui refuse l'aliénation doit-être très forte de caractère. Il faut qu'elle ait un travail valorisant et qu'elle soit capable de vivre sans le soutien financier de la famille.
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  #2  
Vieux 05/04/2006, 15h36
Avatar de ilioucha
 
Date d'inscription: avril 2005
Messages: 6 120
Par défaut

La source touchant de naiveté et de manque d'objectivité ?
__________________
Mon manteau est assez large pour dissimuler les trous de mon costume
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  #3  
Vieux 05/04/2006, 15h39
Avatar de doudouzazou1
gone with the wind
 
Date d'inscription: février 2005
Messages: 7 444
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Citation:
Envoyé par baraka2
La plupart des jeunes filles marocaines reçoivent une éducation basée sur un code de conduite sociétal absolu celui qui mène à un statut de reconnaissance et d'appartenance à un groupe : le code de l'épouse idéale. Qu'engendre la pression exercée par les parents et quelles en sont les conséquences ?

Une pression justifiée ?
Les parents sont inquiets . Le monde extérieur constitue une menace pour leur fille et les diplômes ne mènent plus forcément au travail. L'avenir devient incertain. Quand ils peuvent " placer " leur fille pour lui éviter des déceptions, ils le font, par souci de protection. Ainsi, la fille est élevée dans un milieu de femmes, au lieu du dialogue, on lui apprend la ruse, arme de toutes les femmes, on l'initie aux tâches ménagères et aux traditions. Omar, 27 ans, boursier, trouve que sa mère a commencé à préparer le trousseau de mariage de ses sœurs à un très jeune âge : " si je me souviens bien, c'était autour de 8/9 ans ". De plus, la jeune femme subit la pression de la famille : " Les chorfa font çi, ne font pas ça " ou " ce serait un déshonneur pour notre famille que… " Dans les milieux défavorisés, la fille, privée de rêve, de liberté, de sorties, d 'épanouissement - reportés jusqu'au mariage - va idéaliser le mariage et espérer l'arrivée d'un prince charmant. Elle nourrit et caresse ce rêve, mais elle va se rendre compte que le jeune marocain ne correspond pas à son rêve, celui d'un homme qui la respecte, refusant la soumission et déchargé des traditions. Que choisissent-elles, l'abdication ou l'entêtement ?

Certaines suivent le choix de leurs parents
Ce n'est pas toujours la meilleure solution : Ahlam a détruit sa vie parce qu'elle l'avait basée uniquement sur le mariage. Elle a épousé un homme qui n'en valait pas la peine. Elle est actuellement divorcée, avec un enfant à sa charge et un moral à plat. Elle refuse de sortir et de continuer à vivre sa vie normalement. " Dans les familles les plus aisées, on remarque qu'il y a de plus en plus de mariages arrangés et précoces ", constate Soumaya Naaname Guessous, sociologue et écrivain. Ce sont deux fortunes qui se marient. Dans les milieux les moins favorisés, ce n'est que vers 25/26 ans qu'elles se mettent à angoisser et qu'elles se bradent, parce qu'elles commencent à aller vers l'âge critique, celui où on l'appellera " bayra ", vieille fille. Une fille qui n'impose pas son choix a peur de l'échec car si c'est elle qui choisit son mari, au premier problème elle s'entendra dire : " C'est toi qui l'a voulu, alors débrouille-toi toute seule ". Généralement, les parents n'acceptent pas le choix de leur fille. Puis comme elle sait qu'elle n'est pas protégée par la loi et qu'en cas de divorce elle serait la risée de son entourage, elle baisse la tête et se réfugie dans le choix des parents. Parfois, les filles sont mariées très jeunes et ceci à leur détriment : Radia a deux cousines auxquelles on a imposé un mariage à 18 et 19 ans. Elles se sont retrouvées répudiées quelques mois plus tard. Leurs parents ne doivent pas être fiers de les avoir brimer à la fleur de l'âge, de leur avoir brûler les ailes, les empêchant ainsi de s'épanouir et de profiter de leur jeunesse ".

D'autres font fi à l'envahissement parental
Il est vrai qu'avant mon mariage, il m'était interdit d'avoir des amis garçons. Mes parents me protégeaient contre les mauvaises langues. Cependant, ils ne m'ont pas propulsé dans les bras du premier venu. J'ai fais mon choix. Elles balayent devant chez elles, remarque M. Aboumalek, elles choisissent leur vie et prennent conscience de ce qu'elles veulent, de leurs intérêts . Elles ne sont pas prisonnières des stéréotypes, des traditions . Les jeunes filles ont été formées dans le moule traditionnel mais vivent dans un environnement moderne. 3 Les femmes qui travaillent ne veulent plus être au service du mari et ne peuvent plus assumer physiquement ", note Mme Guessou. Elles ne comprennent pas le monde des parents, puisqu'elles n'y ont pas vécu. Mais les fossés creusés par les générations sont de moins en moins profonds. Le décalage est réduit. Seulement, on ne peut pas bouleverser les mœurs d'une société brutalement. Une étude faite sur 720 femmes montre une bonne évolution des mœurs. Les femmes rurales veulent un mari qui peut les faire habiter en ville, les urbaines recherchent un homme qui travaille, qui les respecte et qui ne les fasse pas habiter avec sa famille. Dans la notion de respect, il u a le respect de la condition de femme.

Les mères devraient revoir leur manière d'éduquer
Elles responsabilisent les filles mais déchargent totalement les garçons ; elles leur apprennent des notions de machisme : " Ne faiblit jamais devant une femme, c'est elle qui doit te servir, qui doit s'occuper des tâches ménagères… ".
Les mères croient préserver la virilité de leur fils et pensent lui donner de la force. Mais au contraire, elles en font des faibles, des hommes incapables de se débrouiller sans une femme, complètement démunis de responsabilités et qui ne peuvent vivre qu'aux dépens de leur mère et, et plus tard, de leur épouse.
La solution serait que les mères éduquent de la même manière la fille et le garçon. Un homme doit être responsable au sein de son foyer. Il faut qu'il sache se débrouiller, cuisiner…
Participer aux tâches ménagères ne touche ni à la virilité, ni à l'honneur. Au contraire, lui apprendre à repasser une chemise, ou à concocter un plat, ne peut que lui servir. Il n'y a aucune honte. Les plus grands chefs cuisiniers sont des hommes. Si on veut avancer, ça commence par l 'éducation au niveau du foyer. On doit apprendre au garçon à respecter sa sœur. Si le garçon apprend ces notions quand il est jeune, il aura un meilleur respect envers les femmes et leurs rapports ne seront plus conflictuels. On a remarqué, d'après une étude faite en Tunisie, que les époux qui n'ont pas eu de sœurs respectent beaucoup plus leur épouse et vivent harmonieusement leur relation conjugale. Ceci est dû au fait que les mères, n'ayant pas eu de fille, ont responsabilisé le garçon . Elles ne lui ont pas transmis cette tare de l'éducation qui consiste à maîtriser la sœur, la mépriser, la surveiller, la commander… Quand il se marie, il est capable d'aider sa femme au foyer.

Conclusion
Aimer, affirme M. Aboumalek, c'est voir l'autre épanoui. Mais certaines mères aiment leur fille à tel point qu'elles l'étouffent, l'écrasent et la rendent malheureuse en voulant diriger sa vie, la ranger et " lui garantir un avenir ",disent-elles. Cette sur-protection garantirait plutôt un étouffement de la personnalité, un frein à l'épanouissement… " il faut savoir aimer et laisser sa fille faire son choix, car l'aimer n'est pas la troquer ", ajoute M. Aboumalek. Mme Guessous conclue : " une fille qui refuse l'aliénation doit-être très forte de caractère. Il faut qu'elle ait un travail valorisant et qu'elle soit capable de vivre sans le soutien financier de la famille.
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« Rien ne sert de penser, faut réfléchir avant. » Pierre Dac
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