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LE MONDE | 07.04.06 | 14h19 • Mis à jour le 07.04.06 | 14h19 Cinq mois après la tenue, à Tunis, du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) organisé par les Nations unies, la situation des droits de l'homme en Tunisie enregistre une nouvelle détérioration, au point de susciter une réaction officielle de la part de Washington. "Les Etats-Unis s'inquiètent des récentes informations sur le harcèlement à l'encontre de militants et d'organisations de la société civile en Tunisie, et notamment de la situation de Neila Charchour Hachicha et de sa famille (...) qui a été, à notre avis, visée injustement", a déclaré, lundi 3 avril, un porte-parole du département d'Etat, avant de citer le cas de l'avocat Mohammed Abbou, emprisonné depuis mars 2005 pour avoir publié sur Internet un article critique à l'égard du président Ben Ali. En grève de la faim depuis le 11 mars, cet avocat de 39 ans est, selon ses proches, dans un état de santé extrêmement préoccupant. "Tout cela s'ajoute aux difficultés faites aux organisations civiles (...) et aux efforts pour limiter la liberté d'expression des partis de l'opposition légale", a encore indiqué le porte-parole américain, invitant le gouvernement tunisien à prendre "des mesures conformes à ses intentions déclarées de lancer des réformes démocratiques". BRIMADES ET AGRESSIONS Fondatrice du Parti libéral méditerranéen, lancé en 2002 mais jamais agréé, Neila Charchour Hachicha ne faisait pas partie, jusqu'à une date récente, de l'opposition tunisienne. Elle était même considérée comme plutôt proche du régime. Ce sont les tracasseries de la vie quotidienne infligées en Tunisie à toutes les voix un tant soit peu critiques qui ont fini par la faire basculer dans la contestation. A la suite d'un entretien accordé au Monde (16 novembre 2005) puis d'une conférence à Washington à l'American Enterprise Institute sur le thème "Dissidence et réformes dans le monde arabe", et enfin d'un entretien à la chaîne de télévision Al-Jazira, Neila Charchour Hachicha s'est vu infliger le même traitement que des personnalités telles que Souhayr Belhassen, vice-présidente de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), ou la journaliste Naziba Rjiba, alias "Om Zied", l'une des "plumes" du magazine en ligne Kalima. Tour à tour insignifiantes ou lourdes de conséquences, en tout cas presque toujours impossibles à prouver, ces brimades vont de la privation de passeport à la confiscation de la voiture, au montage photo pornographique mettant en scène l'intéressé ou un membre de sa famille, en passant par l'agression physique. Florence Beaugé |
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