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NEW YORK (AFP) - Les cours du brut ont battu un nouveau record historique mardi à Londres, à quelques cents du seuil de 70 dollars, les tensions exacerbées entre l'Iran et la communauté internationale et les craintes de pénurie d'essence poussant investisseurs et spéculateurs à l'achat. A Londres, sur l'IntercontinentalExchange (ICE), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a touché 69,70 dollars vers 08H50 GMT, un record en séance. Il a ensuite clôturé à 69,37 dollars, en hausse de 62 cents, battant son record de clôture. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en mai a avancé de 24 cents, clôturant à 68,98 dollars, au plus haut depuis le 1er septembre. "La poussée des cours s'est un peu essoufflée avant les 70 dollars, mais le marché a semblé déterminé à se lancer à l'assaut de ce seuil", a commenté Simon Wardell, analyste au cabinet Global Insight. Ce sont les tensions entre l'Iran et la communauté internationale qui inquiètent prioritairement les opérateurs. La République islamique refuse de renoncer à l'enrichissement de son uranium, ce qui lui vaut d'être soumis à de fortes pressions internationales. Mais alors que le marché s'était habitué à l'escalade des pressions diplomatiques et avait même trouvé un certain équilibre au coeur de la tension, la possibilité de l'option militaire a fait surface ce week-end dans la presse américaine, et ravivé les craintes d'une dégradation sérieuse de la situation. Mardi, l'Iran a annoncé avoir réussi à enrichir de l'uranium, accélérant son programme nucléaire pour produire du combustible pour ses futures centrales nucléaires. Plus tôt, le président iranien Mahmmoud Ahmadinejad avait affirmé que son pays allait "rejoindre prochainement le club des pays qui ont la technologie nucléaire". Or, en situation de risque, la logique spéculative, comme la volonté de garantir l'approvisionnement, poussent les investisseurs à l'achat et font grimper les prix. L'Iran, quatrième producteur mondial de brut, produit environ 4 millions de barils par jour (mbj). Il exporte surtout en Asie et en Europe, mais pas aux Etats-Unis. "Pour que les prix grimpent encore, il faudrait qu'on monte d'un cran sur l'échelle des spéculations relatives à l'Iran", a jugé M. Wardell. Selon lui, les prix reflètent déjà une très forte dose de risque et il faudrait un nouvel élément pour faire "pencher la balance". Aux risques géopolitiques s'ajoutaient des craintes sur l'approvisionnement en brut et en essence. Le marché est à l'heure actuelle privé de plus de 600.000 barils par jour (selon une estimation haute) de pétrole nigérian, d'une qualité très appréciée des raffineurs, car facile à convertir en essence. "La pénurie de brut léger nigérian est d'autant plus inquiétante que l'on s'approche de la haute saison de consommation d'essence aux Etats-Unis (cet été, ndlr), sur un marché particulièrement serré", observait Kevin Norrish, analyste à la banque Barclays Capital. Les réserves américaines d'essence sont en effet en baisse continue depuis plus d'un mois et les opérateurs s'attendent encore à voir annoncée mercredi une baisse de 2,2 millions de baril la semaine dernière aux Etats-Unis, ce qui pourrait être l'élément propre à faire "pencher la balance". |
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