Stop au racisme antigros


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  #1  
Vieux 13/04/2006, 14h33
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gone with the wind
 
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Par défaut Stop au racisme antigros

Même le mot est tabou. Bien en chair, rond, fort, corpulent, enveloppé… tout est bon pour contourner ce “gros” mot qui sonne comme une insulte. Les gros, donc, dérangent. Moqueries, gêne, mépris, une violence verbale parfois inouïe : leur lot quotidien est un racisme qui ne dit pas son nom. Il est urgent de le dénoncer.
Regardez cette jeune femme mince qui mange un sandwich en marchant. C'est une femme dynamique, une bosseuse qui ne prend pas même le temps de manger. Prenez la même, en grosse. Vous allez juger qu'elle mange mal, qu'elle n'a aucune volonté. Pas étonnant qu'elle soit obèse ! » Cet exemple, glané lors du dernier congrès du Gros (groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids), résume en peu de mots le regard que nous portons sur les personnes atteintes de surpoids.
Remarques, humiliations, discriminations (à l'embauche, notamment), phrases assassines qui vont du conseil à l'insulte, en passant par la moquerie. Que disons-nous à ceux qui souffrent de surpoids ? Qu'ils sont mous, sans volonté. Qu'ils devraient avoir honte, bouger plus, manger moins. Pourquoi nous autorisons-nous ce regard assassin, ces jugements, ce dégoût ? Qu'offensent-ils pour provoquer cette violence verbale ? Notre peur de grossir ? D'être différent ? De ne plus correspondre aux normes du "bien-être", voire du "être heureux" dans notre belle société aux icônes glacées, qui conduisent 41 % des garçons et 63 % des filles de 11 à 20 ans à vouloir changer de silhouette (source : « Question de poids à l'adolescence », Fondation de France, 2005) ?
Nous avons demandé son avis à Gérard Apfeldorfer, psychiatre et spécialiste des troubles du comportement alimentaire. Et nous avons laissé la parole à des gros. Que nous confient-ils ? Certainement pas : « Soyez comme nous. » Mais simplement : « Laissez-nous vivre. Etre gros, c'est douloureux, parfois insupportable. Nous sommes sans doute les premiers à nous détester, à nous mépriser. S'il vous plaît, n'en rajoutez pas. » Voilà ce que disent nos témoins. Ecoutez leur souffrance devant certains regards : elle changera peut-être le vôtre.
Psychiatre et spécialiste des troubles du comportement alimentaire, Gérard Apfeldorfer dénonce la diabolisation du surpoids. Et propose un plan de défense contre cette chasse aux obèses.

Dans nos sociétés, la situation du gros, de l'obèse, mais aussi du rondouillard, du bien en chair, est devenue dramatique. Je n'emploie pas ce mot à la légère. On le regarde avec mépris, on le moque, on l'insulte ouvertement dans les lieux publics, on le traite comme jamais on n'oserait traiter un Noir, un Maghrébin, une personne trop petite ou trop grande. En privé, on médit (« Elle a grossi, tu ne trouves pas ? »), on s'apitoie (« C'est parce que son ami l'a quittée… »), on ricane (« Mais en fait, c'est pour ça qu'il s'est tiré ! »). A moins que, compatissant, on ne conseille : « Tu devrais faire un régime ; je connais un médecin qui fait maigrir, si ça t'intéresse… »

Tous fans de l'apparence
La condamnation du gros et du gras est unanime. Etre gros est tout à la fois une faute morale, puisqu'elle relève du péché de gloutonnerie, une faute contre la santé publique, puisque les gros coûtent cher et que leurs soins sont financés par les impôts, et une faute esthétique, car la graisse est désormais vue comme laide.

Sans compter que le corps gros est un objet biologique bien trop présent, volumineux, bruyant, transpirant. Il s'oppose à ce corps iconisé, parfaitement lisse, fait de papier glacé ou de pellicule cinématographique, auquel chacun aspire. Le premier est un objet biologique, animal, au fonctionnement approximatif, rempli d'organes prêts à défaillir ; tandis que le second est un objet de rêve, sans organes ni intériorité, idéal et immortel. L'immense majorité des gros partagent ces croyances, et n'ont qu'une obsession : maigrir à tout prix. Bon nombre de gros échangeraient volontiers leur obésité contre une maladie, même grave, même mortelle. Une enquête a montré que neuf obèses sur dix préféreraient être amputés d'une jambe plutôt que rester gros, et trouvent préférable d'être muet ou même aveugle (1).

Comment en sommes-nous arrivés à cette diabolisation du surpoids, cette survalorisation de la minceur, et, d'une façon plus générale, à cette idolâtrie des apparences corporelles ?
Dans notre monde boulimique, où chacun désire toujours plus de capital beauté ou plus de capital santé, les gros n'ont guère de pitié à attendre : leur obésité les classe irrémédiablement parmi les losers. Dans ce monde frénétique, les gros se débattent éperdument pour maigrir et les minces n'ont qu'une terreur : sombrer et devenir gros à leur tour, c'est-à-dire plonger en enfer.

Mais si la croyance moderne « réussir sa vie consiste à accumuler du capital » aboutit à une conception boulimique de l'existence, une autre croyance, postmoderne, selon laquelle « une vie réussie obéit à un idéal esthétique », implique un niveau d'exigence vis-à-vis de soi-même confinant à l'infini. Somme toute, dans les deux cas, l'individu risque fort d'être la proie d'une insatisfaction fondamentale… Quant à notre obèse, il ne sera pas mieux loti dans ce monde-là que dans le précédent : il n'est plus un loser incapable de capitaliser, mais un être qui commet la faute la plus impardonnable qui soit, la faute de goût ! La faute esthétique que représente le surpoids signifie l'échec de la maîtrise du corps et de l'esprit, de la direction de sa vie, et est assimilé à un échec global de la personne.

Ni coupable ni victime
Nous sommes donc bien mal partis, et le monde à venir risque de se révéler plus impitoyable encore que le temps présent… Aussi devrait-on garder à l'esprit quelques idées simples. Tout d'abord, souvenons-nous que la vie est hasardeuse ; il est faux de croire que l'individu peut en avoir la maîtrise pleine et entière. Le corps ne fait pas nos quatre volontés, il n'est pas aussi malléable qu'espéré. Dès lors qu'on le force, qu'on le prive, qu'on le contraint, il résiste, proteste, fait grève ou bien échappe. Il convient donc de rester modeste et se souvenir que la conscience et la volonté ne sont que la partie émergée, visible de l'iceberg que nous sommes.

Laisser la bride sur le cou à notre corps, écouter ses appétits, n'est pas aussi dangereux que le laisse à penser l'idéologie de la maîtrise : en fait, lorsque nous sommes en paix avec nous-mêmes et lorsque nous laissons les choses aller, nous faisons le poids que nous devons faire, en fonction de notre génétique, de notre histoire et de notre mode de vie.

Lutter activement contre la stigmatisation des obèses pourrait bien constituer en définitive un « enjeu de santé publique ». Car cette chasse aux obèses, qui est ouverte dans les médias, dans le monde médical, dans le monde professionnel, dans la tête de tout un chacun, qui est encouragée au niveau des Etats, sème la terreur chez les minces qui craignent de devenir gros. Et ô paradoxe, les régimes amaigrissants que les presque minces entreprennent, les privations qu'ils s'imposent au nom de l'idéologie du « diététiquement correct » les conduisent bien souvent à faire l'expérience de ce qu'ils redoutent le plus au monde : le surpoids et les troubles du comportement alimentaire. Quant aux obèses, la stigmatisation dont ils sont l'objet les enferme dans un cercle vicieux : leur obésité leur vaut d'être stigmatisés, ce qui les conduit à se dévaloriser ; ils se consolent en mangeant, ce qui les conduit à grossir…

Lutter contre la stigmatisation des obèses, c'est tout à la fois faire reconnaître qu'il existe toutes sortes de conformations corporelles, que le physique ne dépend pas du bon vouloir, que la valeur des personnes, leur pouvoir de séduction, leur beauté, ne dépendent pas exclusivement de leur tour de taille. Pourquoi, dès lors, ne serait-on pas rond et séduisant, gros et heureux, gras et malin ? Lutter contre la stigmatisation des obèses, c'est aussi faire justice et reconnaître que les personnes en surpoids sont bel et bien stigmatisées. C'est à partir de cette reconnaissance qu'elles pourront apprendre à se protéger et à se défendre. Que les gros, les dodus, les rondouillards se méfient cependant de trop de sollicitude à leur égard : à se laisser griser de revendications, ils auraient tôt fait d'acquérir un statut de victimes, tout aussi confortable qu'aliénant. Certes, le monde est injuste. Et alors ? Voilà qui n'est pas nouveau. Plutôt que de s'en plaindre, mieux vaut travailler à s'affirmer pleinement, s'avancer sur le devant de la scène, tel que l'on est, sans peur et sans reproche. Car c'est ainsi que l'on gagne le respect d'autrui, ainsi que le sien.

1 - In « Morbidly obese patients perceptions of social discrimination before and after surgery for obesity », de C. S. W. Rand et A. M. C. McGregor, Southern Medical Journal, 1990, 83, 1390-1395.
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  #2  
Vieux 13/04/2006, 14h40
Avatar de doudouzazou1
gone with the wind
 
Date d'inscription: février 2005
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pourquoi je vois pas mon sujet dans les derniers messages parus comme ça devrait etre ? bladi est encore en panne bien que d'apparence normale ?
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  #3  
Vieux 13/04/2006, 14h42
Avatar de Zyryab  
Date d'inscription: juin 2005
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Envoyé par doudouzazou1
pourquoi je vois pas mon sujet dans les derniers messages parus comme ça devrait etre ? bladi est encore en panne bien que d'apparence normale ?
Oui!

La vérité est ailleurs!
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  #4  
Vieux 13/04/2006, 15h17
Avatar de Wallen95
de passage...
 
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Envoyé par doudouzazou1
bladi est encore en panne bien que d'apparence normale ?
Exactement!

N'empêche c'est un bon article

Tu l'as trouvé où?
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  #5  
Vieux 13/04/2006, 15h21
Avatar de doudouzazou1
gone with the wind
 
Date d'inscription: février 2005
Messages: 8 504
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Citation:
Envoyé par Wallen95
Exactement!

N'empêche c'est un bon article

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sur msn femmes
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