|
#1
| ||||
| ||||
|
Avant l’Islam et son prophète, au VIème siècle, dans les déserts d’Arabie, immensité sans âge où le temps des hommes n’existe plus et où l’homme lui-même est un absolu, des poètes vécurent dont la voix inspirée chanta les batailles et les nobles guerriers. Bardes du désert, ils connurent l’amour et la peine, le combat et l’espoir, dans un monde cruel et grandiose, sur lequel le souffle du DIEU de l’Islam n’était pas encore passé. Leurs poèmes étaient déclamés dans des assemblées choisies Sept d’entre eux, sept odes, les mou3allaqates, furent retenus pour être transmis par la mémoire des hommes et servir de modèles aux générations futures. Ils sont à l’origine du fabuleux trésor de la poésie arabe. Source : ouvrage de Jean Jacques Schmidt sur la poésie arabe préislamique |
|
#2
| ||||
| ||||
|
Ainsi, je tenterais au possible et au fur et à mesure de présenter un à un ces 7 poètes et un semblant de biographie pour chacun……. Imrou el Qaïs (500-540) Tarafa (453-569) Amr ben Koulthoum (450-600) El Harith ben Hilliza (mort vers 580) Antara bnou Cheddad (525-615) Zouheir (530-627) Labid (560-661) J’aborderai ici uniquement les poètes et vaguement leur vécus car il me semble peu opportun de partager ici leurs œuvres respectives en Français car traduire et donc sortir un poème de sa source (la langue et tout ce qui l’entoure) ne fait que dénaturer et ne révèle aucun sens dans la profondeur de l’arabe, du contexte et de la pensée de ces poètes arabes de l’époque. je tiens par la même ici à rendre hommage à l’auteur de ma source, Jean Jacques Schmidt car c’est bien de l’admiration que j’éprouve pour cet homme car la tâche qu’il s'est donnée en abordant la poésie arabe est bien plus rude que l’on peut imaginer. En effet, c’est un thème que même les plus érudits arabisés ont peines à comprendre et faire comprendre (les mots arabes et les sens entre autres), alors imaginez un seul instant qu’un arabophone (non arabisé) puisse l’aborder avec une certaine aisance…….je n’oserai appeler cela un miracle mais mon admiration est totale ici présent. Le sujet me semble enjamber aussi bien le forum culturel que le forum Islam (car il permet entre autre de comprendre, concevoir partiellement le contexte avant révélation et sans nul doute les raisons de la venue de certains versets) J’aurais aimé, avant d’aborder le sujet, décrire le contexte politique, géopolitique, et la notion tribale primordiale de l’époque (toujours en prenant de ma source)…………malheureusement, c’est une autre tâche qui demande énormément de temps à consacrer et bien trop long pour être associé au sujet présent. Peut être, si j’en ai l’occasion, je tenterais d’ouvrir un topic à l’avenir spécifique à ce thème. PS:J'ouvre un nouveau topic sur les mou3allaqates aprés bug de bladi en ayant au préalable rétabli l'ordre chronologique de chaque intervention |
|
#3
| ||||
| ||||
|
Imrou el Qaïs Né dans le Nejd vers 500 après JC, il y vécut l’existence des princes, dans le luxe, la frivolité et le libertinage. Très jeune, il composa de la poésie, évoquant ses parties de plaisir, ses jeux et ses aventures amoureuses sur un ton défiant la décence. A tel point que son père Houjr le chassa après lui avoir interdit de continuer à se complaire dans la poésie, activité indigne, selon lui, des fils de roi. Le jeune prince fut donc contraint de s’éloigner et, entouré d’adolescents des tribus des Tayy et des Beni Bakr ben Wa2il, il allait de point d’eau en point d’eau, de tribu en tribu, se livrant à la chasse et aux plaisirs et buvant à l’envi, au milieu des poésies et des chants. Il était à Dammoum (Syrie) en train de jour au tric –trac lorsque lui parvint la nouvelle brutale du meurtre de son père. Venger le sang d’un proche était chose sacrée, aussi déclara-t-il d’une voix solennelle : « Aujourd’hui du vin, mais demain de l’action ! » Il dit adieu aux plaisirs et à la vie facile et se prépara à faire payer aux Beni Asad le prix du sang de son père et à restaurer le royaume de Houjr el Kindi : or les Beni Asad avaient eu vent des dispositions d’Imrou el Qaïs et ils demandèrent la protection d’El Moudhir de Hira. Cependant, Imrou el Qaïs s’était rendu au Yémen auprès du roi Himiaryte Dhou Jadan à qui il demanda des renforts. Grâce à quoi, ayant retrouvé les Beni Asad, il les tailla en pièces. Mais El Moundhir attaqua les Kinda (tribu de Imrou el Qaïs) peu après, tuant quelques hommes, et emmenant prisonniers douze de leurs seigneurs, qu’il fit décapiter en un lieu situé entre Hira et Koufa. Imrou el Qaïs, au nombre des prisonniers, avait réussi à s’échapper et chercha refuge auprès du chef de la tribu des Lyyad. |
|
#4
| ||||
| ||||
|
Avec une fille à lui et les cuirasses que les rois de Kinda se léguaient de père en fils, il erra alors de tribu en tribu, passant du mont Aja au mont Salma en territoire Tayy où il épousa Oumm Joundouk, qu’il répudia par la suite. Durant cette période d’errance, il éprouva les malheurs les plus variés et fut en butte à l’humiliation. Il du même mendier. Tout cela lui valut le surnom d’El Malik ed-Dillil (le roi toujours errant). Ses pas le conduisirent à l’ouest du Nejd à Taïma, devant El Ablaq, château fort où vivait son ami le poète juif Samaw2el ben Adiya. Imrou el Qaïs lui demanda d’envoyer un messager à El Harith, prince des Ghassanides de Syrie pour solliciter de lui une intervention de lui auprès de basileus Justinien (mort en 565) en vue d’un voyage d’Imrou el Qaïs à Byzance. Les choses s’étant présentées favorablement, le prince poète confia sa fille Hind et ses cuirasses à Samaw2el et partit pour Constantinople, bien décidé à obtenir l’aide de Justinien contre ses ennemis. Là se situe un épisode sans doute légendaire, mais qui vaut la peine d’être conté. El Harith le grand, roi des Ghassanides, profitant du départ d’Imrou el Qaïs, voulut s’emparer des fameuses cuirasses des Kindites (appellation de ceux qui compose le royaume de Kinda). Il envoya à Samaw2el un membre de sa famille chargé de lui rapporter les armes. Arrivée devant le château d’El Ablaq, il trouva porte close. Or l’un des fils de Samaw2el était à la chasse. L’envoyé d’El Harith le captura puis appela l’ami d’Imrou el Qaïs sur le rempart : -« Donne moi les cuirasses sinon je tue ton fils » -« Tu peux le tuer, répondit Samaw2el, tu n’auras rien » Cet extraordinaire exemple de fidélité à un ami et de respect à la parole donnée resta dans la mémoire des arabes qui créèrent le diction : Plus fidèle que Samaw2el. Pendant ce temps Imrou el Qaïs était arrivé à la cour de Byzance où le basileus le reçut avec égards, le fit manger à sa table et le combla de promesses. Mais au lieu de lui accorder les renforts espérés, il déclara à Imrou el Qaïs qu’il demanderait au Négus chrétien d’Abyssinie d’intervenir et de marcher aux côtés du prince kindite contre les Lakhmides et leurs maîtres perses (entrevoir l’opposition Perse/Byzance de l’époque et les tribus arabes leurs instruments) Rien de positif, en fait, ne sortit du séjour diplomatique d’Imrou el Qaïs auprès de Justinien, malgré l’intérêt que portait celui-ci à la possibilité d’étendre son influence sue les arabes, à travers les Kinda, pour contrer celle des Perses et de leur vassaux lakhmides. Imrou el Qaïs, déçu, repartit donc. Mais à peine avait-il atteint la cité d’Anqara (l’antique Ancyre) que se répandit dans son corps un mal semblable à une sorte de variole qui le couvrit d’ulcères, d’où un autre de ses surnoms « Dhou lqourouh » (l’homme aux ulcères). C’est ainsi qu’il mourut dans les fièvres en 540. |
|
#5
| ||||
| ||||
|
Une autre version prétend que le poète serait revenu de Constantinople escorté d’une véritable armée de princes Byzantins. Mais il avait à peine parcouru quelques lieues que quelqu’un dit à l’empereur : « Tu as eu tort d’envoyer en renfort des princes de ta terre à un arabe. Les arabes sont perfides, dés qu’il sera parvenu à des fins, il se retournera contre toi. » Inquiet, Justinien ordonna alors à un messager de rattraper Imrou el Qaïs et de lui faire présent, de sa part, d’une tunique de laine tissée d’or, avec ces mots : « Je te fais don de cette tunique que j’avais l’habitude de porter les jours de grand apparat ; puisse-t-elle être un gage de mon attachement. Dès qu’elle te parviendra, revêts là…..et donne moi de tes nouvelles, partout où tu te trouveras….. » Imrou el Qaïs reçu le présent avec joie et mit aussitôt la tunique. Mais celle-ci était imbibée de poison et, comme celle du centaure Nessus, ne tarda pas à faire son effet. Bientôt, la peau d’Imrou el Qaïs se couvrit d’ulcères et c’est à Anqara qu’il s’éteignit. Il fut enterré sur place et l’on raconte que sur son tombeau fut élevée une statue restée debout jusqu’au temps du khalife abasside el Mamoun (mort en 883). Une autre version encore attribue des motifs différents au meurtre d’Imrou el Qaïs. La fille de Justinien, dit-on, aurait aperçu le prince arabe et en serait tombée amoureuse. Le basileus, ne pouvant admettre l’idée d’une idylle entre sa fille et un bédouin du désert, fût-il roi, aurait conçu le plan de faire disparaître Imrou el Qaïs au moyen de la fameuse tunique empoisonnée. L’imagination populaire a tissé bien des légendes et des récits autour de ce personnage haut en couleur que fut le premier grand poète arabe. Mais malgré le doute qui s’est emparé de certains critiques quant à son existence même, il reste que des versions non arabes font état du voyage à Constantinople d’un prince arabe appelé Qaïs. A suivre............ |
|
#6
| ||||
| ||||
| Citation:
.............................. ................ |
|
#7
| ||||
| ||||
| Citation:
|
|
#8
| ||||
| ||||
| Citation:
.............................. ........... |
|
#9
| ||||
| ||||
| Citation:
|
|
#10
| ||||
| ||||
| Citation:
.............................. .... |