Un juif évoque son amitié de jeunesse avec Zacarias Moussaoui AFP 17.04.06 | 22h25
Gilles Cohen, un Français de confession juive, a évoqué lundi au procès de Zacarias Moussaoui son amitié de jeunesse avec l'homme qui risque aujourd'hui la peine de mort pour sa complicité avec les auteurs des attentats du 11 septembre 2001.
Zacarias Moussaoui et Gilles Cohen se sont rencontrés en 1986, à la fin de leur adolescence. Ensemble, ils ont fait la fête, et souvent évoqué le conflit israélo-palestinien.
"A l'époque, nous avions du mal à comprendre pourquoi deux peuples de la même origine étaient à ce point ennemis alors que nous, un arabe et un juif, étions les meilleurs amis du monde", a expliqué Gilles Cohen, dont les propos en français étaient traduits pour les jurés.
En 1990, l'ami juif a même hébergé chez lui pendant trois mois "Zac" et son frère, qui s'étaient disputés avec leur mère et "ne savaient pas trop où aller".
"Il était très présent, participait beaucoup à toutes les tâches de la maison. C'était quelqu'un de très enjoué, qui a amené beaucoup de joie de vivre... C'était un vrai plaisir", a-t-il raconté, avant d'évoquer son "choc" de voir la photo de "Zac" à la télévision après les attentats du 11-Septembre.
Jeudi, Zacarias Moussaoui avait calmement expliqué qu'il souhaitait voir les musulmans détruire l'Amérique et Israël et exterminer tous les juifs.
Après avoir entendu le témoignage de Gilles Cohen, les jurés ont visionné le récit de Djamila Moussaoui, soeur aînée de Zacarias, enregistré en novembre.
Zacarias "était très joyeux, gentil, un beau petit bébé, toujours souriant", a-t-elle déclaré, après avoir plus longuement décrit la violence de leur père, qui séjourne aujourd'hui dans un hôpital psychiatrique en France: "Il nous a tous traumatisés (...), il m'a envoyée je ne sais plus combien de fois à l'hôpital pour des fractures, des trous à la tête".
La jeune femme a également parlé de la schizophrénie dont elle souffre, diagnostiquée après une tentative de suicide et pour laquelle elle doit suivre un traitement. "Sinon, je suis dans une autre réalité", a-t-elle déclaré.
La défense de Zacarias Moussaoui tente ces jours-ci de convaincre le jury qu'il souffre d'une schizophrénie paranoïaque, circonstance atténuante qui pourrait lui éviter la peine de mort. |