La france n'est plus un état de droit
L’une des missions élémentaires et fondamentales de l’État est de faire respecter les décisions de justice. Aussi bien en matière pénale que civile ou commerciale. Sinon, plutôt que de s’adresser au juge, les citoyens en arrivent à se faire justice eux-mêmes. Ou bien utilsent d’autres moyens. C’est ainsi que, dans beaucoup de pays, des entreprises en sont réduites à avoir recours à la pègre, à des hommes de main, pour assurer leur sécurité ou bien pour garantir l’exécution de certains contrats. En France, chaque jour, nous nous éloignons un peu plus de l’État de droit, pour nous rapprocher d’un État de non-droit, avec toutes les conséquences que cela implique.
Le Tribunal de commerce de Lille, la semaine dernière, attribue à deux repreneurs, selon un plan financier et social précis, les dépouilles de l’illustre journal France-Soir, dont l’agonie dure depuis plus de trente ans. Les salariés de cette entreprise moribonde auraient préféré que le Tribunal opte pour le plan présenté par un douteux milliardaire russe. Pour la raison qu’il disait garantir l’emploi de tous les salariés. Plutôt que de faire évacuer l’entreprise occupée, le gouvernement préfèrer organiser des tables rondes avec les squatteurs…
Pour protester contre un projet d’implantation d’une usine à 65 Km de sa circonscription électorale, par un groupe industriel japonais, le député UDF Jean Lassalle a entrepris, à partir du 7 mars dernier, une grève de la faim qu’il a poursuivie pendant 37 jours, avant d’obtenir satisfaction : la nouvelle usine ne sera pas construite à Lacq mais à Accous, dans la vallée d’Aspe, dans une zone de montagne proche de la frontière espagnole. Le surcoût sera compensé par des subventions à la charge des contribuables. Le chantage a payé, c’est ce que l’on voit. À l’avenir, les investisseurs étrangers se le tiendront pour dit. Mais cela se verra moins…
Bien sûr, ces dénis de droit ou de justice s’inscrivent dans un contexte où les lois votées par le Parlement, bien qu’avalisées par le Conseil constitutionnel et promulguées par le Président de la République, ne sont pas appliquées. Exemple du CPE. Et où on tolère, quotidiennement, que des citoyens qui veulent travailler ou étudier, en soient physiquement empêchés, sans bénéficier de la moindre protection.
L’État de droit forme un tout. Tout gouvernement est là pour le défendre. Chacune des atteintes qu’on lui porte est un coup porté à la sécurité de chacun, comme à la prospérité de demain.
source les 4 vérités |