Pourquoi j'ai cessé d'admirer la France


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  #1  
Vieux 22/04/2006, 12h31
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Denis MacShane Député travailliste, ancien ministre britannique des Affaires européennes.





La crise politique et économique en France n'est plus l'affaire privée des Français. A travers le monde, les francophiles observent les événements de France avec stupéfaction. Les Européens voient leurs espoirs et leurs ambitions s'évanouir au spectacle d'un Etat pilier de l'Europe qui rejette la modernité. Quand l'Union Européenne devrait être audacieuse, innovante, incarner un continent du mouvement, la France choisit l'immobilisme, effarée par le changement. S'incliner devant une poignée d'étudiants et un quarteron de leaders syndicaux est une chose. Mais, désormais, Matignon capitule devant les buralistes en renvoyant à des jours meilleurs une loi contre la cigarette dans les lieux publics que le reste de l'Europe a déjà mise en place.

Mais quand la France approuvera-t-elle une réforme ? Les conservateurs, à droite comme à gauche, sont la force dominante en France. En 1968, jeune étudiant à Oxford, je suis venu à Paris pour partager l'enthousiasme du changement. Aujourd'hui, les étudiants protestent contre la novation. Le dieu du statu quo est l'idole du moment. Pour emprunter à Tomaso di Lampedusa, «rien en France ne doit évoluer de manière que tout soit pareil». C'est la voie royale vers nulle part alors que l'acceptation de la modernité favoriserait tout sauf l'immobilisme.

Les élites françaises, de droite comme de gauche, paient là le prix de leur refus de la modernité. Quand Jacques Chirac s'oppose à la directive sur les services, quand Laurent Fabius rejette la Constitution européenne et quand Valéry Giscard d'Estaing s'oppose à l'élargissement de l'Europe, naturellement les étudiants et les syndicats s'intègrent, à leur manière, au choeur de ces «nonistes». Quand la société et l'économie sont, ainsi, bloquées, c'est au politique d'assumer ses responsabilités. C'est ce qu'a fait, courageusement, Gerhard Schröder en Allemagne quand il a admis ne pas pouvoir réaliser son programme de gouvernement. Il a organisé des élections anticipées pour permettre à l'Allemagne d'aller, quand même, de l'avant. La France attendra-t-elle jusqu'en mai 2007 ?

Pour un Britannique, la France est comme un remake des années 70 au Royaume-Uni. A l'époque, toutes les réformes, fussent-elles modestes, étaient systématiquement rejetées par les syndicats et le Labour. En 1974, quand le Parti travailliste est arrivé au pouvoir, son autorité était nulle en ceci que pour y parvenir, il avait pactisé avec les opposants des réformes. On connaît la suite avec la voie ouverte à Mrs Thatcher par les «nonistes» du moment.

Dans les années 70, le Labour, allié aux syndicalistes communistes et aux étudiants trotskistes, employait le langage qui est celui du PS aujourd'hui. Résultat ? La droite au pouvoir durant deux générations. Alors, de voir côte à côte, dans les manifestations, la hiérarchie socialiste avec Marie-George Buffet et Alain Krivine, c'était comme assister à un défilé de la 3e et de la 4e Internationale. Au XXIe siècle !

Les forces conservatrices, à droite et à gauche, dominent, en France, depuis deux décennies. La gauche a souffert de l'incapacité de Mitterrand et du PS de renouveler les idées et la pratique socialistes après leur défaite, en 1986. Elle n'a pas fait son aggiornamento. Tony Blair, lui, a éradiqué la pensée rétrograde d'un Labour déphasé. Willy Brandt, en Allemagne, et Felipe Gonzalez l'avaient précédé. Les vieilles politiques, les vieilles doctrines et les vieux leaders ont été mis au rancart. Radical et même brutal, mais nécessaire. En France, à gauche, personne ne semble vouloir être radical ni prendre de risques. Une sorte de «molletisme» convenu s'est installé.

Ala fin du communisme, la France a esquivé l'adaptation au monde global. Elle s'est persuadée de la fin de l'Histoire et des vertus de son contrat social sans besoin de l'ajuster aux exigences de la modernité. La France a cessé de penser il y a quinze ans. Ou ses penseurs ont sombré dans le négativisme. Mais je suis confiant, une nouvelle génération de penseurs et de leaders politiques apparaîtra bientôt.

Il faut récuser les chants funèbres des «déclinistes». Ils dénoncent, ils dénigrent, mais ils ne proposent aucune alternative. L'Europe offre une palette de différentes politiques. Si les élites du PS et de l'UMP sont gênées de s'inspirer des bonnes réformes du Royaume-Uni, qu'ils regardent du côté de l'Espagne ! Ou qu'ils s'inspirent du modèle suédois. Dans ce dernier cas, cela suppose une révolution dans la pensée et l'organisation des syndicats. Il n'y a jamais de grèves en Suède. Les syndicats sont unis. Ils ont rejeté les 35 heures dans les années 80. Les activistes communistes et trotskistes sont expulsés et marginalisés. Les syndicats ont accepté la globalisation et pratiquent la concertation avec les employeurs. Le modèle scandinave pourrait fonctionner en France mais à la condition que les syndicats, à l'occasion du centenaire de la Charte d'Amiens, fassent peau neuve. Les ouvriers britanniques de Peugeot en passe de perdre leur emploi, résultat de la mondialisation, n'attendent rien de leurs camarades français. Les syndicats français ont abandonné depuis longtemps les concepts de solidarité européenne et internationale. Les élus de Coventry ne feront pas de grève de la faim, pure posture dans une tranchée illusoire à l'ère de la mobilité et d'une nouvelle économie.

Cette crise française n'est pas une exclusivité. L'Italie concentre de fortes réticences au changement au coeur de la coalition qui doit succéder au gouvernement à Silvio Berlusconi. Tant que la France, l'Italie et l'Allemagne ne seront pas en harmonie avec le rythme anglo-espagnol-scandinave de croissance et de création d'emplois, l'Europe demeurera au point mort.

De surcroît, l'apparition de différentes formes de protectionnisme et d'égoïsme national dans plusieurs pays rend plus difficiles l'unité et l'intégration européennes. Ouverte ou bien fermée, l'Europe. La France et ses partenaires doivent trouver les leaders prêts à dire la vérité même au prix de manifestations et de grèves de la faim : une Europe refermée sur elle-même est une Europe qui consent à sa disparition.

Toute ma vie, j'ai aimé la France. J'ai perdu l'admiration qu'elle m'inspirait. J'en suis navré. J'ai cessé de vanter ses vertus à mes collègues. Une France qui refuse le changement, qui appréhende la modernité comme une menace est une source d'inquiétude pour quiconque croit dans l'Europe. Et dans la France elle-même.
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  #2  
Vieux 22/04/2006, 12h46
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Ce n'est pas du pepsi
 
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Réformes, modernisme et autres superlatifs exotiques dans la bouche de MacShane, signifient liberalisme sauvage, bafouage des droits sociaux et oppression des travailleurs. Ce mec est à la solde du capitalisme sauvage et que des peuples réclament un peu de dignité et une reconnaissance de leurs efforts lui donne des cauchemards, ce n'est pas vraiment etonnant.
La France ne se relévera pas d'avoir perdu un si admirable defenseur du Dowjones.
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  #3  
Vieux 22/04/2006, 13h38
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Denis MacShane a tout à fait raison. On l'avouera dans quelques années quand on sera à 15% de chomage et 0,01% de croissance du PIB.
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  #4  
Vieux 22/04/2006, 13h59
Avatar de doudouzazou1
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Envoyé par Difkoum
Réformes, modernisme et autres superlatifs exotiques dans la bouche de MacShane, signifient liberalisme sauvage, bafouage des droits sociaux et oppression des travailleurs. Ce mec est à la solde du capitalisme sauvage et que des peuples réclament un peu de dignité et une reconnaissance de leurs efforts lui donne des cauchemards, ce n'est pas vraiment etonnant.
La France ne se relévera pas d'avoir perdu un si admirable defenseur du Dowjones.
c'est justement ce que j'allais dire. parler de "modernité" quand il s'agit de remettre la corvée à l'ordre du jour... nous ne sommes plus des serfs n'en déplaise à ces messieurs d'outre-atlantique.
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  #5  
Vieux 22/04/2006, 14h02
Avatar de shivvah
 
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dans ce qui est dit il y'a du vrai mais surtout beaucoup de choses fausses!

le non à l'europe était une connerie, d'ailleurs c'était un vote contestataire plus qu'autre chose, la plupart ne savent mm pas combien de pays compte l'europe!(les franaçis sont champions du vote contestataire)

en revanche pour ce qui est de suivre le modéle anglais ou espagnol, c'est pas plus mal que la france ne suive pas le modéle de ces deux pays, l'angleterre à emprunté la voie du libéralisme au point de sacrifier tous ses aquis sociaux, il n'est pas rare de voir les salariés travailler plus de 50 h par semaine, les indémnités chômage sont peu élévé, et contrairement à la france qui à misé sur la sauvegarde du service public l'angleterre elle, privatise à tour de bras(la privatisation d'accord, mais delà à tout privatiser) les lignes de chemin de fer sont parmi les plus dangereuses en europe, et le nombre d'ccident y'est aussi parmi les plus élévés, le systéme de santé est défaillant,(il faut attendre des mois des fois plus pour pouvoir se soigner) au point que beaucoup d'anglais viennent en france pour se soigner, acquérir un bien immobilier est presque impossible sauf pour une certaine catégorie, là encore les anglais achétent de plus en plus en france, et dérniérement blair à carrément proposer que ce soit les entreprises qui sponsorisent les écoles(pour alléger les subventions de l'état) d'ailleurs cette mesure à provoquée une taulée, donc le modéle anglais est loin d'être un bon modéle, effectivement la croissance y'est est bonne, le taux de chômage est bas(si l'on accepte qu'un informaticien ou un ingénieur se doit d'accepter n'importe quel boulot y compris celui de serveur, ou agent de propreté ) mais personnellement je préfrée encore le modéle français!

pour ce qui est du modéle espagnol, celà ne risque pas de durer indéfinniment, l'espagne à misé sur l'immobilier, en effet en ce moment on construit de partout, mais celà reste une économie extrémement fragile, il est vrai que la flaxibilité des contrats de travail permet une baisse du chômage, mais la plupart des jeunes ont un salaire si bas (du fait de contrats de travail trop souple, beaucoup de mi-temps, temps partiel)qu'il leur est impossible d'avoir un appartement(la colocation ou les parents sont la seule solution d'hébérgement et ce jusqu'à un âge assez avancé)

alors modéle français , oui jusque là c'est le moins pire de tous
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ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse!
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  #6  
Vieux 22/04/2006, 14h05
Avatar de FrenchMuslim  
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Tu oublis les modèles scandinaves et leur système de flexi-sécurité.
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  #7  
Vieux 22/04/2006, 14h09
Avatar de shivvah
 
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Envoyé par FrenchMuslim
Tu oublis les modèles scandinaves et leur système de flexi-sécurité.
oui mais les modéles scandinaves ne sont appliquable qu'aux petits pays sinon il y'a longtemps que la france et les pays du sud en générale les aurait appliquées!

les pays scandinaves sont peu peuplés par rapport à la france ils peuvent donc allier politique sociale(trés sociale mm)et politique libérale, voilà pourquoi!
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ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse!

Dernière modification par shivvah ; 22/04/2006 à 14h14.
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  #8  
Vieux 22/04/2006, 14h14
Avatar de FrenchMuslim  
Date d'inscription: avril 2006
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Oui peut être que ca joue un peu. Mais bon même si je suis pas economiste, la base de leurs système c'est une politique Libérale, avec une sorte de "parachute" pour les chomeurs ==> une formation rapide afin de les réinserer dans le système et éviter l'exclusion.
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  #9  
Vieux 23/04/2006, 00h26
 
Date d'inscription: janvier 2006
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je crois que si tous les pays avaient eu droit à un vrai référendum,ils auraient tous rejeté cette europe synonyme de magouilles de lobbies économiques .
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  #10  
Vieux 23/04/2006, 01h28
Avatar de mamine75
 
Date d'inscription: mai 2004
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france = pays d'assistes
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