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Envoyé par Wallen95 BORDEAUX (AFP) - Un généraliste de 45 ans, installé depuis trois ans à Périgueux où il était devenu un médecin apprécié de sa clientèle et un notable, a provoqué la consternation dans la ville après la découverte par ses pairs qu'il n'avait jamais obtenu son diplôme de fin d'études.
Ce "vrai faux" médecin, qui avait créé un service d'urgence "SOS 24", a été mis en examen pour "exercice illégal de la médecine", a annoncé lundi le parquet général près la cour d'appel de Bordeaux, dont dépend le tribunal de grande instance de Périgueux.
X. B., qui avait présenté un faux diplôme pour s'inscrire à l'Ordre des médecins de la Dordogne, est également poursuivi pour "escroquerie et faux en écriture", a indiqué à l'AFP le procureur général Gilbert Azibert.
Le remboursement de ses honoraires de généraliste, conventionné à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du département, constitue "un préjudice pour les caisses (d'assurance maladie)", a expliqué M. Azibert.
Mis en examen le 8 avril, l'homme a été placé en liberté conditionnelle avec interdiction de résider en Dordogne. Il risque jusqu'à cinq ans de prison pour les faits d'escroquerie.
Cette affaire a provoqué le malaise au sein de l'Ordre des médecins de la Dordogne, qui s'est constitué partie civile.
"C'était un garçon qui avait une connaissance médicale importante, même au-dessus de la moyenne", a indiqué son président, le Dr Jean-Marie Faroudja. Après un séjour de dix ans à l'étranger, il s'était présenté avec un faux "certificat de réception de doctorat en médecine générale de l'université Paris VII".
Le document "ressemblait terriblement à un authentique", a affirmé le Dr Faroudja soulignant qu'il est "impossible", en l'absence de doute, de vérifier le parcours de tous les médecins.
Une fois inscrit, il avait proposé, avec sa femme, généraliste, un service de garde la nuit et le week-end, vers lequel renvoyait très souvent les pompiers ou le Samu.
"J'avais très confiance en lui. Il a toujours donné des bons conseils pour mes enfants", a expliqué sous couvert d'anonymat une de ses patientes. "Comme il y avait souvent un problème de garde à Périgueux (...) c'était très utile", a ajouté cette patiente.
Le faux généraliste, qui se présentait comme expert en toxicologie, allait même dans les lycées de Périgueux pour expliquer les dangers du cannabis.
Mais le "beau parleur", selon le Dr Faroudja, avait fini par se faire remarquer en dénigrant ses pairs et avait écopé en février de deux mois de suspension avec sursis pour ses agissements "anti-confraternels".
C'est en allant s'inscrire en décembre sur la liste des experts près la cour d'appel de Bordeaux que le "faux médecin" a définitivement provoqué sa perte. "La liste extraordinaire de diplômes à l'étranger et de références" étalés dans son CV "a attiré l'attention d'un magistrat", a expliqué le parquet général de Bordeaux, à l'origine de l'enquête.
L'usurpation du diplôme pourrait coûter très cher à X. B.: la CPAM, qui entend se constituer partie civile, évalue déjà à 250.000 euros le montant des honoraires indus versés en trois ans par les différents régimes d'assurance maladie. |