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| Censure . La vague des vidéoclips osés fait rage depuis près d'une année. Si ces clips réalisent un succès fou, nombreux sont ceux qui crient au scandale. Et posent la question des limites à imposer à ces productions. L'Hebdo se penche cette semaine sur cette affaire. Les vidéoclips imposent leurs règles La fièvre des vidéoclips touche tout le monde. Les jeunes gens les suivent avec acharnement, les cafés sont branchés sur les chaînes satellitaires les diffusant 24h/24. Et les commentaires fusent de toutes parts. « As-tu regardé la nouvelle danse de Nancy Agram dans son vidéoclip ? Et la tenue de Hayfaa Wehbi ? Celle qui en fait trop c'est bien Nagla, c'est vraiment de la provocation ! ». Et lorsqu'on parle des clips, ce n'est certainement pas des chansons elles-mêmes, des paroles ou de la musique, mais de bien autre chose : tenues, danse, manières, etc. Comme s'il s'agissait du concours de la plus belle, la plus sexy, voire la plus provocante des chanteuses, ou des mannequins, lorsqu'il s'agit de chanteurs. De quoi soulever la colère des professionnels de la musique. « Ce que nous voyons sur les écrans depuis plus d'un an, c'est tout sauf des œuvres artistiques. Il s'agit de show, de danse, qui visent à séduire et qui nuisent non seulement à l'art égyptien et arabe, mais à tous ceux qui les regardent », estime le compositeur Helmi Bakr. Et d'ajouter : « Nous vivons l’ère de la décadence de la chanson arabe, malgré les efforts déployés par les chanteurs et les chanteuses sérieux, car le vidéoclip est devenu récemment d'une grande importance pour la chanson, parfois même il est mis sur un même pied d’égalité que les paroles et la composition musicale ». L'importance accordée au clip, au détriment de la valeur même de la chanson, paroles et musique, représente selon Helmi Bakr un véritable danger. Le niveau artistique du clip est devenu de plus en plus médiocre, seuls les vêtements osés, la gestuelle suggestive et les connotations sexuelles comptent désormais. Le compositeur va même jusqu'à dire que la majorité des nouveaux chanteurs ne mérite pas d’avoir l’autorisation syndicale pour chanter ! Halte au « porno-clip » ! Sans mâcher ses mots, Bakr parle de porno-clips, et appelle à une intervention de la censure pour mettre un terme à ce déclin artistique et moral. Un avis partagé par le compositeur Mohamad Nouh, qui se déclare ouvertement contre l'idée de permettre aux nouveaux chanteurs et chanteuses de tourner des clips avant de lancer leur deuxième ou troisième album et de faire preuve d’un certain niveau artistique. « Le clip a perdu, de nos jours, sa mission essentielle, celle d'embellir une chanson en l’insérant dans un cadre dramatique qui exprime son contenu », précise Nouh. Et d'expliquer : « On peut voir aujourd'hui une danseuse orientale lancer un album suivi d'un clip dont le but est d'attirer l'attention du public, d'autant plus que le vidéo-clip n'a d'autre but qu'exhiber ses talents de danseuse et de faire de la provocation, notamment parmi les plus jeunes. La censure est donc indispensable, au moins pour contrecarrer ce phénomène ». Un avis que ne partagent sans doute pas les réalisateurs de vidéo-clips. L'un d'eux, Gamil Gamil Al-Moghazi, prend la défense des chanteurs et estime qu'il est tout à fait normal de les laisser s'exprimer. « C'est l'ère de la liberté d'expression », argue-t-il. « Je suis tout à fait contre ce genre de vidéoclips osés, mais je suis également contre l'idée de critiquer les vidéo-clips en général et d’accorder à d’aucuns le droit de nous imposer quelques scénarios à suivre », dit Al-Moghazi. Et de poursuivre : « L'Organisme de la censure n'a aucun rôle ici, car cela relève, avant tout, de l'autocensure exercée par le chanteur et le réalisateur. Mais, je veux bien insister sur le fait que ce que nous voyons actuellement n'exprime ni la décadence de l'art ni celle de la chanson arabes, mais la chute du niveau artistique de celles ou ceux qui présentent ce genre de clips ». Pour Al-Moghazi, ces clips ne sont pas osés de par leurs idées, mais par la vulgarité des interprètes. « On peut avoir des baisers dans un vidéo-clip, comme c’était le cas dans les clips d'Abdel-Halim Hafez dans Ya khalie al-qalb (Toi au cœur vacant), mais qui étaient tout à fait acceptables, car elles servaient l'idée et n'étaient ni sensuels ni provocateurs. Mais le fait qu'une danseuse en tenue légère fait des mimes et des gestes sensuels n’est pas de l’art, même si accepté par un large public ». Outre la liberté de création, un autre prétexte est souvent avancé par les réalisateurs de ce genre de vidéoclip : c'est ce que veut le public et ça marche. Pourtant, le public ne semble pas forcément apprécier. En tout cas, les avis sont partagés. Nader Sobhi, étudiant à la faculté de pharmacie, est très critique. « Je déteste cette manière de chercher le succès de façon détournée loin de toute fin artistique ». Safaa Labib, mère de famille, résume son indignation : « Il suffit de dire que j’empêche mes enfants de regarder ces clips, qui peuvent les marquer de manière dangereuse. Ils imitent la coiffure d'Amr Diab, le look de Nancy Agram ou la danse de Rouby, et ce n'est pas sain ». Rola Khalifa, chercheuse à l'AUC, défend farouchement ses idoles, à savoir Rouby et Nancy Agram. « Les chanteuses arabes ne font rien d’extravagant à comparer avec les clips occidentaux. Comment prétendre alors internationaliser l'art arabe et proclamer une certaine liberté d'expression et de création si nous ne parvenons pas à tolérer ces simples clips qui, à mon avis, ne sont pas si catastrophiques ! Pourtant, la majorité regarde des clips occidentaux beaucoup plus audacieux en cachette ! ». Pour cette dernière, les clips ne représentent que l’idée de leurs créateurs. En quête de responsable Face à toutes ces polémiques quant à l'absence de tout contrôle sur les clips, Madkour Sabet, président de l'Organisme de la censure, riposte : « L'organisme de la censure n'a aucun pouvoir quant à la diffusion de ces clips sur le petit écran. La censure de la télévision nationale ne dépend pas de notre organisme. En outre, elle n’a aucun pouvoir sur les chaînes satellites privées, dont les unes ne présentent que des vidéoclips, afin d’attirer le plus grand nombre de téléspectateurs parmi les jeunes ». Et de continuer : « La censure n'a pas le droit de punir les artistes qui dépassent les limites artistiques et morales, ce rôle incombe plutôt aux syndicats qui ne doivent pas se limiter aux services sociaux accordés aux membres ». Hassan Aboul-Séoud, président du Syndicat des musiciens, est d’ailleurs lui-même compositeur d’une chanson controversée interprétée par la chanteuse et danseuse tunisienne Nagla, dont le clip sensuel a soulevé des discussions au sein du Parlement. Pour Aboul-Séoud, lequel a récemment accordé le membership du syndicat à Rouby contre 50 000 L.E. versées par cette dernière, se considère non responsable quant à la manière indécente de tourner le clip de Nagla. Il souligne par ailleurs l'incapacité du Syndicat des musiciens de punir ses membres sans « motifs officiels » ! « Le Syndicat ne peut ni punir ni interroger l'un de ses membres sauf en recevant une requête officielle ». Une justification bizarre, en effet, privant le Conseil du syndicat de toute efficacité et de tout droit d’évaluation artistique. « Mais il faut souligner que le chanteur ou la chanteuse ne sont pas les seuls à blâmer les réalisateurs, et même les producteurs de ces vidéoclips sont aussi tout aussi responsables. Et parfois même les chanteurs sont des comédiens, ce qui nécessite une collaboration fructueuse avec le Syndicat des cinéastes et celui des comédiens, pour pouvoir freiner ce courant ». Mais, il paraît que cette « collaboration fructueuse » est encore hors de question. Achraf Zaki, secrétaire du Syndicat des comédiens, affirme que son syndicat n'est pas concerné directement et suggère la tenue d'une réunion tripartite, regroupant des membres des trois syndicats concernés, l'Union des Syndicats artistiques, présidée par Al-Sayed Radi, et l'Organisme de la censure afin de mettre un terme à ces abus artistiques. Des entraves bureaucratiques dévoilent en effet ladéchirure et le démantèlement des diverses institutions artistiques. Chacune jette la responsabilité sur l'autre au lieu de remédier au problème. Une plus grande efficacité des syndicats artistiques s’avère indispensable, car un professeur, un journaliste ou un avocat est puni et contrôlé par son syndicat en cas de déviation professionnelle. Cela doit s’appliquer automatiquement sur les artistes, sans demander toutes les fois l'intervention de la censure pour ensuite critiquer son intervention. En attendant, seul le recours à l’autocensure est envisageable. Yasser Moheb |
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| Et qu'est-ce qu'il y a a envier aux clips occidentaux ??? |
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C'est vrai qu'orientaux ou occidentaux ils sont vulgaires et avilissants pour la femme ces clips... ![]()
__________________ "A cynic is a man who knows the price of everything but the value of nothing." |
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PS : **carima**, quand tu postes un sujet, tu peux au moins répondre ... j'aurais aimé connaitre ton avis (vu le titre de ton post). |
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| Les Arabes imitent comme des klebs tout ce que font les Occidentaux; le problème c'est qu'ils prennent que le mauvais côté. Au lieu de s'inspirer de leur avancée technologique on imite leurs moeurs et ces clips ne sont qu'un reflet de notre débauche croissante. |
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| Citation:
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__________________ "A cynic is a man who knows the price of everything but the value of nothing." |
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| Citation:
__________________ "A cynic is a man who knows the price of everything but the value of nothing." |
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