Pour une laïcité musulmane


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  #11  
Vieux 11/05/2006, 15h55
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L’islamophobie


Niée par la majorité de la classe politique[1] qui refuse de contempler l’image grimaçante de la France qu’elle nous renvoie, l’islamphobie, en dépit du livre stimulant que lui a consacré Vincent GEISSER[2] peine à prendre, tant dans le champ intellectuel français que dans le champ médiatique, une place comparable à celle du racisme en général ou de l’antisémitisme en particulier. Ce refus de lui faire une place est en soi problématique, et révélateur de la difficulté à en admettre la réalité. Essayons de la cerner un peu mieux avant de voir ce qu’elle recouvre.

L’islamophobie est d’abord un passage par la parole qui s’en prend au musulman en tant que tel. Non pas à l’islam ou au musulman tel qu’il est, mais tel qu’il est/qu’ils sont reconstruit(s) sur un mode fantasmatique. Cette verbalisation facilite les passages à l’acte.

Ces dernières années, la parole s’est déchaînée : en décembre 2003, l’abbé Philippe Sulmont, 82 ans, a été poursuivi pour ses propos haineux envers l’islam : « toutes les populations infectées par la religion musulmane sont endoctrinées par le Coran, un sacré livre qui est le manuel pratique pour que s’étende le règne du démon aux dépens de la royauté du Christ » ; « il n’y a plus de frein à l’entrée des étrangers chez nous et la civilisation chrétienne est menacée par les étrangers » ; « l’islam modéré n’existe pas » écrira-t-il dans son bulletin paroissial. Il semble en revanche que le christianisme le soit trop : « C’est la lutte du Coran contre la Bible et l’Evangile ! [... Aujourd’hui l’Eglise veut] réduire l’Evangile au seul mot d’amour [...] on essaye de faire passer le Christ pour quelqu’un de bonasse, sans énergie ». Condamné à 800,00 € d’amende, après avoir été condamné par sa hiérarchie, il se compare aujourd’hui à Salman Rushdie...[3]

Les politiques ne sont pas en reste et ont laissé se dérouler la cascade du mépris : dans son discours sur la laïcité du 17 décembre 2003, Jacques Chirac a souhaité que « notre jeunesse ne soit pas exposée aux vents mauvais » reprenant ainsi les propos du maréchal Pétain dans son discours du 12 août 1941, qui avait suivi le second statut sur les juifs et était annonciateur de nombreuses mesures répressives, notamment à l’encontre des francs-maçons. Cette curieuse référence ne fera jamais l’objet d’un mot d’excuse ou d’une rétractation. J. Chirac commettra d’autres dérapages verbaux lors de sa visite au Chambon sur Lignon, où il opposera implicitement les juifs « présents depuis des temps immémoriaux » à des musulmans qui ne seraient là que de fraîche date, ou bien encore lors de sa prestation télévisée du 14 juillet 2004 lorsqu’il parlera de « nos compatriotes juifs ou musulmans ou tout simplement français ».

Son Premier ministre ne sera pas en reste : à l’issue d’un comité interministériel consacré à l’antisémitisme, il désignera implicitement les coupables, annonçant que son gouvernement « va continuer cette politique d’expulsion qui doit être le nôtre vis-à-vis de tous ceux qui entretiennent des liens actifs ou passifs avec les forces terroristes ». Bien sûr, ajoute-t-il prudent, « aucune communauté religieuse [ne] doit se sentir désignée »[4], même si, en pratique, seuls les musulmans le sont.
  #12  
Vieux 11/05/2006, 15h57
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Cette libération de la parole - dont on pourrait relever maints exemples au plan local, les élus locaux ayant souvent encore moins de retenue que les élus nationaux - a une conséquence, en dépit des principes républicains dans lesquels elle se drape souvent[5] : « Les actes racistes et antisémites explosent »[6]. Les six premiers mois de 2004 ont connu autant de faits discriminatoires que toute l’année 2003. Si Mouloud Aounit a raison de dire qu’il faut s’attaquer aux discriminations sociales « qui favorisent la logiques des boucs émissaires » [7] ce n’est peut-être pas suffisant : comment ne pas imaginer que la tenue de propos discriminatoires par des personnes détentrices de l’autorité publique, l’indifférence des tribunaux à l’égard des pratiques qui en découlent logiquement comme en matière de droits à construire, de droit au logement, de détournement des règles de l’urbanisme, par exemple, n’entraîne un sentiment d’impunité chez des individus qui, autrement, ne seraient jamais passés à l’acte ?

Aux propos hostiles ou méprisants s’ajoute le silence quand des paroles de réconfort seraient attendues : « Les élus locaux n’étaient pas là, ni maire, ni conseillers municipaux, ni député. En période électorale, sons doute n’ont-ils pas voulu s’afficher aux côtés des musulmans ? »[8] déplorait Kamel Kabtane après l’incendie de deux mosquées en Haute Savoie au début du mois de mars 2004, déploration terrifiante dans ce qu’elle montre de sentiment d’abandon chez une partie de nos concitoyens.

L’affaire dite « du R.E.R. D » va être un sommet dans la construction idéologique de ce que j’appellerai « l’agresseur expiatoire », image fantasmatique du musulman de banlieue violent et antisémite, soudant contre lui l’ensemble de la communauté nationale à la fois effrayée et ravie - ravie de pouvoir mettre un visage à ses angoisses et à ses haines.

Si grande que soit la place occupée par politiques et journalistes dans le développement de l’islamophobie, ils ne sont pas les seuls à déverser le mépris, qui peut prendre les voies les plus autorisées du monde académique. Dans son ouvrage intitulé Religion et Société en Europe[9], René REMOND oscille entre indifférence polie et attention contrainte et aborde le sujet par une double négation : « L’islam n’est pas un inconnu pour les nations européennes... »[10], pour aborder la question de la demande des musulmans de « ...bénéficier des droits et des libertés que les Etats reconnaissent aux confessions chrétiennes. »[11] Si rien ne s’y oppose en principe, « La reconnaissance de ce droit rencontre cependant deux sortes de difficultés »[12] : il pointe l’absence de hiérarchie, qui entraîne « l’épuisement »[13] des gouvernements à rechercher des interlocuteurs « qualifiés » et, plus fondamentalement, le fait que « l’islam se présente comme un ensemble unifié »[14], incapable, selon lui, de distinguer entre communauté religieuse et société civile et politique, et de citer les « écarts » entre les traditions européennes et l’islam, comme la polygamie à laquelle il consacre un paragraphe.
  #13  
Vieux 11/05/2006, 16h03
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Envoyé par Difkoum
pour une laicité musulmane
rien que le titre déjà...explique moi avec tes propres mots s'il te plaît

;-)
  #14  
Vieux 11/05/2006, 16h04
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dis moi d'abord :pourquoi ton texte ne s'attaque qu'aux femmes ??
l'islam n'est il fait que pr cacher la femme ??
l'islam n'est il fait que pr la brimer ??la priver de sa liberté de sortir?? de faire ce qu'elle veut ??
.......................
  #15  
Vieux 11/05/2006, 16h13
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Envoyé par nad77
rien que le titre déjà...explique moi avec tes propres mots s'il te plaît

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Je ne peux que t'expliquer ce que j'ai compris de ce texte puisqu'il n'est pas de moi. Je l'ai posté parceque j'y ai découvert une manière originale d'aborder la question de la laïcité tout en restant conforme à la religion et à son histoire.
__________________
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  #16  
Vieux 11/05/2006, 16h21
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Envoyé par Difkoum
Je ne peux que t'expliquer ce que j'ai compris de ce texte puisqu'il n'est pas de moi. Je l'ai posté parceque j'y ai découvert une manière originale d'aborder la question de la laïcité tout en restant conforme à la religion et à son histoire.
mais enfin ca ne veut rien dire "laicité musulmane"...je ne comprend pas l'interet du post
  #17  
Vieux 11/05/2006, 16h26
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Envoyé par nad77
mais enfin ca ne veut rien dire "laicité musulmane"...je ne comprend pas l'interet du post
Est-ce que tu comprend le mot laïcité ?
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  #18  
Vieux 11/05/2006, 16h30
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Envoyé par Difkoum
Est-ce que tu comprend le mot laïcité ?
le fait qu'il n'y est pas d'aspect religieux dans la société

Dernière modification par nad77 ; 11/05/2006 à 16h32.
  #19  
Vieux 11/05/2006, 16h40
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Envoyé par nad77
le fait qu'il n'y est pas d'aspect religieux dans la société
Absolument pas. Le principe de base est de séparer la religion de l'état de droit. La religion doit être un choix personnel que chacun est libre de prendre ou de rejeter. Elle ne doit pas être imposée et ne doit pas dicter ses lois à une nation entière.

- La laïcité n'est pas une opinion, c'est la liberté d'en avoir une.
- La laïcité n'est ni dogmatique ni intégriste, elle est le cadre dans lequel un individu est libre de pratiquer ou non une religion ; de critiquer ou non un dogme ; de croire ou non en une vérité révélée.
__________________
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  #20  
Vieux 11/05/2006, 16h51
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Envoyé par Difkoum
Absolument pas. Le principe de base est de séparer la religion de l'état de droit. La religion doit être un choix personnel que chacun est libre de prendre ou de rejeter. Elle ne doit pas être imposée et ne doit pas dicter ses lois à une nation entière.

- La laïcité n'est pas une opinion, c'est la liberté d'en avoir une.
- La laïcité n'est ni dogmatique ni intégriste, elle est le cadre dans lequel un individu est libre de pratiquer ou non une religion ; de critiquer ou non un dogme ; de croire ou non en une vérité révélée.
je comprend bien ce que tu veux dire.
pour moi aussi, l'islam n'est pas categoriquement contre la laicite, il y'a des formes de laicite, de libre choix et de decision personelle dans plusieurs cas.
et je ne trouve mieux que le verset "lakoum dinoukoum wa liya din".

ceci dit, bien que je suis d'accord avec l'auteur de cet article sur le fond de la chose, je trouve que les exemples qu'il a pris sont tres contestables. en effet, les ambitions religeuses des kalifs ne peuvent en aucun cas etre pris comme "preuve" que l'on a pratique une certaine forme de laicite dans le temps. il y'a surement d'autres moyens de voir ca, autre que de dire un tel kalif a ecarte ses adversaires...

pour moi, il n'est pas non plus question de vouloir a tout prix introduire ce concept dans l'islam, mais de voir a quel point notre religion peut representer toutes les pensees sans en imposer aucune. le libre choix etant une notion de base en islam, a quel point un choix individuel peut etre accepte par le groupe sans que cela ne depasse la liberte de chacun.
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