Le Prophete de Gibran Khalil Gibran


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  #1  
Vieux 01/08/2003, 20h22
 
Date d'inscription: novembre 2002
Messages: 422
Par défaut Le Prophete de Gibran Khalil Gibran

Le livre qui va suivre est l'intégral des textes du Prophète.

Je n'ai pas saisi tous ces textes, je les ai recherchés sur le Web, et j'ai voulu les présenter ici plutôt qu'un lien comme je l'avais fait précédement, les liens ayant parfois une durée de vie très courte.

Ce livre a été écrit à 15 ans par un poète libanais, remanié ensuite durant près de 25 ans, pour enfin le publier en 1923.

Il s'agit d'un recueil, parlant des thèmes les plus importants de la vie, et qui bien qu'il soit d'inspiration religieuse, n'est lié à aucune religion précise. Et comme il parle de la vie, il est aussi païen dans le sens que je donne à ce terme.

Nul n'a besoin de croire en quelque chose de précis, si ce n'est en lui pour lire ce livre.

Il se trouve facilement en librairie, mais j'ai tenu à l'offrir ici.

C'est de l'équilibre complet de livre, de ces textes que peuvent venir la compréhension de votre situation actuelle, tout comme l'espoir et la force d'affronter votre chemin.

Vous pouvez le dévorer, le déguster, le texte ne changera pas, c'est votre compréhension du texte qui évoluera au fil de votre transformation, de votre renaissance après ce choc.
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  #2  
Vieux 01/08/2003, 20h26
 
Date d'inscription: novembre 2002
Messages: 422
Par défaut Re: Le Prophete de Gibran Khalil Gibran

Prologue


Almustafa, l'élu et aimé entre tous, qui était l'aube de son propre jour, attendit douze années durant dans la cité d'Orphalese le retour de son vaisseau, qui devait le ramener dans l'île où il avait vu le jour.

Et la douzième année, au septième jour d'Ielool, le mois des moissons, il gravit la colline située hors des murs de la ville et regarda au large ; et il aperçut son vaisseau venant avec la brume.

Alors les portes de son cœur s'arrachèrent et sa joie vola loin sur la mer. Et il ferma les yeux et pria dans les silences de son âme.

Mais, alors qu'il redescendait de la colline, la tristesse s'étendit sur lui et il pensa en son cœur :

Comment partirais-je en paix et sans chagrin ? Non, je ne quitterai pas cette ville sans une profonde blessure en mon esprit.

Longs ont été les jours de souffrance que j'ai vécus entre ces murs, longues ont été les nuits de solitude ; et qui peut s'écarter de sa souffrance et de sa solitude sans regret ?

Trop de parcelles de l'esprit ai-je dispersé dans ces rues, et trop nombreux sont les enfants de mes aspirations qui marchent, nus, à travers ces collines, et je ne pourrai m'en détacher sans qu'ils deviennent un fardeau et une douleur.

Ce n'est pas un vêtement que j'ôte en ce jour, mais une peau que je déchire de mes propres mains.

Et ce n'est pas une pensée que je laisse derrière moi, mais un cœur devenu tendre à force de faim et de soif.

Mais je ne puis m'attarder d'avantage.

La mer, qui appelle toutes choses à elle, m'appelle et je dois m'embarquer.

Car rester, alors que les heures se consument dans la nuit, serait comme se glacer, se cristalliser et se figer dans un moule.

Volontiers emporterais-je avec moi tout ce qui est ici. Mais comment le pourrais-je ?

Une voix ne peut porter la langue et les lèvres qui lui ont donné son envol. Seule elle doit atteindre l'éther.

Et seul et loin de son nid, l'aigle devra voler au travers du soleil.

Ayant atteint le pied de la colline, il se retourna de nouveau vers la mer, et il vit son vaisseau approcher du port et sur sa proue des marins, des hommes de sa propre terre.

Et son âme cria à leur encontre, et il dit :

Fils de ma mère ancestrale, vous qui chevauchez les vagues,

Combien de fois avez-vous navigué dans mes rêves. Et maintenant vous venez en mon éveil, qui est le plus profond de mes rêves.

Je suis prêt au départ et les voiles déployées de mon impatience se languissent du vent.

Je n'inspirerai qu'une dernière bouffée de cet air paisible, je ne jetterai en arrière qu'un dernier regard plein d'amour,

Et alors je me tiendrai parmi vous, marin parmi d'autres marins.

Et toi, mer immense, mère endormie,

Qui seule est le repos et la délivrance du fleuve et du ruisseau,

Un dernier méandre le fleuve tracera, juste un dernier murmure dans la clairière,

Et puis je viendrais à toi, goutte infinie dans un océan infini.

Et alors qu'il marchait, il vit au loin hommes et femmes quitter leurs champs et leurs vignes et se hâter vers les portes de la cité.

Et il entendit leur voix prononcer son nom, et s'interpeller de champ en champ pour annoncer l'arrivée de son vaisseau.

Et il se dit :

Le jour de la séparation doit-il être le jour de la récolte ?

Et sera-t-il dit que mon crépuscule soit en vérité mon aurore ?

Et que donnerais-je à celui qui a laissé sa charrue au milieu du sillon, ou à celui qui a rendu immobile la roue de son pressoir ?

Mon cœur doit-il devenir un arbre lourd de fruits, que je puisse recueillir et distribuer ?

Et mes vœux doivent-ils jaillir comme une source, afin que je puisse remplir leurs coupes ?

Suis-je une harpe, que la main du puissant puisse me toucher, ou une flûte, que son souffle puisse me traverser ?

Je suis un explorateur des silences, et quel trésor ai-je découvert dans les silences que je puisse dispenser avec confiance ?

Si ce jour est celui de ma récolte, dans quels champs ai-je semé le grain, et en quelles saisons oubliées ?

Si cette heure est vraiment celle de tenir bien haut ma lanterne, ce n'est pas ma flamme qui devra y brûler.

Vide et obscure je la soulèverai,

Et le gardien de la nuit y versera de l'huile, et l'allumera aussi.

Ces choses, il les dit en paroles. Mais l'essence de son cœur restait au fond de lui. Car lui-même ne pouvait exprimer son secret le plus profond.

Et quand il entra dans la ville, tout le peuple vint vers lui, et ils criaient vers lui des mots comme issus d'une seule bouche.

Et les anciens de la cité s'avancèrent et dirent :

Ne nous quittez pas déjà.

Vous avez été le plein jour de notre crépuscule, et votre jeunesse nous a donné des rêves à rêver.

Vous n'êtes pas un étranger parmi nous, ni un invité, mais notre fils et notre cher bien-aimé.

Ne laissez pas nos yeux avoir faim de votre visage.

Et les prêtres et les prêtresses lui dirent :

Ne laissez pas les vagues de l'océan nous séparer désormais, et les années que vous avez passées au milieu de nous devenir un souvenir.

Vous avez marché parmi nous comme un esprit, et votre ombre a éclairé nos visages.

Nous vous avons beaucoup aimé. Mais notre amour fut muet, et couvert de voiles.

Maintenant il parle à haut et fort et veut se révéler à vous.

Ainsi en a-t-il toujours été de l'amour, il ne découvre sa véritable profondeur qu'à l'heure de la séparation.

Et les autres vinrent aussi et l'implorèrent. Mais il ne leur répondit pas. Il inclina simplement la tête et ceux qui étaient près de lui purent voir les larmes tomber sur sa poitrine.

Et lui et le peuple avancèrent jusqu'à la place carrée près du temple.

Alors, une femme nommée Almitra sortit du sanctuaire. Elle était connue comme voyante.

Et il la regarda avec une extrême tendresse, car ce fut elle qui la première le rechercha et le suivi dès son premier jour dans la cité.

Et elle le salua, disant :

Prophète de Dieu, en quête de l'absolu, longtemps as-tu scruté l'horizon dans l'attente de ton vaisseau.

Et maintenant, ton vaisseau est revenu, et ton devoir est de partir.

Profonde est ton aspiration à la terre de tes souvenirs et à la demeure de tes plus grands désirs ; et notre amour ne t'enchaînera pas, et nos besoins ne te retiendront pas.

Pourtant nous te demandons, avant ton départ, que tu nous parles et que tu nous apportes un peu de ta vérité.

Et nous la donnerons à nos enfants, et leurs enfants à leurs enfants, et jamais elle ne périra.

Dans ta solitude, tu as veillé sur nos jours, et dans ta veille tu as écouté les pleurs et les rires de notre sommeil.

Maintenant, révèle-nous à nous même, et dis-nous tout ce qui t'as été révélé de ce qui est entre la naissance et la mort.

Et il répondit :

Peuple d'Orphalese, de quoi puis-je parler si ce n'est de ce qui émeut en cet instant nos âmes ?
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  #3  
Vieux 02/08/2003, 01h18
 
Date d'inscription: novembre 2002
Messages: 422
Par défaut Re: Le Prophete de Gibran Khalil Gibran

L'Amour

Alors Almitra dit, Parle-nous de l'Amour.

Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s'étendit sur eux.

Et d'une voix forte il dit : Quand l'amour vous fait signe, suivez le. Bien que ses voies soient dures et rudes.

Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui. Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.

Et quand il vous parle, croyez en lui. Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.

Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier.

De même qu'il vous fait croître, il vous élague.

De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil, Ainsi il descendra jusqu'à vos racines et secouera leur emprise à la terre.

Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.

Il vous bat pour vous mettre à nu.

Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.

Il vous broie jusqu'à la blancheur.

Il vous pétrit jusqu'à vous rendre souple.

Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.

Toutes ces choses, l'amour l'accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie.

Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour. Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l'amour vous moissonne, Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.

L'amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.

L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.

Car l'amour suffit à l'amour.

Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, "Dieu est dans mon cœur", mais plutôt, "Je suis dans le cœur de Dieu".

Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour car l'amour, s'il vous en trouve digne, dirige votre cours.

L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir.

Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu'ils soient ainsi : Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.

Connaître la douleur de trop de tendresse.

Etre blessé par votre propre compréhension de l'amour ;

Et en saigner volontiers et dans la joie.

Se réveiller à l'aube avec un cœur prêt à s'envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d'amour ;

Se reposer au milieu du jour et méditer sur l'extase de l'amour ;

Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude ;

Et alors s'endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.
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  #4  
Vieux 02/08/2003, 01h21
 
Date d'inscription: décembre 2002
Messages: 6 260
Par défaut tres bien

bonne initiative alaedine. merci de participer a la conservation de patrimoine de l'humanite :-)
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  #5  
Vieux 02/08/2003, 21h02
 
Date d'inscription: novembre 2002
Messages: 422
Par défaut Re: Le Prophete de Gibran Khalil Gibran

Le Mariage

Alors Almitra parla à nouveau et dit, Et qu'en est-il du Mariage, maître ?

Et il répondit en disant : Vous êtes nés ensemble, et ensemble vous serez pour toujours.

Vous serez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours.

Oui, vous serez ensemble même dans la silencieuse mémoire de Dieu.

Mais laissez l'espace entrer au sein de votre union. Et que les vents du ciel dansent entre vous.

Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une chaîne.

Laissez le plutôt être une mer dansant entre les rivages de vos âmes.

Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe.

Donnez à l'autre de votre pain, mais ne mangez pas de la même miche.

Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux, mais laissez chacun de vous être seul. De même que les cordes du luth sont seules pendant qu'elles vibrent de la même harmonie.

Donnez vos cœurs, mais pas à la garde l'un de l'autre. Car seule la main de la Vie peut contenir vos cœurs.

Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus : Car les piliers du temple se tiennent à distance, Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l'ombre l'un de l'autre.
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  #6  
Vieux 03/08/2003, 21h32
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Bonsoir alaeddine,je salue ton initiative mais le livre de Khalil Gibran est disponible en téléchargement sur le net au format pdf. Je les téléchargé sur un site et je le met à la disposition pour toutes personnes qui seraient intéressées.





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  #7  
Vieux 26/09/2004, 17h59
 
Date d'inscription: septembre 2004
Messages: 1
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je serai enchanté si tu avais le gentillesse de me communiquer un lien ou si tu peux me l'envoyer directement sur salambox-khalil@altern.org

merci infiniment !
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