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  #1  
Vieux 23/05/2006, 01h24
 
Date d'inscription: mai 2006
Âge: 20
Messages: 9
Par défaut Le principe de gratuité de l’enseignement public

Le principe de gratuité de l’enseignement public est inscrit dans la constitution française.

Cependant, pour les parents d’élèves résidant à l’étranger, de façon permanente ou temporaire, on est très loin du compte, tant il est vrai que, 118 ans après, Jules Ferry et ses lois sont toujours inconnus dans nos établissements à l’étranger relevant de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE)… et que le service public d’éducation relève, quant à lui, du mirage… Dès lors, un nombre toujours croissant de familles n’est plus en mesure d’acquitter les frais de scolarité et doivent donc renoncer à inscrire leurs enfants à l’école française.

Pour prendre l’exemple que nous connaissons le mieux, l’école française de Taipei, au titre de l’année scolaire 2000-2001, n’a que 81 élèves, alors qu’elle pourrait doubler son effectif si tous les enfants français en âge de scolarisation y étaient inscrits. Avec des coûts de scolarisation allant de 75 000 FF à 96 000 FF par an (taux de change utilisé FRF 1 = NT$ 4,15), même avec des bourses, le choix de l’école française est quasi impossible pour les Français locaux vivant sur des salaires locaux. Les entreprises françaises elles-mêmes réfléchissent à deux fois avant d’envoyer à Taiwan des expatriés avec un ou plusieurs enfants, ce qui augmente d’autant les frais d’expatriation.

Ce problème n’est pas unique à Taiwan, ainsi que le constate Monique Cerisier ben Guiga, sénatrice des Français établis hors de France, dans son rapport sur « l’exclusion sociale dans les communautés françaises à l’étranger », « … un tiers des enfants immatriculés fréquente une école française. L’évolution sociologique augmente chaque année le nombre d’élèves défavorisés pour lequel le système élitiste de l’AEFE n’est plus adapté… La lutte contre l’exclusion scolaire doit être prioritaire. Elle passe par un meilleur financement public du réseau de l’AEFE, notamment par une prise en charge plus importante des salaires des enseignants qui représentent 80 à 90 % du budget des écoles… »

« La place d’un pays sur la scène internationale est étroitement dépendante de sa capacité à exploiter et à valoriser les atouts économiques, sociaux, culturels et humains dont il dispose », souligne par ailleurs, un récent rapport du Conseil économique et social sur l’expatriation. Dans cette perspective, indique le même rapport, il convient de rechercher des solutions qui placent la présence française, particulièrement faible par rapport aux autres grandes nations industrialisées, à un rang nettement supérieur. La présence de la famille semble être un facteur positif d’intégration et de stabilité des salariés expatriés. Encore faut-il que celle-ci trouve, dans le pays d’accueil, des conditions favorables pour la scolarisation de ses enfants.

L’école de la République, c’est-à-dire, l’école de tous, doit permettre à chaque enfant français résidant à l’étranger et a chaque francophone, et souhaitant fréquenter notre système d’enseignement, de bénéficier du droit à la gratuité.
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  #2  
Vieux 23/05/2006, 01h30
 
Date d'inscription: mai 2006
Âge: 20
Messages: 9
Par défaut temoiniage d'un professeur qui a enseigné a lyauté

Bonjour à tous,

J’ai travaillé un an au lycée français de Casablanca (Maroc) en tant qu’enseigant avec un statut de coopérant militaire (solde de militaire plus prime d’expatriation, un peu juste pour vivre au Maroc). Je ne connais pas la situation du lycée de Hong-Kong, mais j’avoue très clairement que je ne soutiendrai pas en l’état une défense des lycées français étrangers pour plusieurs raisons :

1) Il y avait des différences des 1 à 10 entre les salaires (du personnel de service marocain en passant par les contrats locaux et les coopérants militaires jusqu’aux expatriés) ! Je n’ai jamais vu les expatriés ou les résidents s’étonner de quoi que soit. Certains travaillaient même dans des lycées privés (accueillant les élèves de la bourgeoisie refusés aux lycées français ou américain) pour arrondir leurs fins de mois.

2) les résidents touchent une petite prime par rapport aux salaires métropolitains. En effet, à Honk-Kong, un salaire français doit être un peu juste (loyer très élèvé par exemple). Mais dans la plupart des autres pays le salaire plus la petite prime suffissent en Europe et font de vous un petit nabab dans les pays du tiers monde (cuisinère, jardinier et gardien de nuit pour la voiture).

3) Les frais de scolarité vont augmenter, certes. Il ne faut pas oublier que ces lycées sont ouverts soit pour accueillir la bourgeoisie locale bien pourvu financièrement soit les enfants des expatriés des grandes entreprises françaises aux salaires très élevés. Seuls les enseignants qui ont des enfants scolarisés dans ces établissements pourront éventuellement sentir la hausse. Il faut savoir également cependant que les frais de scolarité pour les enfants français et les enfants des profs sont plus bas.

4) Le fond du problème enfin. Ces lycées sont faits pour accueillir les enfants des dirigeants politiques ou économiques actuels qui seront à leur tour les partenaires économiques et politiques de nos dirigeants français. La politique de "coopération" par les lycées français n’est pas sans arrière-pensées. L’etat recherche un retour sur investissement à long terme. Il ne cherche pas du tout à aider les autres pays. J’avais dans mes classes le fils de messieurs coca-cola maroc un collègue avait la progéniture de monsieur nestlé maroc. J’avais les enfants de médecins, notaires, promoteurs immobiliers...Bref, je ne me sentais pas utile, j’ai donc quitté "prématurément" mon poste... Voilà pourquoi, je ne soutiendrai pas les lycées français tant qu’une réflexion de fond sur leur fonctionnement (inégalité de contrat mais aussi inégalité dans leur accés pour les élèves) et sur leur utilité dans les pays d’accueil ne motivera pas la lutte dans laquelle ils semblent s’engager.

Yoann

CNT- éducation (Lille).
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