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| LE MONDE | 24.05.06 | 13h32 • Mis à jour le 24.05.06 | 13h32 Venus à bord de véhicules tout-terrain, des dizaines d'hommes armés ont attaqué et pris le contrôle, lundi soir 22 mai, de deux camps militaires à Kidal, une agglomération située dans une zone reculée du nord-est du Mali, à quelques centaines de kilomètres de la frontière avec l'Algérie et le Niger. Selon plusieurs témoignages recueillis par téléphone, les combattants ne se sont pas heurtés à une forte résistance (il y aurait eu deux morts lors de l'attaque), et c'est sans difficulté que certains d'entre eux se sont retirés, mardi en fin de journée, vers le nord en emportant de l'armement lourd. Pour autant, mercredi matin, la ville était toujours sous le contrôle de quelques dizaines de rebelles restés sur place. Une troisième attaque, infructueuse celle-là, a eu lieu mardi, plus au sud, contre le camp militaire de Menaka. Selon de rares témoignages, le commandant de la caserne de Menaka, après avoir pillé les armes entreposées dans son camp, aurait tenté de s'emparer d'un cantonnement de la garde nationale voisine avant de s'enfuir avec ses hommes en direction du nord, peut-être pour opérer une jonction avec les rebelles de Kidal. Le chef de l'Etat, le président Amadou Toumani Touré, a réagi avec retenue aux événements. En déplacement en province, il s'est engagé, mardi, à "gérer la situation avec responsabilité". "Face aux épreuves, (...) je demande à chaque Malien de garder le calme (...) et de faire preuve de mesure", a-t-il ajouté. PRÉSENCE MILITAIRE AMÉRICAINE Même si les attaques n'ont pas encore été revendiquées, les autorités maliennes les attribuent à des Touaregs. Toute cette zone désertique du Mali, très éloignée de la capitale, avait été le théâtre d'une rébellion armée au début des années 1990, qui s'était soldée par des centaines de morts. La fin du conflit, en 1996, avait débouché sur l'intégration dans l'armée malienne d'éléments rebelles. Depuis, certains d'entre eux, déçus par le refus des autorités d'accorder une autonomie à la région, ont déserté, comme le lieutenant-colonel Hassan Fagago, dont l'universitaire Pierre Boilley, spécialiste de la région, est convaincu qu'il est le cerveau des événements de ces derniers jours. Des sources militaires françaises n'excluent pas, de leur côté, l'existence de relations entre les rebelles touaregs luttant pour leur autonomie et les islamistes algériens du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), une émanation du GIA, présents dans cette vaste région du Sahara qui va de la Mauritanie au Tchad, où fleurissent la contrebande et le trafic de clandestins. Les Américains redoutent, quant à eux, que la région, aux frontières mal contrôlées, devienne un repère pour les islamistes de la mouvance d'Al-Qaida. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Washington a dépêché, dans divers pays de la région, des conseillers militaires chargés de former les armées locales à la lutte antiterroriste. Selon plusieurs sources, des militaires américains feraient partie des troupes solidement armées envoyées depuis Gao, à quelque 300 kilomètres plus au sud, par les autorités maliennes, pour reprendre le contrôle de la ville de Kidal. Jean-Pierre Tuquoi |
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| Le polisario refait des siennes |
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