L'appel aux fidèles pour une mosquée modèle à Bobigny La mairie communiste a apporté sa pierre à l'édifice en prêtant le terrain par le biais d'un bail emphytéotique (1), pas un sou n'est venu de l'étranger, et les fidèles sont invités à verser leur obole par le biais d'un «mosquée-thon». Bref, la mosquée de Bobigny (Seine-Saint-Denis), dont la première pierre a été posée vendredi, est un modèle de coopération entre Etat et Eglises dans le respect de la loi de 1905. A l'origine du projet, l'Association culturelle des musulmans de Bobigny, membre de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93).
Le projet comprend deux bâtiments. Une mosquée, gérée par une association cultuelle de loi de 1905, statut qui interdit toute subvention publique. Cette partie sera entièrement financée par des dons. D'où le mosquée-thon : «Nous avons lancé un appel aux fidèles pour qu'ils achètent un mètre carré 1 000 euros, explique M'hammed Henniche, président de l'UAM 93. Si 1 000 fidèles en achètent un, on est bons.» L'autre bâtiment est un centre culturel composé d'un salon de thé, d'une librairie et de salles de conférences, géré par une association de loi de 1901. «On demande à la mairie d'accompagner cette partie-là», précise M'hammed Henniche. Le centre culturel étant censé attirer des clients venus de tout le département, le conseil général a également été sollicité.
Coût total du projet : «entre 2,5 et 2,8 millions d'euros», calcule M'hammed Henniche. Selon lui, pas un sou n'est venu de l'étranger : «Ça n'était pas une volonté de notre part, mais il faut connaître des gens, se déplacer...» La Fondation pour les oeuvres de l'islam n'ayant toujours pas vu le jour, n'a pu cofinancer ce projet. Lors de son passage au ministère de l'Intérieur, Dominique de Villepin avait souhaité la création d'une telle instance censée collecter l'argent venu de l'étranger et le redistribuer pour la construction notamment de mosquée. Son successeur, Nicolas Sarkozy, n'a pas réussi à la faire aboutir.
Les responsables du projet de Bobigny n'en auraient de toute façon pas voulu. Ils se veulent indépendants des grandes fédérations musulmanes et aussi d'un Etat trop enclin, selon eux, à se mêler des affaires des musulmans.
(1) De quatre-vingt-sept ans.
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"Ce n'est pas en battant ton âne que tu en feras un cheval."
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