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#1
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| Extrait de l'intervieuw de Mohand Ameziane... (Lah Hammouh) Une fois à Tétouan, j’ai fait mes adieux à mon ami l’algérien. J’ai pris du temps pour réfléchir. Mais, ma famille était nerveuse et il fallait quitter la ville. Ce que nous avons fait, deux autres membres de ma famille et moi. Une fois dehors, Moh Amezyane s’est présenté en me demandant de me rendre à la police. Il travaillait avec les Istiqlaliens. J’ai accepté. Mais, lorsque nous sommes arrivés devant une église, deux autres hommes inconnus m’ont demandé de les suivre au poste de police. Ils m’ont enfermé dans une cellule. Mezyane a aussitôt alarmé le Général Amezyane. Il lui a demandé de surveiller le poste de police pour empêcher toute tentative istiqlalienne de m’enlever. Le lendemain, ma famille vint me rendre visite. Mais la police les a renvoyés en disant que j’avais quitté ma cellule pour un lieu inconnu. En vérité, j’y ai passé trois jours debout. Il y avait un gardien marocain et un autre espagnol. Le marocain m’a donné un verre que j’ai cru être du thé. En vérité, il était plein d’urine. Le gardien espagnol m’a averti. J’ai décidé de ne plus rien manger ni boire. J’attendais. On décida de m’emmener à Alhoceima. L’un des gardiens m’a raconté tout ce qui s’est passé à l’extérieur depuis mon arrestation. J’ai passé deux mois dans une prison. Durant toute cette période, j’ai vu les prisonniers y entrer et en sortir. On les torturait à l’Institut religieux dans lequel nous avions étudié. Le Gouverneur Mansouri en compagnie de la police venait me voir. J’étais en train de rédiger mes mémoires. Ils les ont arrachées de ma main et les ont déchirées. Ils m’ont isolé dans une autre cellule. Plus tard, on m’a mis dans une troisième cellule où se trouvait Cherif Tarjist. Le malheureux fut enlevé à Tétouan parce qu’on a trouvé une lettre chez lui, écrite par Abdelkrim. Il fut enfermé dans la prison Laâlou. J’ai donc passé six mois dans la prison d’Alhoceima. Un jour, on m’a emmené à la maison d’Abdelkrim. Cette maison a été transformée en centre tortionnaire. J’ai pensé qu’on allait me torturer. En fait, on est allé récupérer un chef local que l’on appelait Si Bouterbouche. De là, on nous a transféré à la prison de Bab Laâlou à Rabat. C’est là que j’ai revu Adi Oubihi. La cellule était faite pour un seul prisonnier. Mais les Istiqlaliens y enfermaient six personnes à la fois. J’ai partagé ce lieu avec d’autres personnes parmi lesquelles Cherif Tarjist, le frère d’Aherdane et d’autres dont je ne me rappelle plus du nom. Nous étions enfermés sans forme de procès. Le directeur de la prison vint un jour nous voir. Il nous assura que toute personne emprisonnée chez lui ne sortira qu’après une période de six ans et une journée. J’ai donc appris qu’Adi Oubihi se trouvait dans une cellule voisine. Il y était enfermé avec son fils Driss. La direction de la prison nous traitait mal. Le cuisinier était un véritable sadique. Un jour, nous avons décidé de lui apprendre une leçon de politesse. Il passait chaque jour devant ma porte par le couloir pour distribuer la nourriture. J’ai réussi à le maîtriser. Les autres prisonniers vinrent tous le battre. Terriblement battu, la direction de la prison nous convoqua. On nous a humiliés. On m’a rendu coupable de l’agression. J’ai donc passé une année dans cette prison. Monsieur Maaninou, dont j’ai parlé ailleurs, a payé un avocat français pour me défendre le jour où on m’a traduit au tribunal. L’avocat me rassura*: je n’avais rien commis de grave et l’accusation était faible. Le juge me libéra alors. À l’extérieur, des amis m’attendaient. Maaninou et ses hommes m’ont accueilli avec égard dans leur domicile à Salé. J’ai passé une semaine chez eux en attendant l’autorisation de quitter la ville. Mais Driss Dedi, l’inspecteur de police s’occupant de mon dossier, m’a annoncé qu’il m’avait interdit de quitter Salé. J’ai décidé de partir sans autorisation. À Ouezane, un ami m’a encouragé à rentrer au Rif pour voir ma famille. -À propos d’Adi Oubihi, qui l’a emprisonné*? Les Français ou les Marocains*? Adi Oubihi lors de son "procès" Je t’ai déjà raconté que j’avais rencontré Adi à la prison de Kénitra. Je l’ai bien connu. Nous étions ensemble plus de dix heures par jour durant tout mon emprisonnement. C’était un homme originaire du sud. Il ne savait ni lire ni écrire. C’était un homme religieux qui haïssait les Français. Les habitants du sud le respectaient beaucoup. Il a joué un rôle important dans la résistance au sud. Le roi le respectait aussi. Il l’a nommé Wali du sud pour calmer les habitants. Les hommes d’Adi étaient tous des pachas et des caïds. Ceux-ci étaient, au contraire, tous éduqués et maîtrisaient parfaitement le français. Adi possédait aussi des armes. Il les avait cachées soigneusement dans sa région natale. L’Istiqlal le savait et voulait les récupérer. Ces armes était le butin qu’Adi a fait sur l’armée française. Après l’indépendance, Adi voulait les envoyer aux combattants algériens. Les causes de son emprisonnement étaient une querelle avec Allal al-Fassi. Celui-ci lui a demandé juste après l’indépendance de devenir membre de l’Istiqlal. Ce qu’il a refusé catégoriquement. Pour le discréditer, les Istiqlaliens l’ont accusé en plein public d’activités subversives contre la monarchie. Ils ont réussi à convaincre le roi d’envoyer l’Armée marocaine au sud et combattre Adi et ses hommes. Ce qui s’est passé. Mais Adi a choisi de se rendre sans combat. Si Adi avait choisi l’affrontement militaire avec l’Istiqlal et l’armée, il aurait pu les écraser facilement. Mais, il a choisi de ne pas porter les armes contre l’armée de l’État. Allal al-Fassi a profité du chaos de la situation pour l’emprisonner. Adi Oubihi était un homme courageux. Après son emprisonnement, sa famille fut déportée. L’un de ses enfants est devenu plus tard un officier de l’armée. Il avait une fille aînée. Adi me confia que seule cette jeune femme connaissait le lieu où il a caché ses armes. J’ai aussi reçu le mot de passe. Il m’a demandé d’aller, une fois libéré, les récupérer au sud pour les utiliser au nord contre l’Istiqlal. Après ma libération, j’ai rencontré sa fille à Rabat. Je lui ai révélé le mot de passe. Elle m’a hébergé et a demandé des nouvelles de son père et de son frère emprisonnés. Je suis donc rentré au Rif après deux ans d’absence. Je me sentais mal. Mes yeux étaient devenus faibles. La situation même n’était pas normale. Le Rif était mis sous l’état de siège. Des lois terribles y régnaient. Un jour de marché, je me suis rendu à Larbaa Taourirt. J’ai tendu mes oreilles pour écouter les gens. Partout on racontait des crimes horribles commis par l’Istiqlal au Rif. Une semaine plus tard, je me suis rendu au même marché. En route, une foule m’arrêta. On hurlait, on pleurait, on se plaignait de la situation et on me priait de les aider à trouver une solution. Les gens étaient clairement révoltés contre l’Istiqlal. Ils en avaient assez. Ce jour là, j’ai beaucoup regretté de ne pas partir d’abord au sud pour chercher les armes avant de rentrer au Rif. J’ai vraiment pensé aller les récupérer. Ils étaient donc des centaines dans mon foyer à me prier de les aider. Ils étaient prêts à combattre l’Istiqlal. Ils n’étaient pas contents de l’Indépendance négociée par ce parti. Mais je ne pouvais rien faire. Comment mener une révolte sans armes? Ce serait le suicide pur et simple. J’ai essayé de les calmer, mais la foule était furieuse. C’était impossible de leur expliquer le danger d’une éventuelle révolte sans armes. J’avais peur que la situation se détériore. J’ai donc choisi quelques hommes plus âgés et je leur ai expliqué que toute action armée serait une catastrophe pour le Rif. En plus, le gouvernement me rendrait coupable juste deux semaines après ma libération. Certains ont renoncé au combat. D’autres, plus entêtés, voulaient affronter l’Istiqlal coûte que coûte. :-) |
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| Est ce trop long? :-o |
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| :-D Mais non c'est déjà discuté dans un site! Au faite, les petits-fils de Adi Oubihi je les ai rencontré ici à Canada....et j'en ai beaucoup d'information d'eux sur l'élimination de l'ALN (Armée de Leberation Nationale) par le feu Hassan II ainsi la complicité du partie panarabiste (Istiqlal) |
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#4
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| Citation:
Sur quelle site je te prie? Fais moi partager tes informations... ;-) |
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| "Mano", tu vois que je m'intéresse aux autres imazighens... ;-) |
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#6
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| Adi OUBIHI EST DE "rich" REGION D'ERRACHIDIA( sud est marocain). c lui qui a fait une tentative de coup d'etat et je sais pas en quelle année. |
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#7
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| Citation:
dommage que cette tendance est disparue... lol :-D n'est ce pas un témoignage exceptionnel? :-) |
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