Record d'investissements pour les pays en développement en 2006


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Vieux 01/06/2006, 11h50
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Par défaut Record d'investissements pour les pays en développement en 2006

LE MONDE | 30.05.06 | 14h42 • Mis à jour le 30.05.06 | 14h42


Les pays en développement n'ont jamais attiré autant de capitaux privés étrangers qu'en 2005. Si l'on additionne les rachats d'entreprises ou d'actions, les prêts et les investissements physiques, ce sont 490,5 milliards de dollars (384 milliards d'euros) qui ont pris le chemin de ces pays, contre 396,6 milliards en 2004, soit 23,6 % de mieux.


Dans son rapport 2006 sur le "Financement du développement" publié mardi 30 mai, la Banque mondiale se félicite d'un tel bond. "Il témoigne d'un regain de confiance dans l'avenir économique" de ces nations, selon François Bourguignon, économiste en chef de la Banque.

Les investisseurs ont en effet vu une opportunité dans la croissance de 5 % l'an en Afrique, en Asie et en Europe de l'Est et de 4 % en Amérique latine, quand les pays riches se traînent à + 2,8 %. Des performances qui leur ont permis d'oublier l'instabilité de ces économies.

Les agences de notation ont relevé les notes attribuées aux pays en développement, au point que les écarts de taux pour risque se sont réduits fortement, autorisant ces Etats à lever un montant record d'obligations, soit 131 milliards de dollars, contre 102 milliards en 2004.

Toutes les régions du monde ont profité de ces capitaux, mais l'Europe orientale et l'Asie centrale se sont taillé la part du lion en raison des privatisations, fusions-acquisitions et investissements qui s'y sont multipliés.

Dix pays continuent de mobiliser la majorité des investissements directs étrangers (IDE) : la Chine, la Russie, le Brésil, le Mexique, la République tchèque, la Pologne, le Chili, l'Afrique du Sud, l'Inde et la Malaisie. Le rapport note un petit mieux dans cette répartition, puisque ces dix favoris attirent 65 % des capitaux privés, au lieu de 75 % à la fin des années 1990. Les flux d'IDE de pays du sud à pays du sud ont cessé d'être confidentiels. Leur montant est passé de 14 milliards de dollars en 1995 à 47 milliards en 2003, ce qui représente 37 % des IDE des pays en développement.

La plupart des entreprises qui investissent à l'étranger le font pour prendre pied sur les marchés voisins ; par exemple, 40 % des investissements russes visent l'Europe et l'Asie centrale. Certains pays voient plus loin : la moitié des investissements chinois à l'étranger ont été réalisés, en 2004, dans les matières premières d'Amérique du Sud ; le Brésil a quant à lui investi massivement en Angola et au Nigeria.

Tous n'ont pas également accès au crédit international. Un premier groupe de pays peut émettre à bon compte des obligations, et notamment la Chine, le Chili, la Hongrie, la Malaisie, le Mexique, la Pologne, la Russie et la Thaïlande.

La signature d'un deuxième groupe est moins réputée, aussi doivent-ils se tourner vers les crédits bancaires plus onéreux. Tel est le lot de l'Algérie, de la Bolivie, du Gabon, du Mozambique, du Sénégal ou de l'Ouzbékistan.

Le troisième groupe enfin est composé de pays encore moins sages : l'Arménie, le Cambodge, la Côte d'Ivoire, la Mongolie, le Népal ou le Zimbabwe. Pas question pour ceux-ci de prêts privés. Il leur faut se tourner vers l'aide publique, qui peut prendre la forme de dons ou de prêts conditionnels. Le rapport relativise la progression de l'aide publique au développement, qui a atteint 106,5 milliards de dollars en 2005 : "La majeure partie de cette augmentation record est due, y lit-on, à l'allégement de la dette consentie à deux pays seulement, l'Irak et le Nigeria."

Le rapport de la Banque prédit, par la voix de Hans Timmer, chargé du suivi des tendances mondiales, que "la hausse des prix du pétrole, des taux d'intérêt et les pressions inflationnistes qui commencent à se manifester devraient freiner la croissance dans la plupart des régions en développement, mais celles-ci continueront à enregistrer de meilleurs résultats que les pays à revenu élevé".

Alain Faujas
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