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| salam, bonjour, ![]() D’une fraternité meurtrie à une fraternelle vie Au moment où des peuples entiers sont amenés à vivre ensembles dans une société qui cherche désespérément un horizon, l’Islam tente à contribuer à l’élaboration d’un projet humaniste. « Aucun arabe n’a de mérite sur l’étranger, ni le blanc sur le noir si ce n’est en piété », disait le Prophète Mohamed, sur Lui et sa sainte famille la paix. C’est dire combien l’Islam appelle à une exigence de l’homme face à l’altérité. Dans la foulée de l’émergence de nationalismes identitaires, dans la prétention à la suffisance, la non connaissance engendre la méconnaissance et le repli devient une posture pathologie entretenue par le mépris de l’autre qui a fortiori est rejeté car il est différent et par conséquent, perçu comme une menace. Des réseaux de protections sont alors développés au nom de l’islamité, une sorte d’apologie de la « pureté spirituelle » est brandie pour dire que j’ai raison. Le Coran n’élabore pas une nouvelle religion mais confirme le message éternel de Dieu aux hommes. Le Livre, Al Kittab, est répété dans son édition terrestre (la Thora, l’Evangile, le Psaume,…et le Coran), pour un seul « Livre Céleste » (Parole de Dieu). Une « religion » pour diverses cultures qui sont parallèles et communicantes. Ceci est l’«éclat » du génie de l’ouverture de l’Islam qui embrasse en son sein, toutes les dimensions civilisatrices, tant sur le plan extracommunautaire qu’intracommunautaire. La diversité est un signe de l’omnipotence de Dieu l’Exalté, « Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté ; mais Il veut vous éprouver en ce qu’Il vous donne. Concurrencez donc dans le bien, c’est vers Dieu qu’est votre retour à tous, Il vous informera de ce dont en quoi vous divergiez » (Sourate 5, Verset 48). C’est ici une injonction à l’humilité de savoir que Dieu est Un pour que cette communauté humaine soit Une dans son éthique, singulière et plurielle, intime et commune à la fois, en vue d’une fécondité réciproque. Il est nécessaire de se laisser toucher par la différence loin de toute passivité complice. Le Coran et la Sunnah peuvent être compris de façon plurielle du fait de postures diverses qu’adoptent les individus dans leur approche des sources scripturaires. C’est avec des compagnons du Prophète sur Lui et sa sainte famille la paix, que va naître la pluralité et la riche diversité de lecture et de compréhension. Ibn ‘Omar que Dieu l’agrée ainsi que Ibn ‘Abbas sur lui la paix, vont devenir les précurseurs des écoles de Ahl Al Hadith à Médine et de Ahl Ar-Raey à Al Koufa, les traditionalistes et les rationalistes. Va en découler la naissance des écoles juridiques comme celle de l’Imam Mâlik et de Abou Hanifa, que Dieu les couvre de Sa clémence. Une autre école donnera primauté à la tradition de filiation prophétique, celle de l’Imam Ja’far Sadik, sur lui la paix. L’Imam Châfi’i se grandira dans une attitude réaliste contextuelle d’adaptation en fidélité à la source et en référence à la raison. L’Imam Ibn Hanbal, clémence de Dieu sur lui, sera animé par un retour à la source en fidélité au sens premier. Ainsi, des approches de lectures tant traditionalistes, que réformistes, que soufis et que rationalistes vont se rencontrer. Ceci étant, lorsque le dogmatisme s’imposera, un juridisme desséché prendra forme et la rivalité entre les écoles juridiques, les lectures et les aspirations engendrera de douloureuses confrontations. Lors du pèlerinage, « grand congrès islamique annuel », comme le définit Maître Sadek Charaf, sainteté sur son âme, l’Islam permet à toutes les cultures de dialoguer entre elles afin de s’unir dans le cadre civilisationnel de l’amour du prochain. Ce dialogue n’est pas une perte de l’identité mais un savoir être en partage au travers de discussion, d’échange et d’enrichissement spirituel réciproque. C’est pour chacun, l’approfondissement de sa propre fidélité contre toute forme de pauvreté fraternelle réactionnaire au pluralisme culturel. Il s’agit d’un itinéraire guidé par la compréhension de l’autre. Il nous faut déconstruire ce discours exclusiviste, en dévoiler les arguments fallacieux et en dénoncer la manipulation. Il s’agit donc de recomposer une identité ouverte qui deviendrait le creuset de l’intégration de la vision de l’autre. Oui, je suis chiite dans mon amour de Ahl al Bayt, sur eux la paix, salafi dans ma rigueur de référence aux sources, soufi dans mon aspiration à la pureté du cœur, sunnite dans l’exemplarité des compagnons que Dieu les agrée et rationaliste dans ma volonté de comprendre et de réfléchir par moi-même. Il s’agit d’une marche vers la symphonie des communautés où, tout sujet se sent investi du destin de l’autre. Ce défi ne pourra être relevé que lorsque notre intériorité intégrera l’autre dans sa démarche. Lorsque le cœur s’ouvrira à l’accepter comme il se veut être, là la réforme de notre réalité s’opérera car comme nous l’enseigne Maître Sadek Charaf sainteté sur son âme, « Le cœur est l’artisan du changement ». Il s’agit d’une réforme qui perçoit les choses par le cœur et les désigne dans les termes de l’action, celle d’être un agent créateur dans l’espace d’une sphère qui n’est pas une réalité toute faite mais qui reste à construire. L’autre, mon frère est sacré à tout égard. Il est essentiel de marquer sa présence en se débarrassant du sentiment du solitaire héritier de la vérité. Loin de se considérer comme le centre et la mesure de toute chose, il faudra pouvoir être authentique dans toutes les nuances de sa propre identité et capable de se décentrer face à la logique de sa propre lecture. Le vivre ensemble doit être un nouveau langage qui exprime une nouvelle manière d’exister devant Dieu et le monde. Il est un jaillissement, une exploration et une expérimentation du monde possible. Il est un art de communiquer avec la « raison fraternelle » qui lance le regard vers l’infini au lieu de le centrer sur la personne dans sa différence. L’Islam est indivisiblement une transcendance et une communauté. Il débutera par le principe de la parole de l’Unicité, kalimatou at-tawhid, au service de l’unité de la parole, tawhid al kalima. Avec Ali le Qorayshite, Bilal l’Abyssinien, Salman le Persan, Soheib le Byzantin et Abou Bakr le Mecquois, la réalité de la diversité était celle de présenter la pluralité des manières de se dire dans sa culture et d’approcher l’universel. Sans dogmatiser l’unité ou asseoir la tyrannie de la totalité, l’Islam encourage l’acte d’unifier. A savoir rattacher tout à son principe de l’Unicité. Il brandira non plus une communauté tribale fondée sur le lien de sang à la manière des nomades, ni sur le lien de la propriété tel que chez les sédentaires, ni fondé sur l’unité de territoire ou d’une langue comme l’Etat-nation « occidental » mais sur base de communauté de la transcendance. Il s’agit de tenter la réalisation d’une communauté universelle unie par une même foi afin de prendre conscience de notre commune référence et histoire loin de tout sectarisme ou de toute prétention nationaliste à être le peuple élu, le groupe sauvé ou la culture suprême. La communauté musulmane est celle de l’exigence de l’intelligence et de la fraternité dans l’amour. Aimer, c’est déjà avoir le sens de la fraternité en soi. Les hommes sont ainsi appelés à s’aimer comme Dieu aime le pécheur qui se repent. Fraterniser, ne revient pas à perdre son identité mais à se construire et se nourrir par l’autre. Vivre la fraternité de foi, c’est dire le principe, le sens et les valeurs dans la différence. L’Islam exhorte l’individu dans son rapport à la singularité afin d’être exigent de sa personne pour être généreux envers les hommes. La morale collective est insufflée d’une responsabilité individuelle où le « nous » est constitutif du « moi ». « Certes les croyants sont frères parachevez votre fraternité » dit le Coran, (XLIX, 10). Ou encore « Il unit entre vos cœurs et vous devinrent par Sa grâce des frères » (III, 103). Il insiste en confirmant « Et cramponnez vous tous au cordon ombilical de Dieu et ne vous divisez pas » (III, 103). Revenu sur le risque Il recommande « Et ne vous disputez pas, vous fléchirez et s’en irait votre force » (VIII, 46). Yacob MAHI tawmat
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| salam, bonjour, Suite et fin : L’imam Ja’far Sadik, sur lui la paix, dira « la discorde des frères est le festin de Satan », cette fraternité est un constat et l’exigence est de la sauvegarde dans la fécondante contribution de tous. Il nous faudra apprendre à aimer dans un jaillissement spontané, dans la mémoire du cœur loin de toute amitié illusoire car les douloureuses expériences apprenant à être lucide. Ce qui fait que la fraternité s’alimente dans la crainte révérencielle de Dieu, « les frères intimes sont ce jour-là les uns aux autres des ennemis, si ce n’est ceux qui sont couverts de piété » (XLIII, 67). L’homme ne devient humain que par la lutte incessante contre la prétention de son petit moi individualiste. Le soufi Abu al Hassan Nuri, que Dieu l’agrée définira les intimes de Dieu « ils ne possèdent rien et ne sont possédés par rien ». Dans cette attitude, la solidarité, l’amour et la communication profonde sont des possibilités permanentes d’initiatives car l’homme existe par et avec les autres. La multiplicité du possible doit être une relation renouvelée chaque jour avec nos semblables car, « L’humanité n’est pas une aventure solitaire » comme dira Roger Garaudy. Le respect d’autrui implique des normes d’équilibres, écouter pour respecter et connaître pour aimer. La diversité est une épreuve et sa gestion en est un défi, il faudra ne pas dire la pluralité et agir dans l’exclusivité, mais dans l’unité de la mémoire de Dieu il y a la diversité et la multiplicité des regards pour le vivre. Il y a des fondements qui nous séparent mais des principes qui nous unissent. Cette fraternité crée un cœur nouveau capable d’aimer qui est symbole expressif de notre richesse dans la diversité. J’espère en Dieu qu’une nouvelle ère de la marche contre le chaos vers l’espoir en la symphonie des communautés musulmanes s’ouvre à nous car c’est en faisant jaillir de nouvelles sources de notre élan spirituel, que notre univers en sera agrandi. Amen. tawmat
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| salam, bonjour, Très beau texte qui parle entre autre du soufisme. ![]() tawmat
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