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#1
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| Intervieuw de Mohand Ameziane: :-) Pourquoi donc cet affrontement a eu lieu entre les révoltés et les forces de l’ordre puisque la région a retrouvé à nouveau son calme? Oufkir a visité le Rif auparavant. Il m’avait incité à prendre part d’un coup d’état pour instaurer une république. Ainsi, me disait-il, le nord serait lié au sud (il était originaire du sud). J’ai refusé catégoriquement de prendre part à un tel coup d’état. Je l’ai rencontré deux fois. Et pendant les deux rencontres, il n’a cessé de me convaincre de ses plans. J’ai insisté dans mon refus. Je lui ai expliqué que seul le peuple doit décider de son sort. Un coup d’état est un acte ignoble car il n’est pas basé sur l’accord du peuple. Je lui ai aussi affirmé que je quitterais le Maroc une fois le pays libéré. Ainsi, j’ai laissé croire que je n’ai aucune ambition politique dans un Maroc libéré. Tout cela, je l’ai rédigé et publié officiellement. Dans les quatorze revendications que nous avons rédigées, nous n’avons pas mentionné l’instauration d’un ordre républicain. Mais, Ben Berka n’était pas content. Il me soupçonnait que j’allais me séparer du pays et instaurer une république au Rif. Je n’ai jamais utilisé ce mot république. Un malheureux de notre délégation, avait prononcé par hasard en présence du roi le terme république. Il l’avait utilisé dans un contexte totalement différent pour expliquer nos revendications. J’ai donc compris qu’Oufkir était contre le roi. Il voulait une république. J’ai refusé de partager ses plans. D’ailleurs, Oufkir était un collaborateur des Français. Son père aussi. Il m’était impossible de travailler avec des hommes pareils. Mon refus de collaborer avec lui me coûtera cher. Il a tué cinq personnes originaires d’Ajdir. Il a emmené leurs têtes au Palais. Il a expliqué au roi que la révolte contre la monarchie était en cours au Rif. Le roi a refusé de le croire. Oufkir a insisté. Tout cela je ne l’ai su que plus tard par le biais d’un communiqué officiel du gouvernement. J’ai ordonné à mes hommes d’informer la population qu’Oufkir était en train de trahir le Rif. Il a tué des innocents pour monter le roi et l’Armée marocaine contre le Rif. À partir de ce moment, et sous pression de l’opinion publique, le roi a ordonné aux caïds de rentrer à Rabat avec leurs hommes. Je leur ai demandé de rester au Rif. Certains parmi eux m’ont assuré de leur aide si l’armée marocaine envahissait le Rif. Le Commandant m’a rassuré qu’en cas de guerre, je pouvais compter sur lui. Beaucoup de choses m’échappent. J’ai décrit tout cela dans mes mémoires [6]. Lorsque le roi a ordonné à l’Armée de quitter ses casernes d’Alhoceima, le peuple s’est jeté sur la route pour l’empêcher de gagner Ajdir. Effectivement, l’armée marocaine a accepté de regagner ses casernes. Peu après, le roi a publié un communique dans lequel il déclare que le Rif s’est révolté contre l’armée. J’ai immédiatement publié un communiqué déniant toute sorte de révolte. J’ai indiqué que le peuple se révolterait si l’armée quittait ses casernes. Car l’armée devait certainement passer par un pays incontrôlé. Le Gouverneur a quitté son poste. Mais le régime commença à commettre des crimes et à les attribuer aux révoltés. Ils ont assassiné une personne dans la ville du Nador et ils ont emmené son corps avec quelques fusils au marché de Ayt Bouayache pour les exposer en plein public. Le régime avait installé aussi beaucoup de collaborateurs dans la région. Nous avons réussi à arrêter l’un d’eux. Un de nos hommes l’a suivi de Rabat jusqu’au Rif sans le savoir. On l’a arrêté à Tarjist et ils me l’ont amené. À ce moment, quelques journalistes américains étaient chez moi. On m’a demandé ce qui se passait. J’ai tout expliqué. Nous contrôlions parfaitement la situation. Mais, pour quitter le Rif, je ne pouvais compter que sur moi-même. J’ai toujours évité une révolte armée. Je n’ai jamais demandé de l’aide militaire de l’extérieur. Mais, tu sais, notre peuple est entêté. Croyant profondément dans la justesse de sa cause, il voulait se révolter sans préparation ni armes. Les gens de chez nous n’utilisent pas leur cervelle. Les crimes commis par Oufkir ont donc convaincu le Palais d’envahir le Rif. La première attaque a eu lieu à Bni Touzine. Nous avons réussi à abattre vingt-cinq soldats. Nous avons pris leurs armes. C’est avec ces armes que nous avons défendu Bni Amart et Bni Hadifa. Nous étions faiblement armés. Au cours des combats, un navire transportant des armes était signalé sur la côte de Boqoya, exactement dans la baie de Badis. Sur la côte est apparu Haddou Aberkach. C’était l’un des fondateurs d’une section du Mouvement populaire d’Aherdane. Cela s’est passé lorsque j’étais en prison. Je le connaissais car nous avons étudié dans la même école. Son père était parmi les traîtres d’Abdelkrim. Il était de nouveau actif au Rif après que le roi lui eut refusé la fondation de cette section du Mouvement populaire. Il s’est dirigé avec ses hommes vers le navire pour récupérer les armes. Mais le capitaine du navire, un homme noire d’origine soudanaise, a refusé de les lui livrer. Le capitaine avait sur lui la moitié d’une photo déchirée. L’autre moitié devait se trouver quelque part au Rif. C’était le mot de passe. Aberkach ne savait rien de cette histoire de la photo. Il ne reçut pas d’armes. Je ne me rappelle plus comment mon frère Omar (il était policier à cette époque) a pu retrouver l’autre moitié envoyée au Rif. Il me l’a donc donnée. Je me suis donc précipité pour envoyer nos hommes munis de l’autre moitié de la photo. J’ai envoyé Issa et quelques autres. Mais, lorsqu’ils arrivèrent sur la côte, le navire avait disparu. Peut-être le capitaine s’était-il méfié d’Aberkach et de ses hommes et il avait préféré quitter la baie. Le navire d’armes était envoyé par Mohamed Khattabi, le frère d’Abdelkrim. Mais, quelques temps plus tard, un autre navire était signalé sur la côte, exactement à la pointe du Capo Yawa à Kebdana. Plus tard j’ai compris que le navire était envoyé avec l’accord de Gamal Abdenasser, président de l’Égypte. L’opération était sous la direction de Fathi Dib, égyptien et directeur au Caire de Bureau du Maghreb arabe. C’était un ami d’Allal Al-Fassi. Ce Fathi Dib a informé Alla al-Fassi de l’envoi du navire. Les Istiqlaliens ont envoyé quelques hommes m’interroger sur la destination du navire. J’ai nié tout contact. Au même moment, la Radio de Rabat a diffusé qu’Abdenasser était entrain d’aider les révoltés du Rif en envoyant les armes. À partir de ce moment, je me suis persuadé que l’envoi des armes avait définitivement échoué. C’est tout ce qui s’est passé au Rif à ce temps. Nous n’avions jamais reçu d’armes. :-? |
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#2
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| C'est pas nouveau on sait qu'Oufkir à trahi son pays. Mais je troube bizzare qu'Ameziance considère que le fait que des soldats marocains se deplacent dans le rif est une source de révolte...Le Maroc n'est il pas souverain, le rif n'en fait il pas partie? Ensuite je suis surpris de voir que le fils de abdelkrim, ce grand patriote (qualité que je lui reconnais mais il à essayé de se tailler une republique) à tenté de soutenir la rebellion. Je suis surpris que Ameziane ne trouve pas choquant le soutien de Gamal Abdennasser, grand dictateur devant l'eternel et champion du panarabisme ( qui aurait fait beaucoup de mal au berbère si le Maroc n'avait pas toujours refusé ces sirènes orientales) |
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#3
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| Si l'armée a quitté sa caserne c'était pour mater la révolte... Le Rif était à cette époque sous contrôle espagnol... Et ce sont les avions français qui ont bombardé le Rif... :-) |
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#4
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| Mon dieu un peu de précision, le Maroc rif compris était indépendant au momment de la révolte.Elle à eu lieu en 1959 Tu dois confondre avec la révolte d'abdelkrim qu ielle s'est déroulée pendant le protectorat espagnol |
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#5
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| Citation:
Remates la vidéo sur l'insurrection du Rif qui t'expliquera que l'administration française et espagnole étaient toujours présente au Maroc à cette époque... Je ne confonds rien... :-) |
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#6
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| Citation:
Il n'y a rien d'étonnant dans la position du Rif de l'époque dans la mesure ou elle n'a pas attendu 1956 pour surmonter le stade du tribalisme , lorsque le maroc découvrait les bienfaits de l'unité , le rif en était bien plus loin puisque la solidarité à laquelle il croyait transcendait les frontières coloniales. PAS DE DEFILE A RABAT TANT QUE L'ALGERIE N'EST PAS INDEPENDANTE. Pour ce qui est du mythique séparatisme d'Abdelkrim, là il convient d'être honnête ; en tout les cas , tu nous prouve qu'on a raison de venir encore et encore sur cette histoire car visiblement , le marocain n'a toujours pas compris qu'il n'a jamais été question de se séparer du restant du Maroc. Moulay Abdelhafid nous a offert à l'espagne , et aujourd'hui tu sembles reprochés au rif de s'être affranchie de l'espagne. Si le rif se moquait éperdument du reste du maroc , jamais il n'aurait attaqué la France , il se serait plutôt évertué a trouvé un accord avec la gardienne de l'Europe comme le fit le makhzen lorsqu'il sacrifia l'algérie pour son indépendance. salam |
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#7
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| J'ai pas besoin d'une vidéo pour savoir qu en 1959 le Maroc était indépendant et que donc tu as dit une inexactitude. Sinon je suis d'accord la repression de la révolte à été terrible et Oufkir à trompé tout le monde. Mais pourquoi nous faire passer pour des héros des types qui ont appellé à la republique et qui sollicité l'aide d'affreux jojos comme nasser |
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#8
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| Salut Mohammed je ne suis pas d'accord avec toi tu vois ça arrive ![]() Citation:
Au début abdelkrim n'à pas cherché à combattre la France bien au contraire! Il à essayé de gagner la sympathie de hauts fonctionnaires de la Residence et de la Chambre à Paris.C'est Lyautey qui refuse cette reconnaissance, de peur de voir la contagion revolutionaire gagner le Maroc français.C'est à ce momment que la France fait pression sur l'Espagne et s'allie avec elle pour matter la revolte. |
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#9
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| Citation:
Tu me rassures... :-o Ces faits se sont passés peu avant 1959... ;-) Abdelkrim et Mohand Ameziane voulait l'indépendance de tous le Maghreb et c'est en Egypte qu'a été accueilli Abdelkrim... Nasser était pour le combat mené par Abdelkrim étant lui même un révolutionnaire. :-) |
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#10
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| L’idée nationale n’a pas été défendue suffisamment, alors que l’emprise étrangère s’est accentuée. Cela ne donnait à aucun patriote l’idée de se battre en faveur de son pays. (…) Les mots « république du Rif » n’engageaient pas tout le Maroc, il serait toujours temps plus tard de voir ce qu’on pourrait faire… l’appellation était sympathique aux yeux de socialistes européens soutenant la lutte du faible. (…) Je n’ai jamais contesté le pouvoir du sultan. Je serais heureux de me placer sous l’autorité de Moulay Youssef si les circonstances actuelles ne l’interdisaient pas. (…) La seule chose qui nous importe aujourd’hui, ce n’est pas l’existence d’un sultan au Maroc mais bien son indépendance. Nous ne poursuivons qu’un but, chasser du Maroc la France et l’Espagne, car si l’occupation de ces derniers se prolongeait, les gens seraient réduits à la misère et ne possèderaient plus rien. Quant à moi je ne suis qu’un patriote qui cherche à libérer son pays. (…) Nous avons appelé notre pays République pour exprimer le fait que nous étions un état composé de tribus indépendantes fédérées. Plus tard lors de son exil au Caire, Abdelkrim aura une brouille avec Halal Fassi qui lors d’une discussion utilisera le terme insurrection du Rif . La réplique d’Abdelkrim fut : « Pourquoi parlez-vous d’insurrection, c’était une guerre de libération contre l’étranger et pour la défense de la patrie. » A la suite de ce manque de respect, Abdelkrim déclinera toute les offres de rencontre avec le leader de l’istiqlal. |
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