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| S....,chère et encore plus charmante amie, Ton français impeccable m'a convaincu à tort que tu habitais un endroit comme Alger ou Oran. Je dois convenir de mon tort, car je n'ai jamais cru un instant que tu habites Tlemcen. Quelle tristesse de ne t'avoir rencontré avant le printemps! Ainsi, l'hiver dernier, à Taourirt, j'étais tout près de toi physiquement. Je dois te dire que Tlemcen n'est pas une ville tout à fait inconnue pour moi: un excellent écrivain originaire de ton patelin est mort l'hiver dernier, Mohammed Dib. Je pense à La Grande Maison. Un quartier populeux de Tlemcen à l'époque d'une disette: la vie est alors rongée par une obsession, le quignon de pain. Le Prix Fénéon lui fut décerné en 1952 pour ce premier essai. C'est loin d'être le meilleur de son oeuvre; travail d'un débutant: parfois gauche par ses côtés édifiants et, de plus, on trouve quelques préciosités qui tournent en défauts de langue. C'était quand même une belle oeuvre prometteuse, et il tint parole dans les livres qui suivirent. Ayant beaucoup vécu en France, il n'a pas eu le public qu'il méritait au Maghreb. je serais surpris que tu le connaisses. Écris-moi et ne m'oublie pas, S..... C...... |
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