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| Is The US Provoking Civil War in Iraq? By ROBERT FISK The Independent ,6-7 mai 2006. http://www.counterpunch.org/fisk05062006.html (Traduction : Jean-Marie Flémal pour STOP USA , www.stopusa.be ) http://www.legrandsoir.info/article....d_article=3731 En Syrie, le monde semble de plus en plus sombre, vu par la lorgnette locale. Aussi sombre que les vitres fumées de la voiture qui m’emmène vers un bâtiment situé dans la zone occidentale de Damas et où un homme que je connais depuis quinze ans - appelons-le une « source sûre », pour reprendre les termes utilisés par les correspondants américains quand ils parlent de leurs puissants officiers de renseignements - m’attend avec son horrible récit du désastre irakien et des dangers au Moyen-Orient. Ce qu’il dépeint, c’est un portrait effrayant d’une Amérique piégée dans les sables ensanglantés de l’Irak et tentant désespérément de provoquer une guerre civile autour de Bagdad afin de réduire ses propres pertes militaires. C’est un scénario dans lequel Saddam Hussein reste le meilleur ami de Washington, dans lequel la Syrie a répliqué aux insurgés irakiens avec une absence de pitié que les États-Unis préfèrent ignorer. Et dans lequel le ministre de l’Intérieur syrien, découvert mort par balle dans son bureau l’an dernier, s’est suicidé en raison de sa propre instabilité mentale. Les Américains, soupçonnait mon interlocuteur, tentent de provoquer une guerre civile en Irak de façon que les rebelles musulmans sunnites dépensent leur énergie à tuer leurs coreligionnaires chiites plutôt que les militaires des forces d’occupation occidentales. « Je vous jure que nous avons d’excellentes informations », me déclare ma source, lançant un index péremptoire devant lui. « Un jeune Irakien nous a raconté qu’il avait subi de la part des Américains un entraînement de policier à Bagdad et qu’il avait passé 70 pour 100 de son temps à apprendre à conduire et 30 pour 100 à s’entraîner avec des armes. Ils lui ont dit : ‘Reviens dans une semaine.’ Quand il est revenu, ils lui ont refilé un GSM et lui ont dit de rouler dans une zone très peuplée, à proximité d’une mosquée, et de leur téléphoner. Il a attendu dans le véhicule mais n’a pu obtenir le signal mobile adéquat. C’est ainsi qu’il est sorti de son véhicule pour avoir un meilleur signal. Et, à ce moment, son véhicule a explosé. » Impossible, me dis-je. Mais ensuite, je me rappelle le nombre de fois où des Irakiens, à Bagdad, m’ont raconté des histoires du même genre. On croit ces rapports, même s’ils paraissent invraisemblables. Et je sais où l’on peut glaner une bonne part des informations syriennes : parmi les dizaines de milliers de pèlerins chiites qui vont prier à la mosquée de Sayda Zeinab, à l’extérieur de Damas. Ces hommes et ces femmes viennent des quartiers déshérités de Bagdad, tels Hillah et Iskandariyah, de même que des villes de Najaf et Bassora. Des sunnites de Fallujah et Ramadi vont également visiter Damas pour y voir des amis et des proches et parler librement des tactiques américaines en Irak. « Il y avait un autre homme encore, entraîné par les Américains pour faire partie de la police. À lui aussi, on a donné un GSM et on lui a dit de téléphoner vers une zone où se massait une foule - peut-être une action de protestation - et de leur raconter ce qui se passait. Là non plus, le GSM ne fonctionnait pas. Il s’est donc servi d’un téléphone par fil et a appelé les Américains pour leur dire : ‘C’est moi, à l’endroit où vous m’avez envoyé, et je puis vous raconter ce qui se passe ici.’ Et, au même moment, il y a eu une énorme explosion à son véhicule. » Ma source ne m’a pas spécifié qui pouvaient bien être ces « Américains ». Dans le monde frappé par l’anarchie et la panique qu’est l’Irak, il y a de nombreux groupes américains - y compris les innombrables satellites supposés travailler pour l’armée américaine et le nouveau ministère irakien de l’Intérieur soutenu par l’Occident - qui opèrent au mépris de toutes lois et règles. Personne n’a pu être accusé de l’assassinat de 191 professeurs d’université et autres enseignants depuis l’invasion de 2003, ni du fait que plus de 50 anciens pilotes de chasseurs bombardiers qui ont attaqué l’Iran lors de la guerre irano-irakienne de 1980-88 ont été assassinés dans leurs villes de résidence en Irak ces trois dernières années. Au milieu du chaos, un collègue de ma source me demanda comment on pouvait escompter que la Syrie allait réduire le nombre d’attaques et d’attentats contre les Américains à l’intérieur de l’Irak. « Notre frontière n’a jamais été sûre », dit-il. « À l’époque de Saddam, les criminels et les terroristes de Saddam traversaient nos frontières pour attaquer notre gouvernement. J’ai construit un mur de terre et de sable le long de la frontière, à cette époque. Mais trois voitures piégées envoyées par des agents de Saddam ont explosé à Damas et à Tartous - c’est moi qui ai capturé les criminels responsables. Mais nous n’avons pu les empêcher d’agir. » Maintenant, me dit-il, le rempart longeant sur des centaines de milles la frontière entre la Syrie et l’Irak a été surélevé. « J’ai fait placer des barbelés au sommet et, jusqu’à présent, nous avons capturé quelque 1500 Arabes non syriens et non irakiens essayant de traverser et nous avons également empêché 2700 Syriens de franchir cette frontière... Notre armée est sur place - mais l’armée irakienne et les Américains ne sont pas présents de l’autre côté. » Derrière ces graves soupçons entretenus à Damas, il y a le souvenir de la longue amitié entre Saddam et les États-Unis. « Notre Hafez el-Assad [l’ancien président syrien décédé en 2000] avait appris qu’au début de son pouvoir, Saddam avait rencontré les Américains une vingtaine de fois en quatre semaines. Cela avait convaincu Assad que, en paroles, ‘Saddam était avec les Américains’. Saddam fut le principal assistant des Américains au Moyen-Orient (lorsqu’il attaqua l’Iran en 1980) après la chute du shah. Et il l’est toujours ! Après tout, c’est lui qui a amené les Américains en Irak ! » Ainsi, je débouche sur une histoire qui est plus déprimante pour mes sources : la mort par balle du général de brigade Ghazi Kenaan, ancien chef des renseignements militaires syriens au Liban - un poste particulièrement influent - et ministre syrien de l’Intérieur lorsque son suicide fut annoncé par le gouvernement de Damas l’an dernier. Des rumeurs très répandues à l’extérieur de la Syrie ont suggéré que Kenaan avait été soupçonné par les enquêteurs de l’ONU d’avoir été impliqué dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri lors d’un gigantesque attentat à la voiture piégée à Beyrouth, l’an dernier, et qu’il avait été « suicidé » par des agents du gouvernement syrien afin de l’empêcher de dire la vérité. Mais ce n’est pas vrai, a insisté mon premier interlocuteur. « Le général Ghazi était un homme qui croyait qu’il pouvait donner des ordres et que tout ce dont il rêvait pouvait se réaliser. Quelque chose s’est produit qu’il n’a pu digérer - quelque chose qui lui a fait comprendre qu’il n’était pas tout-puissant. Le jour de sa mort, il s’est rendu à son bureau au ministère de l’Intérieur, puis il est reparti et s’est rendu chez lui durant une demi-heure. Puis il est revenu avec un pistolet. Il a laissé un message à sa femme dans lequel il lui disait au revoir en lui demandant de veiller sur leurs enfants et il a dit également que ce qu’il allait faire, c’était ‘pour le bien de la Syrie’. Puis il s’est tiré une balle dans la bouche. » À propos de l’assassinat de Hariri, les officiels syriens aiment à rappeler les relations de l’homme avec l’ancien Premier ministre intérimaire irakien, Iyad Alawi - de son propre aveu, un ancien agent de la CIA et du MI6 - ainsi qu’un marché d’armes supposé, de 20 milliards de USD, entre la Russie et l’Arabie saoudite, marché dans lequel aurait été impliqué Hariri, toujours selon les dires des officiels syriens. Les partisans libanais de Hariri continuent à réfuter l’argument syrien en prétendant que la Syrie avait identifié Hariri comme étant le coauteur, avec son ami le président français Jacques Chirac, de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui exigeait le retrait des Syriens du territoire libanais. Mais si les Syriens - et cela se comprend - sont obsédés par l’occupation américaine de l’Irak, la longue haine qu’ils vouent à l’égard de Saddam - et cette haine, ils la partagent avec la plupart des Irakiens - est toujours intacte. Quand j’ai demandé à ma première source « sûre » quel serait le sort de l’ancien dictateur irakien, il m’a répondu, en frappant sa paume du poing : « Il sera exécuté ! » (Robert Fisk ) |
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| Zarqawi : Le Pentagone admet avoir fabriqué un Fantomas http://www.legrandsoir.info/article....d_article=3758 Abu Moussab Al Zarqawi a été présenté par l’administration Bush et les médias occidentaux comme le cerveau derrière « l’insurrection » en Irak, supposément responsable du massacre de civils irakiens. Lors d’une conférence de presse le 1er juin 2004, George W. Bush déclarait : « Vous savez, je déteste prédire la violence, mais je comprends la nature des tueurs. Cet homme, Zarqawi, un associé d’Al Qaïda - qui, en passant, était en Irak avant la chute de Saddam Hussein - est encore en liberté en Irak. Et comme vous vous en rappelez peut-être, une partie de son plan d’opérations était de semer la violence et la discorde parmi les différents groupes en Irak par des actions meurtrières. Et nous devons aider à combattre Zarqawi pour que le peuple irakien puisse avoir un futur plus radieux. » Le mandat officiel des forces d’occupation américaines et britanniques est de combattre et de gagner la « guerre au terrorisme » au nom du peuple irakien. Zarqawi constitue la justification de Washington pour l’occupation militaire de l’Irak, sans mentionner le siège brutal de zones urbaines à forte densité démographique, dirigé contre « Al Qaïda en Irak ». Les forces de la coalition sont présentées comme jouant un rôle de « maintien de la paix » en liaison avec les Nations unies. Les médias occidentaux ont repris en chœur le discours officiel soutenant la légitimité de la « guerre au terrorisme ». Ils ont non seulement présenté Zarqawi comme un terroriste sanguinaire, mais la question de la campagne de désinformation du Pentagone, qui est connue et documentée depuis 2002, n’est jamais abordée. Dans un revirement inhabituel, le Washington Post, dans un récent article, a reconnu que le rôle de Zarqawi avait été délibérément « amplifié » par le Pentagone, dans le but de galvaniser le soutien du public pour la « guerre au terrorisme ». Le 10 avril, on pouvait y lire que « La campagne Zarqawi est mentionnée dans plusieurs des documents militaires internes. “ Démoniser Zarqawi / augmenter la réponse xénophobe ” déclarait un document militaire préparatoire de 2004. » Les documents feraient état de trois méthodes, soit les opérations-médias, les opérations spéciales d’unités militaires d’élite et les « PSYOP », le terme militaire américain pour le travail de propagande. Selon le Washington Post, le programme de propagande était destiné « principalement à l’intention des Irakiens », mais il semble s’être étendu aux médias américains. Une diapositive préparatoire sur les « communications stratégiques » américaines en Irak, préparée pour le général George W. Casey Jr., le commandant américain, décrit l’opinion publique américaine comme l’une des six principales cibles du côté américain. Dans le même article, on précise qu’un document interne produit par le quartier général militaire américain en Irak déclare que « la programme Zarqawi PSYOP est la campagne d’information qui connaît le plus de succès jusqu’ici ». Le commandant senior responsable des opérations PSYOP du Pentagone est le général Kimmit, qui occupe maintenant la position de haut responsable pour la planification au commandement central américain des opérations en Irak et au Moyen-Orient. « Un des buts de la campagne était de creuser un fossé au sein de l’insurrection, en soulignant les actes terroristes de Zarqawi et ses origines étrangères, selon un officier familier avec le programme. » Grâce à cette opération, Abou Moussab Al Zarqawi représente maintenant le terrorisme en Irak, les combattants étrangers en Irak, la souffrance du peuple irakien, les attaques contre les infrastructures. Il est difficile de déterminer combien d’argent a été dépensé pour la campagne Zarqawi, débutée il y a deux ans. La propagande américaine en Irak en 2004 a coûté 24 millions $, mais cela comprenait l’importante construction de bureaux et de résidences pour les troupes ainsi que des diffusions radio et la distribution de tracts affichant le visage de Zarqawi, selon le même officier. Le programme Zarqawi au Pentagone était mené en parallèle avec une opération connexe, « dirigée par le Groupe Lincoln, une firme de consultants américains, pour placer des articles pro-américains dans les journaux irakiens, selon l’officier familier avec le programme ». Selon le Washington Post, toutefois, il n’y avait pas de lien entre le programme PSYOP du Pentagone et celui dirigé par le Groupe Lincoln pour le Pentagone. La désinformation et la propagande de guerre font partie des plans militaires. Ce que le Washington Post ne mentionne pas, toutefois, c’est son propre rôle dans la propagation de la légende Zarqawi, de concert avec les réseaux de télévision, la plupart des médias de la presse écrite et bien sûr CNN et Fox News, sans mentionner une partie des médias alternatifs. Zarqawi a été identifié par les médias américains comme étant le cerveau derrière « l’insurrection » à Fallujah, Tal Afar et Samara. Il a été tenu responsable des attentats à la bombe dans l’hôtel d’Amman ainsi que d’attentats-suicides dans plusieurs capitales occidentales et en Irak. L’opération PSYOP du Pentagone vise à détourner l’attention des atrocités américaines avec l’aide des médias, qui ont participé à la « démonisation de Zarqawi » dans leur couverture du mouvement de résistance irakien. Les officiers supérieurs du renseignement américain en Irak affirment qu’Abou Moussab Al Zarqawi et ses associés irakiens et étrangers ont essentiellement dirigé l’insurrection, devenant la force dominante de l’opposition et la plus grande menace immédiate pour les objectifs américains dans le pays. Si le rôle de Zarqawi a été fabriqué dans le cadre de l’opération PSYOP du Pentagone, quelle est la valeur de ces rapports dans les médias ? Les documents militaires internes transmis au Washington Post confirment que le Pentagone est impliqué dans une campagne de propagande qui vise à donner un visage à l’ennemi. Le but est de présenter l’ennemi comme un terroriste, de tromper l’opinion publique. Le contre-terrorisme et la propagande de guerre sont inter-reliés. L’appareil de propagande fournit de la désinformation aux médias. L’objectif est de présenter les groupes terroristes comme les « ennemis des États-Unis » responsables d’innombrables atrocités en Irak et dans le monde. L’objectif sous-jacent est de galvaniser l’opinion publique en soutien au programme de guerre américain au Moyen-Orient. Michel Chossudovky Source : L’aut’journal www.lautjournal.info |
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| http://www.legrandsoir.info/article....d_article=3350 L'attentat contre la mosquée de Samarra serait-il une sorte de 11 septembre aux yeux du monde islamique ? ceux qui ont commandité l’attentat contre la mosquée de Samarra cherchent à déclencher en Irak la guerre civile. Mais qui sont-ils réellement ? Des sunnites aveuglés par la haine confessionnelle ? L’Iran qui a perdu une part de son influence, la majorité politique chiite étant devenue relative depuis que les sunnites ont choisi de jouer le jeu électoral lors du dernier scrutin législatif de décembre ? Les Kurdes par ressentiment ethnique ? Ou encore, last but not least, des faucons parmi les faucons américains, décidés à tout et même à recourir à une politique de la terre brûlée pour réduire la tumeur irakienne et redessiner la carte de l’Orient musulman ? A contrario du jugement péremptoire émis par l’ambassadeur américain à Bagdad, Zalmay Khalilzad, d’origine afghane, le problème fondamental de l’Irak n’est ni ethnique ni communautaire. Car le seul conflit ethnique éventuel ne pourrait qu’opposer Kurdes (d’origine et de langue indoeuropéennes) et Arabes. Antagonisme qui, à lui seul, ne justifiera jamais un attentat d’une portée symbolique et politique aussi immense que la destruction de la mosquée de Samarra. Dont nous découvrirons après coup qu’il aura été une sorte de 11 septembre aux yeux du monde islamique. Lieu saint de l’islam Il serait d’ailleurs parfaitement impensable que des Kurdes majoritairement sunnites, tous croyants sans exceptions, comme tous les autres Irakiens, sunnites et chiites, puissent perpétrer un tel forfait. Il faut ici se replacer dans le contexte d’une terre où la foi est encore vivante avec une force devenue aujourd’hui inconnue et incompréhensible en Occident. En clair, cela signifie qu’aucun Irakien, même laïc et baasiste, ne serait susceptible -sauf à vouloir brûler dans les flammes de l’enfer éternel- d’attenter à l’un des lieux parmi les plus saints de l’islam. Samarra abrite en effet les tombeaux des Xe et XIe imam, descendants directs du Prophète. Comment imaginer un seul instant que des musulmans -à l’exception peut-être des ultra-puritains wahhabites d’Arabie Saoudite qui considèrent la vénération des Saints sunnites ou chiites comme de l’idolâtrie- puissent commettre un sacrilège dépassant l’entendement ? Les rivalités intercommunautaires grâce auxquelles les experts de Washington rationalisent leurs déboires irakiens, n’existent que sur le papier. Depuis des siècles en Mésopotamie, communautés chiites et sunnites se sont en effet largement mêlées. Nombreuses sont les familles, les tribus qui ont contracté des alliances, des mariages associant les deux communautés. Phénomène qui s’est accentué au cours des années de dictature laïque du parti Baas. Ce pourquoi la guerre civile, au sens littéral du terme, paraît si difficile à amorcer en Irak : fait-on la guerre à sa belle-famille, à son demi-frère, à ses cousins ? C’est aussi pourquoi, les violences qui ont suivi la destruction du dôme d’or de Samarra, avec 130 morts et 168 attaques de mosquées en un seul jour, ne seront peut-être qu’une flambée sans lendemain, au grand dam des stratèges de la terreur qui tentent depuis un certain temps d’embraser l’Irak. il semble que seuls des décideurs très éloignés de la culture profonde du monde arabe, ignorants et inconscients de la portée symbolique et politique de leurs actes, aient pu décider de perpétrer un crime d’une ampleur jamais égalée. Au cours des douze siècles écoulés et malgré une histoire passablement tumultueuse, bien rares furent ceux qui osèrent porter atteinte à la sacralité du tombeau des deux imams. Les informations qui arrivent maintenant en Europe sur les circonstances de l’attentat démentent les versions officielles successives données par les autorités irakiennes. Ce n’est pas un groupe de trois hommes qui, après avoir neutralisé les gardes de la mosquée fermée pour la nuit, aurait placé les charges mais une unité forte d’une trentaine d’individus porteurs d’uniformes de la garde nationale. En outre, il aurait fallu environ douze heures, c’est-à-dire la nuit entière, pour placer les charges à chaque pilier afin de faire exploser le dôme monumental. Qui possède les moyens de réaliser une opération d’une telle envergure et d’une telle sophistication [2] dans une ville rebelle (à l’instar de Falludjah) plusieurs fois investie après de lourds combats, par les forces de la coalition et quadrillée par l’armée ? Aucune hypothèse évoquée, hormis la dernière, ne résiste donc à l’examen. L’information circule depuis quelque temps que des commandos formés aux États-Unis seraient chargés d’assassinats ciblés et d’opérations non conventionnelles en Irak. Des commandos semblables à ceux de l’ex-premier ministre Chalabi qui, sous l’oeil complaisant des caméras et la protection des chars américains, procédèrent au déboulonnage spectaculaire de la statue de Saddam Hussein lors de la chute de Bagdad. Si tel était le cas, alors peut-être faudrait-il s’adresser au représentant permanent des États-Unis au Conseil de sécurité, John Bolton, auquel la rumeur accorde l’initiative de ces escadrons de contre guérilla à l’oeuvre en Irak, et lui demander d’infirmer ou le cas échéant de confirmer un fait dont l’incidence pourrait s’avérer considérable sur la stabilité régionale, voire internationale. (Jean-Michel Vernochet ) Source : Le Courrier de Genève www.lecourrier.ch |
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