moyen-orient: l'histoire oubliée


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  #1  
Vieux 23/06/2006, 03h46
 
Date d'inscription: juin 2006
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Par défaut moyen-orient: l'histoire oubliée

Documentation rassemblée par Douraid Houalla
Historique
1896. Théodore HERZL, qui était un aristocrate juif autrichien publie son livre-programme "l'Etat des Juifs, essai d'une solution moderne de la question juive". Il y avait donc une question juive et cette question juive était liée aux persécutions que subissaient les Juifs en Europe, notamment en Europe de l'Est où les pogroms étaient nombreux. Il en résultait un afflux de Juifs de petite condition dans les autres pays, et en particulier l'Autriche, d'où l'idée de trouver une solution à cet exode qui maintienne la séparation des classes à laquelle HERZL était bien attaché.
1897. Réuni à Bâle, le premier Congrès sioniste revendique pour le "peuple juif un foyer reconnu publiquement et garanti juridiquement" et décide d'accélérer "la colonisation de la Palestine par des Juifs ouvriers agricoles, manœuvres et exerçant d'autres professions". Il est clair que le terme accélérer la colonisation de la Palestine est un abus de langage, car à cette époque la Palestine qui faisait partie de l'empire ottoman comportait, comme toutes les composantes de cet empire, un certain pourcentage de citoyens de confession juive, estimé à 4% de la population. Majoritairement ouvriers agricoles ils vivaient en bons termes avec leur voisins palestiniens et étaient soumis comme eux, aux mêmes rigueurs du pouvoir ottoman central.
1915. Depuis un an la guerre sévit en Europe. L'empire ottoman a choisi le parti de l'Allemagne contre les alliés, français, anglais et italiens. A l'instigation de Londres, le représentant du sultan ottoman à la Mecque, le chérif Hussein ainsi que ses deux fils Fayçal et Abdallah, prennent la tête de la "révolte arabe" contre le pouvoir ottoman. En échange la Grande Bretagne engage des négociations avec le chérif Hussein ainsi qu'avec son rival, le Wahhabite Ibn Séoud, en vue de la création d'un grand royaume arabe indépendant.
1916. Au terme d'un échange de lettres entamé dès juillet 1915, Londres annonce sa décision de "reconnaître et soutenir l'indépendance des Arabes dans toutes les régions situées dans les limites revendiquées par le chérif Hussein de la Mecque". Un accord similaire a été conclu avec Ibn Seoud. Mais les Français informés de ces tractations s'adressent à leur allié de l'Entente Cordiale conclue en 1904 et demandent leur part du gâteau, ce qui conduit aux accords Sykes- Picot en vertu desquels les Anglais et les Français se partagent le Proche- Orient.
1917. Lord Balfour, secrétaire au Foreign Office fait parvenir à lord Rothschild du Comité politique de l'organisation sioniste une lettre annonçant que le "le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un Foyer national pour le peuple juif"
Ce bref rappel historique montre comment les puissances coloniales disposaient des peuples et des pays à leur guise. En l'espace de 2 ans une terre que l'Angleterre n'avait pas encore occupée, à savoir la Palestine, a été promise à trois destinataires différents : le chérif Hussein , le mouvement sioniste, et pour finir l'Empire britannique. Inutile de dire que la seule direction qui n'a pas été réalisée effectivement est celle qui incluait la Palestine dans un grand royaume arabe qu'il soit gouverné par les Hachémites (chérif Hussein) ou par les Wahhabites (Ibn Séoud). En effet, la conférence de San Remo de 1920 convient d'instaurer pour les différentes régions du Proche Orient des "mandats" censés préparer les peuples à l'autodétermination (Figure 1) après que le traité de Versailles ait envoyé Fayçal, le fils du chérif Hussein qui était mort entre temps, à ses chères études avec comme perspective son instauration comme roi de l'Irak sous tutelle britannique
Si on passe rapidement sur les soubresauts produits aussi bien en Syrie qu'en Palestine suite à cette duplicité, le paysage politique du Proche Orient en 1923 s'établit comme suit (Figure 2) : Liban et Syrie sous mandat français, Palestine sous mandat britannique, Transjordanie, créée de toutes pièces, sous tutelle britannique avec à sa tête le roi Abdallah, fils du chérif Hussein, Irak sous le règne du roi Fayçal également sous tutelle britannique.
A la veille du mandat britannique la répartition démographique de la Palestine est la suivante (Figure 3) ( une majorité écrasante de villes et villages palestiniens, une cinquantaine de colonies juives, 6 villes mixtes et une seule ville juive, Tel Aviv. Ces données montrent bien à quel point la propagande sioniste qui réclamait "une terre sans peuple pour un peuple sans terre" était mensongère. La Palestine n'était pas un territoire vide où "vivaient quelques bédouins et quelques Arabes" (la différence entre les deux ?) comme disait Weizmann à Einstein qui s'inquiétait du sort réservé aux Palestiniens.
Durant le mandat britannique qui s'est exercé de 1923 à 1947, la résistance arabe à l'afflux des colons juifs et à l'appui qu'ils recevaient du mandataire britannique s'est traduite par plusieurs soulèvements dont le plus important fut celui de 1936 auquel ont participé des volontaires venant, notamment, du Liban et de Syrie. Réprimée par la force brutale (des milliers d'insurgés assassinés) cette révolte a eu comme conséquence un ultime livre blanc britannique (il y en a eu au moins deux) qui, en 1939, substitue au foyer national juif, la perspective de l'indépendance de la Palestine d'ici à dix ans et limite drastiquement, d'ici là, l'immigration comme les achats de terres. L'idée d'un partage de la Palestine prend naissance en 1946. Elle trouve son aboutissement en Novembre 1947 après le rejet, par les deux protagonistes, de la proposition d'un Etat binational faite par l'Union Soviétique.
Lors du partage de la Palestine par les Nations Unies en Novembre 1947, il y avait 1 415 000 Arabes et 618 000 Juifs soit une population juive de 32% du total. Ce dernier chiffre, comparé aux 4% de la veille du mandat, montre bien dans quel sens le mandataire britannique a agi. Contrairement à ses déclarations en faveur d'une limitation de l'immigration (cf l'épisode d'Exodus) il a tout fait pour la favoriser comme il a agi de façon à obliger les paysans palestiniens à vendre leurs terres en les accablant d'impôts et taxes diverses.
L'Etat juif tel qu'il était prévu comportait 558 000 Juifs et 405 000 Arabes soit 963 000 personnes pour une superficie de 14 000 Km2. L'Etat arabe comportait 804 000 Arabes et 10 000 Juifs soit 814 000 personnes pour une superficie de 11 500 Km2. La zone internationale qui englobait les Lieux Saints, Jérusalem et Bethléem comportait 106 000 Arabes et 100 000 Juifs.
Alors que l'Etat juif ne présentait aucune discontinuité, l'Etat arabe était partagé en trois morceaux reliés par des corridors passant obligatoirement dans l'Etat juif (Figure 4).
Dès le début la population palestinienne a refusé ce partage et il y a eu des escarmouches entre patriotes palestiniens et bandes armées juives à l'occasion desquelles on a découvert combien ces bandes ( l'Irgoun de Menahem Begin, la Haganah, le Lehi d'Itzhak Shamir) ont eu le loisir de s'équiper militairement soit disant au nez et à la barbe du mandataire britannique alors qu'en réalité l'occupant anglais n'a fait que favoriser et l'émigration et l'équipement militaire des colons qui arrivaient.
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  #2  
Vieux 23/06/2006, 03h48
 
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Par défaut moyen-orient: l'histoire oubliée 2

En Mai 1948 éclate la première guerre israélo-arabe au cours de laquelle l'armée israélienne prolonge la déportation , les actes de terreur et les massacres de Palestiniens qui avaient été perpétrés en Avril 1948 par l'Irgoun et le Lehi. Il en est résulté la fuite de plus de 800 000 Palestiniens qui ont constitué les premiers bataillons des réfugiés. Cet exode des réfugiés palestiniens a été condamné par l'Assemblée Générale de l'O.N.U qui a adopté, sur la proposition du Comte Folk Bernadotte, l'émissaire suédois dépêché pour concilier les deux points de vue arabe et israélien, une résolution, la 194, demandant le retour des réfugiés sur leurs terres. Bien entendu cette proposition n'a jamais été exécutée. Pire elle a valu à Folk Bernadotte d'être assassiné par l'Irgoun. La figure 4 montre également que l'armistice signé en 1949 par Israël et ses voisins arabes s'est traduit par l'annexion d'une grande partie du territoire appartenant à l'Etat palestinien.
Cette expansion israélienne s'est poursuivie avec la guerre de 1956 et surtout la guerre de juin 1967. La première a été menée en collaboration avec la France et l'Angleterre contre l'Egypte de Nasser qui venait de nationaliser la Compagnie du Canal de Suez et la deuxième, dite guerre préventive, est connue sous le nom de la guerre des 6 jours au cours desquels Israël a parachevé la conquête de la Palestine y compris Jérusalem-Est, et conquis le Sinaï, qui devait être restitué à l'Egypte en 1982, ainsi que le Golan syrien dont la colonisation a été entreprise dès le mois de juillet 1967 et qui a été annexé en 1981. (Figure 5). En novembre 1967, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopte la résolution 242 demandant l'évacuation, par Israël, des territoires occupés en échange de la reconnaissance par les Etats arabes du droit d'Israël à la paix dans des frontières sûres.
La guerre d'Octobre 1973 ou guerre du Kippour, au cours de laquelle les armées égyptienne et syrienne ont tenté de reconquérir les territoires occupés par Israël en 1967, a finalement tourné à l'avantage d'Israël qui a reçu un appui massif en matériel sophistiqué de la part des Etats-Unis. Elle se termine par l'adoption , par le Conseil de Sécurité de l'ONU, de la résolution 338 qui appelle au cessez le feu et rappelle les termes de la résolution 242 citée plus haut.
Bien entendu aucune de ces résolutions, pas plus que toutes celles votées par l'Assemblée Générale de l'ONU, n'ont été exécutées par Israël à l'exception, cependant, de celle demandant l'évacuation du Liban Sud votée en 1980 et qui n'a été exécutée par Israël qu'en l'an 2000 soit 20 ans après son adoption. Gageons que s'il n'y avait pas eu le harcèlement permanent de la résistance libanaise, cette résolution aurait subi le même sort que les autres.
Avec le soutien inconditionnel des U.S.A ; et face à un ensemble d'Etats arabes en déliquescence, Israël a poursuivi la colonisation des territoires occupés au mépris de toutes les lois internationales qui interdisent ce genre d'appropriation d'autant plus que ces colonisations se sont faites par des actes de spoliation et d'expropriation illégale. On estime que près de 100 000 colons se sont installés à Jérusalem-Est sur des terres et des propriétés expropriées aux Palestiniens.
Développements Récents
En Décembre 1987, débute la première Intifada. La vie des Palestiniens était devenue proprement invivable. Les blocus des territoires palestiniens, les agressions des colons, les privations de toutes sortes et en particulier les privations d'eau ont fini par avoir raison de leur patience. Cette révolte des pierres a abouti à ce que l'on appelle le processus d'Oslo qui se caractérise par un échange de lettres entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin (septembre 1993)
Dans sa lettre Yasser Arafat précise que l'OLP reconnaît le droit de l'Etat d'Israël à vivre en paix et dans la sécurité et il déclare que, se basant sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité de l'ONU, l'OLP s'engage dans le processus de paix au Proche Orient avec, et c'est important, la suppression dans la charte de l'OLP de toute référence à la disparition de l'Etat d'Israël etc...
Dans sa réponse, Itzhak Rabin se contente de déclarer que l'Etat d'Israël reconnaît l'OLP comme représentant du peuple palestinien et a décidé de commencer des négociations dans le cadre du processus de paix au Proche Orient.
Cet échange de lettres est significatif. Yasser Arafat fait beaucoup de concessions dont une extrêmement importante, à savoir la suppression de la charte de l'OLP, de tout ce qui fait référence à la disparition de l'Etat d'Israël. C'est donc la reconnaissance de l'Etat d'Israël par les Palestiniens. Il faut rappeler ici ce que dit Monique Chemillier-Gendreau à propos de la légitimité de l'Etat d'Israël "La validité, en droit international de l'Etat d'Israël dépend de l'acquiescement donné par les représentants du peuple palestinien" Mais cette reconnaissance est directement liée aux résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité de l'ONU, c'est à dire à la nécessité du retrait israélien des territoires occupés en 1967. Si la réponse de Rabin ne comporte aucun engagement de cette nature, la déclaration de principes sur les arrangements intérimaires d' "auto gouvernement" fait explicitement référence aux résolutions 242 et 338 et décrit l'existence d'un Etat palestinien dans les frontières de juin 1967.
Pour l'ensemble des citoyens du monde et même pour un grand nombre de dirigeants politiques, il était clair qu'on s'acheminait, si les accords étaient respectés dans leurs termes et dans leur esprit, vers l'édification d'un Etat palestinien dans les limites territoriales de juin 1967.
Attardons-nous un moment sur cet aspect pour mesurer le pas franchi par l'OLP. Les limites de juin 1967, cela veut dire que 78% du territoire national palestinien sont occupés par Israël. On est loin du sentiment général qui était répandu dans les populations arabes, et notamment en premier lieu, la population palestinienne, qui considérait que la terre de Palestine devait rester palestinienne.
La création de l'Etat d'Israël, avec le soutien immense du monde occidental était perçue comme une usurpation de terre, un coup de force inacceptable.
La concession faite par l'OLP est une concession majeure, rare sinon inexistante dans l'histoire. On ne connaît pas de cas où un peuple abandonne 78% de son territoire. Les concessions territoriales qui se sont opérées au gré des guerres et des traités de paix ont, certes, existé mais n'ont jamais atteint ce pourcentage ou alors elles ont engendré une nouvelle guerre pour justement rectifier cette concession. Rappelons-nous le cas de la France avec l'Alsace etc...
Et pourtant Israël n'était pas et n'est toujours pas disposé à mesurer cette concession à sa juste valeur. Et s'il en est ainsi c'est que le projet sioniste ne se limite pas à la création d'un Etat juif à côté d'un Etat palestinien. Le projet sioniste nie l'existence du peuple palestinien (voir ci-dessus par exemple la réponse de Weizmann à Einstein).
A la conférence de Madrid qui a précédé les accords d'Oslo, Itzhak Shamir a refusé la présence d'une délégation palestinienne montrant ainsi que l'Etat d'Israël ne reconnaît pas l'existence des Palestiniens. Et même maintenant il y a des partisans de l'Etat d'Israël qui prétendent que les Palestiniens sont des Jordaniens et qu'ils ont un Etat : la Jordanie. En fait cette position officielle de non existence des Palestiniens est en contradiction avec les idées qui étaient débattues dans les milieux sionistes avant la guerre de 1939 puisqu'on y parlait des Palestiniens mais dans la perspective de les transférer hors de Palestine comme cela a été envisagé lors du Congrès sioniste de 1936 ( C'est un historien israélien, Benny Morris qui l'a établi en épluchant les minutes de ce Congrès). Cette solution fait partie de la doctrine officielle d'un des partis présents au gouvernement de Sharon.
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  #3  
Vieux 23/06/2006, 03h51
 
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Par défaut moyen orient: ce que la presse ne dit jamais

En 1939 Vladimir Jabotinsky écrivait "Il n'y a pas d'alternative : les Arabes doivent faire de la place aux Juifs d'Eretz Israël. Si on a pu déplacer les peuples baltes, on peut déplacer les Arabes palestiniens" Les conquêtes de 1948 et leur cortège de déportation et de terreur sont décrites par Sharon comme des actes de guerre de libération nationale qui se poursuit actuellement.
De nombreuses déclarations de Golda Meir et notamment celle où elle dit qu'il n'y a pas de frontière géographique pour Israël car la frontière est là où se trouvent les soldats d'Israël, sont des confirmations indirectes de cette politique. Et comme on pense qu'il n'est pas possible de chasser tous les Palestiniens de Palestine, ceux qui restent seront destinés, comme le dit Ben Gourion, "aux tâches les plus basses de la société, comme porte faix ou autres fonctions subalternes".
Ce qu'on appelle le processus de paix d'Oslo a été un marché de dupes pour les Palestiniens. Dès les premières démarches de sa mise en application, les Israéliens l'ont littéralement saboté en demandant des négociations sur chaque point et une fois l'accord établi, ils redemandaient des négociations pour la mise en application et ainsi de suite
Et c'est ainsi que le processus a traîné en longueur et la proclamation de l'Etat palestinien repoussée plusieurs fois pour des raisons diverses.
Mais pendant ce temps la colonisation de Gaza et de la Cisjordanie s'est poursuivie sans relâche. Le nombre de colonies a pratiquement doublé et 68 000 nouveaux colons se sont installés en Cisjordanie et à Gaza portant ainsi le nombre de colons dans les territoires palestiniens à plus de 200 000. Les accords du Caire (1994) et de Taba (1995) ont abouti à un morcellement invraisemblable des territoires palestiniens de Cisjordanie. (Figure 6) : ceux sous la responsabilité exclusive de l'Autorité palestinienne (zone verte A) représentent une très faible part par rapport à ceux sous contrôle conjoint (zone jaune foncé B) et ceux sous contrôle exclusif israélien (zone jaune clair C). Un examen attentif de cette figure montre que les zones vertes, celles qui sont sous la responsabilité de l'Autorité Palestinienne sont complètement entourées soit par des zones sous responsabilité mixte, soit par des zones sous responsabilité israélienne. Cette situation conjuguée avec l'édification de routes de contournement des colonies israéliennes installées en Cisjordanie se traduit par le fait que les territoires palestiniens se réduisent à une multitude d'enclaves, de l'ordre de 480, de véritables bantoustans, dans lesquelles il est impossible de vivre normalement. C'est ainsi qu'on connaît le cas de femmes enceintes sur le point d'accoucher et qui voulant se rendre dans un centre hospitalier, ont été arrêtées à un point de contrôle et empêchées de passer, ce qui a conduit soit à la mort du nourrisson qui n'a pu être délivré à temps, soit à la mort du nourrisson et de la mère. Et l'on peut multiplier les exemples sur l'absurdité et la nocivité d'un tel découpage.
La situation de Jérusalem est très illustrative de la situation actuelle. Après avoir considérablement agrandi le périmètre de la municipalité de Jérusalem et implanté, de ce fait un certain nombre de colonies, Israël a mené une campagne de colonisation à l'est de Jérusalem-Est , mettant cette dernière dans un véritable étau (Figure 7). Le cas de la colonie de Maale Adoumime est flagrant. Cette colonie construite essentiellement sur des terres palestiniennes représente, avec ses projets d'expansion et ses colonies annexes, une superficie quasiment aussi grande que celle de Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est réunies.
Faisant le bilan de ce qu'on appelle les accords d'Oslo, les Palestiniens se rendent compte que ce fut un marché de dupes pour eux. Si Israël a pu profiter de ces accords et de l'accalmie relative qui en est résulté pour enregistrer une expansion économique importante, notamment par l'ouverture des marchés arabes, les Palestiniens n'ont vu aucun progrès. Au contraire leur situation n'a fait qu'empirer du fait du morcellement inimaginable des territoires placés sous la responsabilité de l'Autorité Palestinienne avec les conséquences pratiques sur leur vie de tous les jours sans oublier les humiliations et tracasseries de toutes sortes qu'ils subissaient à chaque poste de contrôle. A ces humiliations il faut ajouter la frustration de voir la proclamation de l'Etat Palestinien reportée à plusieurs reprises souvent pour ménager la position du négociateur israélien sur le plan politique intérieur. Les négociations de Camp David de juillet 2000 avaient pour objectif d'apporter une solution finale à cette situation. Les propositions dites de Clinton, mais qui sont en fait celles de Barak, (Figure 8) se résument comme suit : 80% des colons de Cisjordanie sont regroupés dans trois blocs de colonies représentant 9% du territoire palestinien qui seraient annexés par Israël ; une bande de terre représentant 8,5 à 12 % serait louée pour cent ans à Israël afin d'y installer bases et stations d'alerte ; en échange des territoires annexés, Israël proposait 1% sous la forme d'une bande de terre au sud de Gaza, qui a servi à l'enfouissement des déchets toxiques ! ! ! La Cisjordanie ainsi restituée était pratiquement coupée en trois morceaux par les annexions et morcelée par les routes de contournement qui reliaient les blocs de colonies, ce qui rendait impossible la création d'un Etat viable. En outre les frontières du futur Etat ainsi que tous ses points d'accès demeuraient sous contrôle israélien. Quant à Jérusalem-Est revendiquée par les Palestiniens comme capitale de leur Etat, il n'était question que d'autoriser une souveraineté sur plusieurs faubourgs à l'extérieur des limites municipales et un contrôle administratif sur quelques quartiers du centre, notamment les secteurs arabe et chrétien de la Vieille Ville. En échange ils exigeaient le maintien de leur souveraineté sur les quartiers juifs de Jérusalem-Est ( un tiers de la superficie de la Ville) que les Palestiniens considèrent comme des colonies où vivent 200 000 Israéliens. De plus ils entendaient aussi exercer seuls la souveraineté sur le mont du Temple/esplanade des Mosquées où ils se proposaient de construire une synagogue. Il faut rappeler, à ce propos, que l'esplanade des Mosquées, constitue un lieu saint pour tous les Musulmans et que c'est peut-être sur ce point qu'ils retrouvent une certaine unanimité. Proposer qu'ils abandonnent toute souveraineté sur ce lieu et en plus projeter d'y construire une synagogue relève purement et simplement de la provocation. Concernant le problème des réfugiés, dont le principe de droit au retour était réclamé par les Palestiniens ainsi que la reconnaissance de la responsabilité israélienne de leur exil, mais dont les modalités pouvaient être négociées, la position israélienne s'est contentée d'un document où elle exprimait ses regrets pour ce qui est arrivé et, pour ce qui est du retour s'opposait totalement à ce principe et n'acceptait qu'un regroupement familial qui touchait une centaine de milliers de personnes sur près de 4 millions. En outre l'espace aérien palestinien restait totalement sous la tutelle israélienne qui pouvait s'en servir notamment pour les opérations militaires. Il est clair que, comme l'écrit René Backmann dans le Nouvel Observateur du16 Août 2001, les Israéliens aidés en cela par les américains, demandaient une véritable capitulation aux Palestiniens. Ils proclamaient partout qu'ils faisaient des concessions que les Palestiniens n'acceptaient pas alors qu'en réalité ils demandaient aux Palestiniens de faire toutes les concessions et de se contenter de bantoustans en guise d'Etat. Ces négociations ont achevé d'exaspérer la rue palestinienne et si l'Intifada de septembre 2000 a eu lieu ce n'est pas seulement à cause de la provocation de Sharon mais c'est parce que le terrain était déjà prêt, tant le peuple palestinien ne pouvait plus supporter les conditions de vie qui lui étaient imposées. Sans la provocation de Sharon cette deuxième Intifada aurait eu lieu quand même, peut être un peu plus tard, mais il était fatal qu'elle intervienne.
En janvier 2001 de nouvelles négociations ont eu lieu à Taba. Alors qu'à Camp David, les négociateurs israéliens affirmaient que leurs propositions représentaient le maximum de ce qu'ils pouvaient faire, les propositions qu'ils font à Taba tant en ce qui concerne la Cisjordanie (Figure 8) que Jérusalem (Figure 9) sont en net progrès par rapport à celles de Camp David et représentaient pour les Palestiniens une base de négociations acceptable. Malheureusement c'est Barak lui-même qui a signifié le retrait de ces propositions et la suspension des négociations.
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  #4  
Vieux 23/06/2006, 03h54
 
Date d'inscription: juin 2006
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Par défaut moyen orient :rappel des évènements.

Ce rappel des évènements récents et notamment des négociations de Camp David et de Taba situe bien la responsabilité israélienne dans l'échec du processus de Paix, et par conséquent dans le développement de la violence. Au 28-09-2001 on dénombre 686 morts palestiniens dont 161 enfants et 15.969 blessés dont plus de 6 000 enfants. On voit bien que le tribu payé par les Palestiniens pour accéder à un Etat indépendant viable, est lourd tant en vies humaines qu'en destructions et dommages divers. La volonté palestinienne de retrouver la dignité et un Etat internationalement reconnu est conforme aux résolutions 194, 242 et 338 du Conseil de Sécurité de l'ONU. Ces résolutions qui ont force de loi internationale ont été appliquées avec rigueur à l'encontre de l'Irak. Si Israël se permet de bafouer les instances et les lois internationales c'est que cet Etat est soutenu par les Etats-Unis qui de ce fait contribuent à ridiculiser une institution dont ils ont été les pères fondateurs. Il est clair qu'il y a là une politique de "deux poids deux mesures" qui est amèrement ressentie par les populations arabes de tout le Proche Orient et qui produit un tel sentiment de frustration et d'injustice qui explique le recours du peuple palestinien aux procédés extrêmes pour faire valoir ses droits.
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  #5  
Vieux 23/06/2006, 03h55
 
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Par défaut moyen orient : Le contentieux israélo-syrien

En général on parle peu ou pas du contentieux israélo-syrien ; Et pourtant il n'y aura pas de paix définitive dans cette région tant qu'on n'aura pas résolu ce problème qui relève de la même démarche annexionniste de l'Etat d'Israël. Rappelons que lors de la guerre de juin 1967 Israël a occupé le plateau du Golan dont il a commencé la colonisation dès juillet de la même année et qu'il l'a annexé en 1981 contrairement à toutes les lois internationales donnant ainsi la preuve de la permanence du projet sioniste tel qu'il a été élaboré au Congrès sioniste de 1923 qui prévoyait un territoire d'Israël s'étendant jusqu'au sud du Liban et jusqu'au Golan (Figure 2) et ceci pour une raison simple qui se résume en un mot : l'eau. C'est en effet au sud Liban que le Jourdain prend sa source et le plateau du Golan est un véritable château d'eau dans la région (Figure 10). La Syrie , sans le consentement de laquelle aucune paix ne peut s'installer au Proche Orient, n'acceptera jamais que le Golan reste occupé par Israël. Elle a déjà trop souffert dans le passé d'amputations territoriales auxquelles elle n'a pas pu s'opposer. Ce fut la formation du Liban en 1920 qui explique que la Syrie n'a jamais reconnu le Liban comme un Etat indépendant, suivie de la cession du district d'Alexandrette à la Turquie en 1939 (Figure 1). A cette époque la Syrie n'était pas indépendante et elle n'a fait que subir la volonté de la puissance coloniale, en l'occurrence la France. Actuellement la situation est différente. La Syrie est indépendante, elle joue un rôle non négligeable sur l'échiquier politique proche oriental et surtout c'est un pays phare dont le sentiment d'appartenance à une nation, la nation arabe est extrêmement fort. N'oublions pas que le parti Baas a été fondé en Syrie par un Chrétien syrien, Michel Aflak.
A mon sens la solution finale du problème palestinien doit comporter obligatoirement un volet syrien qui ne peut aboutir que si le Golan était restitué à la Syrie, comme l'a été le Sinaï à l'Egypte
Problème de l'eau
Dès 1967, l'eau des territoires occupés a été placée par Israël sous contrôle militaire et les Palestiniens se sont vu interdire de creuser de nouveaux puits, tandis que les colonies juives en foraient sans restriction. Une bonne illustration de cette situation se trouve dans la bande de Gaza. La nappe phréatique qui alimente ce territoire a été captée par les colons qui ont pratiqué des forages intensifs et parfois très profonds. L'exploitation intensive de cette nappe pendant une dizaine d'années a fini par l'épuiser et comme la mer n'est pas très loin, c'est l'eau salée de la mer qui a remplacé l'eau douce, ce qui s'est traduit pour les gazaouis par des pathologies dentaires dès le plus jeune âge. Selon la Banque Mondiale, 90% de l'eau de Cisjordanie est utilisée au profit d'Israël, les Palestiniens ne disposant que des 10% restants. Les interdictions de forer de nouveaux puits sont strictement appliquées aux Palestiniens qui voient l'armée venir démolir un éventuel puits creusé sans l'accord de l'administration, lequel accord n'est jamais obtenu. La (Figure 11) montre le tracé du Jourdain, du lac de Tibériade, de la Mer Morte et des conduites d'eau principales et secondaires en Israël et dans les territoires occupés. L'usine de captage de l'eau du lac de Tibériade est classée site militaire. On voit que les conduites d'eau principales et secondaires alimentent essentiellement le territoire israélien.
Les réfugiés
Un réfugié palestinien est "une personne qui résidait normalement en Palestine pendant au moins deux ans avant le conflit de 1948 et qui, comme conséquence de ce conflit, a perdu et sa maison et ses moyens de "gagne-pain" et s'est réfugié dans l'un des pays où l'UNRWA présente ses aides" ( l'UNRWA est l'organisme mis en place par l'ONU pour gérer les problèmes des réfugiés palestiniens et leur servir l'allocation qui leur revient). Pour pouvoir bénéficier de l'assistance de l'UNRWA le réfugié palestinien doit (i) être enregistré à l'UNRWA (ii) résider dans la zone d'opération de l'UNRWA (iii) être dans "le besoin" Cette définition ne prend en charge , ni les Palestiniens qui se sont réfugiés ailleurs que dans les zones d'opération de l'UNRWA, ni ceux qui ont été chassés de leur terre en 1967 (sauf pour ceux qui étaient déjà enregistrés comme réfugiés de 1948), ni ceux qui étaient en dehors de la Cisjordanie et la bande de GAZA en 1967 et qui n'ont pas pu rentrer chez eux.
Il est estimé que la moitié de la Diaspora palestinienne ne bénéficie pas du statut de réfugié
Selon les données de l'UNRWA, des réfugiés palestiniens, le nombre des réfugiés, au 30 juin 2000, s'élève à 3 737 494 dont 1 211 480 vivent dans des camps répartis entre la Jordanie, la Syrie, le Liban et la Palestine (Cisjordanie et bande de Gaza) (Figure 12). On remarquera que si le nombre total de réfugiés vivant en Palestine est sensiblement inférieur à ceux vivant dans les autres pays , celui des réfugiés vivant dans les camps palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, est pratiquement égal à celui vivant dans les camps des trois autres pays.
Pendant longtemps la propagande sioniste a nié la qualité de réfugiés aux Palestiniens qui ont été obligés de quitter leur pays pour se réfugier dans les pays voisins suite à la guerre de 1948, en prétendant que ces personnes ont quitté volontairement leurs terres et leurs biens à l'appel des gouvernements arabes de l'époque. Cette falsification de l'histoire a été démontrée y compris par des historiens israéliens qui ont établi que lors des guerres israélo-arabes, l'armée israélienne a obligé les paysans palestiniens à quitter leurs terres soit sous la menace des armes (de nombreux documents photographiques le montrent) soit par la terreur comme ce fut le cas, en 1948, à Deir Yassine où des centaines de personnes, hommes, femmes et enfants ont été massacrées.
Concernant le problème des réfugiés, la position palestinienne est claire. Elle se présente en deux phrases :
1. Reconnaissance de la responsabilité d'Israël dans l'expulsion et l'exil des réfugiés.
2. Droit au retour des réfugiés
La position israélienne est tout aussi claire. Pas de responsabilité dans l'expulsion des réfugiés. Dans les négociations de Camp David, la délégation israélienne se bornait à "exprimer ses regrets pour ce qui était arrivé aux Palestiniens du fait de la guerre israélo-arabe de 1948". Concernant le droit au retour, la position est tout aussi tranchée : il n'en est pas question. Tout juste si elle admettait "le retour, étalé sur dix ans, de quelques milliers de Palestiniens en vertu du regroupement familial".
Cette rigidité israélienne face au problème du droit au retour mérite que l'on s'y arrête un instant. La loi israélienne permet à tout Juif de venir s'installer en Israël. Ceci veut dire que n'importe quel Juif d'Europe Centrale ou de Russie ou des pays baltes qui n'a rien d'un Sémite, du seul fait qu'il soit juif, a le droit de venir s'installer sur une terre qui a été prise de force aux Palestiniens. Mais ce droit est refusé au Palestinien qui vit sur cette terre depuis des générations. Et pourtant la délégation palestinienne à Camp David a fait preuve d'une grande souplesse sur ce point puisqu'elle a présenté pas moins de quatre options possibles pour résoudre le problème des réfugiés :
3. réinstallation dans le futur Etat de Palestine
4. réinstallation dans un pays tiers
5. normalisation de leur statut dans le pays qui les accueillait
6. retour d'un nombre très limité de réfugiés en Israël, selon des critères à négocier entre les deux parties.
L'intransigeance israélienne ne fait que traduire le projet sioniste, toujours présent dans l'esprit des partisans du Grand Israël, de transfert des Palestiniens hors de la Palestine.

Documentation rassemblée par Douraid Houalla
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  #6  
Vieux 23/06/2006, 11h51
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Les puissances d'europe de l'époque ont soutenue le projet sionniste et ont fait tout pour que ça se concrétise en la création d'un état juif. Mais, ils sont sous-estimer les dégats et le Chaos que ceci aller engendrer.

L'anglettere, la france et leur allié italien rejoints aprés par les USA, Ont fait du rêve sionniste une réalité en dépit de la volonté et les aspirations de la population locale.

Maintenant les faits sont là; aprés plus de 50 ans on ne peut plus revenir en arriére. Mais, le droit international exige, et a exigé par des résolutions sous l'egide de l'ONU, le retrait d'israel au limite des frontiéres dessinés e 47. le peuple palestinien à le droit d'avoir une terre, une nation et une dignité. pour les paestiniens, sortir de cette guerre qui les a terrorisé pendant plus de 70 ans reste un rêve inespréré et le cauchemar a tellement duré que la population frole la depression. Cette situation grave, fait que le terrorisme recrute facilement des adeptes là bas. car, sachant le, tous les kamikhazes sont nées grandis et morts dans la guerre et sous l'occupation militaire forte d'israel.

Israel n'est représentatif des juifs. je peux meme dire que c'est le plus mauvais exemple pour les juifs eux memes. Car, les juifs du monde ne sont pas sionnistes et le réve du retour à la terre promise est surement une aberration en soi. les fanatiques se nourissent de ces idées pour nier aux palestiniens tout droit à l'existence sur leur terre et les priver de leurs dignité humaine.
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